{"id":5050,"date":"2023-04-11T19:54:53","date_gmt":"2023-04-11T17:54:53","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5050"},"modified":"2023-04-15T12:04:34","modified_gmt":"2023-04-15T10:04:34","slug":"de-julien-gracq-a-andre-delvaux-un-essai-indispensable-stimulant-et-historique-de-philippe-reynaert-a-propos-de-rendez-vous-a-bray-aux-editions-du-cep","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=5050","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0De Julien Gracq \u00e0 Andr\u00e9 Delvaux\u00a0\u00bb, un essai indispensable, stimulant et historique de Philippe Reynaert \u00e0 propos de \u00ab\u00a0Rendez-vous \u00e0 Bray\u00a0\u00bb aux Editions du CEP."},"content":{"rendered":"\n<p>Nourri d&rsquo; archives photographiques in\u00e9dites du cin\u00e9aste &#8211; archives conserv\u00e9es par sa fille, Catherine Delvaux -, orn\u00e9 d&rsquo;une pr\u00e9face \u00e9rudite et enthousiaste de Richard Miller, l&rsquo;essai que Philippe Reynaert consacre \u00e0 la gen\u00e8se du film <em>Rendez-vous \u00e0 Bray<\/em>, inspir\u00e9 de la nouvelle <em>Le Roi Cophetua <\/em>ravira autant les cin\u00e9philes que les passionn\u00e9s de litt\u00e9rature. Deux lettres que le lecteur d\u00e9couvrira en fin d&rsquo;ouvrage, \u00e9clairent d&rsquo;une lumi\u00e8re singuli\u00e8rement r\u00e9confortante le travail men\u00e9 \u00e0 bien par le jeune Philippe Reynaert : une lettre d&rsquo;Andr\u00e9 Delvaux (\u00e0 l&rsquo;image du r\u00e9alisateur: compl\u00e8te, d\u00e9taill\u00e9e, \u00e9rudite, r\u00e9f\u00e9renc\u00e9e) mais surtout une lettre de Julien Gracq soulignant avec la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des grands artistes la qualit\u00e9 du travail de Reynaert. <em>Votre travail \u00e9claire fort justement et parfois savamment, les modalit\u00e9s de ce passage d&rsquo;une oeuvre \u00e0 l&rsquo;autre, passage qui est forc\u00e9ment, s&rsquo;il doit \u00eatre efficace, une transmutation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-05-a-10.13.34.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5064\" width=\"298\" height=\"438\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-05-a-10.13.34.png 462w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-05-a-10.13.34-204x300.png 204w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Capture-decran-2023-04-05-a-10.13.34-200x294.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 298px) 100vw, 298px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p> \u00c9crit par celui qui \u00e9tait alors \u00e9tudiant terminant sa \u00ab\u00a0licence\u00a0\u00bb en philo et lettres, le livre \u00e9dit\u00e9 aujourd&rsquo;hui au CEP est le \u00ab\u00a0m\u00e9moire de fin d&rsquo;\u00e9tudes\u00a0\u00bb que Reynaert r\u00e9digea en 1977 soit 6 ans apr\u00e8s la r\u00e9alisation du film <em>Rendez-vous \u00e0 Bray<\/em> par un cin\u00e9aste \u00ab\u00a0nouveau venu\u00a0\u00bb (il n&rsquo;avait alors r\u00e9alis\u00e9 \u00ab\u00a0que\u00a0\u00bb deux long-m\u00e9trages) qui obtint, au Festival de Cannes, le prestigieux Prix Louis Delluc. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;\u00e9tude men\u00e9e par Reynaert, comme le soulignent avec beaucoup de pertinence la pr\u00e9face de Richard Miller mais aussi l&rsquo;avertissement de l&rsquo;auteur (pr\u00e8s de 50 ans apr\u00e8s avoir \u00e9crit son essai) est, entre autres, d&rsquo;avoir d\u00fb litt\u00e9ralement inventer la m\u00e9thode d&rsquo;investigation, les outils th\u00e9oriques, les instruments d&rsquo;analyse. L&rsquo;\u00e9diteur Richard Miller se r\u00e9jouit du choix de son auteur de ne pas actualiser le texte initial, de ne pas l&rsquo;\u00e9quiper des \u00e9l\u00e9ments nouveaux que les th\u00e9oriciens  du septi\u00e8me art mettent aujourd&rsquo;hui \u00e0 disposition dans toutes les strates des sciences humaines ou des recherches esth\u00e9tiques. Quant au Richard Miller, cin\u00e9phile et philosophe, il ne manque pas d&rsquo;identifier dans ce nouveau titre des Editions du CEP une d\u00e9monstration suppl\u00e9mentaire