{"id":5340,"date":"2024-03-27T15:59:16","date_gmt":"2024-03-27T14:59:16","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5340"},"modified":"2024-03-27T15:59:17","modified_gmt":"2024-03-27T14:59:17","slug":"oublier-une-piece-de-marie-laberge-a-voir-a-la-comedie-royale-claude-volter-dans-une-mise-en-scene-de-michel-de-warzee-et-une-adaptation-de-jacques-de-decker","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5340","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Oublier\u00a0\u00bb : une pi\u00e8ce de Marie Laberge \u00e0 voir \u00e0 la Com\u00e9die royale Claude Volter dans une mise en sc\u00e8ne de Michel de Warz\u00e9e et une adaptation de Jacques De Decker."},"content":{"rendered":"\n<p>Il y a ainsi des moments de gr\u00e2ce, comme celui o\u00f9 le public est litt\u00e9ralement happ\u00e9, hypnotis\u00e9 par l&rsquo;excellence en tous points d&rsquo;une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. S&rsquo;il fallait s&rsquo;en convaincre encore, <strong><a href=\"http:\/\/www.marielaberge.com\/oeuvre\/oublier\/89\">\u00ab\u00a0<em>Oublier<\/em>\u00ab\u00a0<\/a><\/strong> de l&rsquo;autrice qu\u00e9becoise <strong><a href=\"http:\/\/www.marielaberge.com\/biographie\">Marie Laberge<\/a><\/strong>, dans une mise en sc\u00e8ne de Michel de Warz\u00e9e nous donne &#8211; du 26 mars au 21 avril &#8211; la fulgurante d\u00e9monstration de cette in\u00e9luctable n\u00e9cessit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre. Celui-ci nous \u00e9meut d&rsquo;une mani\u00e8re singuli\u00e8re et avec une intensit\u00e9 que seul le \u00ab\u00a0spectacle vivant\u00a0\u00bb peut atteindre quoiqu&rsquo;en pensent les \u00ab\u00a0comit\u00e9s\u00a0\u00bb au sein des minist\u00e8res de la culture qui \u00e9valuent l&rsquo;opportunit\u00e9 de prolonger ou non les budgets sur base de programmes quinquennaux. A la fin de la premi\u00e8re, hier soir, Michel de Warz\u00e9e n&rsquo;a pas manqu\u00e9 de partager avec le public &#8211; sid\u00e9r\u00e9- les emb\u00fbches budg\u00e9taires auxquelles est confront\u00e9 son th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/comedieroyaleclaudevolter.be\/index.php?mact=Agenda,cntnt01,DetailEvent,0&amp;cntnt01id_event=70&amp;cur_lang=fr&amp;cntnt01returnid=1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"375\" height=\"556\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.44.00-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5344\" style=\"width:308px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.44.00-1.png 375w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.44.00-1-202x300.png 202w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.44.00-1-200x297.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Mais revenons \u00e0 la pi\u00e8ce Oublier et \u00e0 son autrice.  Jacques De Decker avait souvent mis en \u00e9vidence l&rsquo;importance de l&rsquo;oeuvre de la romanci\u00e8re Marie Laberge \u00e0 laquelle il vouait une grande admiration comme en t\u00e9moigne cette <a href=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/spip.php?article1482\">\u00a0\u00bb Marge et contre-Marge\u00a0\u00bb qu&rsquo;il nous confiait nagu\u00e8re et que l&rsquo;on peut toujours entendre sur le site Espace-livres<\/a>. <em> <\/em>Il concluait sa chronique consacr\u00e9e au roman <em>Revenir de loin)<\/em> en donnant de Marie Laberge cette analyse qui pourrait s&rsquo;appliquer telle quelle \u00e0 la pi\u00e8ce <strong>\u00ab\u00a0<em>Oublier\u00a0\u00bb <\/em><\/strong><em>:<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>Un grand \u00e9crivain de ce temps, rare, unique en son genre, qui se fait, m\u00eame en Europe, le plus authentique des publics, celui de toutes celles et ceux qui attendent de la lecture un peu de clart\u00e9 sur l\u2019\u00e9nigme d\u2019exister<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans une version \u00ab\u00a0am\u00e9nag\u00e9e en fran\u00e7ais europ\u00e9en avec la collaboration de Jacques De Decker\u00a0\u00bb, que la pi\u00e8ce qu\u00e9becoise nous est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Bruxelles. Dans une sc\u00e9nographie particuli\u00e8rement efficace (sign\u00e9e Serge Daems avec \u00e0 la r\u00e9gie et aux lumi\u00e8res Bruno Smit) ), quatre femmes, r\u00e9unies par une nuit d&rsquo;hiver dans une temp\u00eate de neige au domicile de leur m\u00e8re, se retrouvent confront\u00e9es \u00e0 la maladie d&rsquo;Alzheimer de cette derni\u00e8re. Jacqueline, l&rsquo;a\u00een\u00e9e,  a mis sur pied cette r\u00e9union de famille dont, au fil des trois actes, le public d\u00e9couvre les secrets, les affrontements anciens, les malentendus irr\u00e9vocables. Les trois autres soeurs Joanne, Judith et la cadette Micheline participent \u00e0 contrecoeur \u00e0 cette soir\u00e9e \u00e0 laquelle se joint Roger (Simon Willame), incarnant l&rsquo;effarement du t\u00e9moin involontaire. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"426\" height=\"544\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.58.23.