{"id":4127,"date":"2021-03-31T09:21:14","date_gmt":"2021-03-31T07:21:14","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4127"},"modified":"2021-04-11T08:55:15","modified_gmt":"2021-04-11T06:55:15","slug":"je-veux-faire-du-cinema-de-frederic-sojcher","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4127","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Je veux faire du cin\u00e9ma\u00a0\u00bb de Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher"},"content":{"rendered":"\n<p>La parution aux <strong><a href=\"https:\/\/genese-edition.eu\/ouvrages\/je-veux-faire-du-cinema\/\">Editions Gen\u00e8se<\/a> <\/strong>de deux livres de <strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fr\u00e9d\u00e9ric_Sojcher\">Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher<\/a><\/strong>,  &#8211; un r\u00e9cit autobiographique (<em>Je veux faire du cin\u00e9ma<\/em>) , et la r\u00e9\u00e9dition de <em>Main basse sur le film<\/em>, le r\u00e9cit du tournage (cauchemardesque) du long m\u00e9trage <strong><a href=\"https:\/\/www.cinergie.be\/actualites\/regarde-moi-de-frederic-sojcher\"><em>Regarde moi<\/em> <\/a><\/strong> nous est l&rsquo;occasion de revenir \u00e0 travers les interviews qu&rsquo;il nous avait accord\u00e9es, sur la carri\u00e8re atypique d&rsquo;un cin\u00e9aste dont l&rsquo;obstination n&rsquo;a \u00e9gale que la passion pour le septi\u00e8me art.   Nous avons rencontr\u00e9 Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher \u00e0 plusieurs reprises ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Nos interviews co\u00efncidaient avec la parution d&rsquo;un livre ou la sortie d&rsquo;un film. Les deux modes d&rsquo;expression se nourrissent l&rsquo;un l&rsquo;autre chez Sojcher. Le titre de son dernier livre nous donne une cl\u00e9 de cet entrelacement constant. Dans les deux cas, que ce soit en film (fiction et documentaire) ou dans les livres, la personne de l&rsquo;auteur est le personnage central. Se m\u00eale au \u00ab\u00a0JE\u00a0\u00bb  la volont\u00e9 \u00e0 tout prix  de \u00ab\u00a0faire du cin\u00e9ma\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-28-a-13.16.47.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4129\" width=\"170\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-28-a-13.16.47.png 462w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-28-a-13.16.47-178x300.png 178w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-28-a-13.16.47-200x337.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 170px) 100vw, 170px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>En 2013, <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1693\">nous \u00e9crivions \u00e0 son sujet (\u00e0 l&rsquo;occasion de la sortie du livre <em>Le fant\u00f4me de Truffaut<\/em> publi\u00e9 par Les Impressions nouvelles)<\/a>:  \u00ab\u00a0Culott\u00e9 et touche-\u00e0-tout Sojcher l\u2019est certainement et depuis toujours. Par exemple lorsque \u00e0 14 ans il \u00e9crit \u00e0 Fran\u00e7ois Truffaut, ou lorsqu\u2019il convainc, quatre ans plus tard, Serge Gainsbourg de jouer dans un court m\u00e9trage. S\u2019il rencontre un \u00e9chec, il en fait un livre (\u00ab Main basse sur le film \u00bb), s\u2019il ne tourne pas, il enseigne le cin\u00e9ma. De ses exp\u00e9riences et de ses rencontres il a fait un livre \u00ab polaro\u00efd \u00bb : des entr\u00e9es br\u00e8ves, des sensations, des souvenirs\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Deux ans plus t\u00f4t, en 2011, nous \u00e9voquions avec lui son <em><a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1806\">Manifeste du cin\u00e9aste<\/a><\/em> qui explore, dans une nouvelle \u00e9dition au format de poche chez Klincksieck, les enjeux auxquels sont confront\u00e9s tous les protagonistes du septi\u00e8me art. En 2016, un autre livre, co-\u00e9crit avec le sc\u00e9nariste et r\u00e9alisateur <strong>Luc Jabon<\/strong>, retient \u00e0 nouveau notre attention: <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1586\">&nbsp;<em>Sc\u00e9nario et r\u00e9alisation, quels modes d\u2019emploi&nbsp;?