{"id":4473,"date":"2021-09-17T11:12:32","date_gmt":"2021-09-17T09:12:32","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4473"},"modified":"2021-09-23T09:17:23","modified_gmt":"2021-09-23T07:17:23","slug":"le-don-quichotte-de-paul-emond-a-lire-et-voir-toutes-affaires-cessantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4473","title":{"rendered":"Le \u00ab\u00a0Don Quichotte\u00a0\u00bb de Paul Emond: \u00e0 lire (et voir) toutes affaires cessantes!"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><span class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>Don Quichotte avant la nuit<\/em> de Paul Emond <a href=\"http:\/\/www.lansman.be\/editions\/publication_detail.php?rec_numero=1325&amp;prix=12.00&amp;session=\">(Editions Lansman)<\/a><\/span><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Capture-decran-2021-09-17-a-10.54.49.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4476\" width=\"236\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Capture-decran-2021-09-17-a-10.54.49.png 462w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Capture-decran-2021-09-17-a-10.54.49-173x300.png 173w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Capture-decran-2021-09-17-a-10.54.49-200x346.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 236px) 100vw, 236px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l\u2019instar des grands personnages de la litt\u00e9rature classique, Don Quichotte et son \u00e9cuyer Sancho sont connus de chacun. S\u2019il fallait revenir \u00e0 l\u2019\u0153uvre originale, et n\u2019en lire qu\u2019un chapitre, le plus bouleversant du roman de Cervant\u00e8s est sans conteste le dernier, celui o\u00fa au terme du second livre le romancier espagnol\u00a0 nous raconte la mort de son h\u00e9ros. C\u2019est l\u00e0 une des sc\u00e8nes les plus bouleversantes de la litt\u00e9rature\u00a0:  le personnage s\u2019interroge sur ce qu\u2019a \u00e9t\u00e9  ce destin singulier dont le lecteur vient de lire les p\u00e9rip\u00e9ties hallucin\u00e9es et dont il garde en m\u00e9moire les \u00e9pisodes les plus spectaculaires\u00a0(le combat contre les moulins pour ne citer que le plus embl\u00e9matique) ou les personnages devenus arch\u00e9types (Sancho et Dulcin\u00e9e).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Rencontre avec Paul Emond \u00e0 propos de sa pi\u00e8ce adapt\u00e9e de Cervant\u00e8s: &quot;Don Quichotte avant la nuit&quot;\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/_6z8yk7ZtZ0?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption><em><a href=\"https:\/\/youtu.be\/_6z8yk7ZtZ0\">Nous avons interview\u00e9 Paul Emond au lendemain de la \u00ab\u00a0premi\u00e8re\u00a0\u00bb de la pi\u00e8ce.Cette interview est en ligne sur la cha\u00eene youtube de \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb<\/a><\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme toutes les \u0153uvres immortelles, le <em>Don Quichotte<\/em> de Cervant\u00e8s a fait l\u2019objet de multiples adaptations. (Un m\u00e9moire de fin d&rsquo;\u00e9tudes de l&rsquo;Universit\u00e9 de Mons en avait r\u00e9pertori\u00e9 un millier.  C&rsquo;\u00e9tait en 1974, il y a pr\u00e8s d&rsquo;un demi si\u00e8cle!) Que ce soit au cin\u00e9ma, au th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 l\u2019op\u00e9ra le roman a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clin\u00e9 en de multiples versions depuis la publication du premier livre des aventures de Don Quichotte, en 1605. Au d\u00e9but du second livre (paru dix ans apr\u00e8s le premier) de ses aventures, c\u2019est d\u2019ailleurs ce qui intrigue le preux chevalier, revenu au village de Toboso\u00a0: \u00ab\u00a0Don Quichotte \u00e9tait rest\u00e9 fort pensif en attendant le bachelier Carrasco, duquel il esp\u00e9rait recevoir de ses propres nouvelles, mises en livres, comme avait dit Sancho. Il ne pouvait se persuader qu\u2019une telle histoire fut d\u00e9j\u00e0 faite, puisque la lame de son \u00e9p\u00e9e fumait encore du sang des ennemis qu\u2019il avait tu\u00e9s. Comment avait-on si t\u00f4t pu imprimer et r\u00e9pandre ses hautes prouesses de chevalerie\u00a0?