{"id":791,"date":"2012-09-20T12:03:52","date_gmt":"2012-09-20T10:03:52","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=791"},"modified":"2020-07-20T12:11:57","modified_gmt":"2020-07-20T10:11:57","slug":"la-chienne-de-naha-de-caroline-lamarche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=791","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La chienne de Naha\u00a0\u00bb de Caroline Lamarche"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Gallimard<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec \u00ab&nbsp;La chienne de Naha&nbsp;\u00bb Caroline Lamarche nous donne un roman essentiel, un de ces livres dont la lecture vous transforme, vous hypnotise, vous \u00e9meut, vous s\u00e9duit et vous enchante tout \u00e0 la fois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une l\u00e9gende cosmogonique amerindienne ouvre le livre et lui donne son titre \u00e9nigmatique. On y raconte comment la femme est venue sur terre pour aider l\u2019homme. Le conte ouvre ainsi une premi\u00e8re lecture de ce r\u00e9cit&nbsp;: la place de la femme dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans la famille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des souvenirs nourrissent l\u2019inspiration de la romanci\u00e8re qui entrelace dans une \u00e9criture parfaite le destin des personnages qui ont crois\u00e9 celui de la narratrice depuis son enfance en Espagne jusqu\u2019au voyage qui la conduit dans une communaut\u00e9 indienne du Mexique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La fiction m\u00eale sous la plume de Lamarche des souvenirs d\u2019une enfant qui avait une seconde m\u00e8re en la personne d\u2019une \u00ab&nbsp;alma de la casa&nbsp;\u00bb espagnole et ceux d\u2019un voyage qu\u2019elle fit en 2007 dans la r\u00e9gion o\u00f9 vit la communaut\u00e9 des Indiens Triquis, dans l\u2019\u00e9tat d\u2019Oaxaca au Mexique et d\u2019o\u00f9 elle revint avec des enregistrements sonores, mat\u00e9riau d\u2019un superbe documentaire radiophonique (diffus\u00e9 sur les ondes de la cha\u00eene radio belge \u00ab\u00a0La Premi\u00e8re\u00a0\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La narratrice du roman a, elle aussi, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019appareil photo, un enregistreur \u00ab&nbsp;petite grotte o\u00f9 d\u00e9poser sa voix \u00e0 l\u2019abri, la d\u00e9poser dans le grand ressac universel&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9criture de Lamarche est de cet ordre-l\u00e0, une voix qui vous confie une histoire mais qui avant de vous la livrer, en explore toutes les facettes pour en d\u00e9voiler la quintescence. Chez Lamarche, la phrase est une musique par laquelle vous entrez dans le r\u00e9cit. Chacun des courts chapitres du roman s\u2019inscrit dans une harmonie d\u2019\u00e9motion et vous place \u00e0 hauteur de la narratrice, protagoniste de ce voyage initiatique dans le Mexique qui est au c\u0153ur de sa qu\u00eate. Avec elle vous captez les sons de langues appel\u00e9es \u00e0 dispara\u00eetre, les bruits de la m\u00e9galopole, les rires et les pleurs, les pri\u00e8res enfantines, le vacarme des f\u00eates de la mort et le silence du deuil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Faites une premi\u00e8re lecture du livre, puis revenez-y \u00e0 pour en ressentir \u00e0 nouveau ce qui fait un grand roman&nbsp;: la sensation de ne plus voir le monde comme avant, d\u2019\u00eatre mieux arm\u00e9 pour la compr\u00e9hension et l\u2019empathie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Esp\u00e9rons que ce livre (publi\u00e9 en f\u00e9vrier 2012) sera bient\u00f4t disponible en format de poche et rejoindra dans la biblioth\u00e8que du voyageur ceux de Sebald, de Bouvier et de Lowry. Lamarche est de leur famille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Edmond Morrel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" title=\"Spotify Embed: &quot;La chienne de Naha&quot; Caroline Lamarche\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/566yUcb6mDV1MncnCGJDyA\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le site de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Gallimard<\/a>&nbsp;et en quatri\u00e8me de couverture figure l\u2019extrait ci-dessous&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab&nbsp;Minuit sonne \u00e0 l\u2019\u00e9glise. Mes pens\u00e9es se d\u00e9posent en espagnol, comme si la langue de mon enfance m\u2019avait recolonis\u00e9e tout enti\u00e8re, une flaque d\u2019or s\u2019\u00e9largissant au fond de moi. Toute la colline fermente contre le ciel, autant d\u2019arbres fraternels, soud\u00e9s comme les vagues dans la mer, berc\u00e9e par leur masse en mouvement. Les morts sont autant d\u2019arbres, ils poussent parmi nous, m\u00eal\u00e9s \u00e0 nous, \u00eatre mort est une belle chose, simple et agr\u00e9able. La nuit est douce, piquet\u00e9e d\u2019astres, j\u2019imagine les ch\u00e8vres dans les cimeti\u00e8res go\u00fbtant de leur langue r\u00eache la bi\u00e8re r\u00e9pandue sur les tombes.<br>Une balle tir\u00e9e d\u2019un point obscur pourrait p\u00e9n\u00e9trer par la fen\u00eatre et m\u2019atteindre \u00e0 cet instant. C\u2019est une conviction tr\u00e8s forte, une \u00e9vidence en cette nuit des morts&nbsp;: quelqu\u2019un est l\u00e0, qui me vise le c\u0153ur.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gallimard Avec \u00ab&nbsp;La chienne de Naha&nbsp;\u00bb Caroline Lamarche nous donne un roman essentiel, un de ces livres dont la lecture&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":792,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-791","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-dici","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/791","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=791"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/791\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":793,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/791\/revisions\/793"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=791"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=791"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=791"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}