{"id":4335,"date":"2021-05-30T08:34:42","date_gmt":"2021-05-30T06:34:42","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4335"},"modified":"2021-05-30T08:34:43","modified_gmt":"2021-05-30T06:34:43","slug":"billy-wilder-et-moi-le-dernier-roman-de-jonathan-coe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4335","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Billy Wilder et moi\u00a0\u00bb, le dernier roman de Jonathan Coe."},"content":{"rendered":"\n<p>Voici sans doute un des grands romans de cette ann\u00e9e boulevers\u00e9e par tant d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements &#8211; qui alimenteront \u00e0 n&rsquo;en pas douter de prochains opus de l&rsquo;\u00e9crivain anglais. D\u00e9j\u00e0, les ann\u00e9es Tatcher lui avaient inspir\u00e9 son terrible <em><a href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Folio\/Folio\/Testament-a-l-anglaise\">Testament \u00e0 l&rsquo;anglaise<\/a>. <\/em>Le Brexit avait donn\u00e9 lieu \u00e0 un bouleversant <em><a href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Folio\/Folio\/Le-coeur-de-l-Angleterre\">Le c\u0153ur de l&rsquo;Angleterre <\/a><\/em>, que nous venons de relire, hypnotis\u00e9 par cette plong\u00e9e dans les tourments d&rsquo;un des plus grands \u00e9v\u00e9nements europ\u00e9ens du si\u00e8cle, dont l&rsquo;\u00e9vidence des enjeux, l&rsquo;obscurit\u00e9 trouble des origines, et la d\u00e9vastation des cons\u00e9quences ne pouvaient \u00eatre rendues que par le biais de la fiction romanesque, telle que l&rsquo;exerce avec un art qui ne se d\u00e9ment jamais l&rsquo;auteur d&rsquo;une douzaine de romans d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04892-699x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4337\" width=\"293\" height=\"428\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04892-699x1024.jpg 699w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04892-205x300.jpg 205w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04892-768x1125.jpg 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04892-200x293.jpg 200w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04892-690x1010.jpg 690w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04892.jpg 827w\" sizes=\"auto, (max-width: 293px) 100vw, 293px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dans <em><a href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Du-monde-entier\/Billy-Wilder-et-moi\"><strong>Billy Wilder et moi<\/strong><\/a><\/em>, le romancier explore aussi la m\u00e9moire, combine aussi des \u00e9pisodes r\u00e9els en les reconstituant au travers de personnages romanesques qu&rsquo;il place dans le sillage d l&rsquo;Histoire. Ici, Calista, la narratrice, confront\u00e9e au prochain d\u00e9part d&rsquo;une de ses deux filles pour une ann\u00e9e universitaire en Australie, et \u00e0 l&rsquo;avortement programm\u00e9 quelques jours plus tard que va subir  sa fille cadette, se souvient de son propre d\u00e9part, lorsqu&rsquo;elle avait l&rsquo;\u00e2ge de cette derni\u00e8re et qu&rsquo;elle fut engag\u00e9e sur le tournage du dernier film de Billy Wilder, <em>Fedora.<\/em> Au d\u00e9part, elle ne devait accompagner l&rsquo;\u00e9quipe que pour les prises de vue en Gr\u00e8ce et servir d&rsquo;interpr\u00e8tes avec les locaux lors des quelques jours o\u00f9 l&rsquo;\u00e9quipe tournera dans une \u00eele grecque. Calista, fille d&rsquo;une m\u00e8re anglaise et d&rsquo;un p\u00e8re grec qui avait connu nagu\u00e8re Billy Wilder, a finalement \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du tournage et se retrouvera ainsi pour la postproduction \u00e0 Munich. C&rsquo;est en Allemagne en effet que le cin\u00e9aste, en fin de carri\u00e8re, trouvera les derniers financements n\u00e9cessaires que Hollywood refusera \u00e0 son dernier film. Nous sommes en 1977. L&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 les salles de cin\u00e9ma programment le plus grand succ\u00e8s commercial de tous les temps des studios d&rsquo;Hollywood, <em>Les dents de la mer<\/em>; l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 Wilder et son sc\u00e9nariste Iz Diamond, se rendent compte que leur cin\u00e9ma n&rsquo;a plus sa place sur les \u00e9crans envahis par les jeunes g\u00e9n\u00e9rations qui gravitent autour de Spielberg.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de l\u00e0, ce sont de multiples m\u00e9moires qui s&rsquo;enchev\u00eatrent. Celle de Calista, adulte qui se souvient de cette plong\u00e9e inoubliable dans le cin\u00e9ma, celle de Wilder qui \u00e9voque \u00e0 Calista jeune fille ce que repr\u00e9sente pour lui ce dernier film, ce que repr\u00e9sente pou lui l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un g\u00e9nie comme Spielberg, mais aussi, cette m\u00e9moire terrible de la disparition de sa m\u00e8re dans les camps et dont le cin\u00e9aste, derri\u00e8re la fa\u00e7ade de l&rsquo;ironie et de la d\u00e9rision, n&rsquo;a jamais cess\u00e9 de rechercher le visage dans les images d&rsquo;archives \u00e0 partir desquelles on lui demanda une premi\u00e8re fois de monter un documentaire sur la lib\u00e9ration des camps. N&rsquo;ayant pu acqu\u00e9rir les droits de <em>La liste Schindler<\/em>, il d\u00e9voilera \u00e0 la fin de sa vie qu&rsquo;en voyant ce chef d&rsquo;oeuvre, r\u00e9alis\u00e9 par Spielberg, il y cherchera encore le visage de sa m\u00e8re. Cette bouleversante confession testamentaire, r\u00e9unissant l&rsquo;Histoire et la fiction dans un fulgurant \u00e9clair, a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e au romancier par V\u00f6lker Schl\u00f6ndorff, qui a bien connu Wilder et avait assist\u00e9 \u00e0 une partie du tournage de <em>Fedora<\/em> dans les studios  Bavaria.