{"id":4886,"date":"2022-10-10T09:58:06","date_gmt":"2022-10-10T07:58:06","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4886"},"modified":"2022-10-10T09:58:07","modified_gmt":"2022-10-10T07:58:07","slug":"la-troisieme-nuit-de-daniel-simon-editions-lansman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4886","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La troisi\u00e8me nuit\u00a0\u00bb, de Daniel Simon (Editions Lansman)."},"content":{"rendered":"\n<p>Po\u00e8te, animateur d\u2019atelier d\u2019\u00e9critures, nouvelliste et romancier\u00a0: les multiples domaines dans lesquels excelle Daniel Simon avaient (un peu) occult\u00e9 ces derniers temps l\u2019auteur dramatique. Daniel Simon a consacr\u00e9 une grande part du temps dont il privait son \u0153uvre personnelle, \u00e0 \u00e9diter ou mettre en sc\u00e8ne ses confr\u00e8res et consoeurs, quand il ne les mettait pas en valeur dans les articles <a href=\"https:\/\/je-suis-un-lieu-commun-journal-de-daniel-simon.com\/\">et blogs (\u00ab\u00a0Je suis un lieu commun\u00a0\u00bb)<\/a> dont il est l\u2019auteur attentif et le promoteur enthousiaste. Il a aussi habitu\u00e9 les internautes \u00e0 le lire sur les r\u00e9seaux sociaux o\u00f9 r\u00e9gul\u00e8rement il les \u00e9claire, les \u00e9blouit, les d\u00e9sar\u00e7onne avec des textes courts \u00e9crits d\u2019une plume plong\u00e9e directement dans l\u2019encrier du c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"213\" height=\"386\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Capture-decran-2022-10-10-a-09.53.53.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4888\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Capture-decran-2022-10-10-a-09.53.53.png 213w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Capture-decran-2022-10-10-a-09.53.53-166x300.png 166w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Capture-decran-2022-10-10-a-09.53.53-200x362.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 213px) 100vw, 213px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>La troisi\u00e8me nuit<\/em> que publient les<strong><a href=\"http:\/\/www.lansman.be\/editions\/publication_detail.php?rec_numero=1358&amp;prix=10.00&amp;session=\"> Editions Lansman<\/a><\/strong> (apr\u00e8s dix ans d\u2019absence chez cet \u00e9diteur depuis <em>Les mots perdus<\/em> en 2012) donne au lecteur &#8211; et, esp\u00e9rons-le bien vite, aux spectateurs &#8211;\u00a0 un texte et deux personnages auxquels on ne peut que s\u2019attacher. D\u00e9di\u00e9e au dramaturge \u00a0Laurent Bouchain et \u00e0 l\u2019\u00e9crivain-cin\u00e9aste Kenan Gorg\u00fcn, <em>La troisi\u00e8me nuit<\/em>\u00a0 met en sc\u00e8ne un homme qui a l\u2019\u00e2ge de son auteur (\u00ab\u00a0la soixantaine bien sonn\u00e9e\u00a0\u00bb) et \u00a0\u00a0une jeune femme d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Le d\u00e9cor\u00a0: une cave-cuisine o\u00f9 s\u2019est retir\u00e9 celui qui achoisi de ne plus sortir de cette caverne hormis pour , le soir, \u00ab\u00a0trouver sa pitance dans les poubelles d\u2019une grande surface toute proche\u00a0\u00bb. Dans un grand cahier, qu\u2019il inaugure au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, il \u00e9crit les sensations que lui inspire le bruit de la ville dont il per\u00e7oit les \u00e9chos , devenant \u00ab\u00a0le scribe du soupirail\u00a0\u00bb et l\u2019interlocuteur acide des pens\u00e9es am\u00e8res qu\u2019il couche sur le papier\u00a0: une petite fille qui chante, une femme qui marche sur des talons hauts, un gamin (\u00ab\u00a0il court, il va tomber comme \u00e7a, attention petite, ouf, il est pass\u00e9, tombera plus loin\u2026\u00a0\u00bb). Il donne des noms \u00e0 ces personnages sonores\u00a0: Madame Hirondelle, \u00ab\u00a0court-toujours\u00a0\u00bb. Le projet de vie de ce personnage\u00a0? \u00ab\u00a0\u00e9crire la vie bien au chaud, tranquille, po\u00e8te je suis, j\u2019ai des choses \u00e0 dire, \u00e0 laisser (\u2026)ne plus baisser la t\u00eate en permanence (\u2026)\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Sans jamais \u00eatre cynique, le personnage  jette au visage des v\u00e9rit\u00e9s crues sur le \u00ab\u00a0l\u00e0-haut\u00a0\u00bb, le monde dont il a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019exiler pour faire son \u0153uvre de po\u00e8te. Des propos cinglants de v\u00e9rit\u00e9 objective, sans faux-fuyants, sans pr\u00e9cautions oratoires jailisent alors sous son crayon\u00a0: sur les pauvres (au monde desquels il appartient), les retrait\u00e9s, \u00ab\u00a0le peuple des