\u00a0\u00bb (<em>Don Quichotte<\/em>, Livre second, Premi\u00e8re partie, Chapitre troisi\u00e8me, traduction de Louis Viardot). Cervant\u00e8s pr\u00eate m\u00eame \u00e0 ses personnages des propos critiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la qualit\u00e9 de ces livres bien moins inspir\u00e9s que le sien propre. Ainsi, le bachelier Samson, le plus lettr\u00e9 des personnages, s\u2019exclame-t-il\u00a0: \u00ab\u00a0(\u2026) Aucuns disent, parmi ceux qui ont lu l\u2019histoire, qu\u2019ils auraient \u00e9t\u00e9 bien aises que ces auteurs eussent oubli\u00e9 quelques uns des coups de b\u00e2ton en nombre infini que re\u00e7ut en diverses rencontres le seigneur don Quichotte\u00a0\u00bb (Idem)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Paul Emond s\u2019inscrit dans un tout autre sillage. On lui doit avec <em>Don Quichotte avant la nuit&nbsp;<\/em>,&nbsp; une adaptation bouleversante de sensibilit\u00e9 et d\u2019humanit\u00e9. Dramaturge habitu\u00e9 \u00e0 se confronter aux grands romans de la litt\u00e9rature classique (on lui doit notamment une brillante version th\u00e9\u00e2trale de <em>Madame Bovary<\/em> qui sera bient\u00f4t jou\u00e9e \u00e0 nouveau \u00e0 Bruxelles), Paul Emond a ce g\u00e9nie singulier de s\u2019aventurer dans le roman de Cervant\u00e8s \u00e0 partir de l\u2019\u00e9pisode le plus poignant de la vie romanesque d&rsquo;Alonso Quijana&nbsp;: son agonie. Ces moments o\u00f9 s\u2019affrontent une derni\u00e8re fois les d\u00e9mons imaginaires, les r\u00eaves inaboutis, les espoirs, l\u2019amour des proches, le d\u00e9vouement des soignants, les regrets, les remords, ces instants de fin de vie sont mis en sc\u00e8ne dans l\u2019adaptation de Paul Emond (et la mise en sc\u00e8ne d\u2019Alan Bourgeois \u00e0 l\u2019Atelier Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar o\u00f9 nous avons assist\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re de la pi\u00e8ce) en nous saisissant litt\u00e9ralement au c\u0153ur. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme dans le roman,&nbsp; l\u2019\u00e9clat de rire alterne avec l\u2019\u00e9treinte de ce tr\u00e9pas auquel nous assistons, les r\u00eaves d\u00e9lirants se confrontent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la chambre d\u2019h\u00f4pital o\u00f9 Sancho et Don Quichotte re\u00e7oivent des soins palliatifs (le \u00ab&nbsp;baume de passage&nbsp;\u00bb) que leur prodigue la \u00ab&nbsp;passeuse&nbsp;\u00bb, une infirmi\u00e8re qui est aussi une enchanteresse et, dans l\u2019imagination des deux comp\u00e8res, l\u2019incarnation de Dulcin\u00e9e du Toboso. En choisissant ces derniers instants avant le \u00ab&nbsp;passage&nbsp;\u00bb, Paul Emond n\u2019en n\u00e9glige pas pour autant la dimension comique de ses personnages, cette fantaisie d\u00e9lirante dont l\u2019\u00e9cuyer autant que son ma\u00eetre sont les clowns. Car la folie est contagieuse. Comme dans le roman de Cervant\u00e8s, le sage et raisonnable et raisonneur Sancho se laisse petit \u00e0 petit gagner par les r\u00eaves qui hantent, jusqu\u2019au dernier souffle, le Chevalier qu\u2019il sert. Sancho en viendra \u00e0 supplier \u00ab&nbsp;celui qui \u00e9crit sa vie&nbsp;\u00bb, de lui permettre d\u2019accompagner le chevalier jusqu\u2019au del\u00e0 du \u00ab&nbsp;pont&nbsp;\u00bb qui symbolise le passage vers l&rsquo;au-del\u00e0. Il y a l\u00e0, dans cette derni\u00e8re sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce, un des instants les plus bouleversants du spectacle. Une fois accompli le passage du Chevalier dans l\u2019au-del\u00e0, l&rsquo;ultime transmission s\u2019effectue par le biais de la \u00ab&nbsp;passeuse&nbsp;\u00bb : Sancho se voit adoub\u00e9 chevalier, et invit\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00ab&nbsp;d\u00e9sormais digne du rang auquel &lt; il acc\u00e8de&gt; comme &lt;il l&rsquo;a&gt; \u00e9t\u00e9 de celui d\u2019\u00e9cuyer&nbsp;\u00bb. Dans le dispositif sc\u00e9nique imagin\u00e9 par Alan Bourgeois, cette sc\u00e8ne ultime illumine ce chemin de fin de vie auquel nous venons d\u2019assister et nous donne \u00e0 vivre une des plus \u00e9mouvantes manifestations de l\u2019amiti\u00e9, cet intense sentiment fraternel qui s\u2019est nou\u00e9 entre les deux \u00eatres devenus indissociables au del\u00e0 du d\u00e9c\u00e8s de l\u2019un d\u2019eux. En situant dans leur fin de vie les derniers \u00e9changes entre le Chevalier \u00e0 la triste figure et son \u00e9cuyer, Paul Emond fait de l\u2019infirmi\u00e8re une protagoniste \u00e0 part enti\u00e8re des derni\u00e8res fantasmagories des deux patients dont elle a la charge. Tout en entrant dans&nbsp; le jeu de r\u00f4le des deux patients, elle leur prodigue le r\u00e9confort et l\u2019\u00e9coute devenant ainsi une figure embl\u00e9matique des soins dont nous avons \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moins tout au long de la pand\u00e9mie de Covid.