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5345\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.58.23.png 426w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.58.23-235x300.png 235w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.58.23-200x255.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 426px) 100vw, 426px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Chacune des com\u00e9diennes est litt\u00e9ralement port\u00e9e par la puissance et la justesse de leurs r\u00f4les respectifs et, en particulier dans chacun des monologues que la dramaturge leur attribue. Rarement le terme \u00ab\u00a0com\u00e9die dramatique\u00a0\u00bb aura mieux d\u00e9sign\u00e9 une oeuvre comme ici. L&rsquo;affrontement des rancoeurs ne cesse, comme par vagues au pied des falaises, d&rsquo;assaillir le pass\u00e9 et d&rsquo;en d\u00e9tacher petit \u00e0 petit des fragments. La solitude alcoolique de Joanne (on n&rsquo;oubliera pas de sit\u00f4t l&rsquo;interpr\u00e9tation dr\u00f4le et tragique \u00e0 la fois,  de St\u00e9phanie Moriau) , l&rsquo;exigence extr\u00eame de vivre libre de Judith (Am\u00e9lie Saye entrelace \u00e0 la perfection le jeu de l&rsquo;intransigeance et du d\u00e9chirement affectif), la rigueur envers et contre tout dans le devoir filial de Jacqueline (Bernadette Mouzon donne \u00e0 ce personnage ingrat toute la complexit\u00e9 douloureuse qui \u00e9vite d&rsquo;en faire une caricature), l&rsquo;amn\u00e9sie de la soeur cadette Micheline (toute la virtuosit\u00e9 de Loriane Klupsch donne \u00e0 ce personnage \u00e9nigmatique  les nuances  les plus subtiles pour exprimer la (vraie-fausse) maladie mentale), tous ces traits de caract\u00e8re se sont forg\u00e9s au fil des ann\u00e9es. Ce soir, dans l&rsquo;hiver et l&rsquo;isolement de cette grande maison dont les fen\u00eatres sont battues par les bourrasques de neige, la lumi\u00e8re se fera sur le pass\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Chacun mettra en \u00e9vidence l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des th\u00e9matiques qui viennent hanter les \u00e9changes entre les quatre femmes: la solitude, la vieillesse, l&rsquo;absence d&rsquo;amour, la place de la v\u00e9rit\u00e9 dans une relation, la tentation du suicide, l&rsquo;euthanasie.<\/p>\n\n\n\n<p> Le texte, le jeu des com\u00e9diennes, le d\u00e9cor sont servis par la mise en sc\u00e8ne de Michel de Warz\u00e9e dont on devine la jubilation \u00e0 orchestrer les mouvements d&rsquo;\u00e2me dont ce huis-clos devient le puissant d\u00e9tonateur. Michel de Warz\u00e9e r\u00e9ussit \u00e0 mettre en \u00e9vidence, sans jamais forcer le trait,  chaque nuance du texte, chaque mouvement de caract\u00e8re, chaque \u00e9motion de ses personnages dont le public, hypnotis\u00e9, suit les d\u00e9chirements si humains jusqu&rsquo;au d\u00e9nouement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ne manquez pas cette pi\u00e8ce. Elle vous dira combien le th\u00e9\u00e2tre &#8211; comme le roman- permet de jeter un peu de \u00ab\u00a0clart\u00e9 sur l\u2019\u00e9nigme d&rsquo;exister\u00a0\u00bb comme l&rsquo;\u00e9crivait si justement Jacques De Decker.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux, le 27 mars 2024.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#920e0e\" class=\"has-inline-color\"><strong>\u00ab\u00a0Oublier\u00a0\u00bb de Marie Laberge, dans une adaptation de Jacques De Decker se joue \u00e0 la Com\u00e9die Claude Volter<\/strong> <strong>du 26 mars au 21 avril:<\/strong><\/mark> <strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">t<a href=\"https:\/\/comedieroyaleclaudevolter.be\/index.php?mact=Agenda,cntnt01,DetailEvent,0&amp;cntnt01id_event=70&amp;cur_lang=fr&amp;cntnt01returnid=1\">ous renseignements pratiques sur le site du th\u00e9\u00e2tre<\/a><\/mark><\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"375\" height=\"556\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.44.00.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5343\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.44.00.png 375w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.44.00-202x300.png 202w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Capture-decran-2024-03-27-a-15.44.00-200x297.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a ainsi des moments de gr\u00e2ce, comme celui o\u00f9 le public est litt\u00e9ralement happ\u00e9, hypnotis\u00e9 par l&rsquo;excellence en&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5340","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5340","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5340"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5340\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5346,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5340\/revisions\/5346"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5340"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}