« La remontada », le film-événement réalisé par Tatiana de Perlinghi et Anne Schiffmann: un bonheur à ne pas manquer! À voir sur grand écran dans quelques salles de cinéma…

La Remontada  , le long-métrage documentaire réalisé par Tatiana de Perlinghi et Anne Schiffmann, a été présenté en avant-première dans le cadre du Festival Millenium, où il figurait en Compétition Belge. 

La Remontada, nous dit Le Petit Larousse, c’est aussi: « une remontée de score inattendue permettant (…) la victoire inespérée d’une équipe ou d’un joueur lors d’une compétition, quelle qu’elle soit. »

Le public réuni dans une salle comble, a salué debout par des applaudissements enthousiastes le dernier film produit par Martine Barbé (Imagecréation.com), une maison de production dédiée au cinéma documentaire, qui nous a habitué, depuis près de 40 ans, à un catalogue inestimable de créations magistrales.

La remontada ne fait pas exception ! On reconnaît les grandes œuvres à la sincérité de leur inspiration, à l’empathie que provoque leur récit, à la trace qu’ils laissent dans notre mémoire personnelle et collective. Ici, par la grâce d’une caméra particulièrement inspirée, d’un montage qui nous captive à chaque étape du récit, d’une réalisation jamais prise en défaut, le film retrace le parcours d’une équipe féminine de football dont la moyenne d’âge est de 63 ans . Rien que dans le « pitch » du film le défi est lancé : raconter, au-delà de l’anecdote, au-delà du factuel, tout ce que représente pour ces femmes. Nous saurons très peu sur leur parcours de vie, hormis le moment de la décision de ne pas s’enfermer dans le rôle convenu de grands-mères !

L’émotion est présente à chaque instant lorsque l’une ou l’autre des protagonistes évoque cette aventure inespérée qui a redonné un sens à leur vie . La grâce aussi de ces entrainements, de ces passes de jeu, de cette joie enfantine d’un point gagné ou de ce bonheur de la consolation si la victoire n’est pas au rendez-vous d’un match avec l’une ou l’autre des équipes féminines dont nous apprenons qu’elles ont vu le jour dans les années 80. 

La remontada c’est aussi la démonstration éclatante de la singularité du genre « documentaire », singularité amplifiée lorsque le film est projeté sur grand écran en salle, à destination d’un public dont l’émotion est accentuée par le partage collectif. Il suffisait de sentir la salle vibrer lors d’une séquence où quelques minutes d’un match confrontant notre équipe à celle d’Afrique du Sud, oui oui d’Afrique du Sud : à chaque but marqué par « nos »  grand-mères la salle applaudissait comme si elle avait été déplacée dans les tribunes du stade surchauffé de la Coupe du Monde des Grannies ! 

Comme dans les grandes œuvres, au nombre desquelles s’inscrit brillamment ce film, l’histoire qui nous est racontée va bien au-delà de ce qui est annoncé. Nous recevons ici ce supplément d’âme qui réconforte chacun de nous lorsque nous est donné le privilège de voir et saluer ces femmes filmées en France, en Afrique du Sud, en Belgique (avant d’aller au Japon !) que la simple, déterminée, inébranlable volonté de vivre a transformées. « Nous ne vieillirons jamais seules grâce à notre équipe » dit l’une d’entre elles, tandis qu’une autre évoque le regard transformé de ses enfants et petits enfants, si fiers de leur mammy ! Et puis, au-delà de l’expérience individuelle, de l’expérience de l’équipe, il y a cette proposition universelle de la symbolique de l’affrontement sans autre enjeu que le bonheur de chacun.e quel que soit le score. Comme pour le philosophe, parcourir le chemin est plus important que de rejoindre la destination, poser la question dépasse la formulation d’une réponse. Ici, c’est du bonheur qu’il est question. Et aussi du partage de celui-ci.

Courez voir ce film en salles : on ne dira jamais assez combien la programmation des films en salle dépend de la présence du public. Cette réalité est encore plus importante pour le film documentaire. 

Courez-voir ce film en salles : il serait impossible en quelques lignes ici, de décrire ce bonheur absolu qu’Albert Camus associait à la pratique du football au bonheur :  « Nulle part je n’ai autant appris sur moi et sur les autres que sur un terrain de football ». 

Il aurait applaudi à La Remontada !

Jean Jauniaux

Sur le site d’Image-création.com

Synopsis

2026 | Documentaire | 70 min | Belgique

À l’aube de ses 60 ans, Karine, une Belge retraitée en Dordogne, fonde une équipe de foot féminine. Moyenne d’âge : 63 ans ! Ensemble, les Reines du Foot forment une joyeuse bande que l’on suivra en France, en Belgique et jusqu’en Afrique du Sud où se tient la coupe du monde des Soccer Grannies.

Bande annonce :