{"id":5099,"date":"2023-05-11T09:54:01","date_gmt":"2023-05-11T07:54:01","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5099"},"modified":"2023-05-11T09:54:02","modified_gmt":"2023-05-11T07:54:02","slug":"re-edition-chez-samsa-du-recueil-de-renaud-denuit-ce-qui-est-demeure-du-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5099","title":{"rendered":"R\u00e9-\u00e9dition chez Samsa du recueil de Renaud Denuit \u00ab\u00a0Ce qui est demeure du temps\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><strong><em>Ce qui est demeure du temps &#8211; po\u00e9sie<\/em> \u00b7 Renaud Denuit,  pr\u00e9face de Yves Namur, Editions Samsa,160 pages, 18,00 \u20ac<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Capture-decran-2023-05-11-a-09.39.33.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5100\" width=\"205\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Capture-decran-2023-05-11-a-09.39.33.png 289w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Capture-decran-2023-05-11-a-09.39.33-191x300.png 191w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Capture-decran-2023-05-11-a-09.39.33-200x315.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Autres livres cit\u00e9s dans l&rsquo;article:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>La tribu Bodart-Richter<\/strong><\/em>, coordonn\u00e9 par F. Richter et F. Ost, 274 pages, AML Editons, 28,00 \u20ac <\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Marie-Claire d&rsquo;Orbaix, \u0152uvre po\u00e9tique compl\u00e8te 1948-1990<\/em>,<\/strong> Renaud et B\u00e9atrice Denuit, 2020, 522 p., 15,00 \u20ac,<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>La lecture silencieuse, pour un lyrisme de l\u2019exp\u00e9rience<\/strong>, <\/em>Eric Brogniet, Editions de l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue et litt\u00e9rature fran\u00e7aises de Belgique, 450 p., 30 \u20ac<\/p>\n\n\n\n<p>En republiant le recueil de Renaud Denuit, les Editions Samsa\u00a0 donnent l\u2019occasion au public de red\u00e9couvrir un ensemble po\u00e9tique encadr\u00e9 par les lectures que nous en donn\u00e8rent \u00e0 sa parution, il y a pr\u00e8s de quatre d\u00e9cennies, les critiques aussi \u00e9minents que Jacques De Decker, Jean-Baptiste Baronian, France Borel, Emile Kesteman, Huguette de Broqueville, Joseph Ghislain, Roger Foulon, M.M., Alice Cluchier, Georges Sedir, Ren\u00e9 De Smedt. Il y en eut sans doute d\u2019autres qui avaient encore pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019esprit le visage et la voix du journaliste, mais surtout sa grande capacit\u00e9 d\u2019\u00e9lucidation au journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 belge de l\u2019\u00e9poque, des dossiers politiques les plus abscons. Les lecteurs du quotidien Le Soir se souviennent de l\u2019entr\u00e9e en mati\u00e8re de l\u2019article de Jacques De Decker\u00a0: \u00ab\u00a0On ne voit plus Renaud Denuit au journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9.\u00a0\u00bb La r\u00e9\u00e9dition donne aussi une port\u00e9e nouvelle au titre de l\u2019ouvrage et aux quarante ann\u00e9es qui l\u2019ont m\u00fbri\u00a0: <em>Ce qui est demeure du temps<\/em>. La pr\u00e9face, actuelle, d\u2019Yves Namur est \u00e0 cet \u00e9gard une balise qui pr\u00e9cise ce qui lui appara\u00eet \u00eatre aujourd\u2019hui le projet de Denuit\u00a0: \u00ab\u00a0(\u2026) une entreprise s\u00e9miologique de d\u00e9chiffrement des signes que le temps peut laisser comme traces tangibles ou non\u2026\u00a0\u00bb. Le pr\u00e9facier ne peut ne pas \u00e9voquer Proust, dans le prolongement d\u2019une saisissante citation de Roger Bodart\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019instant qui se d\u00e9fait, s\u2019il est insaisissable, s\u2019il est mirage, n\u2019est-ce pas parce que nous refusons de voir qu\u2019il est l\u2019ombre projet\u00e9e d\u2019un instant parfait, d\u2019un instant \u00e9ternel\u00a0?