&nbsp;<\/em><\/a> Voici ce que nous \u00e9crivions alors : \u00ab\u00a0Luc Jabon et Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher ont uni leurs exp\u00e9riences de p\u00e9dagogue, de r\u00e9alisateur et de sc\u00e9nariste pour nous proposer dans un essai aux multiples entr\u00e9es une approche conjointe du sc\u00e9nario et de la mise en sc\u00e8ne de films (documentaires et fiction). Selon eux, sc\u00e9nario et r\u00e9alisation sont indissociables dans le processus de narration du film qui se nourrit de ces deux sources entrelac\u00e9es, solidaires, indissociables. Partag\u00e9 en deux parties, le livre envisage dans un premier temps le cheminement qui conduit de l\u2019id\u00e9e d\u2019un film \u00e0 sa r\u00e9alisation, s\u2019arr\u00eatant, parmi d\u2019autres \u00e9tapes, \u00e0 la structure narrative,\u00e0 la construction des personnages, aux dialogues, etc. Dans un deuxi\u00e8me temps, les auteurs nous proposent six \u00e9nigmes, qui leur permettent d\u2019envisager des champs aussi divers que l\u2019adaptation, le film documentaire, les films \u00e0 petit budget, les s\u00e9ries, internet et le transmedia pour conclure par une question r\u00e9currente : \u00ab Le sc\u00e9nario et la r\u00e9alisation s\u2019enseignent-ils ? \u00bb. Une des r\u00e9ponses se trouve en introduction du livre, une r\u00e9flexion de Nicholas Ray :  <em>On enseigne le mieux ce qu\u2019on a le plus besoin d\u2019apprendre<\/em> .\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-28-a-13.20.09.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4130\" width=\"214\" height=\"349\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-28-a-13.20.09.png 445w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-28-a-13.20.09-184x300.png 184w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-28-a-13.20.09-200x327.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Et les films ? <\/p>\n\n\n\n<p><em><a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3307\">Hitler \u00e0 Hollywood <\/a><\/em>, <em><a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2998\">Je veux \u00eatre une actrice<\/a><\/em>, sont deux des films qui nous donnent l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9voquer nouveau la d\u00e9marche, la constance du cin\u00e9aste-\u00e9crivain-essayiste et professeur de cin\u00e9ma:  \u00ab\u00a0Car c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit : d\u00e9fendre sans tr\u00eave et sans repos cet espace de libert\u00e9 dans lequel l\u2019art peut survivre et se d\u00e9ployer. Ici Sojcher \u00e9voque les menaces qui p\u00e8sent sur le cin\u00e9ma europ\u00e9en. Il sait, pour y avoir longuement r\u00e9fl\u00e9chi dans le sillage des autres grands r\u00e9alisateurs europ\u00e9ens (qu\u2019il invite d\u2019ailleurs au g\u00e9n\u00e9rique de son film) qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un questionnement de civilisation, au-del\u00e0 du cin\u00e9ma, au-del\u00e0 de la fiction.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, les Editions Gen\u00e8se r\u00e9-\u00e9ditent <em>Main basse sur le film<\/em> qui raconte l&rsquo;exp\u00e9rience de la production, du tournage et du destin d&rsquo;un premier long-m\u00e9trage de Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher  <em>Regarde moi <\/em>. On ne peut mieux \u00e9voquer ce livre (et ce film) qu&rsquo;en lisant la pr\u00e9face de Bertrand Tavernier:  <em>Ce que vous allez lire n\u2019est pas le r\u00e9cit d\u2019un tournage, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un hold-up, d\u2019un casse. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une attaque de banque, d\u2019un vol de diamant ou d\u2019un raid contre des convoyeurs de fond, mais de la mainmise, du rapt sur un film, sur le sujet d\u2019un film et sur la mise en sc\u00e8ne.