{"id":572,"date":"2020-05-14T10:00:58","date_gmt":"2020-05-14T08:00:58","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=572"},"modified":"2020-07-14T10:01:15","modified_gmt":"2020-07-14T08:01:15","slug":"jacques-de-decker-evoquait-nicolas-crousse-et-veronique-bergen-en-2012a-propos-de-chanson","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=572","title":{"rendered":"Jacques De Decker \u00e9voquait Nicolas Crousse et V\u00e9ronique Bergen en 2012\u2026\u00e0 propos de Chanson"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Nous poursuivons ici la re-lecture des chroniques de Jacques De Decker que nous enregistrions entre 2011 et 2014. Voici ce que nous \u00e9crivions \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour pr\u00e9senter cette s\u00e9rie&nbsp;:<\/em><br>On sait de Jacques De Decker qu\u2019il est un formidable passeur de sa passion des livres.&nbsp;Edmond Morrel lui rend visite chaque semaine pour enregistrer les appr\u00e9ciations qu\u2019il porte sur les derniers livres qu\u2019il a lus ou relus. Ces improvisations nous conduisent dans une biblioth\u00e8que aux entr\u00e9es multiples, rassasiant si faire se peut les curiosit\u00e9s les plus aiguis\u00e9es. Depuis septembre 2013, le registre des \u00ab\u00a0Marges\u00a0\u00bb s\u2019\u00e9largit : y sont aussi abord\u00e9s et comment\u00e9s des points d\u2019actualit\u00e9, des \u00e9v\u00e9nements, des faits de soci\u00e9t\u00e9 plac\u00e9s sous le regard de Jacques De Decker. Il les \u00e9voque en les repla\u00e7ant dans un contexte plus vaste, nourri \u00e0 la fois d\u2019histoire et de culture. Une mani\u00e8re toujours inattendue de relire le monde.\u00a0\u00bbLa marge\u00a0\u00bb de Jacques De Decker se d\u00e9cline en trois versions. Le texte publi\u00e9, le texte lu par l\u2019auteur, et la \u00ab\u00a0Contre-Marge\u00a0\u00bb, un commentaire improvis\u00e9 par Jacques De Decker au micro d\u2019Edmond Morrel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jean Jauniaux, le 14 mai 2020.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" title=\"Spotify Embed: &quot;Voyage en Myl\u00e9nie&quot; de V\u00e9ronique Bergen\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/5mYM0yOqVAjC9bLRvF6ydT\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La chanson walking on the right side<\/strong><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-QUIYnZpe2YY\/Xrz5fJ3AAoI\/AAAAAAAADkQ\/4cMKjVMi8nEoh_oCA4jx9tYBz9v67DIvACLcBGAsYHQ\/s1600\/Capture%2Bd%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran%2B2020-05-14%2Ba%25CC%2580%2B09.53.28.png\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-QUIYnZpe2YY\/Xrz5fJ3AAoI\/AAAAAAAADkQ\/4cMKjVMi8nEoh_oCA4jx9tYBz9v67DIvACLcBGAsYHQ\/s1600\/Capture%2Bd%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran%2B2020-05-14%2Ba%25CC%2580%2B09.53.28.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Il y a des signes qui ne trompent pas. Une forme d\u2019art est en train de changer de cat\u00e9gorie dans le grand pr\u00e9sentoir de la cr\u00e9ativit\u00e9. Il s\u2019agit de la chanson.Technique humble d\u2019alliage de musique et de la po\u00e9sie, la chanson est demeur\u00e9e confin\u00e9e dans l\u2019antichambre de la haute culture. Mais celle-ci se laissant encombrer plus qu\u2019il n\u2019est tol\u00e9rable par la fumisterie et la sp\u00e9culation cynique, il \u00e9tait pr\u00e9visible que t\u00f4t ou tard les formes modestes prennent leurs droits et soient reconnues pour la l\u00e9gitimit\u00e9 de leurs m\u00e9rites simples et \u00e9vidents : clart\u00e9 d\u2019expression, agr\u00e9ment de l\u2019esth\u00e9tique, recours \u00e0 ces s\u00e9ductions \u00e9l\u00e9mentaires que sont le rire et l\u2019\u00e9motion.Constatons donc, pour ce qui est de la chanson, des ph\u00e9nom\u00e8nes concomitants qui pourraient bien \u00eatre les indices d\u2019une