« L’herbe folle » de Maryse et Jean-François Charles

Editions Glénat

Il n’est pas d’artiste qui n’explore la mémoire de ce qu’il a vécu, fussent des événements traumatisants, que l’inconscient dissimule, ou des expériences dont le souvenir heureux ne trouve pas tout de suite sa formulation. Il en va ainsi de « L’herbe folle » , un roman graphique autobiographique à deux mains signés de Maryse et Jean-François Charles. La première raconte l’histoire par le scénario, le second par le trait, le dessin, la couleur et la lumière. Au moment où paraît le nouveau volume d’ »Africa Dream », cette « Herbe folle » raconte la fin des années soixante et les années septante, cette quasi décennie où la révolte insouciante de la jeunesse européenne occidentale exprimait l’utopie d’un bonheur pacifiste, écologique avant l’heure), hors des normes « bourgeoises », tandis que dans le reste du monde des fleuves de sang irriguaient l’Asie du Sud Est (Viet Nam, Cambodge), la torture et les coups d’état déstabilisaient l’Amérique du Sud (Chili, Argentine), les libertés étaient entravées dans le monde communiste (Goulag, Lao-Gaï, Tchécoslovaquie, Berlin Est). C’est dans cette insouciance que nous emmènent Maryse et Jean-François Charles, à travers l’histoire de protagonistes qui leur ressemblent : élèves des Beaux-Arts, dans la mouvance hippie, à la recherche d’un absolu dont aujourd’hui nous savons qu’il n’a pas tenu ses promesses. L’aquarelle, l’angle de vue, le cadrage fait de chaque vignette une image idyllique, mais sans mièvrerie, sans naïveté. Proust aurait pu s’abandonner dans la rêverie à laquelle nous invitent les auteurs, Claude Sautet en aurait fait un film mélancolique, on y entendrait une chanson de Léonard Cohen.
Plongez-vous dans cette mélancolie heureuse qui se vit comme le début d’un été.

Edmond Morrel, Saint Idesbald, le 15 mai 2016

Sur le site de l’éditeur :

« Chronique des années hippies dans la France des années 1970

Paris, de nos jours. Pierre, la soixantaine, petit prof de dessin aux Beaux-Arts, a rendez-vous dans un café avec Rose Lanobre, la fille de Gilles et Theda, des amis de longue date. Elle voudrait en savoir plus sur ses parents qu’elle n’a jamais connus. L’occasion pour Pierre de se remémorer des souvenirs de jeunesse… Lorsqu’il était lui-même élève aux Beaux-Arts, Theda avait fait irruption dans sa vie et celle des autres étudiants tel un rayon de soleil. Les garçons étaient tous subjugués par sa beauté et son esprit libertaire. Elle avait finalement jeté son dévolu sur Gilles, avec qui elle était partie vivre et élever des chèvres en Auvergne. C’était l’époque du flower power et du mouvement hippie. Une période d’insouciance et d’amour libre. Un paradis perdu…

Maryse et Jean-François Charles signent un touchant roman graphique inspiré de leur propre vécu. Avec douceur et nostalgie, les auteurs nous replongent dans le milieu estudiantin des Beaux-Arts à Paris et l’exode hippie des années 1970. »

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