<br>C\u2019est pourquoi le livre de Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher doit absolument \u00eatre lu, en priorit\u00e9, par tous ceux qui veulent faire un film ou m\u00eame faire partie d\u2019une \u00e9quipe de cin\u00e9ma. Il passionnera aussi les autres, les lecteurs lamba, tous ceux qui s\u2019int\u00e9ressent aux conflits que provoquent la prise d\u2019un quelconque pouvoir, les amateurs de complots, de coups d\u2019\u00c9tat, de situations tordues, formidables r\u00e9v\u00e9lateurs des turpitudes humaines<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette nouvelle \u00e9dition est \u00ab\u00a0augment\u00e9e\u00a0\u00bb d&rsquo;une troisi\u00e8me partie, intitul\u00e9e <em>R\u00e9silience<\/em>. En deux pages se d\u00e9voile ce qui dans le sc\u00e9nario de ce film maudit appartenait d\u00e9j\u00e0 au \u00ab\u00a0JE\u00a0\u00bb le plus intime de l&rsquo;auteur, et nourrissait cette volont\u00e9 irr\u00e9pressible de filmer, de m\u00ealer fiction et r\u00e9alit\u00e9, fable, enfance et indicible. <\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps que cette r\u00e9-\u00e9dition, para\u00eet chez le m\u00eame \u00e9diteur, dans la m\u00eame collection (\u00ab\u00a0Les Poches belges\u00a0\u00bb) <em>Je veux faire du cin\u00e9ma<\/em>. Cet ouvrage, qui est davantage un r\u00e9cit qu&rsquo;un manuel (malgr\u00e9 le sous-titre de l&rsquo;ouvrage),  prolonge et synth\u00e9tise l&rsquo;entrelacement que nous \u00e9voquons entre la vie et l&rsquo;oeuvre de Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher. Ce qui demandera r\u00e9silience y est ici \u00e0 peine \u00e9voqu\u00e9 &#8211; on en trouvera une description gla\u00e7ante dans la troisi\u00e8me partie du livre <em>Main basse sur le film <\/em>&#8211; au d\u00e9tour d&rsquo;un paragraphe comme si l&rsquo;auteur ne voulait pas qu&rsquo;on s&rsquo;y attarde. Malgr\u00e9 leur bri\u00e8vet\u00e9, se trouve  dans ces quelques lignes  tout ce qui fait d&rsquo;une carri\u00e8re arc-bout\u00e9e  sur le cin\u00e9ma, le combat obsessionnel et incessant de toute une vie: la blessure originelle que l&rsquo;artiste aura tent\u00e9  de gu\u00e9rir sans la d\u00e9voiler.  <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Le cin\u00e9ma c&rsquo;est ma vie. Je ne laisserai personne me la prendre.\u00a0\u00bb  L&rsquo;essayiste et historien Antoine de Baecque cite Sojcher dans la pr\u00e9face magistrale qui ouvre le livre. Dans les derni\u00e8res pages de ce livre-t\u00e9moignage Sojcher mart\u00e8le : \u00ab\u00a0<em>Le cin\u00e9aste est un handicap\u00e9 m\u00e9taphorique. Le cin\u00e9aste tourne pour combler ses manques. Un film est toujours une forme de proth\u00e8se. Le cin\u00e9ma rend fou. Le cin\u00e9ma d\u00e9truit. Le cin\u00e9ma tue. Le cin\u00e9ma se joue de nous<\/em>\u00ab\u00a0. Entre ces deux affirmations, le t\u00e9moignage sans concession des \u00e9tapes principales d&rsquo;une carri\u00e8re de cin\u00e9aste en Belgique francophone: les \u00e9coles de cin\u00e9ma, les courts-m\u00e9trages auto-produits, le financement public et ses commissions de s\u00e9lection, les associations professionnelles, l&rsquo;enseignement, et bien s\u00fbr les succ\u00e8s inesp\u00e9r\u00e9s dans les festivals ( dont le plus mythique: Cannes), les soutiens de quelques grands noms (en particulier des com\u00e9diens).<\/p>\n\n\n\n<p>En \u00e9crivant ce livre-ci et en compl\u00e9tant d&rsquo;une \u00ab\u00a0r\u00e9silience\u00a0\u00bb la r\u00e9\u00e9dition du livre <em>Main basse sur le film<\/em>, Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher nous adresse un ultime signal. A nous d&rsquo;entendre celui qui se d\u00e9signe comme un \u00ab\u00a0cin\u00e9aste mendiant\u00a0\u00bb et qui nous montre les d\u00e9fauts  du syst\u00e8me de financement public du cin\u00e9ma belge (<a href=\"https:\/\/www.rtbf.be\/auvio\/detail_l-etrange-affaire-du-faux-magritte?id=2642793\">qu&rsquo;avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9mission de La Premi\u00e8re  \u00ab\u00a0Investigation\u00a0\u00bb <\/a> dans une stup\u00e9fiante exploration du financement public du cin\u00e9ma belge francophone et en \u00e9voquant, entre autres, <a href=\"http:\/\/www.marbiestar.be\">la difficult\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0hors-norme\u00a0\u00bb comme ce fut le cas pour le film \u00ab\u00a0Marbie, star de Couillu\u00a0\u00bb<\/a>  film dont <a href=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1038\">le tournage a fait l&rsquo;objet d<strong>&lsquo;un livre paru aux Editions CEP<\/strong><\/a>). <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"354\" height=\"256\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-31-a-09.19.53.