{"id":5158,"date":"2023-06-30T15:34:46","date_gmt":"2023-06-30T13:34:46","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5158"},"modified":"2023-06-30T15:34:47","modified_gmt":"2023-06-30T13:34:47","slug":"milan-kundera-ecrire-quelle-drole-didee-un-manteau-darlequin-litteraire-et-biographique-de-lauteur-tcheque-par-florence-noiville-gallimard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5158","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Milan Kundera, \u00e9crire quelle dr\u00f4le d&rsquo;id\u00e9e\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0manteau d&rsquo;Arlequin\u00a0\u00bb litt\u00e9raire et  biographique de l&rsquo;auteur tch\u00e8que par Florence Noiville (Gallimard)"},"content":{"rendered":"\n<p>Critique litt\u00e9raire au journal <em>Le Monde, <\/em>Florence Noiville propose r\u00e9guli\u00e8rement de d\u00e9couvrir des \u00e9crivains \u00e0 travers des entretiens qu&rsquo;elle raconte dans les r\u00e9cits qu&rsquo;elle en fait. Certains de ces portraits ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis dans un recueil <em>\u00c9crire c&rsquo;est comme l&rsquo;amour<\/em> (Autrement, 2016) &#8211; <a href=\"http:\/\/espacelivresedmondmorrel.blogspot.com\/2016\/10\/florence-noiville-lart-du-portrait.html\">interview disponible sur le site <\/a>&#8211; ou <em>So British <\/em>(Gallimard, 2013)  <a href=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/Florence-Noiville-est-ecrivain\">Son interview \u00e0 propos de ce livre est toujours accessible sur le site de \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb<\/a>  On la conna\u00eet aussi pour les biographies qu&rsquo;elle a consacr\u00e9 \u00e0 <em>Isaac B. Singer <\/em>(Stock, 2003) ou (avec sa fille Mathilde Hirsch) \u00e0 <em>Nina Simone<\/em> (Tallandier, 2019). Noiville est aussi romanci\u00e8re \u00e0 qui on doit <em>La donation <\/em>(Stock 2007), <em>L&rsquo;illusion d\u00e9lirante d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 <\/em>(Stock 2015) et <a href=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/L-Attachement-le-deuxieme-roman-de\">on se souvient de <em>L&rsquo;attachement<\/em> \u00e0 propos duquel elle avait accord\u00e9 une interview \u00e0 \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb <\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Capture-decran-2023-06-29-a-10.35.12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5162\" width=\"427\" height=\"639\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Capture-decran-2023-06-29-a-10.35.12.png 623w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Capture-decran-2023-06-29-a-10.35.12-200x300.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 427px) 100vw, 427px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Dans son dernier livre en date, <em><strong><a href=\"https:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Hors-serie-Litterature\/Milan-Kundera\">Milan Kundera \u00ab\u00a0Ecrire quelle dr\u00f4le d&rsquo;id\u00e9e\u00a0\u00bb<\/a><\/strong><\/em>, elle rel\u00e8ve ce singulier d\u00e9fi de consacrer un ouvrage \u00e0 un des \u00e9crivains qui a le plus fermement  pr\u00e9tendu d\u00e9tester toute biographie. L'\u00a0\u00bboeuvre\u00a0\u00bb seule compte. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sous ce singulier que sont r\u00e9unies en deux volumes de la <em>Pl\u00e9iade<\/em>, l&rsquo;ensemble des \u00e9crits de Milan Kundera. L&rsquo;auteur tch\u00e8que s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs litt\u00e9ralement retir\u00e9 du monde au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, laissant \u00e0 \u00ab\u00a0la texture du roman\u00a0\u00bb le soin de d\u00e9voiler sa vie ou ce qu&rsquo;il est loisible d&rsquo;en conna\u00eetre. Comme l&rsquo;\u00e9crit si justement Noiville, reprenant la m\u00e9taphore c\u00e9l\u00e8bre, ses livres sont comme des  maisons: \u00ab\u00a0Sa vie a infus\u00e9 dans ses pages. Il suffit de s(y) promener pour le retrouver. Lui, ou des bribes de lui \u00e9parpill\u00e9es dans les h\u00e9ros qui le ressemblent. Il se tient dans chaque pi\u00e8ce. Comme tous les bons ma\u00e7ons, il a m\u00e9lang\u00e9 les briques. Celles venant de chez lui et celles venant d&rsquo;ailleurs. C&rsquo;est ce b\u00e2ti qui est si inspirant.