de la pertinence de sa propre th\u00e8se de doctorat en philosophie concernant \u00ab\u00a0L&rsquo;imaginisation du r\u00e9el\u00a0\u00bb. Il en propose une synth\u00e8se singuli\u00e8rement stimulante: <em>ce qui selon moi d\u00e9finit notre humanit\u00e9<\/em> (est que) <em>nous ne voyons jamais la r\u00e9alit\u00e9 mais toujours \u00ab\u00a0l&rsquo;image\u00a0\u00bb de la r\u00e9alit\u00e9<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Reynaert qui connaissait admirablement l&rsquo;oeuvre de Gracq envisageait de consacrer son m\u00e9moire \u00e0 une \u00e9tude litt\u00e9raire. On se r\u00e9jouit aujourd&rsquo;hui que son directeur de m\u00e9moire, le s\u00e9miologue Maurice-Jean Lefebvre lui ait sugg\u00e9r\u00e9 d&rsquo;abandonner son projet initial pour \u00ab\u00a0\u00e9tuder le passage d&rsquo;un langage \u00e0 l&rsquo;autre dans l&rsquo;adaptation qu&rsquo;en a faite le cin\u00e9aste\u00a0\u00bb. Ce changement de cap nous vaut aujourd&rsquo;hui de pouvoir d\u00e9couvrir une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0le\u00e7on de cin\u00e9ma\u00a0\u00bb, ou plut\u00f4t une master-class consacr\u00e9e \u00e0 ce que Gracq nommait , nous l&rsquo;avons indiqu\u00e9 en ouverture,  <em>ce passage qui est forc\u00e9ment, s&rsquo;il doit \u00eatre efficace &#8211; une transmutation.<\/em> Les cin\u00e9philes qui s&rsquo;int\u00e9ressaient \u00e0 cette probl\u00e9matique dans les ann\u00e9es 70, retrouveront avec une certaine nostalgie les r\u00e9f\u00e9rences auxquelles le jeune dipl\u00f4m\u00e9 fait appel, en les commentant ou en les critiquant. On retrouve les noms des s\u00e9miologues (Edgar Morin) , des critiques de cin\u00e9ma de l&rsquo;\u00e9poque (Jean de Baroncelli, Denis Marion, Jean-Loup Passek etc), des revues qui accueillaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des analyses en profondeur du septi\u00e8me art (<em>Positif, Les Cahiers du cin\u00e9ma etc)<\/em>. On retrouve aussi l&rsquo;irrempla\u00e7able finesse d&rsquo;analyse et \u00e9rudition d&rsquo;un Jacques De Decker qui \u00e9tudie aussi bien le film que la nouvelle, s&rsquo;entretient avec Gracq autant qu&rsquo;avec Delvaux, identifiant chez chacun les complicit\u00e9s esth\u00e9tiques et litt\u00e9raires qu&rsquo;il met en lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Reynaert invite le lecteur \u00e0 se doter d'\u00a0\u00bbune solide dose d&rsquo;indulgence voire de mansu\u00e9tude\u00a0\u00bb pour passer outre les exigences et les scrupules qui obligent \u00e0 un style parfois \u00ab\u00a0technique\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s lecture, rassurons le jeune auteur: il y a dans ce livre une invitation si fervente \u00e0 aimer le cin\u00e9ma et la litt\u00e9rature, leurs entrelacements et complicit\u00e9s narratifs, que l&rsquo;on se r\u00e9jouit de d\u00e9couvrir, \u00e0 partir de l&rsquo;exemple de <em>Rendez-vous \u00e0 Bray<\/em> le regard que leur porte celui qui fera carri\u00e8re de son amour du septi\u00e8me art. Au-del\u00e0 de ceci, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat est constant \u00e0 la lecture des analyses que nous propose Reynaert: \u00ab\u00a0Lecture du film\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Repr\u00e9sentation des parall\u00e8les\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0M\u00e9tamorphoses du \u00ab\u00a0Je\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le litt\u00e9raire, le cin\u00e9matographique et le reste\u00a0\u00bb sont autant d&rsquo;intitul\u00e9s de chapitres qui donnent l&rsquo;occasion \u00e0 Reynaert, \u00e0 partir de la lecture parall\u00e8le de Gracq et de Delvaux, d&rsquo;explorer, exemples \u00e0 l&rsquo;appui, les deux langages et leurs instruments respectifs: narration, construction, montage, personnages, objets et d\u00e9cors&#8230;tout est mati\u00e8re \u00e0 la curiosit\u00e9 contagieuse de celui qui deviendra l&rsquo;homme aux lunettes blanches.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux, le 5 avril 2023.