{"id":46,"date":"2017-09-30T18:11:09","date_gmt":"2017-09-30T16:11:09","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=46"},"modified":"2020-11-02T09:41:58","modified_gmt":"2020-11-02T08:41:58","slug":"kong-le-roman-monde-de-michel-le-bris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=46","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Kong\u00a0\u00bb : le roman-monde de Michel Le Bris"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab\u00a0KONG\u00a0\u00bb: le roman-monde de Michel Le Bris<\/strong><em>\u00ab\u00a0La n\u00e9cessaire mise en incandescence r\u00e9ciproque du monde et de la litt\u00e9rature.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En \u00e9coutant Michel Le Bris raconter, les yeux p\u00e9tillants, la gen\u00e8se du roman qu&rsquo;il consacre aux deux r\u00e9alisateurs et producteurs du chef d&rsquo;oeuvre \u00ab\u00a0KING KONG\u00a0\u00bb, on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de penser que les huit ann\u00e9es qu&rsquo;il a consacr\u00e9es pour ce roman aux recherches documentaires puis &nbsp;\u00e0 l&rsquo;\u00e9criture ont \u00e9t\u00e9 une sorte de jubilation exaltante comparable \u00e0 celle, que nous avons \u00e9prouv\u00e9e \u00e0 la lecture des 900 et quelques pages de son dernier roman \u00ab\u00a0KONG\u00a0\u00bb. Huit ann\u00e9es au cours desquelles le cr\u00e9ateur du festival \u00ab\u00a0Etonnants Voyageurs\u00a0\u00bb, a explor\u00e9 tout ce qui pouvait nourrir ce projet inscrit dans la continuit\u00e9 du pr\u00e9c\u00e9dent roman \u00ab\u00a0La beaut\u00e9 du monde\u00a0\u00bb (consacr\u00e9 aux cin\u00e9astes documentaires&nbsp;Martin et Osa Johnson, pionniers des films animaliers)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Michel Le Bris nous dit la collection compl\u00e8te des journaux (<em>New York Times et Los Angeles Times<\/em>&nbsp;qu&rsquo;il a lus, les archives de la RKO qu&rsquo;il a \u00e9pluch\u00e9es, les fiches de production du film qu&rsquo;il a examin\u00e9es pendant ces huit ann\u00e9es au cours desquelles il alternait la constitution d&rsquo;une formidable documentation et l&rsquo;\u00e9criture du roman que l&rsquo;on ne l\u00e2che plus une fois qu&rsquo;on y a franchi le seuil de la premi\u00e8re phrase.On est alors emport\u00e9 par le lyrisme du conteur, par le style enivrant d&rsquo;une \u00e9criture ma\u00eetris\u00e9e de bout en bout, o\u00f9 chaque phrase poss\u00e8de sa musicalit\u00e9 essentielle et son rythme propre pour s&rsquo;int\u00e9grer \u00e0 la symphonie du r\u00e9cit consacr\u00e9 \u00e0&nbsp;Merian Cooper et d&rsquo;Ernest Schoedsack, survivants de la Premi\u00e8re Guerre Mondiale, dont ils sont, comme leurs fr\u00e8res d&rsquo;armes, sortis h\u00e9b\u00e9t\u00e9s d&rsquo;avoir vu le gouffre du monde.&nbsp;La quatri\u00e8me de couverture du roman nous dit ce qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9, le roman nous raconte leur qu\u00eate de survivant dans un monde transform\u00e9 autant qu&rsquo;ils le sont eux-m\u00eames: trouver le langage qui dira le r\u00e9el, qui y m\u00ealera les terreurs ancestrales de la part-monstre de l&rsquo;homme, qui&nbsp;r\u00e9ussira \u00e0 t\u00e9moigner des abysses et y puisera un nouveau mythe dont nous n&rsquo;avons pas cess\u00e9 d&rsquo;\u00e9puiser le sens et les mises en garde, qui nous entra\u00eene dans les sid\u00e9rants vertiges que les&nbsp;d\u00e9cennies qui nous s\u00e9parent de 14-18 n&rsquo;ont pas combl\u00e9s.Voici un livre&nbsp;in\u00e9puisable, dont une chronique de quelques lignes ou un entretien radio avec l&rsquo;auteur ne peuvent rendre compte.&nbsp;Il faut lire, et on le ferait d&rsquo;une traite si on n&rsquo;aimait prolonger le bonheur de lire en s&rsquo;en distrayant par le songe des images qu&rsquo;il \u00e9voque, de ces lieux et de ces personnages qu&rsquo;il nous donne \u00e0 voir?, \u00e0 lire?, non \u00e0 vivre litt\u00e9ralement.&nbsp;Des tranch\u00e9es de la guerre 14-18, aux studios de Hollywood, de la fausse apr\u00e8s-guerre aux tournages de documentaires en Iran, au Soudan, en Abyssinie, ce sont, de 1914 \u00e0 1933 deux d\u00e9cennies qui nous sont projet\u00e9es et nous laissent subjugu\u00e9s par l&rsquo;art du conteur, par sa mani\u00e8re de camper les personnages r\u00e9els (Outre Cooper et Schoedzak, il y a Selznick, Ruth Rose, Fay Wray, Marguerite Harrison&#8230;) et par cette d\u00e9monstration qui \u00e9claire chaque page du roman: la fiction seule peut dire le monde.&nbsp;Dans un entretien paru sur le site de Grasset, Le Bris s&rsquo;en explique:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Toute mon entreprise, dans mes livres comme dans la cr\u00e9ation du festival Etonnants Voyageurs a \u00e9t\u00e9 de m\u2019opposer \u00e0 cette vision de la litt\u00e9rature : un monde s\u2019effondrait, un autre venait, et pour moi c\u2019\u00e9taient les artistes, mieux que quiconque, qui disaient l\u2019inconnu de ce qui venait, lui donnait un visage, son rythme, ses mots. Jamais la litt\u00e9rature ne paraissait aussi n\u00e9cessaire !