{"id":4670,"date":"2022-03-17T16:28:44","date_gmt":"2022-03-17T15:28:44","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4670"},"modified":"2022-03-18T05:36:32","modified_gmt":"2022-03-18T04:36:32","slug":"le-malade-imaginaire-une-remarquable-mise-en-scene-de-stephanie-moriau-a-la-comedie-claude-volter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4670","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le malade imaginaire\u00a0\u00bb, une remarquable mise en sc\u00e8ne de St\u00e9phanie Moriau \u00e0 la Com\u00e9die Claude Volter"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">A voir du 16 mars au 3 avril et du 19 avril au 30 avril 2022!<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p><strong><em><a href=\"https:\/\/www.comedievolter.be\/\">\u00ab&nbsp;Le malade imaginaire&nbsp;\u00bb \u00e0 la Com\u00e9die Claude Volter&nbsp;: \u00e0 voir toutes affaires cessantes&nbsp;!<\/a><\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Capture-decran-2022-03-17-a-16.16.52.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4671\" width=\"262\" height=\"353\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Capture-decran-2022-03-17-a-16.16.52.png 611w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Capture-decran-2022-03-17-a-16.16.52-223x300.png 223w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Capture-decran-2022-03-17-a-16.16.52-200x269.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Ah&nbsp;! Moli\u00e8re doit se r\u00e9jouir l\u00e0-bas, dans les cintres d\u2019un th\u00e9\u00e2tre \u00e9ternel,&nbsp; d\u2019o\u00f9 il nous observe depuis quatre cent ans! Il devait \u00eatre l\u00e0 avec nous et  se r\u00e9jouir comme nous d\u2019assister \u00e0 la repr\u00e9sentation de sa derni\u00e8re pi\u00e8ce, <em>Le malade imaginaire<\/em>, mise en sc\u00e8ne par St\u00e9phanie Moriau avec une \u00e9nergie, une intelligence et une gr\u00e2ce qui a&nbsp; stimul\u00e9 la troupe de la Com\u00e9die Claude Volter, dont chaque com\u00e9dienne, chaque com\u00e9dien, dans son r\u00f4le respectif donne le meilleur&nbsp;! On sait combien \u00ab&nbsp;la troupe&nbsp;\u00bb que dirigeait Jean-Baptiste Poquelin constituait une part importante de l\u2019\u00e9nergie vitale et lumineuse dont irradiaient les spectacles de Moli\u00e8re. Dans le spectacle de la Com\u00e9die Volter dont la premi\u00e8re se donnait hier, (mercredi&nbsp; 16 mars&nbsp; 2022), le public enthousiaste a retrouv\u00e9 ce que le th\u00e9\u00e2tre donne de mieux et dont il a \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 pendant ces mois de confinement culturel&nbsp;: <em>Une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, une com\u00e9die, une trag\u00e9die, un drame cela doit \u00eatre une sorte de personne ; cela doit penser, cela doit agir, cela doit vivre <\/em>\u00e9crivait Victor Hugo.<\/p>\n\n\n\n<p>Moli\u00e8re nous donne aussi, dans cet \u00e9lan collectif qu\u2019insuffle le spectacle vivant, \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur&nbsp; la condition humaine, au-del\u00e0 des si\u00e8cles, de l\u2019Histoire et de la g\u00e9ographie. Comme le dit  St\u00e9phanie Moriau, \u00ab&nbsp; cette \u0153uvre n\u2019a jamais fini de dire ce qu\u2019elle a \u00e0 dire. Par sa sid\u00e9rante actualit\u00e9, elle nous explique ce qui nous arrive aujourd\u2019hui, mieux que nous ne parvenons \u00e0 le faire. Moli\u00e8re, auteur du XVIIe si\u00e8cle, nous aide \u00e0 comprendre le monde et les hommes d\u2019aujourd\u2019hui.&nbsp;\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>La metteuse en sc\u00e8ne poursuit en citant quelques unes des ces pistes actuelles que la pi\u00e8ce nous invite \u00e0 parcourir&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 face \u00e0 la maladie, la peur de la mort, la condition f\u00e9minine (le mariage forc\u00e9 notamment), le charlatanisme\u2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p> La com\u00e9die permet d\u2019aborder tous ces sujets et de leur donner une dimension universelle par le fait que nous en rions d\u2019abord \u2013 et le jeu des com\u00e9diens explore \u00e0 merveille toutes les dr\u00f4leries du texte \u2013 avant de nous tourner les uns vers les autres et de nous rendre compte de l\u2019actualit\u00e9 du <em>Malade imaginaire.