{"id":5080,"date":"2023-04-17T07:49:57","date_gmt":"2023-04-17T05:49:57","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5080"},"modified":"2023-04-17T07:49:58","modified_gmt":"2023-04-17T05:49:58","slug":"lombre-de-toi-meme-un-recueil-de-poemes-et-de-photographies-de-corinne-hoex","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5080","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0L&rsquo;ombre de toi-m\u00eame\u00a0\u00bb un recueil de po\u00e8mes et de photographies de Corinne Hoex"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019ombre, cette illusionniste \u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La photographie et la po\u00e9sie sont complices dans la capture de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. La photographie, capture d\u2019un fugace faisceau de lumi\u00e8re cr\u00e9e, sur la surface sensible, (argentique nagu\u00e8re) la perception d\u2019un moment enlev\u00e9 au cours du temps. La po\u00e9sie, moment incandescent, grave l\u2019\u00e9motion,\u00a0 devenue mot, sur les parois du c\u0153ur ou de la m\u00e9moire avant de la d\u00e9poser sur la feuille\u00a0? Qu\u2019en est-il alors de \u00ab\u00a0l\u2019ombre\u00a0\u00bb\u00a0? On le sait elle n\u2019existerait pas sans la lumi\u00e8re, comme la musique sans silence ou, ici, la po\u00e9sie sans l\u2019ellipse, l\u2019allusion, l\u2019effleurement.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-17-a-07.42.33.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5082\" width=\"297\" height=\"295\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-17-a-07.42.33.png 352w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-17-a-07.42.33-300x298.png 300w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-17-a-07.42.33-150x150.png 150w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-17-a-07.42.33-200x199.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 297px) 100vw, 297px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Avec <em>L\u2019ombre de toi-m\u00eame<\/em>, la po\u00e8te Corinne Hoex prolonge aux <strong><a href=\"https:\/\/www.editionstetraslyre.be\/\">\u00e9ditions T\u00e9tras Lyre <\/a><\/strong>l\u2019assemblage de la po\u00e9sie avec l\u2019image. On se souvient des gravures de V\u00e9ronique Goossens qu\u2019elle accompagna nagu\u00e8re du po\u00e8me <em>Les mots arrach\u00e9s<\/em>, ou encore, plus loin de nous dans le temps, <em>L\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ombre<\/em> avec des fusains d\u2019Alexandre Hollan, et de <em>Et surtout j\u2019\u00e9tais blonde<\/em> orn\u00e9e de gravures de Marie Boralevi. Dans ce quatri\u00e8me opus du catalogue de la maison (cr\u00e9\u00e9e par l\u2019artisan po\u00e8te Marc Imberechts et aujourd\u2019hui dirig\u00e9e par\u00a0 Audrey Voos), Corinne Hoex signe \u00e0 la fois les textes et les images, des photographies.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit plut\u00f4t de d\u00e9clinaisons photographiques \u00e0 partir d\u2019une image initiale\u00a0: vue de dos, une femme \u00e0 sa fen\u00eatre est d\u00e9coup\u00e9e par la lumi\u00e8re de l\u2019ext\u00e9rieur dont elle est s\u00e9par\u00e9e par ce qui semble \u00eatre la grille d\u2019un balcon. L\u2019\u00e9pigraphe de Christian Hubin nous guide dans cette premi\u00e8re lecture de l\u2019image, d\u00e9multipli\u00e9e en diff\u00e9rentes grosseurs de plan et diff\u00e9rentes couleurs\u00a0: <em>Quelqu\u2019un de dos, qui s\u2019est quitt\u00e9, attend en nous.<\/em> Voici une cl\u00e9 qui ne quitte pas l lecture, en prolonge l\u2019\u00e9nigmatique polys\u00e9mie, de chapitre en chapitre \u00e0 commencer par le premier <em>\u00a0La visiteuse<\/em>. Celle-ci semble \u00eatre la narratrice\u00a0: <em>Je viens avec la nuit\/ Je viens dans sa maison\/ <\/em>A moins qu\u2019elle ne soit celle-ci chez qui se rend l\u2019\u00e9trange visiteuse\u00a0: <em>Je la regarde.\/Le jour, je n\u2019existe pas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Avec le deuxi\u00e8me volet, <em>Le rendez-vous<\/em>, la narratrice s\u2019adresse directement \u00e0 l\u2019ombre appuy\u00e9e au balcon qu\u2019\u00e9claire le projecteur jailli d\u2019une chapelle\u00a0: <em>Tu viens au monde le soir. (\u2026) De cette lumi\u00e8re\/ chaque nuit tu nais.<\/em> On se laisse alors porter par l\u2019image po\u00e9tique et par l\u2019image visible, par la source de lumi\u00e8re aussi bien que par l\u2019ombre qu\u2019elle cr\u00e9e. Y a-t-il l\u00e0 une m\u00e9taphore de la po\u00e9sie\u00a0: cette ombre qui n\u2019existe que par l\u2019\u00e9clat d\u2019une lumi\u00e8re et n\u2019est qu\u2019illusion. <em>Travers\u00e9e de lumi\u00e8re. \/L\u2019illusion qui te sauve.