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est aussi cela qui fait l&rsquo;originalit\u00e9 de cette \u00ab\u00a0biographie\u00a0\u00bb litt\u00e9raire, assemblant avec brio et tendresse  bribes,  briques , confettis, fragments de vie et d&rsquo;oeuvre. A la mani\u00e8re d&rsquo;un \u00ab\u00a0carnet de voyage\u00a0\u00bb le livre offre une stimulante invitation, amicale et complice, \u00e0 (re)d\u00e9couvrir les livres et <em>L&rsquo;art du roman<\/em> , m\u00ealant les genres, les styles, les sources, l&rsquo;iconographie . Le livre se d\u00e9ploie \u00e0 la mani\u00e8re de retrouvailles complices entre amis: on \u00e9voque des souvenirs, la chronologie n&rsquo;a pas lieu d&rsquo;\u00eatre respect\u00e9e, quelques photographies  sont autant de bifurcations vers tel ou tel \u00e9v\u00e9nement, telle ou telle rencontre. Ainsi, au gr\u00e9  de l&rsquo;amiti\u00e9 de la journaliste et de l&rsquo;\u00e9crivain, va-t-on d&rsquo;une pi\u00e8ce \u00e0 l&rsquo;autre de sa \u00ab\u00a0maison\u00a0\u00bb. On y retrouve les amis, les ma\u00eetres, les parents, l&rsquo;Histoire aussi de cette \u00ab\u00a0mittelEuropa\u00a0\u00bb o\u00f9 tant de cr\u00e9ativit\u00e9, dans tous les domaines, s&rsquo;est d\u00e9ploy\u00e9e. Ainsi Kundera admire-t-il cette \u00ab\u00a0pl\u00e9iade de grands romanciers centre europ\u00e9ens\u00a0\u00bb que sont Musil, Broch, Gombrowicz et, bien s\u00fbr , Kafka. Mais aussi les peintres, les musiciens de cette \u00e9poque sillonn\u00e9e par les g\u00e9nies.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a aussi les t\u00e9moignages que la journaliste va recueillir aupr\u00e8s des amis, lors de voyages \u00e0 Terezin, Brno, aupr\u00e8s des historiens (que savait-on du \u00ab\u00a0Coup de Prague\u00a0\u00bb ? de la r\u00e9alit\u00e9 sovi\u00e9tique? ). C&rsquo;est aussi un livre anthologie qui donne \u00e0 lire des extraits de l&rsquo;oeuvre, comme autant de fen\u00eatres de lumi\u00e8re, qui \u00e9veillent l&rsquo;irr\u00e9pressible envie de (re) lire les livres dont ils sont issus. Il y a enfin des t\u00e9moignages de l&rsquo;accueil r\u00e9serv\u00e9 aux livres de Kundera \u00e0 leur parution. La lumineuse et enthousiaste analyse d&rsquo;un Claude Roy  souligne d\u00e8s 1963 \u00e0 la sortie en fran\u00e7ais de <em>Risibles amours, <\/em>\u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance d\u00e9sinvolte, l&rsquo;esprit d&rsquo;observation, et le sentiment de la tendresse\u00a0\u00bb. Il faudrait aussi bien s\u00fbr \u00e9voquer ici le gla\u00e7ant coup de Prague, les espoirs d\u00e9\u00e7us du Printemps de Prague, la censure, les vexations, la surveillance par les services de \u00ab\u00a0s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb, l&rsquo;exil du couple Kundera, les trafics de manuscrits entre Prague et Paris par le biais de Claude Gallimard&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;est pas lieu ici de parcourir les \u00e9pisodes de l&rsquo;oeuvre ou de la vie de l&rsquo;\u00e9crivain tch\u00e8que, mais plut\u00f4t de mettre en \u00e9vidence la construction \u00ab\u00a0kund\u00e9rienne\u00a0\u00bb de cet essai hors-norme  dont l&rsquo;autrice, en toute fin de volume fait le point sur le projet qu&rsquo;elle en a eu et qu&rsquo;elle a magnifiquement men\u00e9 \u00e0 bien. Dans un des \u00ab\u00a0carnets de notes\u00a0\u00bb qui jalonnent l&rsquo;ouvrage, elle retombe sur celles prises au moment de concevoir le livre. \u00ab\u00a0Une liste en onze points\u00a0\u00bb de ce qui allait devenir le volume hors-s\u00e9rie \u00e0 la couverture rouge orn\u00e9e du dessin le plus embl\u00e9matique de Kundera: un visage dont un des yeux est tenu \u00e0 distance dans la main du personnage.