{"id":5298,"date":"2023-12-16T12:40:26","date_gmt":"2023-12-16T11:40:26","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5298"},"modified":"2023-12-19T08:28:06","modified_gmt":"2023-12-19T07:28:06","slug":"mes-carnets-noirs-de-colette-braeckman-le-recit-autobiographique-de-la-vocation-de-la-carriere-et-des-combats-dune-des-figures-les-plus-eminentes-du-journalisme-francophone","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5298","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Mes carnets noirs\u00a0\u00bb,  de Colette Braeckman. Le r\u00e9cit autobiographique de la vocation, de la carri\u00e8re et des combats  d&rsquo;une des figures les plus \u00e9minentes du  journalisme francophone."},"content":{"rendered":"\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.weyrich-edition.be\/produit\/carnets-noirs-mes\"><em>Mes carnets noirs <\/em>de Colette Braeckman, Editions Weyrich, Collection \u00ab\u00a0Documents\u00a0\u00bb<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la collection \u00ab&nbsp;Documents&nbsp;\u00bb, les Editions Weyrich publient les <em>Carnets noirs <\/em>de Colette Braeckman. Celle qui est sans doute une des figures majeures du journalisme francophone, \u00e9voque dans ce livre &#8211; qui se lit d\u2019une traite-, les \u00e9tapes les plus marquantes d\u2019une vocation et d\u2019une carri\u00e8re, mais aussi, fatalement, quelques dates charni\u00e8res de l\u2019Histoire du si\u00e8cle pass\u00e9 et de celui-ci, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 70 jusqu\u2019\u00e0 la parution de ce livre, cinquante ans plus tard. On se souvient de la signature de Colette Braeckman au bas d\u2019une infinit\u00e9 d\u2019articles factuels, d\u2019\u00e9ditoriaux, de commentaires et d\u2019interviews dans les colonnes du quotidien belge <em>Le Soir.<\/em> On sait qu\u2019elle rassembla dans une dizaine de livres les analyses \u00e9clairantes des \u00e9v\u00e9nements dont elle fut le t\u00e9moin et dont elle rapporta la terrible r\u00e9alit\u00e9. Apr\u00e8s un premier ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019immigration en Belgique ( <em>Les \u00e9trangers en Belgique<\/em>, Editions Vie ouvri\u00e8re, 1973), un deuxi\u00e8me d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volution des \u0153illets (<em>Portugal, r\u00e9volution surveill\u00e9e<\/em>, Rossel Editions, 1976), elle publiera des ouvrages sur l\u2019Afrique, dont elle deviendra une sp\u00e9cialiste des anciennes colonies belges&nbsp;: le Rwanda, le Burundi et le Congo. Avec Thierry Michel elle r\u00e9alisera un film-portrait du Docteur Mukegwe et, depuis sa \u00ab&nbsp;retraite&nbsp;\u00bb (mais dans ce m\u00e9tier est-on jamais \u00e0 la retraite&nbsp;?), elle nourrit un blog d\u2019articles et d\u2019analyses qui sont autant d\u2019indispensables instruments de compr\u00e9hension de notre monde.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"289\" height=\"386\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-16-a-12.30.38.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5299\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-16-a-12.30.38.png 289w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-16-a-12.30.38-225x300.png 225w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-16-a-12.30.38-200x267.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 289px) 100vw, 289px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Quant au livre, <em>Mes carnets noirs<\/em>, il constitue sans aucun doute un bilan mais aussi un t\u00e9moignage exceptionnel d\u2019une vie d\u00e9di\u00e9e \u00e0 cette vocation d\u2019\u00e9crire le r\u00e9el, de le comprendre, d\u2019en t\u00e9moigner, et, surtout, d\u2019en partager &nbsp;&nbsp;l\u2019\u00e9vocation, de le rendre accessible \u00e0 chacun. Pour cela, il faut une \u00e9criture limpide, un regard intransigeant, mais aussi, une \u00e9motion qui jamais ne peut s\u2019absenter des grands r\u00e9cits. C\u2019est ainsi que ce livre, \u00e9voquant dans son titre des carnets qui \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement offerts \u00e0 Colette Braeckman pour qu\u2019elle y raconte ses souvenirs, \u00e9voque ce qui est plus personnel, plus intime. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, \u00ab&nbsp;il \u00e9tait trop t\u00f4t (\u2026)pour provoquer la collision entre le lointain pass\u00e9 et le pr\u00e9sent.&nbsp;\u00bb. &nbsp;La journaliste nous dit qu\u2019elle a finalement , \u00ab&nbsp;\u00e0 contrec\u0153ur, \u00e0 reculons, entrepris de feuilleter quelques chapitres (de sa vie) en &lt;s\u2019&gt;excusant aupr\u00e8s de ceux qui connaissaient d\u00e9j\u00e0 toutes &lt;ses&gt; histoires.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La maladie et la mort pr\u00e9coce du p\u00e8re ont marqu\u00e9 l\u2019enfance de la future journaliste \u00e0 qui sa m\u00e8re, pour &lt;l\u2019&gt;&nbsp;\u00bbemp\u00eacher de poser des questions&nbsp;\u00bb, avait donn\u00e9 comme consigne de lire chaque jour un des livres qu\u2019elle rapportait de la biblioth\u00e8que. Elle choisissait, pr\u00e9monition&nbsp;?, des r\u00e9cits de voyage familiarisant l\u2019enfant avec les exp\u00e9ditions de Frison-Roche, de Henry de Monfreid et d\u2019autres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9motion est dans la difficile et tardive \u00e9vocation de l\u2019enfance&nbsp;: \u00ab&nbsp;Durant longtemps, parler de ces ann\u00e9es-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait comme descendre dans la cave \u00e0 charbon.