\u00a0\u00bb (Roger Bodart est aussi \u00e9voqu\u00e9 par le Secr\u00e9taire perp\u00e9tuel de l\u2019Acad\u00e9mie, dans un des chapitres consacr\u00e9s \u00e0 \u00a0<em>La tribu Bodart \u2013Richter\u00a0<\/em>\u00a0 que viennent de publier les Archives et mus\u00e9es de la litt\u00e9rature sous la coordination de Florence Richter -la fille d\u2019Anne Richter et Roger Bodart- et de Fran\u00e7ois Ost.) Enfin, cette longue introduction ne peut faire l\u2019\u00e9conomie d\u2019une autre \u00e9vocation dans l\u2019actualit\u00e9 \u00e9ditoriale patrimoniale, celle des po\u00e9sies compl\u00e8tes de Marie \u2013 Claire d\u2019Orbaix, que Renaud Denuit et sa s\u0153ur B\u00e9atrice ont r\u00e9unies en un indispensable volume en 2021 (nous en avions rendu compte ici \u00e0 sa publication <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4489\">https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4489<\/a> ) \u00a0et que Jacques De Decker commentait ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Des mots qui sont sur toutes les l\u00e8vres, comme \u00e9chapp\u00e9s de la rumeur quotidienne, saisis comme une bu\u00e9e un matin d\u2019hiver et qui prennent ici une noblesse et une grandeur inou\u00efe. L\u2019\u00e9criture de Marie-Claire d\u2019Orbaix c\u2019est l\u2019\u00e9conomie au point le plus haut de son fr\u00e9missement. Ne restent sur la page que les mots les plus denses, les plus \u00e9lectrifi\u00e9s qui tirent d\u2019ailleurs l\u2019essentiel de leur \u00e9nergie de leur assemblage. Rares sont les po\u00e8tes qui font de l\u2019exp\u00e9rience commune par l\u2019alchimie d\u2019un regard et d\u2019un langage, un champ auquel nul ne peut se d\u00e9rober.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quant au recueil <em>Ce qui est demeure du temps <\/em>il alterne diff\u00e9rentes formes, depuis la po\u00e9sie r\u00e9guli\u00e8re en vers, jusqu\u2019\u00e0 une s\u00e9rie d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;options&nbsp;\u00bb en proses courtes, d\u2019aphorismes ou de consignes absurdes (ainsi \u00ab&nbsp;L\u2019infini au bureau&nbsp;\u00bb dont les lecteurs risquent de tenter l\u2019exp\u00e9rience s\u2019ils disposent d\u2019une photocopieuse au bureau et d\u2019une grande part d\u2019ennui). Surgissent aussi des \u00ab&nbsp;Voix&nbsp;\u00bb qui se font \u00e9cho, des souvenirs brefs annot\u00e9s comme autant de sensations que d\u00e9lie l\u2019\u00e9criture de celui qui indique, \u00e0 Venise,&nbsp; <em>&nbsp;mon regard particulier m\u2019aide \u00e0 voir loin et doux. &nbsp;<\/em>Les po\u00e8mes sont autant d\u2019invitations \u00e0 la m\u00e9ditation, \u00e0 l\u2019instar du titre (\u00e0 double sens suivant que \u00ab&nbsp;demeure&nbsp;\u00bb est verbe ou substantif), ou \u00e0 une observation d\u00e9sabus\u00e9e du monde, le plus lyrique ou le plus banal.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019\u00e9criture \u00e0 la pointe s\u00e8che \u00e0 laquelle le po\u00e8te se livre, on devine l\u2019espi\u00e8glerie de la gravit\u00e9 qui fait du po\u00e8te un philosophe. Ou l\u2019inverse. Mais, comme le rappelait avec cette acuit\u00e9 qui est sienne le po\u00e8te Eric Brogniet lors d\u2019une s\u00e9ance \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie, o\u00f9 il pr\u00e9sentait des fragments du livre \u00e0 venir ,\u00a0 <em>La lecture silencieuse, <\/em>\u00ab\u00a0 la po\u00e9sie est le point incandescent de la philosophie\u00a0\u00bb (citation de m\u00e9moire d\u2019une phrase d\u2019Elisa Brune).