poubelles\u00a0\u00bb. La nuit, les souvenirs de \u00a0\u00bb la vie d\u2019avant\u00a0\u00bb l\u2019assaille\u00a0: une famille, des enfants. Son existence choisie, solitaire et d\u00e9sabus\u00e9e est boulevers\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e de \u00abElle\u00a0\u00bb, la jeune femme avec qui le monologue va devenir \u00e9change entre deux duettistes. Au d\u00e9but, ils doivent s\u2019apprivoiser bien s\u00fbr. Trouver un vocabulaire comme celui que la m\u00e8re de la jeune femme inventait pour ne pas dire les mots des sentiments, ne pas dire surtout le mot \u00ab\u00a0amour\u00a0\u00bb. Ou alors, ils \u00e9chappent \u00e0 l\u2019\u00e9change en parlant de frites, en philosophant sur les frites, donnant l\u2019occasion au dramaturge de glisser dans cette com\u00e9die douce am\u00e8re, une sc\u00e8ne d\u2019anthologie que les com\u00e9diens se r\u00e9galeront de jouer\u00a0! Le dialogue est fait d&rsquo;esquives entre lui (\u00ab\u00a0je suis un kangourou (\u2026) devenu une balle qui rebondit et que le gros chien essaie d\u2019attraper dans sa gueule\u00a0\u00bb) et elle (\u00ab\u00a0je suis une d\u00e9tectrice de mensonges\u00a0\u00bb). Quant \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 lui\u00a0? C\u2019est peut-\u00eatre dans les po\u00e8mes qu\u2019elle finira par appara\u00eetre, les po\u00e8mes qu\u2019il note f\u00e9brilement\u2026De jour en jour, elle et lui se d\u00e9voilent \u00e0 partir de ces d\u00e9tails \u00a0: la sciatique et la souffrance du temps qui passe, la vie qui tient en deux colonnes pour elle\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0ce qui me fait pleurer et ce qui ne me fait pas pleurer\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est pas ici le lieu de dire toute la pi\u00e8ce. Daniel Simon a l\u2019art de la parabole, cette mani\u00e8re d\u00e9routante de dire l\u2019apparence des choses, des \u00eatres et des sentiments pour d\u00e9sarmer le lecteur-spectateur avant que ce dernier ne soit pris de vertige,  d\u00e9couvrant que l\u2019auteur nous tend un miroir o\u00f9 nous voyons nos r\u00eaves, ceux que nous avons r\u00e9alis\u00e9s et les autres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Voici un grand texte de th\u00e9\u00e2tre qui n\u2019est pas sans r\u00e9sonner de l\u2019 \u00e9cho&nbsp; des sc\u00e8nes anglaise (Stoppard), roumaine (Vicniec), irlandaise (Beckett).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux, le 10 octobre 2022.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.lansman.be\/editions\/publication_detail.php?rec_numero=1358&amp;prix=10.00&amp;session=\">Sur le site des Editions Lansman:<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb Un homme vieillissant a d\u00e9cid\u00e9 de prendre ses distances vis-\u00e0-vis des autres et surtout de sa famille. Il s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9 dans une cave-cuisine d&rsquo;o\u00f9 il per\u00e7oit les bruits du monde \u00e0 travers un soupirail. Carnet en main, il note les bribes de conversation des passants, enfants et adultes, comme pourrait le faire un biographe du quartier. Il ne quitte que rarement son antre pour visiter, la nuit, la grande poubelle urbaine qui lui sert de garde-manger, lui permettant de se procurer le strict n\u00e9cessaire \u00e0 sa vie recluse. Un jour pourtant, quelqu&rsquo;un pousse la porte de son refuge : une tr\u00e8s jeune femme qui semble porter la col\u00e8re et la soif de vivre de sa g\u00e9n\u00e9ration. Est-ce le hasard qui l&rsquo;am\u00e8ne ? Ou se sont-ils d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9s ? En trois nuits, ils vont se r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre bien plus qu&rsquo;ils ne s&rsquo;y attendaient&#8230;\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Po\u00e8te, animateur d\u2019atelier d\u2019\u00e9critures, nouvelliste et romancier\u00a0: les multiples domaines dans lesquels excelle Daniel Simon avaient (un peu) occult\u00e9 ces&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-4886","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4886","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4886"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4886\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4889,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4886\/revisions\/4889"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4886"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4886"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4886"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}