{"id":5636,"date":"2025-10-06T09:23:39","date_gmt":"2025-10-06T07:23:39","guid":{"rendered":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5636"},"modified":"2025-10-06T09:23:39","modified_gmt":"2025-10-06T07:23:39","slug":"les-poetes-de-la-rue-ducale-une-anthologie-poetique-composee-par-yves-namur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5636","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Les po\u00e8tes de la rue Ducale\u00a0\u00bb, une anthologie po\u00e9tique compos\u00e9e par Yves Namur"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Anthologie,&nbsp;<\/strong><em>Les po\u00e8tes de la rue Ducale<\/em>, Introduction et choix de po\u00e8mes par Yves Namur, \u00c9ditions de l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue et litt\u00e9rature fran\u00e7aises de Belgique, 2025, Anthologie po\u00e9tique, 244 pages, photographies de l\u2019auteur, 20\u20ac, ISBN: 978-2-8032-0093-1&nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"730\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Capture-decran-2025-10-06-a-08.54.27-730x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5637\" style=\"width:259px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Capture-decran-2025-10-06-a-08.54.27-730x1024.png 730w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Capture-decran-2025-10-06-a-08.54.27-214x300.png 214w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Capture-decran-2025-10-06-a-08.54.27-768x1077.png 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Capture-decran-2025-10-06-a-08.54.27-200x281.png 200w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Capture-decran-2025-10-06-a-08.54.27-690x968.png 690w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Capture-decran-2025-10-06-a-08.54.27.png 854w\" sizes=\"auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Il est, parmi d\u2019autres, deux institutions litt\u00e9raires qui m\u00e9riteraient d\u2019\u00eatre davantage connues et, surtout, fr\u00e9quent\u00e9es\u00a0: l\u2019Acad\u00e9mie et la po\u00e9sie. Elles sont ici r\u00e9unies dans un volume de textes choisis et introduits par le secr\u00e9taire perp\u00e9tuel de la premi\u00e8re, et rendues accessibles \u00e0 travers cinquante-sept po\u00e8tes illustrant la seconde. Leurs noms s&rsquo;\u00e9chelonnent, par ordre alphab\u00e9tique, de Franz Ansel (pseudonyme de Franz Folie) \u00e0 Liliane Wouters. Le ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre de l\u2019anthologie qui est lui-m\u00eame po\u00e8te et \u00e9diteur de po\u00e9sie, a choisi de n\u2019appara\u00eetre qu\u2019en introduction du volume. Cette position en retrait nous vaut tout de m\u00eame de relire la citation de Maeterlinck que Namur \u00e9voquait dans son ouvrage consacr\u00e9 au Prix Nobel de litt\u00e9rature. Selon lui, \u00ab\u00a0la po\u00e9sie n\u2019a d\u2019autre but que de tenir ouvertes les grandes portes\u00a0\u00a0qui m\u00e8nent de ce qu\u2019on voit \u00e0 ce qu\u2019on ne voit pas..\u00a0\u00bb (cit\u00e9 dans Yves Namur,\u00a0<em>Ainsi parlait Maeterlinck<\/em>, Paris, Arfuyen, 2021).\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>La lecture d\u2019une anthologie n\u00e9cessite plusieurs temps. Celui de la d\u00e9couverte, au cours duquel on s\u2019arr\u00eate \u00e0 la fois sur les noms qui nous sont familiers et que nous aimons, mais aussi sur ceux qui nous surprennent. Celui de la lecture attentive des uns et des autres, dans un ordre al\u00e9atoire, au gr\u00e9 d\u2019un instinctif et inconscient mouvement&nbsp;&nbsp;de la curiosit\u00e9. Et puis, dans un temps ult\u00e9rieur, le livre pos\u00e9 \u00e0 port\u00e9e de main, le lecteur ouvre au hasard le volume et