&nbsp;\u00bb<\/em>Ainsi lorsqu&rsquo;il inventait en 1993 le concept de&nbsp;\u00ab litt\u00e9rature-monde \u00bb, insistait-il sur&nbsp;<em>&nbsp;\u00ab\u00a0la n\u00e9cessaire mise en incandescence r\u00e9ciproque du monde et de la litt\u00e9rature.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici&nbsp;un roman qui entre dans la l\u00e9gende et vient&nbsp;c\u00f4toyer, dans la biblioth\u00e8que de l&rsquo;honn\u00eate homme, les romans de Stevenson, Conrad, Melville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Qu&rsquo;attendez-vous pour vous y\u00a0plonger\u00a0toutes affaires cessantes?\u00a0Peut-\u00eatre \u00e9couter l&rsquo;entretien que Michel Le Bris nous a accord\u00e9 et au cours duquel il nous en quoi la fiction indispensable.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" title=\"Spotify Embed: &quot;KONG&quot; de Michel Le Bris\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/0mtAGBBvQSPJfIvrjUPKWS\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><a href=\"http:\/\/www.grasset.fr\/kong-9782246758211\">Sur le site de l\u2019\u00e9diteur<\/a><\/strong><br><em>Deux jeunes gens sortent sonn\u00e9s de la Grande Guerre. L\u2019un, Ernest Schoedsack, a film\u00e9 l\u2019horreur dans la boue des tranch\u00e9es&nbsp;&nbsp;; l\u2019autre, Merian Cooper, h\u00e9ros de l\u2019aviation am\u00e9ricaine, s\u00e9rieusement br\u00fbl\u00e9, sort d\u2019un camp de prisonniers. Ils&nbsp;&nbsp;se rencontrent dans Vienne occup\u00e9e, puis se retrouvent \u00e0 Londres o\u00f9 na\u00eet le projet qui va les lier pour la vie. Comment dire la guerre&nbsp;&nbsp;? Comment dire ce puits noir&nbsp;&nbsp;o\u00f9 l\u2019homme s\u2019est perdu \u2013 et peut-\u00eatre, aussi, r\u00e9v\u00e9l\u00e9&nbsp;&nbsp;? Pas de fiction, se jurent-ils&nbsp;&nbsp;: le r\u00e9alisme le plus exigeant. S\u2019ensuivent des aventures \u00e9chevel\u00e9es&nbsp;&nbsp;: guerre russo-polonaise, massacres de Smyrne, Abyssinie, \u00e9pop\u00e9e de la souffrance en Iran, tigres mangeurs d\u2019hommes dans la jungle du Siam, guerriers insurg\u00e9s au Soudan\u2026<\/em><em>Leurs films sont \u00e0 couper le souffle. On les acclame&nbsp;&nbsp;: \u00ab&nbsp;&nbsp;Les T.E.&nbsp;&nbsp;Lawrence de l\u2019aventure&nbsp;&nbsp;!&nbsp;&nbsp;\u00bb lance le New York Times. Eux font la moue. Manque ce qu\u2019ils voulaient restituer du myst\u00e8re du monde. D\u00e9\u00e7u, Cooper renoncera quelque temps \u2013 pour cr\u00e9er avec des amis aviateurs rien moins que\u2026 la Pan Am&nbsp;&nbsp;! \u2013 avant d\u2019y revenir.<\/em><em>Ce sera pour oser la fiction la plus radicale, le film le plus fou, pour lequel il faudra inventer des techniques nouvelles d\u2019animation. Un coup de g\u00e9nie. Une histoire de passion amoureuse, mettant en sc\u00e8ne un \u00eatre de neuf m\u00e8tres de haut, Kong, que l\u2019on craint, qui \u00e9pouvante, mais que l\u2019on pleure quand il meurt\u2026 Le film est projet\u00e9 \u00e0 New York devant une foule immense, trois semaines avant qu\u2019Hitler ne prenne les pleins&nbsp;&nbsp;pouvoirs.<\/em><br><em>Sur un air de jazz m\u00e9lancolique ou joyeux, entre ann\u00e9es de guerre et ann\u00e9es folles, Michel Le Bris nous offre une fresque inoubliable. On y&nbsp;&nbsp;croise des \u00eatres \u00e9pris d\u2019id\u00e9al, des aventuri\u00e8res, des h\u00e9ros, des politiques, des producteurs, des actrices, et bien s\u00fbr un immense&nbsp;&nbsp;singe que l\u2019on aime craindre et aimer, moins sauvage que l\u2019homme\u2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0KONG\u00a0\u00bb: le roman-monde de Michel Le Bris\u00ab\u00a0La n\u00e9cessaire mise en incandescence r\u00e9ciproque du monde et de la litt\u00e9rature.\u00a0\u00bb En \u00e9coutant&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":48,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-46","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-dailleurs","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/46","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=46"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/46\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":171,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/46\/revisions\/171"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/48"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=46"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=46"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=46"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}