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4150\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-31-a-09.19.53.png 354w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-31-a-09.19.53-300x217.png 300w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-31-a-09.19.53-200x145.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 354px) 100vw, 354px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir plaid\u00e9 pour un cin\u00e9ma europ\u00e9en (en publiant notamment les constats de <a href=\"https:\/\/www.cinergie.be\/personne\/batz-jean-claude\">Jean-Claude Batz<\/a> concernant la main-mise d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e par le cin\u00e9ma am\u00e9ricain sur l&rsquo;imaginaire europ\u00e9en, \u00e9voqu\u00e9e notamment dans son livre <strong><em>L&rsquo;audiovisuel europ\u00e9en, un <a href=\"http:\/\/www.editions-seguier.fr\/boutique\/fonds-seguier\/laudiovisuel-europeen-un-enjeu-de-civilisation\/\">enjeu de civilisation<\/a><\/em> <\/strong> ), en continuant d&rsquo;enseigner le cin\u00e9ma tel qu&rsquo;il le r\u00eave, et on sait la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 que cela exige, Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher nous met en garde \u00e0 travers la description sans concession de son propre parcours. \u00ab\u00a0Notre cin\u00e9ma ne peut se d\u00e9crire et s&rsquo;\u00e9valuer sans identifier les m\u00e9canismes de son fonctionnement\u00a0\u00bb . Gr\u00e2ce \u00e0 ce r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne, nous sommes avertis des dangers qui  guettent notre septi\u00e8me art et, au final, qui guettent le public. Celui-ci est pourtant &#8211; mais sans le savoir-  un des  \u00ab\u00a0producteurs\u00a0\u00bb  d&rsquo;un cin\u00e9ma qu&rsquo;il ne va plus\/pas voir. <\/p>\n\n\n\n<p>Sojcher n&rsquo;a pas dit son dernier mot. S&rsquo;il publie ce livre, s&rsquo;il r\u00e9\u00e9dite le pr\u00e9c\u00e9dent, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il croit au cin\u00e9ma et au devoir de transmission. Bertrand Tavernier l&rsquo;avait bien compris qui pr\u00e9conisait dans la pr\u00e9face de la premi\u00e8re \u00e9dition de  \u00ab\u00a0Main basse sur le film\u00a0\u00bb de programmer des cours de survie \u00e0 la FEMIS! <\/p>\n\n\n\n<p>Sojcher nous donne ici un t\u00e9moignage, kafka\u00efen et passionn\u00e9, d&rsquo;un combat sans cesse recommenc\u00e9. Le r\u00e9cit, dont nous savons la gen\u00e8se dor\u00e9navant,  ne cesse  de nous surprendre et de nous inciter \u00e0 en attendre la suite, que ce soit par la litt\u00e9rature (son livre \u00ab\u00a0Main basse sur le film\u00a0\u00bb peut se lire comme un roman), par l&rsquo;essai ou le cin\u00e9ma, qu&rsquo;il soit documentaire ou de fiction. Dans le cas de Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher, r\u00e9alit\u00e9 et fiction se nourrissent mutuellement. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est de l\u00e0 que provient cette oeuvre complexe, humaine, sinc\u00e8re et g\u00e9n\u00e9reuse, dont l&rsquo;enseignement du cin\u00e9ma et la vocation europ\u00e9enne ne sont pas les moindres expressions. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Edmond Morrel, le 28 mars 2021 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons interview\u00e9 Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher le 5 avril 2021 et \u00e9voqu\u00e9 avec lui lors d&rsquo;un entretien \u00e0 b\u00e2tons rompus sa perception du cin\u00e9ma. <a href=\"https:\/\/youtu.be\/Es4OWJk2Ptw\">Cet entretien est accessible ci-dessous et sur YOUTUBE<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Rencontre avec Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Es4OWJk2Ptw?