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Rencontre avec Philippe Reynaert &quot;De Julien Gracq \u00e0 Andr\u00e9 Delvaux&quot; (Editions du CEP)\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/LHgitSS6SFA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">https:\/\/youtu.be\/LHgitSS6SFA <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Richard Miller \u00e0 propos du livre &quot;De Julien Gracq \u00e0 Andr\u00e9 Delvaux&quot; (Editions du CEP)\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/xdsCNAtsKn0?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">https:\/\/youtu.be\/xdsCNAtsKn0<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Pour prolonger la lecture de l&rsquo;essai nous vous proposons une entretien avec Philippe Reynaert et avec son \u00e9diteur Richard Miller, mais aussi, ci-dessous de retrouver Jacques De Decker qui \u00e9voque cette adaptation de la nouvelle <em>Le Roi Coph\u00e9tua <\/em>en nous racontant une rencontre \u00e0 Paris avec Julien Gracq qui eut lieu, hasard aidant, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 Andr\u00e9 Delvaux tournait une s\u00e9quence de son film dans le d\u00e9cor de la Gare d&rsquo;Orsay. On invitera aussi la lecteur \u00e0 lire le num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue <em>Marginales<\/em> consacr\u00e9 en 1970 \u00e0 Julien Gracq, num\u00e9ro sp\u00e9cial qui n&rsquo;avait pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque au jeune Reynaert.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>Voici ce souvenir racont\u00e9 par Jacques De Decker : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb (Je suis)  all\u00e9 le voir dans son appartement qui \u00e9tait pr\u00e8s de la fontaine des Quatre Saisons. C\u2019\u00e9tait un petit appartement au dernier \u00e9tage d\u2019une maison assez \u00e9troite. Au rez-de-chauss\u00e9e, il y avait une poissonnerie. C\u2019est rest\u00e9 un peu olfactivement dans mes souvenirs et au quatri\u00e8me \u00e9tage, il habitait un appartement qui m\u2019a tout de suite donn\u00e9 l\u2019impression d\u2019\u00eatre un appartement d\u2019une entretenue. Comme si cet appartement \u00e9tait occup\u00e9 ou avait appartenu \u00e0 une cocotte qui avait un g\u00e9n\u00e9reux protecteur et qu\u2019il lui avait laiss\u00e9 cet appartement. Cet appartement \u00e9tait tr\u00e8s f\u00e9minin dans son am\u00e9nagement mais c\u2019\u00e9tait pas du tout d\u00fb \u00e0 Gracq parce que je crois qu&rsquo;il \u00e9tait assez indiff\u00e9rent \u00e0 \u00e7a. Il avait pris l\u2019appartement comme il l\u2019avait trouv\u00e9 avec longues tentures en brocart et des petits meubles en acajou. Il m&rsquo;a re\u00e7u, on a discut\u00e9, il \u00e9tait extr\u00eamement simple, sans la moindre morgue et comme je l\u2019ai r\u00e9entendu r\u00e9cemment dans un des tr\u00e8s rares enregistrements que l\u2019on a de sa voix, il avait un petit accent parigot, tr\u00e8s parisien. \u00c0 ce moment-l\u00e0 se tournait justement le film d&rsquo;Andr\u00e9 DELVAUX qui filmait les int\u00e9rieurs dans ce qui a servi longtemps de studio de cin\u00e9ma \u00e0 Paris: la gare d\u2019Orsay. Entre le moment o\u00f9 la gare d\u2019Orsay a \u00e9t\u00e9 d\u00e9saffect\u00e9e comme gare et le moment elle est devenue mus\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 un hangar dont les cin\u00e9astes se sont servis. Orson Welles a tourn\u00e9 <em>Le Proc\u00e8s<\/em>&nbsp; l\u00e0-bas. Andr\u00e9 Delvaux a tourn\u00e9 les int\u00e9rieurs de <em>Rendez-vous \u00e0 Bray<\/em>. C\u2019\u00e9tait \u00e0 deux cent m\u00e8tres de l\u2019endroit o\u00f9 habitait Gracq! Je lui dis&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Alors, vous allez aller sur le tournage<\/em>&nbsp;?&nbsp;\u00bb, il me dit&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Non, non je n\u2019irais pas, je fais enti\u00e8rement confiance \u00e0 Andr\u00e9 Delvaux, \u00e7a se passera tr\u00e8s bien mais je ne me m\u00ealerais pas du tout de \u00e7a.