<\/p>\n\n\n\n<p>Florence Noiville, dans la premi\u00e8re des onze \u00ab\u00a0notes\u00a0\u00bb identifie le cheminement que nous sommes en train d&rsquo;achever : \u00ab\u00a0une promenade litt\u00e9raire dans l&rsquo;oeuvre\u00a0\u00bb. Dans l&rsquo;oeuvre, donc dans la vie de l&rsquo;\u00e9crivain dont l&rsquo;amiti\u00e9 partag\u00e9e  est si fervente. C&rsquo;est de ce \u00ab\u00a0programme\u00a0\u00bb , de cette structure qu&rsquo;il faut partir pour se rendre compte au bout de ces 300 pages de la r\u00e9ussite de cette mani\u00e8re de raconter l&rsquo;homme, l&rsquo;artiste et l&rsquo;oeuvre mais aussi l&rsquo;\u00e9poque et la g\u00e9ographie o\u00f9 ils se sont inscrits: la Mittel Ruropa, le XXe si\u00e8cle. De tout ce qui a constitu\u00e9 cette Histoire, dont nous sommes les contemporains ou les h\u00e9ritiers, Florence Noiville se donne pour mission de les raconter en entrela\u00e7ant avec une all\u00e9gresse aussi efficace que stimulante les sources les plus diverses: les archives (notamment du journal <em>Le Monde<\/em> des articles contemporains de la publication des romans de Kundera, articles sign\u00e9s Bertrand Poirot Delpech, Claude Roy ), ses \u00ab\u00a0carnets de voyage\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle tient tout au long de sa p\u00e9r\u00e9grination kund\u00e9rienne, les souvenirs des rencontres avec Vera et Milan Kundera, l&rsquo;amiti\u00e9 qui lie le couple d&rsquo;\u00e9crivains \u00e0 Florence Noiville et \u00e0 son mari Martin Hirsch (dont la famille est originaire de Moldavie),des extraits des romans et essais de Kundera, des anecdotes. Noiville est journaliste et critique  litt\u00e9raire, deux qualit\u00e9s dont elle t\u00e9moigne dans le souci de relire l&rsquo;oeuvre, d&rsquo;y revenir r\u00e9guli\u00e8rement pour c\u00e9l\u00e9brer , avec Kundera, la litt\u00e9rature comme \u00ab\u00a0instrument de connaissance de l&rsquo;homme\u00a0\u00bb, un instrument qui ne fuit pas la complexit\u00e9, qui refuse le jugement (\u00ab\u00a0un roman n&rsquo;est pas un lieu o\u00f9 l&rsquo;on juge, \u00e9crit Florence Noiville. C&rsquo;est un corps vivant qui entend, voit, doute, imagine , se contredit et force le lecteur \u00e0 faire de m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En \u00e9voquant l'\u00a0\u00bbarchiroman\u00a0\u00bb, qui d\u00e9signe pour Kundera \u00ab\u00a0le recours \u00e0 tous les genres litt\u00e9raires dans la fabrication de sa prose\u00a0\u00bb, il semble avoir gliss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;oreille de l&rsquo;essayiste une mani\u00e8re de proc\u00e9der pour venir \u00e0 bout de son entreprise de \u00ab\u00a0portrait litt\u00e9raire\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9crivain. En effet, Noiville fait feu de tous bois: le journal, la citation, le souvenir, le dialogue, la \u00ab\u00a0fable\u00a0\u00bb et la m\u00e9taphore sont autant de formulations des \u00e9tapes de son voyage dans l&rsquo;oeuvre, constitu\u00e9 de chapitres courts, allant d&rsquo;une \u00e9poque \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;une complicit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois le livre referm\u00e9, le lecteur se rend compte que c&rsquo;est la lecture d&rsquo; une \u00ab\u00a0archi-biographie\u00a0\u00bb kund\u00e9rienne qu&rsquo;il ach\u00e8ve avec ces instants poignants qui concluent le livre: Kundera peut, gr\u00e2ce \u00e0 un enregistrement que lui fait entendre Martin Hirsch sur un t\u00e9l\u00e9phone portable dans la chambre o\u00f9 le vieil \u00e9crivain devenu aphasique, \u00e9couter une petite pi\u00e8ce poor piano que Milan a compos\u00e9 \u00e0 14 ans. Mais aussi, cette image bouleversante de Kundera entreprenant de d\u00e9chirer tous les lvres de sa biblioth\u00e8que. Le seul qui r\u00e9siste? <em>L&rsquo;homme r\u00e9volt\u00e9 <\/em> de Camus.<\/p>\n\n\n\n<p>Lisez ce livre-biblioth\u00e8que dont un des objets est de d\u00e9noncer \u00ab\u00a0la fin du besoin d&rsquo;art\u00a0\u00bb qui d\u00e9sesp\u00e9rait Kundera. Un moyen d&rsquo;y parvenir? Lre et relire l&rsquo;oeuvre de Milan Kundera. C&rsquo;est \u00e0 cela que nous invite ici, \u00e0 chaque ligne, \u00e0 chaque photographie, \u00e0 chacune des \u00e9poques de cette oeuvre-vie qu&rsquo;est celle d&rsquo;un des plus grands \u00e9crivains du si\u00e8cle. La onzi\u00e8me consigne que se donnait Florence Noiville dans le projet de ce livre est: \u00ab\u00a0Donner envie de le RELIRE, le RELIRE, le RELIRE et dire le choc (l&rsquo;intelligence pure qui vous percute) chaque fois que vous rouvrez un de ses ouvrages.