<\/p>\n\n\n\n<p>le roman de Jonathan Coe nous prend \u00e0 la gorge par sa capacit\u00e9 \u00e0 nous \u00e9mouvoir au plus profond, au plus secret en nous donnant \u00e0 vivre, \u00e0 travers un personnage imaginaire, le cheminement invisible et fragile d&rsquo;un destin, celui d&rsquo;un homme, celui d&rsquo;un art, celui d&rsquo;un roman qui nous dit bien davantage que la r\u00e9alit\u00e9 sur laquelle il se fonde. C&rsquo;est un miroir bris\u00e9 en \u00e9clats que le romancier reconstitue par fragments, comme autant de lumi\u00e8res projet\u00e9es sur notre pass\u00e9, notre histoire. Il poursuit ainsi une indispensable exploration de l&rsquo;\u00e2me humaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux, le 30 mai 2021.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La traduction du roman en fran\u00e7ais est remarquablement \u00e9crite par Trad. de l&rsquo;anglais par Marguerite Capelle. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326-622x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4338\" width=\"159\" height=\"261\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326-622x1024.jpg 622w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326-182x300.jpg 182w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326-768x1265.jpg 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326-932x1536.jpg 932w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326-1243x2048.jpg 1243w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326-200x329.jpg 200w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326-690x1137.jpg 690w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/A40326.jpg 1276w\" sizes=\"auto, (max-width: 159px) 100vw, 159px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/Catalogue\/GALLIMARD\/Du-monde-entier\/Billy-Wilder-et-moi\">Sur le site de Gallimard<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la chaleur exaltante de l\u2019\u00e9t\u00e9 1977, la jeune Calista quitte sa Gr\u00e8ce natale pour d\u00e9couvrir le monde. Sac au dos, elle traverse les \u00c9tats-Unis et se retrouve \u00e0 Los Angeles, o\u00f9 elle fait une rencontre qui bouleversera sa vie\u00a0: par le plus grand des hasards, la voici \u00e0 la table du c\u00e9l\u00e8bre cin\u00e9aste hollywoodien Billy Wilder, dont elle ne conna\u00eet absolument rien. Quelques mois plus tard, sur une \u00eele grecque transform\u00e9e en plateau de cin\u00e9ma, elle retrouve le r\u00e9alisateur et devient son interpr\u00e8te le temps d\u2019un fol \u00e9t\u00e9, sur le tournage de son avant-dernier film,\u00a0<em>Fedora<\/em>. Tandis que la jeune femme s\u2019enivre de cette nouvelle aventure dans les coulisses du septi\u00e8me art, Billy Wilder vit ce tournage comme son chant du cygne. Conscient que sa gloire commence \u00e0 se faner, rejet\u00e9 par les studios am\u00e9ricains et r\u00e9alisant un film auquel peu de personnes croient vraiment, il entra\u00eene Calista sur la piste de son pass\u00e9, au c\u0153ur de ses souvenirs familiaux les plus sombres.<br>Roman de formation touchant et portrait intime d\u2019une des figures les plus embl\u00e9matiques du cin\u00e9ma,\u00a0<em>Billy Wilder et moi<\/em>\u00a0reconstitue avec une fascinante pr\u00e9cision l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019une \u00e9poque. Jonathan Coe raconte avec tendresse, humour et nostalgie les derni\u00e8res ann\u00e9es de carri\u00e8re d\u2019une ic\u00f4ne, et nous offre une histoire irr\u00e9sistible sur le temps qui passe, la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, la famille et le poids du pass\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04858-2-622x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4341\" width=\"146\" height=\"239\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04858-2-622x1024.jpg 622w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04858-2-768x1265.jpg 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/G04858-2-200x329.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 146px) 100vw, 146px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici sans doute un des grands romans de cette ann\u00e9e boulevers\u00e9e par tant d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements &#8211; qui alimenteront \u00e0 n&rsquo;en pas&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4337,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,4],"tags":[],"class_list":["post-4335","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","category-litterature-dailleurs","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4335","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4335"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4335\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4342,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4335\/revisions\/4342"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4337"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4335"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4335"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4335"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}