relit, plus attentivement, les textes dont il a corn\u00e9 la page, ou soulign\u00e9 un vers, ou annot\u00e9 un titre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une recension d\u2019anthologie ne peut \u00eatre exhaustive. Elle devrait \u00eatre \u00e9crite \u00e0 diff\u00e9rentes reprises pour rendre compte de l\u2019\u00e9motion, de la surprise, de la gr\u00e2ce renouvel\u00e9es \u00e0 chaque lecture. Dans tous les cas, surgit de chacun de ces textes cette \u00ab&nbsp;merveille&nbsp;\u00bb qu\u2019il nous donne \u00e0 lire, selon la belle formule de Norge&nbsp;: un po\u00e8te est \u00ab&nbsp;l\u2019ouvrier d\u2019une merveille&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les \u00e9crivains contemporains, membres actuels de l\u2019Acad\u00e9mie, nombreux sont celles et ceux dont nous avons \u00e9voqu\u00e9 l\u2019actualit\u00e9 \u00e9ditoriale, \u00e0 travers des recensions ou des entretiens radio (auxquels on peut toujours avoir acc\u00e8s par le biais du blog <strong><a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/\">\u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb<\/a><\/strong> ou dans les archives des AML). Certains \u00e0 propos de la parution de recueils po\u00e9tiques (Corinne Hoex, Philippe Jones, Eric Brogniet, Philippe Lekeuche), d\u2019autres dont l\u2019actualit\u00e9 \u00e9ditoriale concernait le roman, la nouvelle, ou l\u2019essai (Jean Baptiste Baronian, V\u00e9ronique Bergen, Luc Dellisse, Fran\u00e7ois Emmanuel, Xavier Hanotte, Caroline Lamarche).\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Les red\u00e9couvrir ici, par fragments, donne un \u00e9clairage nouveau \u00e0 l\u2019ancienne lecture. Ainsi, de Baronian nous d\u00e9couvrons une po\u00e9sie gourmande mais aussi \u00ab&nbsp;rimbaldienne&nbsp;\u00bb (<em>J\u2019ai invent\u00e9 le bel azur.\/Et les parfums d\u2019Arabie.\/ J\u2019ai terrass\u00e9 les dragons.\/ J\u2019ai march\u00e9 sur les eaux vives (\u2026)<\/em>. De Lamarche, la d\u00e9lectation des mots convoqu\u00e9s pour \u00e9voquer&nbsp;<em>Bruxelles<\/em>. De Hoex, les retrouvailles avec&nbsp;<em>Uz\u00e8s ou nulle part<\/em>. De Dellisse, l\u2019exploration de l\u2019enfance. De Brogniet, un New-York incandescent de litt\u00e9rature\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ouvrant les pages d\u00e9di\u00e9es aux \u00ab\u00a0anciens\u00a0\u00bb, la modernit\u00e9 surgit de ces textes sign\u00e9s <strong><a href=\"https:\/\/youtu.be\/PgPGtAsqAxw?si=SMRbho0vISa9Hb-U\">Louis Pi\u00e9rard<\/a><\/strong> (dont 2026 sera l\u2019ann\u00e9e du 75<sup>e<\/sup>\u00a0anniversaire de la mort\u2026), qui \u00e9voque avec une puissance digne de son ami Verhaeren, les t\u00e9n\u00e8bres du Borinage dont il \u00e9voque la terrible mis\u00e8re des mineurs avec rage et \u00e9pouvante, \u00a0<em>Rythmant\/ l\u2019avidit\u00e9 du gouffre noir qui se repa\u00eet (\u2026)<\/em>\u00a0. La m\u00e9lancolie de Max Elskamp \u00e9voquant l\u2019ivresse des matelots aux escales nocturnes et lointaines, semble faire \u00e9cho \u00e0 la mystique de Thomas Braun et de son\u00a0<em>Livre des B\u00e9n\u00e9dictions<\/em>, mais aussi aux lointains qu\u2019\u00e9voque avec la puissance des survivants le li\u00e9geois Marcel Thiry, hant\u00e9 par la m\u00e9moire du voyage fondateur, qui le mena, vieil adolescent, autour du monde dans le sillage de l\u2019exp\u00e9dition des Auto-Canons mitrailleurs et qui se souvient\u00a0<em>d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 ce soldat p\u00e9r\u00e9grin\/ Sur le trottoir des villes inconnues\u00a0<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il ne serait&nbsp;&nbsp;pas envisageable ici de citer toutes et tous dont nous relisons et relisons encore quelques fragments de cette lumi\u00e8re qui nous touche, surgie des po\u00e8mes de Claire Lejeune, de Louis Dubrau (r\u00e9cemment r\u00e9\u00e9dit\u00e9e dans la belle \u00e9dition des \u00ab&nbsp;Femmes de lettres oubli\u00e9es&nbsp;\u00bb), Liliane Wouters ou Marie Gevers.