{"id":4954,"date":"2022-12-05T15:09:59","date_gmt":"2022-12-05T14:09:59","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4954"},"modified":"2023-04-08T08:30:37","modified_gmt":"2023-04-08T06:30:37","slug":"hospita-litte-6-medua-de-maurice-careme-reedite-aux-editions-piranha-lecrivain-et-academicien-jean-baptiste-baronian-evoque-cet-evenement-editorial-dans-un-article-a-paraitre-dans-la","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4954","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0HOSPITA-LITT\u00c9\u00a0\u00bb (6) \u00ab\u00a0MEDUA\u00a0\u00bb de Maurice Car\u00eame, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 aux Editions Piranha. L&rsquo;\u00e9crivain et acad\u00e9micien Jean-Baptiste Baronian \u00e9voque cet \u00e9v\u00e9nement \u00e9ditorial  dans un article \u00e0 para\u00eetre dans \u00ab\u00a0La Revue g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb."},"content":{"rendered":"\n<p><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>Jean-Baptiste Baronian a bien voulu confier \u00e0 \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb, la recension qu&rsquo;il a consacr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9-\u00e9dition aux <strong><a href=\"http:\/\/www.piranha.fr\/livre\/medua\">\u00c9ditions Piranha<\/a><\/strong> d&rsquo;un roman de Maurice Car\u00eame, M\u00c9DUA. Dans cette nouvelle \u00e9dition, le roman est accompagn\u00e9 d&rsquo;un roman court, NAUSICA. <\/em><\/mark><em>Cette<\/em><em> recension est parue dans la livraison de mars 2023 de <strong>La Revue g\u00e9n\u00e9rale.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Capture-decran-2022-11-27-a-14.30.53-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4959\" width=\"240\" height=\"274\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Capture-decran-2022-11-27-a-14.30.53-1.png 489w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Capture-decran-2022-11-27-a-14.30.53-1-262x300.png 262w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Capture-decran-2022-11-27-a-14.30.53-1-200x229.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 240px) 100vw, 240px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>Cette r\u00e9\u00e9dition s&rsquo;inscrit dans une dynamique \u00e9ditoriale qu&rsquo;encourage la <strong><a href=\"http:\/\/www.mauricecareme.be\/fondation.php\">Fondation Maurice Car\u00eame<\/a><\/strong>, dont une des vocations est de promouvoir la diffusion de l&rsquo;oeuvre du po\u00e8te. Ainsi, vient de para\u00eetre <strong><a href=\"https:\/\/www.cep-editions.com\/products\/brabant-poemes-maurice-careme\">aux \u00e9ditions du CEP<\/a><\/strong> une nouvelle \u00e9dition du recueil de po\u00e8mes <\/em><strong>BRABANT<\/strong><em>. Celui-ci est accompagn\u00e9 d&rsquo;une \u00ab\u00a0lecture\u00a0\u00bb de Fran\u00e7ois-Xavier Lavenne (Directeur et conservateur de la Fondation) et d&rsquo;une pr\u00e9face posthume et in\u00e9dite de Jacques De Decker. <strong>Jean Jauniaux, le 5 d\u00e9cembre 2022<\/strong>.<\/em><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Video de pr\u00e9sentation des manuscrits de <em>MEDUA<\/em>:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Fran\u00e7ois-Xavier Lavenne, Directeur de la Fondation Car\u00eame \u00e9voque la gen\u00e8se du roman MEDUA\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/dUSovZztkP4?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>La recension de Jean-Baptiste Baronian<\/strong>:<\/p>\n\n\n\n<p>Toute sa vie, Maurice Car\u00eame (1899-1978) a couru derri\u00e8re la reconnaissance. Marathonien de la po\u00e9sie, il \u00e9tait de tous les salons et foires du livre, fid\u00e8le \u00e0 un poste qu\u2019il avait lui-m\u00eame fabriqu\u00e9 de toutes pi\u00e8ces, arm\u00e9 de stylos \u00e0 bille et de crayons de couleurs, toujours pr\u00eat \u00e0 d\u00e9dicacer un de ses multiples ouvrages au premier chaland venu, une brave rombi\u00e8re, un marmot, une diseuse de bonne aventure ayant \u00e9gar\u00e9 sa boule de cristal, un instituteur dans la fleur de l\u2019\u00e2ge ne sachant trop \u00e0 quel po\u00e8te se vouer pour essayer d\u2019\u00e9duquer ses potaches.