{"id":5325,"date":"2024-02-19T12:40:03","date_gmt":"2024-02-19T11:40:03","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5325"},"modified":"2024-02-19T12:40:04","modified_gmt":"2024-02-19T11:40:04","slug":"ce-que-le-fleuve-doit-a-la-plaine-un-roman-dalain-lallemand-aux-editions-weyrich","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5325","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Ce que le fleuve doit \u00e0 la plaine\u00a0\u00bb un roman d&rsquo;Alain Lallemand aux Editions Weyrich."},"content":{"rendered":"\n<p>On ne peut \u00eatre journaliste d&rsquo;investigation ou grand reporter sans \u00eatre \u00e9crivain. Les grands anciens, lorsque les r\u00e9seaux instantan\u00e9s n&rsquo;avaient pas encore submerg\u00e9 l&rsquo;actualit\u00e9 de <em>fake news<\/em>, d&rsquo;A.I. et autres d\u00e9tournements du r\u00e9el, m\u00e9riteraient d&rsquo;\u00eatre relus s&rsquo;il fallait s&rsquo;en convaincre. Les Londres, Kessel, Colette, Camus, Mauriac, pour n&rsquo;en \u00e9voquer que quelques uns, transcendaient les compte-rendus de l&rsquo;actualit\u00e9 pour raconter des \u00e9v\u00e9nements dans leur complexit\u00e9, dans leur environnement -humain, g\u00e9opolitique, social- et transmettre l&rsquo;\u00e9motion qu&rsquo;ils ont inspir\u00e9 \u00e0 ces t\u00e9moins privil\u00e9gi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une parution r\u00e9cente, <strong>Colette Braeckman<\/strong> avait compos\u00e9 avec <em>Mes carnets noirs <\/em>un r\u00e9cit autobiographique particuli\u00e8rement sensible, traversant l&rsquo;histoire d&rsquo;un demi-si\u00e8cle depuis son enfance dans la rue du Silence \u00e0 Uccle, jusqu&rsquo;aux \u00e9pisodes les plus marquants de l&rsquo;Histoire des XXe et XXIe si\u00e8cles.  <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5298\">Nous avions \u00e9voqu\u00e9 ce livre paru chez Weyrich<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alain Lallemand,<\/strong> grand reporter, journaliste d&rsquo;investigation, aujourd&rsquo;hui charg\u00e9 des chroniques culturelles du quotidien belge <em>Le Soir <\/em>est entr\u00e9 en litt\u00e9rature il y a presque 20 ans en publiant chez Luce Wilquin son premier \u00ab\u00a0r\u00e9cit\u00a0\u00bb, <em>N&rsquo;oubliez pas le guide <\/em>qui anticipait l&rsquo;\u00e9criture romanesque \u00e0 venir avec <em>La femme h\u00e9ro\u00efne <\/em>(2007, Luce Wilquin), <em>Ma plus belle d\u00e9claration de guerre <\/em>(2014, Luce Wilquin), <em>Et dans la jungle, Dieu dansait <\/em>(2020, Le livre de poche) ), <em>L&rsquo;homme qui d\u00e9peuplait les collines  (<\/em>2020, JC Latt\u00e8s)<em>. <\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"294\" height=\"510\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Capture-decran-2024-02-19-a-12.22.55.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5329\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Capture-decran-2024-02-19-a-12.22.55.png 294w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Capture-decran-2024-02-19-a-12.22.55-173x300.png 173w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Capture-decran-2024-02-19-a-12.22.55-200x347.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 294px) 100vw, 294px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>On saluera ici l&rsquo;initiative d&rsquo;<strong>Olivier Weyrich<\/strong> d&rsquo;inscrire dans le catalogue de sa collection litt\u00e9raire <em>Plumes du Coq<\/em> ,  le dernier ouvrage en date d&rsquo;Alain Lallemand: <em>Ce que le fleuve doit \u00e0 la plaine.  <\/em>Dans son avant-propos, le journaliste-\u00e9crivain \u00e9voque Rudyard Kipling en Afghanistan et, de fa\u00e7on plus inattendue, Jean Giono et <em> Le chant du monde, <\/em>une \u00e9pop\u00e9e lyrique que le romancier de Manosque qualifiait de nouvelle guerre de Troie.