{"id":4416,"date":"2021-08-05T06:28:40","date_gmt":"2021-08-05T04:28:40","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4416"},"modified":"2021-08-05T21:21:54","modified_gmt":"2021-08-05T19:21:54","slug":"herni-vernes-nous-a-quitte-un-hommage-de-pen-belgique-dont-il-etait-le-doyen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4416","title":{"rendered":"Herni Vernes nous a quitt\u00e9s. Un hommage de PEN Belgique dont il \u00e9tait le doyen&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Henri Vernes avait accept\u00e9 en 2016 de <a href=\"https:\/\/penclubbelgique.be\/index.php\/2016\/10\/16\/a-la-rencontre-de-henri-vernes-doyen-des-ecrivains-membres-de-pen-belgique\/\">devenir membre d&rsquo;honneur de PEN Belgique<\/a>. Avec espi\u00e8glerie, il avait sign\u00e9 le \u00ab\u00a0livre d&rsquo;or\u00a0\u00bb d&rsquo;une formule lapidaire et engag\u00e9e: \u00ab\u00a0Pour PEN, ma plume&#8230;\u00a0\u00bb.<\/em> <em>C&rsquo;est en \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb \u00e9crivain que PEN Belgique souhaitait associer Henri Vernes aux auteurs qu&rsquo;il rejoignait ainsi en soutenant l&rsquo;association internationale de d\u00e9fense du droit \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;expression, comme Svetlana Alex\u00e9i\u00e9vitch (\u00e0 laquelle nous pensons avec force en ces moments tragiques que connaissent les cr\u00e9ateurs en Bielorussie), Amin Maalouf, Didier Decoin, Paul Auster et d&rsquo;autres encore.<\/em> <em>Sans l&rsquo;oeuvre d&rsquo;auteurs tels que Henri Vernes, combien d&rsquo;\u00e9crivains n&rsquo;auraient pas d\u00e9couvert leur vocation? combien de lecteurs ne seraient pas entr\u00e9s dans la magie du livre ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/pen-henri-vernes--768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4418\" width=\"192\" height=\"256\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/pen-henri-vernes--768x1024.jpg 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/pen-henri-vernes--225x300.jpg 225w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/pen-henri-vernes--1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/pen-henri-vernes--200x267.jpg 200w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/pen-henri-vernes--690x920.jpg 690w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/pen-henri-vernes--1320x1760.jpg 1320w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/pen-henri-vernes-.jpg 1512w\" sizes=\"auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>Nous avons demand\u00e9 \u00e0 Fran\u00e7ois-Xavier Lavenne qui conna\u00eet et admire l&rsquo;oeuvre du cr\u00e9ateur de Bob Morane, de l&rsquo;\u00e9voquer dans l&rsquo;article que vous lirez ci-dessous.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Jean Jauniaux<\/em>, <em>Pr\u00e9sident de PEN Belgique francophone<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>N.B.: nous avions eu le bonheur de rencontrer et d&rsquo;interviewer Henri Vernes \u00e0 diff\u00e9rentes occasions. Ces interviews sont bien s\u00fbr accessibles sur le site de \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb . Ainsi \u00e0 propos de <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=734\"><strong>\u00ab\u00a0S\u00e9rie noire\u00a0\u00bb<\/strong><\/a> (Cet in\u00e9dit paru aux Editions La Pierre d&rsquo;Alun nous avait aussi donn\u00e9 l&rsquo;occasion d&rsquo;interviewer \u00e0 son propos Jean-Baptiste Baronian et Jacques Loustal)) ou de ses <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=903\"><strong>\u00ab\u00a0M\u00e9moires\u00a0\u00bb<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Hommage \u00e0 Henri Vernes<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri Vernes, le doyen des Lettres belges et membre d\u2019honneur du PEN Club de Belgique, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 et, soudain, pour beaucoup de lecteurs, une page de leur jeunesse se corne.