&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9voquons alors la nouvelle dont Delvaux \u00e9tait parti, <em>Le roi Cophetua<\/em>, une des nouvelles de <em>La presqu\u2019\u00eele<\/em>. On parle du tableau de Edward Burne-Jones qui inspire la nouvelle. Le hasard fait que j\u2019avais apport\u00e9 une carte postale qui repr\u00e9sentait ce tableau. Je la lui montre . Il la regarde et il reste un bon moment silencieux. <em>\u00ab&nbsp;C\u2019est quand m\u00eame extraordinaire, je n\u2019ai m\u00eame pas consult\u00e9 un livre ou quoi pour revoir ce tableau quand j\u2019ai \u00e9crit cette nouvelle. J\u2019ai fait \u00e7a enti\u00e8rement du souvenir que j\u2019en avais gard\u00e9. Eh bien je m&rsquo;aper\u00e7ois qu\u2019en fait dans mon souvenir, ce tableau \u00e9tait un tableau oblong horizontal alors qu\u2019en fait il est vertical&nbsp;\u00bb.<\/em> Il est rest\u00e9 comme \u00e7a un moment, \u00e0 r\u00eaver sur les al\u00e9as de la m\u00e9moire, c\u2019est le moment que je retiens le plus.\u00a0\u00bb <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.cep-editions.com\/products\/de-julien-gracq-a-andre-delvaux-philippe-reynaert\">Sur le site de l&rsquo;\u00e9diteur:<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0De l\u2019\u00e9crit \u00e0 l\u2019\u00e9cran <strong>Rendez-vous \u00e0 Bray, <\/strong>le chef-d\u2019oeuvre du cin\u00e9ma belge\u00a0\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Andr\u00e9 Delvaux<\/strong>&nbsp;est sans conteste le p\u00e8re fondateur du cin\u00e9ma belge contemporain. Apr\u00e8s avoir secou\u00e9 le monde des Festivals en 1965 avec&nbsp;<em>L\u2019Homme au&nbsp;&nbsp;<\/em><em>Cr\u00e2ne ras\u00e9<\/em>&nbsp;et s\u00e9duit la critique parisienne en 1968 avec&nbsp;<em>Un Soir, un Train<\/em>, il s\u2019impose, en 1971, sur la carte mondiale des auteurs avec&nbsp;<em>Rendez-vous \u00e0 Bray&nbsp;&nbsp;<\/em>qui d\u00e9croche en France le 1er Prix Delluc encore jamais attribu\u00e9 \u00e0 un non-Fran\u00e7ais. Ce film est une adaptation d\u2019une nouvelle de&nbsp;<strong>Julien Gracq<\/strong>,&nbsp;<em>Le Roi&nbsp;<\/em><em>Cophetua<\/em>, parue un an plus t\u00f4t, dans le recueil&nbsp;<em>La&nbsp;<\/em><em>Presqu\u2019\u00eele<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Philippe Reynaert<\/strong>, l\u2019homme aux lunettes blanches, qui, pendant 30 ans, fut le visage cin\u00e9phile de la RTBF avant de fonder et de prendre, durant 20 ans, la direction de Wallimage, le fonds d\u2019investissement audiovisuel de la Wallonie, revient dans cet ouvrage sur l\u2019extraordinaire travail de transposition op\u00e9r\u00e9 par Delvaux sur le texte de Gracq. Son analyse reprend un m\u00e9moire r\u00e9dig\u00e9 en 1977 \u00e0 la fin de ses \u00e9tudes de Philo et Lettres \u00e0 l\u2019ULB. La pertinence de son propos qui d\u00e9cortique, \u00e9tape par \u00e9tape, le processus de transmutation qui permet \u00e0 un texte tr\u00e8s litt\u00e9raire de devenir un sc\u00e9nario extr\u00eamement visuel, fait de ce livre une r\u00e9f\u00e9rence \u00e9clairante pour quiconque se passionne pour la critique de cin\u00e9ma et le passage d\u2019un langage \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Parution : Mars 2023 (belgique)<br>ISBN : 978-2-39007-071-9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nourri d&rsquo; archives photographiques in\u00e9dites du cin\u00e9aste &#8211; archives conserv\u00e9es par sa fille, Catherine Delvaux -, orn\u00e9 d&rsquo;une pr\u00e9face \u00e9rudite&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5050","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5050","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5050"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5050\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5079,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5050\/revisions\/5079"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5050"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5050"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5050"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}