<\/em> Une exemple nous en est donn\u00e9 par St\u00e9phanie Moriau et Michel de Warz\u00e9e lorsqu\u2019ils indiquent&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019argument de la pi\u00e8ce s\u2019ins\u00e8re excellemment dans l\u2019air de notre temps o\u00f9 une pand\u00e9mie a brutalement mis en lumi\u00e8re les limites actuelles des sciences m\u00e9dicales, le cynisme de leur commerce, la pr\u00e9somption et la suffisance de certains sp\u00e9cialistes et les avis p\u00e9remptoires diam\u00e9tralement oppos\u00e9s de certains scientifiques.&nbsp;\u00bb Mais, au-del\u00e0 des th\u00e9matiques d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9es, il y a aussi, souterraine et permanente, incarn\u00e9e derri\u00e8re les grimaces de souffrance suppos\u00e9e d\u2019Argan, le malade imaginaire, cette angoisse de la mort que nous ne cessons d\u2019interroger.<\/p>\n\n\n\n<p>Moli\u00e8re, de l\u00e0-haut, &nbsp;a d\u00fb applaudir \u00e0 cette repr\u00e9sentation-ci de son <em>Malade imaginaire.<\/em> Comme nous, il a salu\u00e9 la composition dr\u00f4latique d\u2019un <strong>Michel de Warz\u00e9e<\/strong> au mieux de son talent, explorant avec gourmandise la complexit\u00e9 de son personnage. Au-del\u00e0 de la dr\u00f4lerie et du ridicule de son hypocondrie,&nbsp; il nous attendrit par son humanit\u00e9 et sa faiblesse que le com\u00e9dien r\u00e9v\u00e8le progressivement avec une humanit\u00e9 touchante de justesse, une merveilleuse complicit\u00e9 entre le com\u00e9dien et son personnage. Grug\u00e9 par les m\u00e9decins, par sa m\u00e9prisable deuxi\u00e8me femme, B\u00e9line (jou\u00e9e avec toute la perversit\u00e9 m\u00e9chante qui convient par Karin Clercq) qui l\u2019a \u00e9pous\u00e9 pour son h\u00e9ritage), il se r\u00e9v\u00e8le finalement un p\u00e8re aimant, autorisant le mariage d\u2019amour de sa fille Ang\u00e9lique qu\u2019il avait d\u2019abord promise en mariage \u00e0 \u2026un m\u00e9decin, Thomas Diafoirus, fils de son propre m\u00e9decin traitant (Monsieur Diafoirus).<\/p>\n\n\n\n<p>Moli\u00e8re, de l\u00e0-haut, \u00a0a d\u00fb jubiler en retrouvant dans le jeu de St\u00e9phanie Moriau, l\u2019all\u00e9gresse et la puissance de jeu d&rsquo;Armande B\u00e9jart \u00e0 laquelle \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 il y a 350 ans le r\u00f4le de Toinette, la servante r\u00e9volt\u00e9e, combattante, impertinente, la vraie voix de Jean-Baptiste Poquelin! (<a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4624\">Armande personnage d&rsquo;un r\u00e9cent roman d&rsquo;Andr\u00e9 Versaille dont nous avions rendu compte<\/a>)\u00a0! <strong>St\u00e9phanie Moriau<\/strong> donne \u00e0 Toinette cette \u00e9nergie d\u00e9capante qui allie dr\u00f4lerie, double jeu (elle se d\u00e9guisera en faux m\u00e9decin dans une composition dr\u00f4latique\u00a0!) , <em>commedia del arte<\/em> et puis, comme toujours chez Moli\u00e8re, une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 d\u2019\u00e2me qui nous \u00e9meut autant que les protagonistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis Moli\u00e8re l\u00e0-haut s\u2019est attendri de ravissement en \u00e9coutant et en regardant le jeu de <strong>Juliette de Warz\u00e9e<\/strong> incarnant Louison, la petite fille d\u2019Argan. Cette jeune com\u00e9dienne, son nom l&rsquo;indique,  a sans doute de qui tenir, mais tout de m\u00eame, quelle pr\u00e9sence au jeu, quelle justesse de ton, quelle force espi\u00e8gle et souriante elle d\u00e9veloppe pour apprivoiser la col\u00e8re de son p\u00e8re tout en d\u00e9fendant les secrets de sa s\u0153ur ain\u00e9e Ang\u00e9lique&nbsp;! Ce dernier r\u00f4le est interpr\u00e9t\u00e9 par <strong>Lara Beyer<\/strong> qui sait d\u00e9cliner toutes les facettes d\u2019un personnage qui aurait pu \u00eatre convenu et qui, gr\u00e2ce \u00e0 elle, se d\u00e9cline en nuances dans le jeu amoureux (avec Cl\u00e9ante interpr\u00e9t\u00e9 par&nbsp; l\u2019excellent Cyril Collet), dans la complicit\u00e9 avec Toinette, dans la r\u00e9volte contre un mariage forc\u00e9 et dans l\u2019amour filial \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son p\u00e8re&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres protagonistes composent avec brio &nbsp;le reste de la distribution, chacun incarn\u00e9 par des com\u00e9diennes et com\u00e9diens au mieux de leur qualit\u00e9 de jeu et de leur pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne&nbsp;: les Diafoirus p\u00e8re \u2013 m\u00e9decin d\u2019Argan- et