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les membres du PEN Club de Belgique se souviendront de <a href=\"https:\/\/penclubbelgique.be\/index.php\/2016\/10\/16\/a-la-rencontre-de-henri-vernes-doyen-des-ecrivains-membres-de-pen-belgique\/\">cette soir\u00e9e de 2016 o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie pour discuter de son \u0153uvre en compagnie de Jean Jauniaux, de Jacques De Decker, de Jean-Baptiste Baronian et de Jean-Claude Vantroyen. <\/a>L\u2019assistance avait d\u00e9couvert un jeune homme de cent ans, l\u2019\u0153il p\u00e9tillant, le verbe vif, toujours \u00e9tonn\u00e9 du succ\u00e8s de ses Bob Morane, un succ\u00e8s qui l\u2019avait rattrap\u00e9 alors qu\u2019il \u00e9tait sur un bateau \u00e0 destination de l\u2019Am\u00e9rique de Sud. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-05-a-06.23.43.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4419\" width=\"408\" height=\"456\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-05-a-06.23.43.png 880w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-05-a-06.23.43-268x300.png 268w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-05-a-06.23.43-768x861.png 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-05-a-06.23.43-200x224.png 200w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Capture-decran-2021-08-05-a-06.23.43-690x773.png 690w\" sizes=\"auto, (max-width: 408px) 100vw, 408px\" \/><figcaption>\u00a9 Jean Jauniaux<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><em>La vall\u00e9e infernale <\/em>\u00e9tait devenue un succ\u00e8s et son \u00e9diteur, Marabout, lui r\u00e9clamait d\u2019urgence deux nouvelles aventures qui furent \u00e9crites directement sur le paquebot. Henri Vernes parlait de son amour pour Blaise Cendrars. Il \u00e9tait, comme lui, un bourlingueur. \u00ab&nbsp;L\u2019homme aux mille vies&nbsp;\u00bb, ce pourrait \u00eatre le titre d\u2019un Bob Morane ou de sa biographe. Il contait sa fugue \u00e0 19 ans pour un voyage qui allait aboutir en Chine dans un bordel flottant. Il jetait un regard amus\u00e9 sur cette existence qui l\u2019avait vu \u00eatre tour \u00e0 tour r\u00e9sistant, journaliste, boxeur, diamantaire\u2026 Puis, un beau jour de 1953, Charles Dewismes devint Henri Vernes, l\u2019homme qui allait embraser, par ses histoires, les r\u00eaves d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri Vernes a su mettre en mots l\u2019envie d\u2019aventure, le go\u00fbt de l\u2019ailleurs. Il faut souligner son imagination d\u00e9bordante, sa capacit\u00e9 \u00e0 deviner les attentes des adolescents qui d\u00e9voraient ses Bob Morane. Il ne faudrait pas oublier l\u2019\u00e9crivain.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri Vernes est un styliste, un amoureux de la sonorit\u00e9 des mots dont les phrases, amples et souples, ondulent pour saisir une sc\u00e8ne ou un paysage. Lorsque l\u2019action se d\u00e9cha\u00eene, l\u2019\u00e9criture se fait nerveuse, coup\u00e9e en courtes phrases, d\u00e9taillant, avec pr\u00e9cision, le moindre geste d\u2019un corps \u00e0 corps, mais on lit aussi Bob Morane pour cet art de la description o\u00f9 prime l\u2019attention \u00e0 de menus d\u00e9tails&nbsp;: les bruits d\u2019une rue&nbsp;; l\u2019air chaud que brassent les pales d\u2019un ventilateur&nbsp;; la chaleur qui colle, \u00e0 la peau du h\u00e9ros, l\u2019\u00e9toffe de son costume. Henri Vernes est un peintre, les mots sont sa palette. Il sait rendre les sensations que provoque la contemplation d\u2019une ville bourdonnante de vie ou de la nature, sauvage et fascinante. Son h\u00e9ros, habitu\u00e9 \u00e0 mener une vie tr\u00e9pidante, o\u00f9 chaque seconde est compt\u00e9e, s\u2019arr\u00eate soudain, \u00e9merveill\u00e9, devant le tableau vivant qui se dresse devant lui et cet \u00e9merveillement est une invitation \u00e0 l\u2019imagination du lecteur pour qu\u2019il se cr\u00e9e, \u00e0 son tour, cette image d\u2019un pays inconnu et qu\u2019elle vive en lui.