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aux yeux de l\u2019intelligentsia, Maurice Car\u00eame n\u2019\u00e9tait jamais qu\u2019un baladin de passage, qu\u2019un faiseur d\u2019inoffensives petites ritournelles destin\u00e9es aux enfants. Un sous-Paul Verlaine. Un sous-Francis Jammes.&nbsp; On l\u2019acceptait dans le landerneau belge, on le tol\u00e9rait, mais dans son dos, on se gaussait de lui, on lui refusait l\u2019acc\u00e8s du s\u00e9rail, l\u00e0 o\u00f9 si\u00e9geaient ses pr\u00e9tendus confr\u00e8res, genre Henri Michaux, Marcel Thiry, G\u00e9o Norge, deux ou trois surr\u00e9alistes et quelques autres a\u00e8des sortis de la cuisse d\u2019Apollon, et dont plus personne ne parle aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu comme s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 ostracis\u00e9, banni \u00e0 l\u2019instar d\u2019un paria. Ce qu\u2019il \u00e9tait peut-\u00eatre, sans qu\u2019on s\u2019en rende compte. \u00c0 moins que l\u2019intelligentsia n\u2019ait compris tr\u00e8s t\u00f4t, d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1920, que cet homme, ce fagotin, ce faux pitre, poss\u00e9dait un talent fou et que, pr\u00e9cis\u00e9ment, sous ses dehors de voyageur de commerce de la po\u00e9sie, il \u00e9tait un \u00e9crivain subversif.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>Subversif ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est dans sa prose et, en particulier, dans son court roman <em>M\u00e9dua<\/em>, publi\u00e9 en 1976, que Maurice Car\u00eame r\u00e9v\u00e8le au plus haut point cet aspect fort m\u00e9connu et inattendu de sa personnalit\u00e9, de son subconscient. Comme par hasard, le h\u00e9ros de l\u2019histoire, Jacques Rivi\u00e8re, est un po\u00e8te, mais un po\u00e8te en mal d\u2019inspiration et butant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment contre des vers qui ne jaillissent pas sous sa plume. En guise de rem\u00e8de, il d\u00e9cide d\u2019aller se ressourcer au littoral, sans son \u00e9pouse, Francine. Or, dans le train en direction de La Panne, il tombe sous le charme d\u2019une jeune femme blonde, v\u00eatue d\u2019une robe jaune, qui lui moule le corps \u00ab du cou \u00e0 la cheville \u00bb. Elle chausse de curieuses \u00ab sandales argent\u00e9es \u00bb et se pr\u00e9nomme, apprend-il, M\u00e9dua. Rapidement, ce charme tourne \u00e0 l\u2019obsession. Avant de se transformer en hallucination lorsqu\u2019il d\u00e9couvre deux jours plus tard, \u00e9chou\u00e9e sur la plage, une m\u00e9duse, dont l\u2019apparence et m\u00eame la physionomie \u00ab g\u00e9latineuse \u00bb lui rappellent aussit\u00f4t la jeune femme du train.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, il n\u2019est plus du tout le m\u00eame homme, du moins l\u2019homme qu\u2019il croit avoir \u00e9t\u00e9 depuis des ann\u00e9es et des ann\u00e9es, un \u00ab homme comme un autre \u00bb, ainsi que l\u2019aurait dit Georges Simenon. Il s\u2019empare de la m\u00e9duse, la ram\u00e8ne dans l\u2019appartement de la villa o\u00f9 il loge et la place dans le lavabo du cabinet de toilette qu\u2019il remplit avec l\u2019eau du robinet. Et plus il s\u2019occupe d\u2019elle, plus elle s\u2019humanise et prend bel et bien les traits ensorceleurs de M\u00e9dua auxquels il est incapable de r\u00e9sister. Et voil\u00e0 qu\u2019on assiste \u00e0 une extraordinaire idylle amoureuse travers\u00e9e de violentes pulsions \u00e9rotiques \u2013 zoophiliques.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Difficile de ne pas citer ici une des sc\u00e8nes les plus \u00e9tonnantes, les plus subversives du roman : \u00ab Je tournai le commutateur, ouvris la garde-robe. Apr\u00e8s quelques h\u00e9sitations, je choisis deux robes : l\u2019une blanche avec, comme seul ornement, une rang\u00e9e de boutons de nacre ; l\u2019autre \u00e0 fond jaune parsem\u00e9 de coquillages noirs. Dans le tiroir, je raflai une \u00e9charpe de soie. J\u2019y joignis, parce qu\u2019elles \u00e9taient vertes, des mules de velours qui se trouvaient au pied du lit et redescendis, les bras charg\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00bb J\u2019\u00e9talai les robes devant M\u00e9dua.