{"id":4996,"date":"2023-01-29T16:01:53","date_gmt":"2023-01-29T15:01:53","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4996"},"modified":"2023-01-29T16:01:54","modified_gmt":"2023-01-29T15:01:54","slug":"le-magicien-de-la-renaissance-une-biographie-de-leon-battista-alberti-par-yann-kerlau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4996","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le magicien de la renaissance\u00a0\u00bb: une biographie de Leon Battista Alberti par Yann Kerlau"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>L\u00e9on Battista Alberti, le magicien de la Renaissance<\/em> de Yann Kerlau, Albin Michel, 247 p., 22,90 \u20ac (num\u00e9rique 15,99 \u20ac)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Difficile de cerner Yann Kerlau dont les notices biographiques aiment \u00e0 souligner la carri\u00e8re exemplaire de cet avocat, que le talent, l\u2019\u00e9nergie et l\u2019acharnement au travail ont propuls\u00e9 \u00e0 la t\u00eate d\u2019un des grands groupes fran\u00e7ais de l&rsquo;industrie du luxe.&nbsp; En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est dans sa bibliographie que l\u2019on trouvera l\u2019identit\u00e9 v\u00e9ritable et essentielle&nbsp;: celle d\u2019un \u00e9crivain. Mais l\u00e0 aussi, il ne faut pas se laisser d\u00e9tourner par la vari\u00e9t\u00e9 des ouvrages qui composent la bibliographie de celui qui entra dans l\u2019\u00e9criture en 1989 avec une biographie publi\u00e9e dans la prestigieuse maison d\u2019\u00e9dition Perrin&nbsp;: <em>Cromwell&nbsp;: la morale des seigneurs <\/em>(Perrin, 1989). Suivront d\u2019autres essais historiques et biographiques (<em>Les Aga Khans <\/em>(2004), <em>Les secrets de la mode <\/em>(2013), <em>Chercheurs d\u2019art <\/em>(2014), <em>Les Dynasties du luxe <\/em>(2016), <em>Pierre Berg\u00e9 sous toutes les coutures <\/em>(2018).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019attention du lecteur devrait \u00eatre attir\u00e9e par deux titres qui se singularisent. Il s\u2019agit de deux romans&nbsp;: <em>L\u2019\u00e9chiquier de la Reine<\/em> (2010) et <em>L\u2019insoumise <\/em>(2017). Le choix de l\u2019\u00e9criture romanesque dans ces deux livres (le premier, un journal apocryphe de Christine, reine de Su\u00e8de&nbsp;; le second un roman centr\u00e9 sur Jeanne de Castille) a permis \u00e0 Yann Kerlau de mettre en \u00e9vidence ce qui, dans la personnalit\u00e9 de ses protagonistes, \u00e9clairait d\u2019une lumi\u00e8re singuli\u00e8re le destin universel qui leur \u00e9chut.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-23-a-09.14.18.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4999\" width=\"182\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-23-a-09.14.18.png 339w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-23-a-09.14.18-191x300.png 191w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-23-a-09.14.18-200x314.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 182px) 100vw, 182px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec son dernier ouvrage, &nbsp;<em>L\u00e9on Battista Alberti, le magicien de la Renaissance <\/em>, l\u2019\u00e9crivain allie l\u2019exigence documentaire et \u00e9rudite de l\u2019historien \u00e0 une \u00e9criture \u00ab&nbsp;au plus pr\u00e8s&nbsp;\u00bb de son personnage. Derri\u00e8re (et au-del\u00e0) de la biographie de l\u2019humaniste du <em>Quatroccento<\/em>, on d\u00e9couvre l\u2019\u0153uvre d\u00e9multipli\u00e9e du philosophe, math\u00e9maticien, architecte qu\u2019il fut. Pour mener \u00e0 bien l\u2019\u00e9vocation de son&nbsp; personnage &#8211; dont on peut d\u00e9plorer l\u2019oubli dans lequel il est tomb\u00e9 hormis au sein des cercles sp\u00e9cialis\u00e9s, contrairement \u00e0 P\u00e9trarque, Dante ou Boccace  \u2013 Kerlau choisit avec bonheur de se placer au plus pr\u00e8s de lui. Ce choix d\u2019un point de vue \u00e0 la fois omniscient et proche, est un choix que le romancier avait pouss\u00e9 \u00e0 son point incandescent avec <em>L\u2019\u00e9chiquier de la Reine<\/em>, \u00e9crit sous la forme d\u2019un journal intime de Christine de Su\u00e8de. (Nous avions rencontr\u00e9 Yann Kerlau \u00e0 la sortie de son roman&nbsp;: <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2679\">https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2679<\/a> ). Autre constante dans l&rsquo;ouvrage de Kerlau: la volont\u00e9 de mettre en lumi\u00e8re les \u00ab\u00a0ponts\u00a0\u00bb qui relient le XVe si\u00e8cle \u00e0 ceux qui l&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 autant que suivi, l&rsquo;actualit\u00e9 de certaines consid\u00e9rations philosophiques, politiques, \u00e9thiques et esth\u00e9tiques d&rsquo;Alberti que l&rsquo;historien invite \u00e0 mettre en oeuvre aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019historien a consacr\u00e9 plusieurs ann\u00e9es \u00e0 lire les \u0153uvres de son personnage et \u00e0 s\u2019en impr\u00e9gner. La bibliographie, en fin de volume, pourrait donner le vertige. Il aborde de multiples sujets, il adopte diff\u00e9rentes formes litt\u00e9raires&nbsp;: l\u2019\u00e9criture chiffr\u00e9e, la pratique et l\u2019amour de l\u2019\u00e9quitation, les <em>Divertissements math\u00e9matiques<\/em>, les <em>Propos de table<\/em> cotoient des trait\u00e9s savants et novateurs (<em>De l\u2019art d\u2019\u00e9difier, De la statue\u2026<\/em>). L&rsquo;\u00e9crivain replace son sujet dans le contexte stimulant de la Renaissance italienne et plaide en l&rsquo;exaltant l&rsquo;humanisme qui \u00ab\u00a0ne se borne pas \u00e0 \u00eatre un mouvement litt\u00e9raire et artistique. C&rsquo;est un appel que le savoir adresse \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re.\u00a0\u00bb Kerlau dit \u00e0 chaque \u00e9tape de la vie d&rsquo;Alberti la curiosit\u00e9 enthousiaste qu&rsquo;elle lui inspire et rend cet enthousiasme heureusement contagieux. On l&rsquo;envie presque d&rsquo;avoir lu ces ouvrages qu&rsquo;il commente \u00e0 notre intention, partageant avec Alberti l&rsquo;inqui\u00e9tude derri\u00e8re laquelle \u00ab\u00a0se cache un \u00e9crivain recherchant sans rel\u00e2che l&rsquo;absolue perfection de ses \u00e9crits\u00a0\u00bb. Ainsi admire-t-il dans \u00a0\u00bb <em>L&rsquo;Art d&rsquo;\u00e9difier<\/em> la raison, la sagesse et la beaut\u00e9 s&rsquo;alliant pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.\u00a0\u00bb On imagine qu&rsquo;il aurait volontiers fait sienne la devise de son mod\u00e8le, \u00ab\u00a0deux mots courts <em>Quid tum?, c<\/em>et \u00ab\u00a0Et alors?\u00a0\u00bb qui symbolise l&rsquo;\u00e9veil et l&rsquo;infini besoin de savoir de Battista\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Kerlau rend un hommage \u00e9rudit, sensible et passionnant \u00e0 celui dont il dit, au d\u00e9but de son ouvrage&nbsp;: \u00ab&nbsp;La profondeur de ses \u0153uvres et le fait qu\u2019elles n\u2019aient jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es de son vivant, je l\u2019ai v\u00e9cu comme une souffrance insupportable pour quelque \u00e9crivain qu\u2019il soit. Comment ne pas crier \u00e0 l\u2019injustice&nbsp;?&nbsp;\u00bb Il ajoute, s\u2019adressant au lecteur, \u00ab&nbsp; Ces \u0153uvres, je les voudrais v\u00f4tres&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet engagement est  tenu tout au long des 200 pages du livre qui se lit d\u2019une traite et donne envie d\u2019aller lire Battista Alberti. Kerlau pr\u00eate \u00e0 son illustre mod\u00e8le cette phrase qui conclut le livre \u00ab&nbsp;Mourir n\u2019emp\u00eache pas les autres de se souvenir de nous. Soyons en convaincus&nbsp;\u00bb Aujourd\u2019hui, gr\u00e2ce au livre de Yann Kerlau, on pourrait ajouter \u00ab&nbsp;R\u00e9jouissons nous en&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jean Jauniaux<\/strong>,<strong> 25 janvier 2023<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons rencontr\u00e9 Yann Kerlau. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il nous parle de son roman dans une interview parue sur la cha\u00eene  <em>Youtube <\/em> de &lsquo;L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb : https:\/\/youtu.be\/xg0aiAeh9Ok  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.albin-michel.fr\/yann-kerlau\">Sur le site de l\u2019\u00e9diteur&nbsp;:<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S\u2019il est impossible d\u2019\u00e9voquer l\u2019humanisme, les splendeurs et les r\u00e9volutions du Quattrocento sans aussit\u00f4t penser \u00e0 P\u00e9trarque, \u00e0 Dante et \u00e0 Boccace, il est un autre homme dont le nom, moins souvent \u00e9voqu\u00e9, m\u00e9rite pourtant lui aussi de figurer parmi ces illustres acteurs de la Renaissance italienne. Cet homme, c\u2019est Leon Battista Alberti. Qui \u00e9tait-il\u3000? Un architecte\u3000? Un homme de lettres\u3000? Un philosophe\u3000? Un math\u00e9maticien\u3000? Un artiste\u3000? V\u00e9ritable magicien capable d\u2019exercer tous les m\u00e9tiers et de montrer tous les visages, Alberti \u00e9chappe aux tentatives de d\u00e9finition. De cet homme universel on ignore tout, ou presque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cet ouvrage, Yann Kerlau offre le portrait kal\u00e9idoscopique d\u2019un humaniste fascinant et de son \u0153uvre intemporelle. \u00abQuand les premiers livres d\u2019Alberti arriv\u00e8rent chez moi, j\u2019eus l\u2019impression d\u2019entrer dans un labyrinthe. Des milliers de pages o\u00f9 l\u2019invention de la perspective, la raison ou la folie, la religion et sa finalit\u00e9, la danse subtile des chiffres et de l\u2019alg\u00e8bre, le mariage ou le d\u00e9sir sont d\u00e9pec\u00e9s pour livrer toute leur complexit\u00e9. La profondeur de son \u0153uvre est un d\u00e9fi lanc\u00e9 au monde pour que l\u2019humanisme, au fil du temps, incarne la seule voie \u00e0 suivre\u3000: celle du savoir qui n\u2019est pas derri\u00e8re nous, mais devant.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Yann Kerlau est l\u2019auteur, aux \u00e9ditions Albin Michel, de <em>L\u2019Insoumise<\/em> (2017), roman historique mettant en sc\u00e8ne la reine Jeanne de Castille, et d\u2019une biographie consacr\u00e9e \u00e0 une figure phare de l\u2019univers de la mode, <em>Pierre Berg\u00e9 sous toutes les coutures<\/em> (2018).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avocat puis directeur juridique du groupe Yves Saint Laurent Parfums de 1988 \u00e0 1995, <strong>Yann Kerlau<\/strong> est ensuite engag\u00e9, en 2000, par le groupe Gucci comme directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019YSL Beaut\u00e9. Il y restera huit ans et y retrouvera Pierre Berg\u00e9 au conseil d\u2019administration. Se consacrant aujourd\u2019hui enti\u00e8rement \u00e0 l\u2019\u00e9criture, Yann Kerlau est \u00e0 la fois biographe (<em>Cromwell, La morale des seigneurs<\/em>, Perrin, 1989 et <em>Les Aga Khans<\/em>, Perrin, 1990), essayiste, critique litt\u00e9raire et auteur de romans, dont le dernier en date, <em>L\u2019insoumise<\/em>, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 aux \u00c9ditions Albin Michel en 2017. Yann Kerlau a \u00e9galement \u00e9crit <em>Les secrets de la mode<\/em> (Perrin, 2013) et <em>Les dynasties du luxe<\/em> (Perrin, 2010).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u00e9on Battista Alberti, le magicien de la Renaissance de Yann Kerlau, Albin Michel, 247 p., 22,90 \u20ac (num\u00e9rique 15,99 \u20ac)&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-4996","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4996","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4996"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4996\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5003,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4996\/revisions\/5003"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4996"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4996"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4996"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}