\/<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019ombre, si elle est illusion, est aussi illusionniste. La voici qui couronne la spectatrice pench\u00e9e vers la nuit dont soudain elle est envelopp\u00e9e par les arbres dont les feuillages sculptent la lumi\u00e8re&nbsp;: <em>Il (le projecteur) saisit en passant les feuillages des arbres,\/ les branches les ramures,\/s\u2019empare de la rambarde\/\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors au tour d\u2019un nouvel obstacle d\u2019appara\u00eetre, <em>Le mur<\/em>, o\u00f9 se jette l\u2019ombre colori\u00e9e cette fois dans une vertigineuse d\u00e9clinaison photographique de la silhouette f\u00e9minine encadr\u00e9e de bleu et de jaune, qui semble danser \u00e0 pr\u00e9sent <em>Somptueuse.D\u00e9sirable\/<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Las, la nuit reprend ses droits. <em>Le visage ou l\u2019envers <\/em>semble convoquer d\u2019anciennes ou d\u2019ancestrales frayeurs, anciennes car elles sont \u00e0 l\u2019histoire de cette femme au balcon\u00a0; ancestrales parce qu\u2019elles naissent de cette chapelle d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la Vierge de Bon Secours au XIVe si\u00e8cle\u2026<em>Puis le projecteur s\u2019est \u00e9teint et l\u2019obscurit\u00e9 est revenue, <\/em>conclut Corinne Hoex en finale de ce recueil saisissant, dans une page intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Un autre possible\u00a0\u00bb, qui fait face \u00e0 une derni\u00e8re photographie de la femme au balcon la nuit. Ici l\u2019avant-plan est une porte. S\u2019ouvre-t-elle\u00a0? Se referme-t-elle\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p>Ne revient-on pas alors \u00e0 s\u2019interroger sur ceci qui est \u2013 paradoxalement- de l&rsquo;ordre de la permanence\u00a0: <\/p>\n\n\n\n<p>l<strong>\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux, le 16 avril 2023.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.editionstetraslyre.be\/portfolio\/lombre-de-toi-meme\/\"><em>L\u2019ombre de toi-m\u00eame <\/em>Corinne Hoex (texte et photographies), Editions T\u00e9tras Lyre, f\u00e9vrier 2023, 64 pages &#8211; ISBN : 9782930 685694<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avions interview\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises Corinne Hoex, au fil de son actualit\u00e9 \u00e9ditoriale. <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?s=Hoex\">Voici quelques liens vers ces rencontres radiophoniques et articles: <\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?s=Hoex\">https:\/\/edmondmorrel.be\/?s=Hoex <\/a> :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Uz\u00e8s, ou nulle part \/ Valets de nuit \/ D\u00e9cid\u00e9ment, je t&rsquo;assassinne \/ <a href=\"http:\/\/espacelivresedmondmorrel.blogspot.com\/2017\/02\/tango-corinne-hoex-et-martine-souren.html\">Tango<\/a><\/em> \/ <em><a href=\"http:\/\/espacelivresedmondmorrel.blogspot.com\/2017\/09\/les-lecons-de-tenebres-de-corinne-hoex.html\">Le\u00e7ons de t\u00e9n\u00e8bres<\/a><\/em> \/ etc&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.editionstetraslyre.be\/portfolio\/lombre-de-toi-meme\/\">Sur le site de l&rsquo;\u00e9diteur:<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Une ombre. La visite d\u2019une ombre sur le mur de la chambre. Elle vous saisit une nuit o\u00f9 vous vous croyez seule. Comme un d\u00e9sir lointain. Comme un autre possible. Un ensemble po\u00e9tique compos\u00e9 \u00e0 partir de photos prises par l\u2019autrice durant l\u2019\u00e9t\u00e9 2020 alors qu\u2019une silhouette inattendue venait chaque soir lui rendre visite chez elle, sous l\u2019\u00e9clairage du projecteur d\u2019une chapelle voisine.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Corinne Hoex<\/strong> vit \u00e0 Bruxelles. Historienne de l\u2019Art (ULB), elle a travaill\u00e9 comme enseignante, documentaliste et charg\u00e9e de recherches avant de se consacrer \u00e0 sa cr\u00e9ation personnelle. Son \u0153uvre compte une trentaine d\u2019ouvrages de po\u00e9sie et de prose, traduits dans diverses langues dont l\u2019anglais, le n\u00e9erlandais, l\u2019allemand, le bulgare, l\u2019ukrainien et le portugais du Br\u00e9sil. Elle est membre depuis 2017 de l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue et de litt\u00e9rature fran\u00e7aises de Belgique.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ombre, cette illusionniste \u2026 La photographie et la po\u00e9sie sont complices dans la capture de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. 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