<\/p>\n\n\n\n<p>Il suffirait peut-\u00eatre alors d\u2019inviter les lecteurs et lectrices de ces lignes, \u00e0 entrer par effraction dans le livre, et \u00e0 se laisser enfermer dans cette gr\u00e2ce que suscite la po\u00e9sie, comme si chacun de ses fragments ici r\u00e9unis, refl\u00e9tait la lumi\u00e8re de tous les autres.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne voudrais achever cette chronique sans citer Albert Ayguesparse, qui illustre ce qu\u2019il y a d\u2019intemporel et d\u2019\u00e9ternel dans la formulation po\u00e9tique du monde, l\u2019exaltation infatigable de l\u2019indignation qu\u2019il inspire&nbsp;:&nbsp;<em>Je remue les d\u00e9bris \u00e9pars\/d\u2019une vie d\u00e9j\u00e0 longue\/ mais jamais je n\u2019oublierai\/ grin\u00e7ant dans l\u2019aire rouill\u00e9\/ les cris perdus des \u00e9meutiers.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux,<\/strong> le 6 octobre 2025\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.arllfb.be\/publications\/anthologies\/9782803200931.html\">Sur le site de l\u2019Acad\u00e9mie\u00a0:<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Depuis sa cr\u00e9ation, notre acad\u00e9mie a accueilli nombre de po\u00e8tes, certains faisant de la po\u00e9sie une activit\u00e9 essentielle, voire exclusive, d\u2019autres s\u2019\u00e9tant \u00abfrott\u00e9s\u00bb \u00e0 ce genre litt\u00e9raire, alors m\u00eame qu\u2019ils sont reconnus pour leurs \u0153uvres en prose. Dans cette anthologie sont pr\u00e9sents des auteurs \u00e0 red\u00e9couvrir et dont il serait parfois bon de se souvenir ainsi que des romanciers qui n\u2019ont pas n\u00e9glig\u00e9 cette discipline de l\u2019humilit\u00e9 qu\u2019est la po\u00e9sie. Certains ont \u00e9t\u00e9 des adeptes du romantisme, du classicisme ou du lyrisme, un Maeterlinck est unanimement reconnu comme le ma\u00eetre du symbolisme, voire le pr\u00e9curseur du surr\u00e9alisme, un Jules Destr\u00e9e a servi le po\u00e8me en prose. D\u2019autres, qui font notre bel aujourd\u2019hui, voisinent avec l\u2019\u00e9criture minimaliste, le fantastique, la m\u00e9taphysique, l\u2019humour, etc.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Yves Namur, auteur d\u2019une cinquantaine de recueils de po\u00e9sie dont&nbsp;<em>La tristesse du figuier<\/em>&nbsp;(Lettres Vives, 2012) et&nbsp;<em>La nuit am\u00e8re<\/em>&nbsp;(Arfuyen, 2023). Il a sign\u00e9 de nombreuses anthologies, seul ou avec Liliane Wouters. Secr\u00e9taire perp\u00e9tuel de l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue et de litt\u00e9rature fran\u00e7aises de Belgique et membre de l\u2019Acad\u00e9mie Mallarm\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Anthologie,&nbsp;Les po\u00e8tes de la rue Ducale, Introduction et choix de po\u00e8mes par Yves Namur, \u00c9ditions de l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5636","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5636","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5636"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5636\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5638,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5636\/revisions\/5638"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5636"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5636"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5636"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}