« Si ma tante en avait » San Antonio adapté en BD par Michaël Sanlaville: du grand art!

Cocteau disait de lui que sa langue « en relief aurait pu remplacer le Braille ». De lui-même, il disait qu’il était un « écrivain forain ». Un des maîtres de la littérature populaire, une des grands inventeurs de la langue française, il a écrit 175 volumes des enquêtes de son commissaire fétiche, vendus à plus de 200 millions d’exemplaires… De qui s’agit-il ? 

De Frédéric Dard bien sûr et de son personnage mythique, le commissaire San Antonio. 

Après un premier album paru il ya trois ans chez Casterman,  SanAntonio chez les gonesMichael Sanlaville s’inspire à nouveau de l’univers de Frédéric Dard pour nous donner un album jubilatoire, au titre « Dardien » à souhait : Si ma tante en avait …

Nous l’avons interviewé par le biais de Skype:

Le fil narratif  de l’histoire?  Nous le copierons tel quel du site de Casterman. 

Achille, le chef de la police parisienne, se fait muter à Ploumanac’h Vermoh avec toute son équipe (San-A, Béru, Pinaud…). En eff et, prévenu par les Américains qu’un cargo russe transportant un arsenal nucléaire croisait au large des côtes bretonnes, il organise une opération discrète pour le stopper. Mais il n’en informe par San-A, afi n d’en retirer tous les honneurs en cas de réussite. Deux marins bretons sont missionnés pour faire le coup (1 : détruire le phare, 2 : détruire le gouvernail du cargo pour le forcer à s’échouer sur la côte). Mais la belle mécanique se grippe lorsqu’un des deux sbires est retrouvé mort dans le port de Ploumanac’h. San-Antonio mène l’enquête, entre ivrognes, veuve nympho et marins intrépides !

L’argument a moins d’importance que la manière de raconter, la langue à inventer, la scénographie à mettre en place…ce que Michaël Sanlaville a réalisé avec un brio exceptionnel. On ne lâche pas cet album, on en explore chaque case pour en admirer la poésie drôlatique, mais aussi, et c’est comme dans les romans, être saisi par une vraie jubilation esthétique. Les personnages, outre le trio San Antonio/Bérurier/Marie-Marie (nièce du dernier), s’inspirent d’acteurs de cinéma (Marielle, Bardot), les figurants font des clins d’œil à Maltese et à Haddock. Les paysages et les lieux (la Bretagne par mauvais temps !) transforment les vignettes qui les représentent en véritables tableaux de maître.

Et puis, se dire que la lecture de cet album donnera l’envie de (re)découvrir l’oeuvre originale, trépidante et fourmillante saga de 175 titres, « un véritable monument de fiction sans pareil » comme l’écrit François Rivière dans la préface de la réédition de l’ensemble de l’ouvert dans la collection BOUQUINS, en 19 volumes!. 

Jean Jauniaux, le 16 juin 2020

A propos de l’auteur  (sur le site de Casterman)

Michaël Sanlaville révèle d’abord son talent en co-réalisant avec Bastien Vivès Hollywood Jan. Nourri au cinéma populaire américain, il assume aussi l’infl uence de manga comme Ken le survivant. Recette gagnante pour ses récits Rocher Rouge et Le Fléau Vert, qu’il signe en solo. Il rejoint ensuite Balak et Bastien Vivès pour créer la série Lastman, primée en 2015 au Festival d’Angoulême et adaptée en dessins animés l’année suivante. En 2018, il adapte – toujours chez Casterman – les enquêtes de San-Antonio, le célèbre commissaire de Frédéric Dard.   

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