tendance. Une de nos \u00e9crivaines les plus dou\u00e9es consacre un livre bien dans sa mani\u00e8re \u00e0 une vedette il est vrai tr\u00e8s originale du show business. Un journaliste de talent s\u2019attarde \u00e0 quelques personnalit\u00e9s chantantes des ann\u00e9es soixante qui ont non seulement diverti leurs contemporains, mais v\u00e9ritablement marqu\u00e9 leur \u00e9poque. Et, surtout, deux des revues litt\u00e9raires fran\u00e7aises les plus prestigieuses consacrent leurs pages \u00e0 cette m\u00eame chanson dont on aurait imagin\u00e9 qu\u2019elles ne l\u2019auraient jamais abord\u00e9e qu\u2019avec condescendance.Ces revues sont les plus embl\u00e9matiques qui soient : \u00ab La Revue des deux mondes \u00bb d\u2019une part et la sacro-sainte \u00ab Nouvelle revue fran\u00e7aise \u00bb de l\u2019autre. La premi\u00e8re, fond\u00e9e en 1829, \u00e0 laquelle, parmi beaucoup d\u2019autres, Alfred de Musset et George Sand ont collabor\u00e9, consacre tout un dossier aux Rolling Stones ; la deuxi\u00e8me, o\u00f9 les meilleurs auteurs du XX\u00e8me si\u00e8cle se sont exprim\u00e9s, va jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9server quasi toute une livraison au th\u00e8me \u00ab Vari\u00e9t\u00e9s : litt\u00e9rature et chanson \u00bb.V\u00e9ronique Bergen se laisse entra\u00eener dans le sillage de Myl\u00e8ne Farmer et trouve en elle une sid\u00e9rante derny fantasmatique. On pense \u00e0 ces courses cyclistes sur piste o\u00f9 les coureurs moulinaient derri\u00e8re des motocyclettes qui leur faisaient atteindre des vitesses aussi p\u00e9rilleuses qu\u2019improbables. Bergen n\u2019a pas froid aux yeux, on le sait, elle a trouv\u00e9 en Ulrike Meinhoff, dans son pr\u00e9c\u00e9dent ouvrage, une source d\u2019inspiration retentissante, ici ce n\u2019est pas la r\u00e9volte politique qui le requiert, mais une explosion des sens dans toutes leurs acceptions qui anime son \u00e9criture. Nicolas Crousse reste plus objectif dans \u00ab Les magnifiques \u00bb, une \u00ab autre histoire de la chanson fran\u00e7aise \u00bb comme il l\u2019appelle, mais injecte une vraie passion dans son \u00e9vocation hyper-inform\u00e9e de Greco et de Barbara, de Brel et de Ferrat, de Reggiani et de Gainsbourg qui, sous sa plume, deviennent les vrais porte-drapeaux de la po\u00e9sie de leur \u00e9poque, m\u00eame si l\u2019expression n\u2019aurait pas plu au Grand Jacques qui se refusait d\u2019\u00eatre un porte-drapeau parce que, disait-il, \u00ab son nombril n\u2019avait pas de trou \u00bb.Pour ce qui est des deux revues, la plus ancienne r\u00e9unit, autour du cinquanti\u00e8me anniversaire du d\u00e9barquement des Stones, qui donn\u00e8rent leur premier concert le 12 juillet 1962 &#8211; Mick Jagger allait avoir dix-neuf ans deux semaines le plus tard &#8211; neuf plumes incandescentes, parmi lesquelles Marc Lambron, Eric Neuhoff, et surtout le directeur de la publication, Michel Cr\u00e9pu, mieux connu par ses essais sur Bossuet et Sainte-Beuve, et qui reproduit ici pieusement un entretien qu\u2019il le privil\u00e8ge de recueillir aupr\u00e8s de Keith Richards \u00e0 Bruxelles le 18 juillet 1998.Dans la Nrf, on trouve aussi deux interviews qui en disent long sur la passion litt\u00e9raire de deux chanteurs, Serge Lama qui r\u00e9cit un po\u00e8me de Musset qu\u2019il regrette de n\u2019avoir pas mis en musique, ou Bernard Lavilliers qui dit qu\u2019il aime \u00ab parler de gens dont on ne parlerait jamais. A diff\u00e9rents niveaux de la marge \u00bb.C\u2019est le mot juste.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"text-align:right\">Jacques De Decker (2012-<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous poursuivons ici la re-lecture des chroniques de Jacques De Decker que nous enregistrions entre 2011 et 2014. 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