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/genese-edition.eu\/ouvrages\/je-veux-faire-du-cinema\/\">Sur le site des Editions Gen\u00e8se:<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je veux faire du cin\u00e9ma&nbsp;est une autopsie sans concession du milieu du&nbsp;7e art&nbsp;en Europe. Sans langue de bois, Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher d\u00e9voile les travers d\u2019un \u00ab&nbsp;syst\u00e8me&nbsp;\u00bb o\u00f9 les films sont financ\u00e9s avec un m\u00e9lange d\u2019argent public et priv\u00e9, \u00e0 coups de petits arrangements et de jugements p\u00e9remptoires. R\u00e9aliser un long m\u00e9trage s\u2019apparente au parcours du combattant. L\u2019histoire des tournages est romanesque et ressemble \u00e0 un thriller. Le b\u00fbcher des vanit\u00e9s pr\u00e9side \u00e0 la production des films. Ne pas perdre la foi rel\u00e8ve du sacerdoce. Avec des portraits au vitriol, mais aussi une bonne dose d\u2019autod\u00e9rision, Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher \u00e9crit un manuel de survie en terrain hostile. Apr\u00e8s avoir lu son livre, il sera impossible au lecteur de porter le m\u00eame regard sur le cin\u00e9ma. \u00ab&nbsp;\u2026 Dans son livre, Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher \u00e9claire pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019envers du d\u00e9cor, ce d\u00e9litement d\u2019un m\u00e9tier qui ne sait plus \u00e0 quel saint se vouer ni reconna\u00eetre un bon film d\u2019un mauvais, et encore moins se douter de ce qui va plaire au public ou non\u2026&nbsp;\u00bb (Antoine de Baecque)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Professeur des universit\u00e9s, Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher dirige le master professionnel en sc\u00e9nario, r\u00e9alisation et production de&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Universit%C3%A9_Paris-1_Panth%C3%A9on-Sorbonne\">l\u2019universit\u00e9 Paris-1 Panth\u00e9on-Sorbonne<\/a>&nbsp;depuis 2005. Sa filmographie compte une dizaine de courts m\u00e9trages et quatre longs m\u00e9trages dont&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Cin%C3%A9astes_%C3%A0_tout_prix\">Cin\u00e9astes \u00e0 tout prix<\/a>&nbsp;(s\u00e9lection officielle au Festival de Cannes) en 2004,&nbsp;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hitler_%C3%A0_Hollywood\">Hitler \u00e0 Hollywood<\/a>&nbsp;(Prix International de la critique, Prix \u0153cum\u00e9nique au Festival de Karlo Vivary) en 2011 et&nbsp;Je veux \u00eatre actrice&nbsp;en 2016. Il est l\u2019auteur de plusieurs ouvrages dont&nbsp;La kermesse h\u00e9ro\u00efque du cin\u00e9ma belge&nbsp;(1999),&nbsp;Le Manifeste du cin\u00e9aste&nbsp;(2006),&nbsp;Pratiques du cin\u00e9ma&nbsp;(2011),&nbsp;Le Fant\u00f4me de Truffaut&nbsp;(2013) et&nbsp;Sc\u00e9nario et r\u00e9alisation&nbsp;: modes d\u2019emploi&nbsp;?&nbsp;(2016)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La parution aux Editions Gen\u00e8se de deux livres de Fr\u00e9d\u00e9ric Sojcher, &#8211; un r\u00e9cit autobiographique (Je veux faire du cin\u00e9ma)&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4130,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,3],"tags":[100,26,98,99],"class_list":["post-4127","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-essais","category-litterature-dici","tag-editions-genese","tag-edmond-morrel","tag-frederic-sojcher","tag-marbie-star-de-couillu","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4127"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4127\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4193,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4127\/revisions\/4193"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}