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00bb \u2013 Dis-moi, laquelle choisis-tu ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00bb Je crus entendre un soupir d\u2019acquiescement. J\u2019\u00e9tais persuad\u00e9 qu\u2019elle allait marquer une pr\u00e9f\u00e9rence pour la robe jaune. S\u2019agissait-il de ces caprices qui font, des d\u00e9cisions f\u00e9minines, de perp\u00e9tuelles \u00e9nigmes ? Son attention se porta sur la robe blanche bien que je lui fisse remarquer qu\u2019elle \u00e9tait la plus usag\u00e9e. Toujours la robe jaune qui le hantait !\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00bb Tout en parlant, je choisis un coussin long et bien rembourr\u00e9. Sur ce tronc improvis\u00e9, je passai la robe blanche. Puis, je calai les mules sous les plis qui retombaient jusqu\u2019au sol. Le reste de l\u2019ouvrage fut plus d\u00e9licat. Je posai M\u00e9dua d\u2019aplomb sur le tronc, lui mis une \u00e9charpe autour du cou et, enfin, disposai les manches bout \u00e0 bout au creux des genoux. L\u2019homme qui serait entr\u00e9 \u00e0 l\u2019improviste se serait inclin\u00e9, ravi, devant cette jeune femme. Ses yeux luisaient d\u2019un \u00e9clat que je ne leur avais jamais connu, d\u2019un \u00e9clat o\u00f9 se m\u00ealait quelque chose d\u2019ind\u00e9finissable, quelque chose qui me d\u00e9concertait. Je m\u2019\u00e9tais approch\u00e9 de M\u00e9dua. Mon visage fut bient\u00f4t si pr\u00e8s du sien que l\u2019espace d\u2019un \u00e9clair, je per\u00e7us son haleine sur ma joue.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00bb D\u00e9j\u00e0, mes l\u00e8vres s\u2019\u00e9taient tendues vers celles de M\u00e9dua\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chose qu\u2019on imagine mal, Maurice Car\u00eame a travaill\u00e9 sur <em>M\u00e9dua<\/em> durant pr\u00e8s de vingt ans, \u00e0 grands coups de retouches, de r\u00e9visions, de corrections, de repentirs, comme s\u2019il s\u2019agissait de l\u2019\u0153uvre de sa vie. Et comme si l\u2019image de cette femme blonde chauss\u00e9e de \u00ab sandales argent\u00e9es \u00bb n\u2019arr\u00eatait pas de l\u2019obnubiler et de le poursuivre, aussi givr\u00e9 dans sa qu\u00eate de perfection litt\u00e9raire que Jacques Rivi\u00e8re dans sa qu\u00eate \u00e9rotique, lui dont on \u00e9prouve aucune peine \u00e0 deviner qu\u2019il est \u00e0 la fois le double et le porte-parole de Maurice Car\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9sultat de ce travail acharn\u00e9 laisse le lecteur groggy : <em>M\u00e9dua<\/em> est un joyau \u2013 un joyau de la litt\u00e9rature fantastique du XXe si\u00e8cle. Et dire qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque refus\u00e9 par de nombreux \u00e9diteurs parisiens de renom, avant d\u2019\u00eatre publi\u00e9 \u00e0 la Renaissance du Livre \u00e0 Bruxelles presque en cachette, faute de mieux en quelque sorte, et comme par m\u00e9garde.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des d\u00e9cennies se sont \u00e9coul\u00e9es depuis que Maurice Car\u00eame a tir\u00e9 sa r\u00e9v\u00e9rence. Ses d\u00e9tracteurs, la t\u00eate perdue parmi les \u00e9toiles filantes, se sont petit \u00e0 petit volatilis\u00e9s.&nbsp; Sibylle a chang\u00e9 ses pr\u00e9dictions d\u2019\u00e9paule et a compris que les feuilles mortes de la litt\u00e9rature se ramassent \u00e0 la pelle. Seuls errent encore, \u00e7\u00e0 et l\u00e0, de rares imb\u00e9ciles en manque total de discernement critique et d\u00e9pourvus de go\u00fbt, qui continuent de croire de nos jours que Maurice Car\u00eame n\u2019est pas un \u00e9crivain majeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce genre de baratin ne marche plus \u2013 plus du tout. On a fait le coup \u00e0 Georges Simenon, \u00e0 Romain Gary, \u00e0 Joseph Kessel. \u00c0 Jean Ray \u00e9galement, que Maurice Car\u00eame a admir\u00e9, de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019il a admir\u00e9 ces grands ma\u00eetres de la litt\u00e9rature fantastique que sont Michel de Ghelderode (dont \u00ab les aventures insolites de ses contes \u00bb sont \u00e9voqu\u00e9es dans M\u00e9dua), Franz Hellens, Guy de Maupassant ou Edgar Allan Poe.