<\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">Le soleil se couchait sur Calcutta, changeant l\u2019Hoogly, un des cent bras du Gange, ce fleuve sacr\u00e9, en une gigantesque coul\u00e9e de soufre tach\u00e9e seulement par les voiles noires des jonques ramenant les travailleurs des lointaines rizi\u00e8res. [\u2026] De son perchoir, sans m\u00eame devoir se lever de sa chaise longue, Morane voyait s\u2019allumer les feux dans ces quartiers populaires, le delta du Gange tout entier flamber sous les derniers rayons du soleil, les marais s\u2019enflammer, les boues prendre des couleurs de vieux bronze. Spectacle inoubliable, au-dessus de l\u2019imagination humaine, gigantesque toile de fond pr\u00eate \u00e0 chaque instant \u00e0 basculer dans les t\u00e9n\u00e8bres.<\/span> [<em>La marque de Kali<\/em>]<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Toute la s\u00e9rie des Bob Morane est emplie de cette po\u00e9sie d\u2019un monde vaste et myst\u00e9rieux o\u00f9 l\u2019aventure, grisante, semble attendre l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">Port-au-Prince, la Cit\u00e9-des-Milles-Tambours, la Ville-des-Nuits-qui-Hurlent, n\u2019avait pas vol\u00e9 ces surnoms que lui donnait Bob Morane qui, ce soir-l\u00e0, assis sur son balcon, dans les t\u00e9n\u00e8bres presque totales, la regardait luire doucement sous lui, telle une grande b\u00eate aquatique et lunaire allong\u00e9e au bord du vaste miroir d\u2019argent de la baie.<\/span> [<em>Trafic aux Cara\u00efbes<\/em>]<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La valorisation de l\u2019aventure, de la curiosit\u00e9 et de l\u2019\u00e9merveillement apparaissent comme la volont\u00e9 de ne pas c\u00e9der \u00e0 un d\u00e9senchantement moderne. Bob Morane se voit comme le dernier des aventuriers d\u2019un autre si\u00e8cle. Il est l\u2019ultime gardien des secrets des peuples oubli\u00e9s, le descendant de la lign\u00e9e \u00e9teinte des chevaliers errants.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors que l\u2019Europe sortait de la guerre et que d\u00e9butaient les Trente Glorieuses, des g\u00e9n\u00e9rations d\u2019adolescents ont d\u00e9couvert, gr\u00e2ce \u00e0 Henri Vernes, en m\u00eame temps le monde et le plaisir des mots. Il leur a ouvert grand les portes de la litt\u00e9rature et a aiguis\u00e9 leur curiosit\u00e9 de lecteur. En parcourant les Bob Morane, les adolescents d\u00e9couvraient des romans d\u2019aventures exotiques, mais aussi de nouveaux territoires litt\u00e9raires \u00e0 explorer&nbsp;: le fantastique, la science-fiction, la fantasy. Il existe \u00e9galement des Bob Morane plus sombres qui t\u00e9moignent du go\u00fbt de l\u2019\u00e9crivain pour la S\u00e9rie noire et le polar. De combien d\u2019aventures de lecture, Henri Vernes a-t-il \u00e9t\u00e9 l\u2019initiateur&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri Vernes a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 visionnaire en proposant, d\u00e8s les ann\u00e9es&nbsp;50, un h\u00e9ros \u00e9cologiste dans l\u2019\u00e2me, fervent anti-colonialiste, un ancien commandant pacifiste, un ing\u00e9nieur inquiet des d\u00e9rives de la science et critique devant les exc\u00e8s des soci\u00e9t\u00e9s modernes, peu respectueuses de la vie, des cultures des peuples dits \u00ab&nbsp;primitifs&nbsp;\u00bb et de l\u2019environnement. Bob Morane n\u2019a pas vieilli, ses valeurs sont m\u00eame plus actuelles que jamais. Il est un amoureux de la vie, de la vie sous toutes ses formes, qui pr\u00f4ne l\u2019enthousiasme, le courage et l\u2019ouverture \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bob Morane est fondamentalement un h\u00e9ros grec, correspondant au mod\u00e8le du Kalos Kagathos. Il cherche l\u2019\u00e9quilibre dans le d\u00e9veloppement du corps et de l\u2019esprit en pratiquant le sport et en fr\u00e9quentant des savants. Surtout, il d\u00e9teste l\u2019<em>ubris <\/em>qu\u2019incarne son ennemi jur\u00e9, l\u2019Ombre Jaune. Bob Morane refuse la r\u00e9signation devant la fatalit\u00e9, sans pour autant verser dans la d\u00e9mesure et croire aux r\u00eaves de toute-puissance des hommes. Il tente toujours de rester humble et d\u00e9termin\u00e9 devant le Destin, conscient que le but de l\u2019aventure est moins la victoire, qu\u2019une forme de progression int\u00e9rieure. Par cette dimension \u00e9thique, les aventures de Bob Morane d\u00e9passent le simple divertissement propos\u00e9 \u00e0 la jeunesse et pr\u00e9sentent aux adolescents un id\u00e9al humain. Cet aspect fut crucial dans leur succ\u00e8s et s\u2019inscrivait dans le projet de la collection Marabout Junior, dont l\u2019aventurier solitaire aux cheveux noirs et drus coup\u00e9s en brosse incarnait les valeurs. Avec le succ\u00e8s mondial de ses Bob Morane, Henri Vernes a \u00e9crit l\u2019une des pages marquantes de la litt\u00e9rature belge de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du xx<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne faudrait cependant pas r\u00e9duire l\u2019\u0153uvre de Charles Dewismes \u00e0 la seule s\u00e9rie des Bob Morane. Son \u0153uvre, cach\u00e9e sous de multiples pseudonymes, est complexe et, pour une part, encore \u00e0 d\u00e9couvrir. Peut-\u00eatre l\u2019\u00e9crivain, en brouillant les pistes, a-t-il voulu que ses lecteurs soient \u00e0 l\u2019image de son h\u00e9ros f\u00e9tiche, des explorateurs. On peut ainsi imaginer la surprise de lecteurs de Bob Morane qui, ayant grandi, avaient achet\u00e9 des romans noirs \u00e9rotiques sign\u00e9s Jacques Colombo et les d\u00e9couvraient constell\u00e9s de clins d\u2019\u0153il \u00e0 la s\u00e9rie pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de leur adolescence. C\u2019\u00e9tait bien s\u00fbr Henri Vernes qui s\u2019amusait \u00e0 \u00e9crire un anti-Bob Morane, au travers du personnage de Don&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u0153uvre d\u2019Henri Vernes avant Bob Morane est \u00e9galement passionnante et, h\u00e9las, m\u00e9connue. En 1949, il publie un remarquable roman noir, <em>La belle nuit pour un homme mort,<\/em> qui plonge le lecteur dans une ambiance de cauchemar. Il \u00e9crit aussi un essai sur les zombis ou un texte inachev\u00e9 intitul\u00e9 <em>Fa\u00e7on s\u00e9rie noire, <\/em>qui sera publi\u00e9, bien plus tard, \u00e0 la Pierre d\u2019Alun avec des illustrations de Jacques Loustal. Enfin, il ne faudrait pas oublier le r\u00f4le qu\u2019a jou\u00e9 Henri Vernes dans la red\u00e9couverte de Jean Ray. Les lecteurs attentifs d\u00e9couvriront avec bonheur les allusions \u00e0 son \u0153uvre dans les Bob Morane. Il appara\u00eet m\u00eame dans la s\u00e9rie sous le surnom de Tiger Jack.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour conclure cet hommage, il convient peut-\u00eatre de laisser la parole au sage moine bouddhiste Dhunpa Ra\u00ef dans <em>La couronne de Golconde&nbsp;: <\/em>\u00ab&nbsp;Mourir, c\u2019est notre but \u00e0 tous, fit-il doucement. La mort, tout comme la vie, fait partie du grand rythme de la nature, du grand dessein qui r\u00e9git toutes choses. Nous n\u2019y pouvons rien changer&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Fran\u00e7ois-Xavier Lavenne<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Henri Vernes avait accept\u00e9 en 2016 de devenir membre d&rsquo;honneur de PEN Belgique. 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