<em>  <\/em>C&rsquo;est que l&rsquo;un et l&rsquo;autre se trouvent sur cette ligne de cr\u00eate qui anticipe les affrontements telluriques entre les \u00ab\u00a0d\u00e9mons identitaires\u00a0\u00bb. S&rsquo;inspirant des reportages qu&rsquo;il effectua en 2014 en qualit\u00e9 d&rsquo;envoy\u00e9 sp\u00e9cial en Crim\u00e9e, Lallemand \u00e9crit le roman de ce qui allait pr\u00e9figurer la guerre totale \u00e0 laquelle nous assistons aujourd&rsquo;hui, dans sa forme la plus spectaculairement tragique, et qui d\u00e9buta par les incursions sc\u00e9l\u00e9rates et sournoises de \u00ab\u00a0myst\u00e9rieux hommes en armes, sans grade ni insigne\u00a0\u00bb. Plut\u00f4t que de raconter en usant du grand-angulaire, le romancier approche \u00ab\u00a0au plus pr\u00e8s du souffle de la bombe\u00a0\u00bb (comme il le recommande dans une \u00e9tude sur le journalisme narratif); il cr\u00e9e les protagonistes d&rsquo;une fresque romanesque o\u00f9 chaque personnage &#8211; Cosaque, Tatar, Russe, Ukrainien- vit, entre le 21 f\u00e9vrier et le 16 mars 2014, ce qui engendrera la premi\u00e8re guerre europ\u00e9enne (mondiale ?) du XXIe si\u00e8cle. <\/p>\n\n\n\n<p>Le roman offre au lecteur une irrempla\u00e7able grille de lecture des informations qui chaque jour surviennent d&rsquo;Ukraine ou de Russie, sous forme d&rsquo;images d&rsquo;un autre \u00e2ge de villes en ruines et d&rsquo;exodes civils, de crimes contre l&rsquo;humanit\u00e9, d&rsquo;atteintes \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;expression. En ces temps o\u00f9 la d\u00e9sinformation pr\u00e9vaut dans ses formes les plus sournoises et pernicieuses,  le roman devient le seul, gr\u00e2ce \u00e0 la paradoxale v\u00e9rit\u00e9 de la fiction, mais aussi gr\u00e2ce \u00e0 la narration \u00e0 hauteur d&rsquo;homme, de femme, d&rsquo;enfant, \u00e0 \u00eatre en mesure de lever le voile sur l&rsquo;apocalypse avant qu&rsquo;elle ne survienne. Le lecteur aura aussi la curiosit\u00e9 de revenir \u00e0 la chronologie des \u00e9v\u00e9nements qui ont engendr\u00e9 la guerre d&rsquo;invasion en Ukraine: les vell\u00e9it\u00e9s pro-europ\u00e9ennes de l&rsquo;Ukraine exacerb\u00e9es lors de la nuit de Ma\u00efdan (18-19 f\u00e9vrier 2014), l&rsquo;arriv\u00e9e des \u00ab\u00a0petits hommes verts\u00a0\u00bb en Crim\u00e9e, puis l&rsquo;annexion de la p\u00e9ninsule, que suivra la guerre du Donbass&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Un roman, c&rsquo;est une g\u00e9ographie, un temps, des personnages, mais aussi une \u00e9criture. Ici, Lallemand excelle \u00e0 exprimer dans une langue au lyrisme contenu, d&rsquo;autant plus efficace, d\u00e9ployant une formidable puissance d&rsquo;\u00e9vocation des lieux, des traditions, mais aussi des ambitions et de la violence des confrontations. On dirait \u00e0 certains moments particuli\u00e8rement inspir\u00e9s, lire des fragments des  r\u00e9cits et nouvelles de Tch\u00e9khov, Gogol, Tourgu\u00e9niev. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous formons le voeu que ce roman salutaire trouve bien vite des traducteurs et \u00e9diteurs qui le diffuseront en ukrainien et en russe, ces langues et ces racines auxquelles le roman semble se nourrir de sa puissance litt\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux, le 19 f\u00e9vrier 2024.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avions interrog\u00e9 en 2020 (dans le cadre d&rsquo;une s\u00e9rie initi\u00e9e pour PEN Club Belgique) , Alain Lallemand \u00e0 propos des entrelacements entre la d\u00e9marche du \u00ab\u00a0reporter\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0romancier\u00a0\u00bb. <a href=\"https:\/\/youtu.be\/EPrr6F4nryI?feature=shared\">L&rsquo;occasion est ici donn\u00e9e de r\u00e9-\u00e9couter l&rsquo;\u00e9crivain. <\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Ecouter Alain Lallemand au micro d&#039;Edmond Morrel\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/EPrr6F4nryI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.weyrich-edition.be\/produit\/ce-que-le-fleuve-doit-la-plaine\">Sur le site des Editions Weyrich<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab\u00a0Crim\u00e9e, f\u00e9vrier 2014. De \u00ab\u2009petits hommes verts bien polis\u2009\u00bb prennent le contr\u00f4le du Parlement, encerclent les bases militaires, les a\u00e9roports. Les communications sont coup\u00e9es. L\u2019invasion russe aurait-elle commenc\u00e9\u2009?\u00a0Les jeunes s\u0153urs Roudakova ne s\u2019inqui\u00e8tent pas pour leur ferme, mais tremblent pour leurs amants. C\u0153ur cosaque, Oleg va devoir combattre ses fr\u00e8res de sang\u2009; Kash, l\u2019ami Tatar, devine d\u00e9j\u00e0 que sa communaut\u00e9 conna\u00eetra un nouvel exil. Dans l\u2019ombre et la lumi\u00e8re, chacun se cherche des protecteurs.\u00a0\u00c0 l\u2019aube de ce r\u00e9cit, un premier corps est retrouv\u00e9 dans le fleuve Alma\u2009: un jeune Tatar\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On ne peut \u00eatre journaliste d&rsquo;investigation ou grand reporter sans \u00eatre \u00e9crivain. 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