&nbsp;\u00bb. De l\u2019enfance de la \u00ab&nbsp;demi-orpheline&nbsp;\u00bb, il y a la pudeur \u00e0 dire qu\u2019elle n\u2019a plus de p\u00e8re, la honte d\u2019une m\u00e8re portant \u00ab&nbsp;le grand deuil&nbsp;\u00bb, la solitude sociale d\u2019une maison modeste, et puis les images du Congo transmises par un missionnaire qui \u00ab&nbsp;amenait sa part de r\u00eave&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les noms s\u2019\u00e9gr\u00e8nent, comme autant d\u2019hommages, &nbsp;au fil des \u00e9tapes du m\u00e9tier de journaliste&nbsp;: Jean Brutsaert, Fr\u00e9d\u00e9ric Kiesel, Jean Heinen, Lucien Latin. Il y eut ensuite, bien s\u00fbr, Yvon Toussaint et l\u2019amie si ch\u00e8re, B\u00e9n\u00e9dicte Vaes dont le nom est \u00e9voqu\u00e9 chaque fois avec un tremblement d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements du monde scandent dor\u00e9navant la biographie m\u00e9morielle, la vie priv\u00e9e, les articles, le premier livre&nbsp;: la Gr\u00e8ce des colonels, le premier reportage au Liban, un autre en Libye, le livre <em>Les \u00e9trangers en Belgique<\/em>\u2026Un constante&nbsp;? \u00ab&nbsp;le plaisir jamais assouvi d\u2019\u00e9crire&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s <em>La Cit\u00e9<\/em>, il y eut un court \u00e9pisode \u00e0 l\u2019hebdomadaire <em>Sp\u00e9cial, <\/em>puis, bien s\u00fbr, enfin&nbsp;!, <em>Le Soir<\/em>\u2026 qui la publie sans discontinuer depuis des d\u00e9cennies. Sans oublier les contributions \u00e0 des journaux, \u00e9missions, magazines qui ont ouvert leurs colonnes \u00e0 celle qui observe, discr\u00e8tement : \u00ab&nbsp;J\u2019ai aim\u00e9 ce m\u00e9tier parce que j\u2019aimais \u00e9crire, tout simplement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On ne poursuivra pas ici la chronologie de cette carri\u00e8re exemplaire, align\u00e9e sur l\u2019histoire du monde, men\u00e9e tambour battant par une journaliste dont, compl\u00e9tant les multiples articles et les livres, ces &nbsp;<em>Carnets noirs<\/em>&nbsp; offrent un t\u00e9moignage au plus pr\u00e8s du c\u0153ur, qui, \u00e0 n\u2019en pas douter, suscitera des vocations pour ce m\u00e9tier dont elle retrace un cheminement exemplaire, le sien.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans doute a-t-elle ici men\u00e9 \u00e0 bien un de ses plus intenses \u00ab\u00a0grand reportage\u00a0\u00bb, celui qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 investiguer, puis \u00e0 raconter son enfance o\u00f9 vibrait d\u00e9j\u00e0 la vocation d\u2019une petite fille enfant unique, dans une maison modeste dont l\u2019adresse, rue du<em> Silence<\/em>, r\u00e9sonne comme un appel \u00e0 ne jamais se taire.<\/p>\n\n\n\n<p><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#901313\" class=\"has-inline-color\">Nous aurons bient\u00f4t l\u2019occasion d\u2019interviewer Colette Braeckman, mais nous souhaitions d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent t\u00e9moigner de la lecture de ce livre et la recommander, toutes affaires cessantes.<\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>J<strong>ean Jauniaux, le 16 d\u00e9cembre 2023.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sur le site des Editions Weyrich<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Grand reporter pour Le Soir, Colette Braeckman arpente la plan\u00e8te d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa carri\u00e8re de journaliste. Les reportages se succ\u00e8dent, Am\u00e9rique latine, Asie du Sud-Est, Portugal, Corne de l\u2019Afrique\u2026 Puis dans les ann\u00e9es 80, elle se concentre sur le pays dont elle r\u00eavait depuis l\u2019enfance : le Congo devenu Za\u00efre, l\u2019ancienne colonie des Belges. Elle y couvre les derni\u00e8res ann\u00e9es du r\u00e9gime Mobutu, l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir des Kabila p\u00e8re puis fils, les guerres successives et les drames humanitaires. Au Rwanda, elle suit toutes les \u00e9tapes du g\u00e9nocide, depuis les signes avant-coureurs de la trag\u00e9die jusqu\u2019\u00e0 son accomplissement. Les guerres et les drames de l\u2019Afrique centrale lui inspirent une dizaine de livres et de nombreux articles dans la presse internationale. Dans cet ouvrage passionnant, Colette Braeckman raconte ses ann\u00e9es au galop, assemble le grand puzzle de sa vie d\u2019aventuri\u00e8re, raconte les coulisses de ses enqu\u00eates et ses t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec les chefs d\u2019\u00c9tat africains et leurs modestes sujets. Avec elle, on bondit dans l\u2019avion, on mange la poussi\u00e8re sur les pistes congolaises, on risque sa vie pour un bon papier.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mes carnets noirs de Colette Braeckman, Editions Weyrich, Collection \u00ab\u00a0Documents\u00a0\u00bb Dans la collection \u00ab&nbsp;Documents&nbsp;\u00bb, les Editions Weyrich publient les Carnets&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5298","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5298"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5298\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5307,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5298\/revisions\/5307"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}