{"id":682,"date":"2009-04-19T12:32:10","date_gmt":"2009-04-19T10:32:10","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=682"},"modified":"2020-07-17T12:41:38","modified_gmt":"2020-07-17T10:41:38","slug":"la-tragedie-du-regard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=682","title":{"rendered":"La trag\u00e9die du regard"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Wilde revisit\u00e9 par le dramaturge et philosophe Frank Pierobon<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De Frank Pierobon, on sait peu de choses.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On a m\u00eame l\u2019impression parfois que la modestie de ce philosophe brillant devient une coquetterie \u00e0 force d\u2019\u00eatre excessive.<br>Il a publi\u00e9 un nombre consid\u00e9rable d\u2019essais savants, notamment sur Kant dont il est devenu \u00e0 la fois sp\u00e9cialiste et \u00e9minemment familier. De son exp\u00e9rience d\u2019enseignant il a d\u00e9velopp\u00e9 de nombreuses r\u00e9flexions sur la philosophie de l\u2019art qu\u2019il enseigne \u00e0 Bruxelles dans un institut de communication sociale. Je gage que, par surprise, il aura attir\u00e9 vers la philosophie nombre d\u2019\u00e9tudiants qui se destinaient \u00e0 a communication, \u00e0 la publicit\u00e9 ou au marketing&#8230;La soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble y a sans doute gagn\u00e9 des esprits libres, instruits et curieux, ce qui est une bonne nouvelle.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" title=\"Spotify Embed: La trag\u00e9die du regard\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/60URhRTRPHAe2MT8qSgD2p\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a publi\u00e9 une partie de tous les \u00e9crits auxquels il s\u2019adonne autant qu\u2019\u00e0 ses r\u00e9flexions d\u00e9clench\u00e9es \u00e0 partir de tout et de rien. Ce promeneur des gares et des trains aime \u00e0 observer ses contemporains qu\u2019il regarde avec l\u2019humour intelligent et empathique des faux cyniques.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est aussi dramaturge. Comme beaucoup de philosophes, il se lasse sans doute de la distance entre l\u2019homme et la r\u00e9flexion philosophique. Ce foss\u00e9 ressemble \u00e0 celui qui se creuserait entre deux \u00eatres s\u2019effor\u00e7ant de se comprendre alors qu\u2019ils se parlent dans des langues inconnues de l\u2019autre. La seule alternative pour tenter de communiquer est alors de trouver un idiome commun. Frank Pierobon a trouv\u00e9 celui du th\u00e9\u00e2tre. Art de la parole et de la pens\u00e9e, le langage dramatique est fait pour le philosophe qui s\u2019y est lanc\u00e9 avec toute la verve et le talent d\u2019un auteur d\u00e9j\u00e0 aguerri. On aurait dit qu\u2019il n\u2019attendait que cela&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ao\u00fbt 2008, Frank Pierobon a donn\u00e9 au Festival&nbsp;<em>\u00ab\u00a0Sc\u00e8nes \u00e0 Seneffe\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;un texte bouleversant r\u00e9unissant deux femmes, deux g\u00e9n\u00e9rations, deux moments de l\u2019humanit\u00e9. Le texte \u00e9tait dit par Monique Dorsel et Bambina Liberatore. Il s\u2019intitule&nbsp;: \u201cIMMER LEISER\u201d et on attend qu\u2019il soit enfin jou\u00e9 ou publi\u00e9. Luc Norin en disait, dans \u00ab\u00a0La Libre Belgique\u00a0\u00bb&nbsp;:&nbsp;<em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.lalibre.be\/index.php?view=article&amp;art_id=438195\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0Une tr\u00e8s grande oeuvre qui, en une heure quarante, nous sonde l\u2019\u00e2me, l\u2019esprit, la conscience. Une oeuvre comme un chant int\u00e9rieur qui nous r\u00e9veille, nous r\u00e9v\u00e8le et ram\u00e8ne \u00e0 nous-m\u00eames.