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ce livre essentiel, nous faisons n\u00f4tres ces deux convictions, dont on pourrait intervertir les auteurs:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un roman n&rsquo;est pas un lieu o\u00f9 l&rsquo;on juge. C&rsquo;est un corps vivant qui entend, voit, doute, imagine, se contredit et force le lecteur \u00e0 faire de m\u00eame.<\/em>(Florence Noiville)<\/p>\n\n\n\n<p><em>La b\u00eatise des hommes vient de ce qu&rsquo;ils ont r\u00e9ponse \u00e0 tout. La sagesse du roman, c&rsquo;est d&rsquo;avoir question \u00e0 tout.<\/em> (Milan Kundera)<\/p>\n\n\n\n<p>J<strong>ean Jauniaux, le 30 juin 2023<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous mettrons en ligne prochainement l&rsquo;enregistrement d&rsquo;un entretien avec Florence Noiville<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Hors-serie-Litterature\/Milan-Kundera\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Hors-serie-Litterature\/Milan-Kundera\">Sur le site de Gallimard<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">Milan Kundera \u00ab\u00c9crire, quelle dr\u00f4le d\u2019id\u00e9e\u00a0!\u00bb<\/mark><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Hors-serie-Litterature\">Hors s\u00e9rie Litt\u00e9rature<\/a>, Gallimard<\/p>\n\n\n\n<p>Parution : 01-06-2023<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Je me dis souvent que j\u2019ai eu de la chance de conna\u00eetre Milan pas trop jeune. Dans le dernier tiers de sa vie. Il avait d\u00e9j\u00e0 fait v\u0153u de silence m\u00e9diatique. \u00c0 l\u2019apog\u00e9e de la maturit\u00e9 et de la libert\u00e9, il s\u2019est mis \u00e0 ressembler de plus en plus au vieil homme de <em>La vie est ailleurs<\/em>. Ce vieux savant qui observe en silence des jeunes gens \u201ctapageurs\u201d.\u00a0\u00bb Une amiti\u00e9 ancienne lie Florence Noiville et son mari, \u00ab\u00a0le gar\u00e7on de Jablonec\u00a0\u00bb, \u00e0 Milan Kundera et son \u00e9pouse Vera. Saisies au vol comme le souvenir \u00e9clos d\u2019une sensation, des sc\u00e8nes de complicit\u00e9 malicieuse \u2013 d\u00e9jeuners au Touquet, visites \u00e0 leur appartement, rencontres au caf\u00e9, \u00ab\u00a0insoutenable nostalgie d\u2019un insignifiant bavardage dans une auberge\u00a0\u00bb \u2013 dessinent avec sensibilit\u00e9 et tendresse l\u2019\u0153uvre (v\u00e9cue) et la vie (romanesque) de Milan Kundera. Jamais une \u0153uvre n\u2019aura autant dit de son auteur.<br>Des fragments de textes et de conversations, des souvenirs, un carnet de voyage en Boh\u00eame et de nombreuses photos sont ici rassembl\u00e9s dans un seul but\u00a0: donner envie de (re)d\u00e9couvrir l\u2019un des plus grands artistes du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ce ma\u00eetre de l\u2019ironie et de la d\u00e9sillusion qui n\u2019a cess\u00e9 de nous montrer de quelles plaisanteries nous nourrissons nos r\u00eaves et nos mensonges.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique litt\u00e9raire au journal Le Monde, Florence Noiville propose r\u00e9guli\u00e8rement de d\u00e9couvrir des \u00e9crivains \u00e0 travers des entretiens qu&rsquo;elle raconte&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5158","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5158","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5158"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5158\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5167,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5158\/revisions\/5167"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5158"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5158"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5158"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}