<\/p>\n\n\n\n<p>La reconnaissance a rattrap\u00e9 Maurice Car\u00eame au-del\u00e0 de son tombeau. Ses romans reparaissent en livres de poche, ses po\u00e8mes sont \u00e0 tout moment r\u00e9\u00e9dit\u00e9s, traduits aux quatre coins du monde, mis en musique (pr\u00e8s de trois mille partitions !), appris par c\u0153ur, r\u00e9cit\u00e9s, diffus\u00e9s sur les ondes, \u00e9tudi\u00e9s, analys\u00e9s, c\u00e9l\u00e9br\u00e9s.&nbsp; Que le po\u00e8te belge de langue fran\u00e7aise qui fait mieux l\u00e8ve la main !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean-Baptiste Baronian<\/strong>         (Texte paru dans  la livraison de mars 2023 de <strong><a href=\"https:\/\/pul.uclouvain.be\/revues\/revuegenerale\/\">La Revue G\u00e9n\u00e9rale<\/a><\/strong>)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-1024x473.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4961\" width=\"411\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-1024x473.jpg 1024w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-300x139.jpg 300w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-768x355.jpg 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-1536x709.jpg 1536w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-2048x946.jpg 2048w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-200x92.jpg 200w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-690x319.jpg 690w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/baronian-a-la-fondation-Careme-1320x610.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 411px) 100vw, 411px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Baptiste Baronian <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.piranha.fr\/livre\/medua\">Sur le site de l&rsquo;\u00e9diteur:<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>M\u00e9dua<\/em>, le po\u00e8te Jacques Rivi\u00e8re d\u00e9couvre, \u00e9chou\u00e9e sur la plage, une m\u00e9duse qui lui fait imm\u00e9diatement penser \u00e0 une jeune femme dont<br>la myst\u00e9rieuse personnalit\u00e9 l\u2019obs\u00e8de depuis leur rencontre. Il d\u00e9cide de rapporter sa trouvaille dans l\u2019appartement o\u00f9 il cherche depuis plusieurs<br>jours l\u2019inspiration. Le r\u00e9cit de son s\u00e9jour, jusque-l\u00e0 simple et d\u00e9pouill\u00e9, bascule d\u00e8s lors dans une dimension fantastique o\u00f9 s\u2019entrem\u00ealent<br>r\u00eaves \u00e9tranges et hallucinations, m\u00e9tamorphoses et folie.<br>Dans <em>Nausica<\/em>, le peintre Jean Delacroix s\u2019obstine \u00e0 vouloir r\u00e9aliser le portrait d\u2019une jeune femme rencontr\u00e9e trente ans plus t\u00f4t, persuad\u00e9<br>qu\u2019il lui permettra d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la reconnaissance du public. Submerg\u00e9 par les \u00e9motions, il ne se rend pas compte qu\u2019il oeuvre \u00e0 la destruction de son couple, comme guid\u00e9 par l\u2019action maligne d\u2019une puissance obscure.<br>Dans les deux r\u00e9cits, le po\u00e8te et le peintre sont confront\u00e9s au m\u00eame danger que peut celer l\u2019acte de cr\u00e9ation : la fascination p\u00e9trifiante et destructrice de l\u2019enchantement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Baptiste Baronian a bien voulu confier \u00e0 \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb, la recension qu&rsquo;il a consacr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9-\u00e9dition aux \u00c9ditions&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16,15,3],"tags":[],"class_list":["post-4954","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lectures-de-contes","category-litterature","category-litterature-dici","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4954","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4954"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4954\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5069,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4954\/revisions\/5069"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4954"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4954"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4954"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}