{"id":4624,"date":"2022-02-19T10:26:10","date_gmt":"2022-02-19T09:26:10","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4624"},"modified":"2022-02-19T10:26:11","modified_gmt":"2022-02-19T09:26:11","slug":"armande-ou-le-chagrin-de-moliere-andre-versaille-devoile-le-journal-intime-apocryphe-de-la-veuve-de-jean-baptiste-poquelin-un-roman-saisissant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4624","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Armande ou le chagrin de Moli\u00e8re\u00a0\u00bb: Andr\u00e9 Versaille d\u00e9voile le journal intime (apocryphe) de la veuve de Jean-Baptiste Poquelin: un roman saisissant!"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es l&rsquo;\u00e9crivain-\u00e9diteur Andr\u00e9 Versaille est litt\u00e9ralement plong\u00e9 dans le XVIIe si\u00e8cle fran\u00e7ais. Apr\u00e8s avoir \u00e9tabli la nouvelle \u00e9dition des <em><a href=\"https:\/\/www.lisez.com\/livre-grand-format\/fables-et-contes\/9782221215050\">Fables et contes de Jean de La fontaine<\/a><\/em> (dans la prestigieuse collection \u00ab\u00a0Bouquins\u00a0\u00bb que dirige <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2854\">Jean-Luc Barr\u00e9 &#8211; que nous avions rencontr\u00e9 (notamment) au trenti\u00e8me anniversaire de la collection<\/a>-, il ach\u00e8ve celle des <em>Oeuvres compl\u00e8tes de Moli\u00e8re<\/em> \u00e0 para\u00eetre dans la m\u00eame collection, en cette ann\u00e9e 2022 qui est celle du quatri\u00e8me centenaire de la naissance de l&rsquo;auteur du <em>Misanthrope. <\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Capture-decran-2022-02-19-a-08.49.59.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4626\" width=\"181\" height=\"273\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Capture-decran-2022-02-19-a-08.49.59.png 341w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Capture-decran-2022-02-19-a-08.49.59-199x300.png 199w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Capture-decran-2022-02-19-a-08.49.59-200x302.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 181px) 100vw, 181px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En marge de cette double entreprise, Andr\u00e9 Versaille nous donne un roman saisissant dont la narratrice et scriptrice (fictive) est Armande B\u00e9jart. Plut\u00f4t que d&rsquo;opter pour des <em>M\u00e9moires <\/em>(\u00e0 l&rsquo;instar des <em>M\u00e9moires d&rsquo;Hadrien <\/em>de Marguerite<em> <\/em>Yourcenar o\u00f9, nous dit Versaille, \u00ab\u00a0la perfection a \u00e9t\u00e9 atteinte\u00a0\u00bb ), l&rsquo;auteur choisit la forme du journal intime. Il s&rsquo;en explique dans la pr\u00e9face de <em><a href=\"https:\/\/www.lisez.com\/livre-grand-format\/armande-ou-le-chagrin-de-moliere\/9782258200111\">Armande ou le Chagrin de Moli\u00e8re<\/a><\/em>: \u00ab\u00a0Mon roman ne serait pas seulement le r\u00e9cit personnel de l&rsquo;aventure haute en couleur de la troupe: Armande s&rsquo;y interrogerait sur ce qu&rsquo;elle a \u00e9prouv\u00e9 dans sa relation \u00e0 Moli\u00e8re\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"331\" height=\"549\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Capture-decran-2022-02-19-a-08.45.20.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4627\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Capture-decran-2022-02-19-a-08.45.20.png 331w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Capture-decran-2022-02-19-a-08.45.20-181x300.png 181w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Capture-decran-2022-02-19-a-08.45.20-200x332.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 331px) 100vw, 331px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le journal d&rsquo;Armande B\u00e9jart, sous la plume d&rsquo;Andr\u00e9 Versaille, prend une dimension d&rsquo;auto-analyse suppl\u00e9mentaire. En effet, Armande adresse son journal \u00e0 Moli\u00e8re. C&rsquo;est \u00e0 son mari d\u00e9funt (il est mort 26 ann\u00e9es avant l&rsquo;entreprise m\u00e9morielle de sa veuve) qu&rsquo;elle \u00e9crit, c&rsquo;est avec lui qu&rsquo;elle \u00e9voque les souvenirs communs, qu&rsquo;elle partage sa propre perception de la vie de la Troupe de l&rsquo;Illustre th\u00e9\u00e2tre, la vocation de Jean-Baptiste Poquelin qui ne se serait pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9e sans Madeleine B\u00e9jart (la m\u00e8re d&rsquo;Armande et la premi\u00e8re ma\u00eetresse de Moli\u00e8re). On sait qu&rsquo;il ne reste aucun \u00e9crit autographe de Moli\u00e8re. Qu&rsquo;\u00e0 cela ne tienne! Le romancier imagine qu&rsquo;u moment o\u00f9 Armande \u00e9crit son journal intime, elle dispose encore d&rsquo;archives: des lettres, des livres de compte, des manuscrits&#8230;bref, tout ce qui manque cruellement \u00e0 l&rsquo;historien mais que le romancier r\u00e9-invente ici pour le plus grand bonheur du lecteur. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car il y a grand bonheur \u00e0 lire ce r\u00e9cit et \u00e0 \u00eatre plac\u00e9 au coeur de la troupe de l&rsquo;Illustre th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 vivre le quotidien des tourn\u00e9es en province, l&rsquo;arriv\u00e9e dans le Paris du XVIIe si\u00e8cle, les intrigues de la Cour de Louis XIV, grand protecteur de Moli\u00e8re, l&rsquo;\u00e9criture des pi\u00e8ces (dont Moli\u00e8re faisait la lecture \u00e0 ses com\u00e9diens pour \u00ab\u00a0tester\u00a0\u00bb ses effets), les succ\u00e8s, les \u00e9checs, les \u00e9reintements&#8230;jusqu&rsquo;\u00e0 ces pages poignantes de la mort de Moli\u00e8re au terme d&rsquo;une repr\u00e9sentation du <em>Malade imaginaire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsqu&rsquo;une \u00e9rudition exceptionnelle se met au service de la fiction, l&rsquo;\u00e9criture et l&rsquo;invention romanesques permettent une cr\u00e9ation au plus pr\u00e8s des \u00eatres, restituant la complexit\u00e9 des sentiments, la force des \u00e9motions tout en nous donnant diablement envie de relire (ou de revoir) l&rsquo;oeuvre de Jean-Baptiste Poquelin, dit Moli\u00e8re.<em> <\/em>Une mani\u00e8re pour Andr\u00e9 Versaille de nous faire patienter avant la parution des <em>Oeuvres compl\u00e8tes de Moli\u00e8re<\/em>?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons rencontr\u00e9 Andr\u00e9 Versaille et \u00e9voqu\u00e9 avec lui la \u00ab\u00a0cr\u00e9ation\u00a0\u00bb du personnage d&rsquo;Armande et, dans le miroir de ce journal intime, celui de Moli\u00e8re qui, nous dit Versaille, devenait depuis l&rsquo;enfance, un de ses \u00e9crivains de chevet.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Andr\u00e9 Versaille \u00e9voque son roman &quot;Armande ou le Chagrin de Moli\u00e8re&quot;\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/_uig1esuDlU?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jean Jauniaux, le 19 f\u00e9vrier 2022.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.lisez.com\/livre-grand-format\/armande-ou-le-chagrin-de-moliere\/9782258200111\">Sur le site des Presses de la Cit\u00e9:<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce&nbsp; \u00ab\u00a0journal\u00a0\u00bb, Armande B\u00e9jart le tient une ann\u00e9e durant. Commenc\u00e9 le 17 f\u00e9vrier 1699, vingt-six ans apr\u00e8s la mort de Moli\u00e8re, il s&rsquo;ach\u00e8ve une dizaine de mois avant sa propre mort. Il est le r\u00e9cit intime et secret d\u2019une femme qui se demande ce qu\u2019elle a fait de sa vie. Et si, au bout du compte, elle \u00e9tait pass\u00e9e autant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle-m\u00eame que de son mari&nbsp;?<br>&nbsp; \u00ab <em>Nous \u00e9tions tous deux malheureux. Toi de mon d\u00e9samour ; moi, de me sentir prisonni\u00e8re. Tu vivais dans le souvenir d\u2019une flamme qui n\u2019\u00e9tait plus que la tienne. D\u2019o\u00f9 donc te venait cette force qui s\u2019obstinait \u00e0 maintenir ce fant\u00f4me vivant ?<br>J\u2019avais \u00e9t\u00e9 heureuse avec toi, mais qu\u2019\u00e9tions-nous devenus sinon des mari\u00e9s apparemment satisfaits de leur chastet\u00e9 ? Alors, lass\u00e9e de remonter chaque soir dans notre chambre qui ne r\u00e9sonnait plus d\u2019aucune \u00e9treinte, seulement de mes soupirs et de ton ronflement, je te chassai de mon intimit\u00e9.<br>J\u2019avais r\u00eav\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re de nous d\u00e9sunir sans nous d\u00e9chirer, de nous rapprocher sans nous rejoindre. Je n\u2019\u00e9tais plus amoureuse de toi, je voulais \u00eatre libre, mais quoi que je fisse pour me s\u00e9parer, je ne parvenais pas \u00e0 renoncer \u00e0 toi. <\/em>\u00bb<br><br>Vingt-six ans apr\u00e8s la mort de Moli\u00e8re et au terme d\u2019une existence remu\u00e9e de th\u00e9\u00e2tre, de passions amoureuses, de libertinage et de d\u00e9ceptions, Armande, sentant sa fin prochaine, d\u00e9sire faire le point sur sa vie. Pendant pr\u00e8s d\u2019un an, elle s\u2019astreindra \u00e0 se rem\u00e9morer l\u2019aventure de la troupe avec ses grands moments, et en m\u00eame temps la mani\u00e8re dont elle a v\u00e9cu ses liaisons amoureuses.<br>\u00c0 travers ce journal o\u00f9 elle s\u2019adresse \u00e0 Moli\u00e8re, nous d\u00e9couvrons un portrait du dramaturge regard\u00e9 \u00e0 la fois depuis les coulisses et depuis l\u2019alc\u00f4ve.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es l&rsquo;\u00e9crivain-\u00e9diteur Andr\u00e9 Versaille est litt\u00e9ralement plong\u00e9 dans le XVIIe si\u00e8cle fran\u00e7ais. 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