fils \u2013 gendre \u00ab&nbsp;id\u00e9al&nbsp;\u00bb aux yeux d\u2019Argan (<strong>Bruno G\u00e9oris et Nicolas Vanderstraeten<\/strong>), Monsieur Bonnefoy (<strong>Bernard d\u2019Oultremont<\/strong> qui joue aussi le personnage de l\u2019apothicaire Fleurant) , Monsieur Purgon (<strong>Marcel Delval<\/strong>) et B\u00e9ralde, le fr\u00e8re d&rsquo;Argan qui tente de raisonner ce dernier et de prot\u00e9ger sa ni\u00e8ce des d\u00e9lires du p\u00e8re. Cet \u00e9change nous vaut une sc\u00e8ne m\u00e9morable entre Alexandre von Sivers et Michel de Warz\u00e9e qui ne cachent pas leur bonheur d&rsquo;\u00e9changer les r\u00e9pliques de la sc\u00e8ne II de l&rsquo;Acte III, dans laquelle B\u00e9ralde \u00e9voque les intentions de &#8230;Moli\u00e8re et d\u00e9fend le dramaturge et son oeuvre. La mise en abyme est parfaitement r\u00e9ussie!<\/p>\n\n\n\n<p>Le public de cette premi\u00e8re n\u2019a pas cach\u00e9 son enthousiasme en applaudissant \u00e0 tout rompre \u00e0 la fin du spectacle. Celui-ci a pourtant \u00e9t\u00e9 interrompu par une panne de courant qui a alt\u00e9r\u00e9 l\u2019\u00e9clairage de sc\u00e8ne pendant quelques minutes. Sans se d\u00e9monter, les com\u00e9diens ont continu\u00e9 le jeu, Argan \u2013 de Warz\u00e9e \u00e9voquant \u00ab&nbsp;le passage inattendu d\u2019un nuage&nbsp;\u00bb. Peut-\u00eatre y avait-il dans cet incident technique, lorsque l&rsquo;\u00e9clairage s&rsquo;est \u00e9teint,  un \u00e9cho symbolique des bombardements que subit l\u2019Ukraine, \u00e0 laquelle, en saluant le public, Michel de Warz\u00e9e a rendu un hommage solidaire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9cipitez-vous \u00e0 la Com\u00e9die Claude Volter. La pi\u00e8ce se joue du 16 mars au 3 avril et du 19 avril au 30 avril.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux, le 17 mars 2022.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.comedievolter.be\/\">Sur le site de la Com\u00e9die Claude Volter:<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>LE MALADE IMAGINAIRE<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>de Moli\u00e8re, n\u00e9 le 15 janvier 1622. Le 10 f\u00e9vrier 1673, Moli\u00e8re joue \u201cLe Malade Imaginaire\u201d et meurt \u00e0 l\u2019issue de la quatri\u00e8me repr\u00e9sentation. \u201cLe poumon\u2026, le poumon, vous dis-je\u201d. Son \u0153uvre grandiose s\u2019ach\u00e8ve sur cette puissante com\u00e9die o\u00f9 il se moque des m\u00e9decins de son temps, voyant en eux, apr\u00e8s \u201cTartuffe\u201d, de nouveaux imposteurs. Il est aussi question d\u2019amour, de mariage forc\u00e9, de la condition de la femme, de la faiblesse humaine. On se croirait au XXIe si\u00e8cle, non\u2026? <strong><em>Pour le 400 \u00e8me anniversaire de la naissance de Moli\u00e8re.<\/em><\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Louis XIV aurait dit : \u201cLes m\u00e9decins font assez souvent pleurer pour qu\u2019ils fassent quelquefois rire&nbsp;\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec : Michel de WARZ\u00c9E, St\u00e9phanie MORIAU, Alexandre VON SIVERS, Karin CLERCQ, Bruno GEORIS, Lara BEYER, Cyril COLLET, Nicolas VANDERSTRAETEN,&nbsp; Marcel DELVAL, Bernard d\u2019OULTREMONT,&nbsp; Juliette de WARZ\u00c9E et Ysaline GHYOOT.<\/p>\n\n\n\n<p>Mise en sc\u00e8ne&nbsp;: St\u00e9phanie MORIAU<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cor : Serge DAEMS<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9gie&nbsp;: Bruno SMIT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A voir du 16 mars au 3 avril et du 19 avril au 30 avril 2022! \u00ab&nbsp;Le malade imaginaire&nbsp;\u00bb \u00e0&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9,4,3],"tags":[],"class_list":["post-4670","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-entre-les-lignes","category-litterature-dailleurs","category-litterature-dici","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4670","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4670"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4670\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4674,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4670\/revisions\/4674"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4670"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4670"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4670"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}