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On ne peut en effet lire cette pi\u00e8ce \u2013 ou assister \u00e0 sa repr\u00e9sentation &#8211; en faisant fi de ce que nous avons vu ou v\u00e9cu ces derniers mois. Chacun sera sollicit\u00e9 par le souvenir d\u2019un parent, d\u2019un ami, d\u2019un proche dont la maladie ou la mort nous auront mis en pr\u00e9sence de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019h\u00f4pital. Et c\u2019est une autre envergure de la pi\u00e8ce de Paul Emond&nbsp;: l\u2019\u00e9motion et l\u2019empathie sont ici consolation, par la gr\u00e2ce de l\u2019\u00e9criture et de la repr\u00e9sentation de cet \u00ab&nbsp;avant la nuit&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, sans avoir l\u2019ambition de pouvoir rendre compte de tout ce que cette pi\u00e8ce \u00e9veillera en chacun de ses lecteurs ou spectateurs, on ne peut n\u00e9gliger cette autre  invention du dramaturge. Il donne place \u00e0 Cervant\u00e8s par le biais d\u2019une \u00e9tonnante supplication de Sancho, qui veut rejoindre son ma\u00eetre dans la mort&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si quelqu\u2019un est en train d\u2019\u00e9crire ma vie, je veux qu\u2019il \u00e9crive que je vais l\u2019aider&nbsp;!&nbsp;\u00bb Paul Emond r\u00e9ussit ainsi, en un raccourci saisissant, \u00e0 donner un r\u00f4le au romancier d\u2019Alcala de Henares dans une mise en abyme digne de l\u2019\u00e9crivain espagnol&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mise en sc\u00e8ne d\u2019Alan Bourgeois&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ouverture du texte de la pi\u00e8ce publi\u00e9e chez Lansman, nous lisons que cette \u00ab&nbsp;tr\u00e8s libre variation sur Cervant\u00e8s&nbsp;\u00bb est inspir\u00e9e \u00ab&nbsp;d\u2019une id\u00e9e d\u2019Alan Bourgeois&nbsp;\u00bb. Ce dernier a r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019Atelier du Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar une mise en sc\u00e8ne fulgurante de la pi\u00e8ce de Paul Emond, explorant toutes les richesses d\u2019un texte \u00e0 la dimension polys\u00e9mique, d\u00e9veloppant avec autant de force et d\u2019\u00e9motion les s\u00e9quences guignolesques de la folie chevaleresque et celles, bouleversantes d\u2019humanit\u00e9, du dernier voyage. Dans un dispositif sc\u00e9nique id\u00e9al pour entrelacer la fantasmagorie des personnages et la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une chambre d\u2019h\u00f4pital, Alan Bourgeois met en valeur chacune des nuances du texte remarquablement servi par le jeu des trois com\u00e9diens incarnant respectivement \u00ab&nbsp;la passeuse&nbsp;\u00bb, Don Quichotte et Sancho. Une tonnelle de tulle translucide enveloppe le lit d\u2019h\u00f4pital o\u00f9 reposent le chevalier et l\u2019\u00e9cuyer. Elle&nbsp; servira d\u2019\u00e9cran pour des projections symbolisant ou repr\u00e9sentant l\u2019univers m\u00e9dical aussi bien que les d\u00e9lires du chevalier.&nbsp; Cette sc\u00e9nographie visuelle qui symbolise les sas d\u2019isolement des malades du Covid en quarantaine accentue la sensation d\u2019enfermement dans laquelle les mourants m\u00e8nent leur dernier combat, mettent en pi\u00e8ces leurs derniers d\u00e9mons (la sc\u00e8ne des moulins \u00e0 vent est une r\u00e9ussite \u00e0 tous points de vue), d\u00e9ploient leurs derniers fantasmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fabian Coomans, qui joue sur sc\u00e8ne sa partition musicale, a invent\u00e9 un espace sonore dont l\u2019efficacit\u00e9 n\u2019a d\u2019\u00e9gal que la virtuosit\u00e9 avec laquelle il accompagne chaque instant de la pi\u00e8ce dont il devient un authentique .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant aux com\u00e9diens, les qualificatifs manquent pour mettre en \u00e9vidence la force, la subtilit\u00e9 et la sensibilit\u00e9 de leur jeu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Isabelle Renzetti donne \u00e0 \u00ab&nbsp;la passeuse&nbsp;\u00bb cette humanit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse et complice indispensables pour accompagner les d\u00e9lires de ses deux patients, les partager avec empathie tout en les aidant \u00e0 franchir les derni\u00e8res \u00e9tapes de la fin de vie. Elle r\u00e9ussit le tour de force d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois la Dame dont est fou le Chevalier et l\u2019infirmi\u00e8re attentive et concr\u00e8te (Dulcin\u00e9e et Aldonza Lorenzo) et d\u2019envelopper son personnage de cette dualit\u00e9 dont elle joue avec conviction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rachid Benbouchta compose un Sancho complexe et vibrant, dont il r\u00e9percute chacune des facettes avec cette subtile distance \u00e0 laquelle il doit se placer en regard de son compagnon de chambre et de la passeuse.