<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a ici, dans cette deuxi\u00e8me \u00e9dition du livre &nbsp;de Denuit qui, ensuite, consacrera pas moins de six ouvrages aux philosophes qui le hantent (Marx, Aristote, Heidegger, Marcuse\u2026), une sorte de pr\u00e9monition de ces livres \u00e0 venir et de la pr\u00e9occupation philosophique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps est aussi constitu\u00e9 de cette incertitude du devenir \u00e0 laquelle l\u2019artiste ne peut que deviner l\u2019acc\u00e8s, conscient de l\u2019inconnaissance du pass\u00e9&nbsp;: <em>tout au fond de la mer\/ gisent les civilisations\/ qui se succ\u00e8dent\/ montant les marches des palais immerg\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Jauniaux, le 11 mai 2023<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Livres cit\u00e9s\u00a0:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ce qui est demeure du temps &#8211; po\u00e9sie<\/em> \u00b7 Renaud Denut, Editions Samsa,160 pages, 18,00 \u20ac<\/p>\n\n\n\n<p><em>La tribu Bodart-Richter<\/em>, coordonn\u00e9 par F. Richter et F. Ost, 274 pages, AML Editons, 28,00 \u20ac<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u0152uvre po\u00e9tique compl\u00e8te 1948-1990<\/em>, Renaud et B\u00e9atrice Denuit, 2020, 522 p., 15,00 \u20ac,<\/p>\n\n\n\n<p><em>La lecture silencieuse, pour un lyrisme de l\u2019exp\u00e9rience, <\/em>Eric Brogniet, Editions de l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue et litt\u00e9rature fran\u00e7aises de Belgique, 450 p., 30 \u20ac (voit aussi\u00a0\u00e0 ce propos: <a href=\"https:\/\/www.areaw.be\/la-lecture-silencieuse-essai-eric-brogniet-2022-editions-de-larllfb-essai-litteraire336-p-30-e-isbn-9782803200665\/\">https:\/\/www.areaw.be\/la-lecture-silencieuse-essai-eric-brogniet-2022-editions-de-larllfb-essai-litteraire336-p-30-e-isbn-9782803200665\/<\/a> \u00a0)<\/p>\n\n\n\n<p>A signaler aussi, pour compl\u00e9ter la lecture de la monographie  <em>La tribu Bodart-Richter<\/em> plusieurs interviews d&rsquo;Anne Richter <a href=\"http:\/\/www.edmondmorrel.be\">sur le site de \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb <\/a>. Ces interviews donnent \u00e0 entendre par Anne Richter elle-m\u00eame l&rsquo;\u00e9vocation de son oeuvre <em>La promenade du grand canal, Etranges et familiers, La grande piti\u00e9 de la famille Zintran <\/em>etc, ses souvenirs d&rsquo;\u00e9criture, et de l&rsquo;oeuvre de ses parents.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/Les-compagnons-etranges-et\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">http:\/\/www.espace-livres.be\/Les-compagnons-etranges-et<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/Trois-romans-de-Marie-Therese\">http:\/\/www.espace-livres.be\/Trois-romans-de-Marie-Therese<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/Ecoutez-Anne-Richter-au-micro-d\">http:\/\/www.espace-livres.be\/Ecoutez-Anne-Richter-au-micro-d<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/Ecoutez-Anne-Richter-au-micro-d,1634\">http:\/\/www.espace-livres.be\/Ecoutez-Anne-Richter-au-micro-d,1634<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce qui est demeure du temps &#8211; po\u00e9sie \u00b7 Renaud Denuit, pr\u00e9face de Yves Namur, Editions Samsa,160 pages, 18,00 \u20ac&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5099","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5099","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5099"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5099\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5101,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5099\/revisions\/5101"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5099"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5099"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5099"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}