\u00a0\u00bb<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"text-align:left\">Cette saison, Frank Pierobon donne un texte \u00e0 Charles Gonzalez qui le met en sc\u00e8ne et l\u2019interpr\u00e8te au Th\u00e9\u00e2tre Po\u00e8me&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/kiosquenomade.collectifs.net\/theatrepoeme\/\" target=\"_blank\">(du Mardi 21 avril au Dimanche 3 mai<\/a>).&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.demandezleprogramme.be\/Une-page-se-tourne-au-Theatre?rtr=y\" target=\"_blank\">Frank Pierobon nous parle de cette pi\u00e8ce dans un interview que vous pouvez \u00e9couter dans la rubrique \u00ab\u00a0Entre les lignes\u00a0\u00bb.<\/a>&nbsp;Ce texte, un lamento, s\u2019intitule Salom\u00e9 et raconte la suite de la pi\u00e8ce de Wilde, pi\u00e8ce \u00e0 l\u2019analyse de laquelle il se livre dans l\u2019essai publi\u00e9 aux Editions La Diff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Allez voir le spectacle, vous aurez envie de lire le livre&nbsp;; lisez le livre, et la pi\u00e8ce vous en donnera la dimension humaine. Avec ces deux \u0153uvres, un \u00ab\u00a0lamento\u00a0\u00bb et un essai tous deux consacr\u00e9s \u00e0 la trag\u00e9die de la beaut\u00e9 ou, en miroir, \u00e0 la trag\u00e9die du regard, Frank Pierobon philosophe est enfin r\u00e9concili\u00e9 avec son double&nbsp;: un \u00e9crivain, un vrai, un explorateur de l\u2019humain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Edmond Morrel<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qu\u2019en dit l\u2019\u00e9diteur&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab&nbsp;Je suis en train d\u2019\u00e9crire une pi\u00e8ce sur une femme qui danse nu-pieds dans le sang d\u2019un homme qu\u2019elle d\u00e9sirait et qu\u2019elle a tu\u00e9.&nbsp;\u00bb Voil\u00e0 comment Oscar Wilde r\u00e9sume le th\u00e8me de Salom\u00e9, la trag\u00e9die cr\u00e9\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre de l\u2019\u0152uvre, \u00e0 Paris, en 1896. Pourquoi Oscar Wilde que tout Londres admire pour la dr\u00f4lerie caustique de ses com\u00e9dies se lance-t-il dans la r\u00e9daction, en fran\u00e7ais, d\u2019une trag\u00e9die&nbsp;? Quelle est la relation entre cette trag\u00e9die et la liaison scandaleuse qu\u2019il entretient avec Alfred Douglas qui d\u00e9bouchera sur un proc\u00e8s et une condamnation au bagne&nbsp;?<br>\u00c0 toutes ces questions Pierobon propose des r\u00e9ponses qui mettent en relief l\u2019influence r\u00e9ciproque de l\u2019\u00e9criture et de la vie chez Wilde. Il montre comment la figure de Salom\u00e9 \u00e0 l\u2019intersection du monde pa\u00efen et du monde chr\u00e9tien a fascin\u00e9 l\u2019imaginaire de la fin du XIXe si\u00e8cle et comment cette trag\u00e9die de l\u2019amour impossible peut donner \u00e0 voir l\u2019\u00e9crasement de l\u2019amour homosexuel par la soci\u00e9t\u00e9 victorienne.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Biographie de Frank Pierobon (parue dans&nbsp;<em>\u00ab\u00a0Le Mensuel litt\u00e9raire et po\u00e9tique\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;du Th\u00e9\u00e2tre Po\u00e8me)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Frank Pierobon est philosophe, auteur d\u2019essais, et anime r\u00e9guli\u00e8rement des d\u00e9bats philosophiques au Th\u00e9\u00e2tre-Po\u00e8me. Il a \u00e9crit pour le th\u00e9\u00e2tre&nbsp;<em>\u00ab\u00a0Carjacking\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Mots d\u2019esprit et maux de c\u0153ur\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;(avec Christophe Van Staen) et&nbsp;<em>\u00ab\u00a0L\u2019Ivresse des cimes\u00a0\u00bb<\/em>.&nbsp;<em>\u00ab\u00a0Souvenirs d\u2019un prospecteur\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;fait partie d\u2019un recueil de nouvelles in\u00e9dites.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Wilde revisit\u00e9 par le dramaturge et philosophe Frank Pierobon De Frank Pierobon, on sait peu de choses. 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