&nbsp; Il joue \u00e0 merveille les diff\u00e9rents registres que lui impose la figure tour \u00e0 tour tendre, clownesque, roublarde et amicale de Sancho.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant \u00e0 Beno\u00eet Verhaert il rel\u00e8ve avec un incontestable brio le d\u00e9fi que repr\u00e9sente le r\u00f4le titre du Chevalier \u00e0 la triste figure. Tout en n\u2019utilisant pas la ressemblance physique avec (l\u2019imagerie famili\u00e8re de) Quichotte (songeons \u00e0 Chaliapine ou Brel), il r\u00e9ussit la gageure d\u2019incarner la folie de l\u2019hidalgo dans tous ses vertiges, mais aussi dans les fulgurances de la souffrance. Certaines sc\u00e8nes sont d\u2019anthologie comme celle o\u00f9 il se fait armer chevalier et, debout sur son lit, rev\u00eatu d\u2019un casque improvis\u00e9 et d\u2019une canne en guise d\u2019\u00e9p\u00e9e, il se lance \u00e0 l\u2019assaut des ennemis de sa dame de coeur. Ainsi celle au cours de laquelle il combat le Chevalier au miroir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est \u00e0 un authentique bonheur de th\u00e9\u00e2tre que nous invitent ici les producteurs de ce spectacle (outre l\u2019Atelier Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar, le spectacle est coproduit par le Th\u00e9\u00e2tre de la Vie, Alternative culture et DC&amp;J Cr\u00e9ation).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si vous n\u2019avez pas encore r\u00e9serv\u00e9 vos places, faites-le toutes affaires cessantes. Ce spectacle est une occasion id\u00e9ale de renouer avec le th\u00e9\u00e2tre apr\u00e8s des mois de privation!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les repr\u00e9sentations se donnent du 16\/9 au 2\/10 \u00e0 l\u2019Atelier du Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jean Jauniaux<\/strong>, le 17 septembre 2021<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.atjv.be\/Don-Quichotte-avant-la-nuit\"><strong>Sur le site de l&rsquo;Atelier du Th\u00e9\u00e2tre Jean Vilar<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab\u00a0Don Quichotte avant la nuit\u00a0\u00bb de Paul Emond dans une mise en sc\u00e8ne Alan Bourgeois<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec Rachid Benbouchta, Fabian Coomans, Isabelle Renzetti, Beno\u00eet Verhaert<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Cr\u00e9ation<\/li><li>16.09 &gt; 02.10.2021<\/li><li>Studio 12<\/li><li>Dur\u00e9e : environ 1h30<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une r\u00e9\u00e9criture sc\u00e9nique d\u2019apr\u00e8s l\u2019\u0153uvre de Cervant\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Don Quichotte et Sancho se retrouvent dans une chambre d\u2019h\u00f4pital et occupent leur temps en s\u2019inventant un monde imaginaire, \u00e9pique. Une vie pleine d\u2019aventures o\u00f9 les lits deviennent des barques, o\u00f9 les murs blancs se transforment en hautes murailles d\u2019un ch\u00e2teau renfermant une princesse prise au pi\u00e8ge\u2026Sur fond de musique live, ce spectacle va chercher \u00e0 rendre romanesque, palpitant \u2013 et m\u00eame dr\u00f4le&nbsp;! \u2013 leur dernier voyage. Car qui d\u2019autre que \u00ab&nbsp;l\u2019incomparable fleur de la chevalerie errante&nbsp;\u00bb pour transfigurer les moments ultimes de l\u2019existence en une histoire \u00e9pique et grandiose, digne de nous \u00eatre cont\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Don Quichotte avant la nuit de Paul Emond (Editions Lansman) A l\u2019instar des grands personnages de la litt\u00e9rature classique, Don&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-4473","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4473","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4473"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4473\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4482,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4473\/revisions\/4482"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4473"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4473"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4473"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}