Les cent mots de Bruxelles
Pour son 4303e titre, les PUF ont été particulièrement inspirées de confier à Marc Meganck le « Que sais-je ? » consacré aux « 100 mots de Bruxelles »

Qui mieux qu’un romancier, à savoir un raconteur d’histoires, aurait été mieux placé pour raconter, avec la fausse désinvolture du vrai connaisseur, cent histoires de la capitale de l’Europe, Bruxelles. Qui mieux qu’un historien, par ailleurs romancier, dont livres se situent dans la ville de Manneken Pis aurait été mieux placé pour nous inviter de cent façons à connaître (un peu moins mal) et à aimer (un peu plus encore) la ville dont un des plus importants poètes vivants, William Cliff, écrivait : C’est la ville/ La plus la plus la plus/. Du monde
Tout est annoncé déjà dans ce fragment d’un poème que Marc Meganck cite dans son préambule : on ne viendra pas à bout en cent coups – aussi brillants fussent-ils – d’une ville-monde.
L’historien/raconteur/romancier n’est autre que Marc Meganck. D’emblée , il annonce la couleur : « Bruxelles ressemble parfois à une ville en débâcle et l’instant d’après à un miracle ! »
Aah! Quel bonheur que l’annonce de ce tome de la mythique collection Que sais-je ? , dont l’auteur de ces lignes, blanchi sous le harnais de septante (soixante-dix) années, a toujours été et reste un fervent lecteur !
La Belgique n’a pas fait l’objet de nombreux titres du catalogue (qui en compte plus de 4300 tout de même!) , mais extrayons de celui-ci « L’Histoire de Belgique » parue en 1948 et composée par un autre écrivain, Louis Piérard. Le volume précédait de quelques décennies celui, consacré au même sujet, par un historien flamand, médiéviste de formation (comme Marc Meganck), Jan Dhondt (paru en 1963) et celui de Georges-Henri Dumont paraissant en 1991. Il faudrait ajouter à cette liste non exhaustive, établie de mémoire, « La Belgique » composée par Christian Vandermotten (2024) et « La Littérature belge d’expression française » de Robert Frickx et Robert Burniaux 1973. Ces volumes sont autant intéressants par l’époque à laquelle ils ont été publiés, que par les « absences » que la taille des volumes (128 pages) rend inévitables. Mais il y a aussi dans ces exemples, le « point de vue » adopté par les auteurs… On sait qu’un Louis Piérard ou un Georges-Henri Dumont ne s’aligneront pas l’un sur l’autre, ni par le style, ni par les priorités… Ils sont d’autant plus passionnants à comparer.
Avec la série des « Cent mots », les nouveaux « Que sais-je ? » calibrent à l’avance le format mais aussi l’éparpillement aussi inspirant que stimulant pour vagabonder d’un point à l’autre des sujets abordés … Avec « Les cent mots de Bruxelles », le malicieux romancier Marc Meganck ne pouvait que s’en donner à cœur joie pour sautiller avec allégresse de chou de Bruxelles à Bozar, de Gueuze à Petite ceinture… On imagine la perplexité des lecteurs et lectrices « outre Quiévrain » à la lecture d’un sommaire aussi étrange qu’un inventaire à la Prévert, ou plutôt à la Magritte…dont le peintre surréaliste est bien sûr une des entrées du volume.
On rêverait au moment d’écrire ce article que le livre fut distribué, dans les deux langues officielles de Bruxelles, aux négociateurs qui n’ont pas encore trouvé la formule magique pour former un gouvernement qui ne fut pas « d’affaires courantes » comme c’est le cas depuis plus de 500 jours.
Mais ne boudons pas notre plaisir : ce « Que sais-je ? » est une des bonnes et joyeuses nouvelles de l’actualité éditoriale, belge, bruxelloise, européenne… ! Il est à mettre entre toutes les mains et, en ces temps troublés, il est la démonstration que le talent d’un romancier est idéal pour éclairer le monde, que facétieux et pétillant, Marc Meganck a trouvé le juste ton pour nous dire son amour pour Bruxelles et nous en partager les plus beaux et désarçonnants atours.
« Non peut-être ! » s’exclame Edmond Morrel qui me lit en souriant et me souffle : « Manneke, il faudra penser à un deuxième volume, et un troisième et encore et encore ! tant nous nous sommes réjouis de la lecture de celui-ci. On aurait aimé tout de même une liste des noms cités en fin de volume…pour pouvoir déplorer ceux qui font défaut…
« Allez ! Je m’y replonge ! » surenchérit Edmond Morrel, un des critiques pourtant les plus sévères qui soit !
C’est dire !
Jean Jauniaux & Edmond Morrel. Bruxelles, le 27 janvier 2026
Quels symbole et couleurs porte le drapeau bruxellois ? Quelle empreinte Victor Horta a-t-il laissée sur l’architecture de la ville ? Qu’est-ce que le « Caprice des Dieux » ?
Siège de nombreuses organisations internationales, Bruxelles est riche de son histoire et de son activité culturelle prolifique, du Meyboom au Parcours BD.
Partez à la découverte de la capitale belge aux côtés de l’historien Marc Meganck ! Il vous guidera de la Grand-Place au quartier des Marolles, fera escale à L’Archiduc ou au Cantillon, vous emmènera chanter à L’Ancienne Belgique, et Bruxelles n’aura plus de secrets pour vous.
