{"id":4091,"date":"2021-03-18T16:11:55","date_gmt":"2021-03-18T15:11:55","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4091"},"modified":"2021-03-18T16:11:56","modified_gmt":"2021-03-18T15:11:56","slug":"atilla-une-piece-de-evgueni-zamiatine-traduite-par-maxime-lamiroy-pour-la-nouvelle-collection-bilingue-russe-francaiskniga","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4091","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Atilla\u00a0\u00bb une pi\u00e8ce de Evgu\u00e9ni Zamiatine traduite par Maxime Lamiroy pour la nouvelle collection bilingue russe-fran\u00e7ais\u00a0\u00bbKNIGA\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l&rsquo;occasion de la parution d&rsquo;<a href=\"https:\/\/lamiroy.net\/collections\/vitrine\/products\/atilla\"><em>Atilla<\/em> d&rsquo;Evgu\u00e9ni Zamiatine,<\/a> nous avons propos\u00e9 \u00e0 son traducteur, Maxime Lamiroy, d&rsquo;\u00e9voquer \u00e0 la fois cet auteur mais aussi l&rsquo;ensemble de sa d\u00e9marche litt\u00e9raire et \u00e9ditoriale. Cr\u00e9er une nouvelle maison d&rsquo;\u00e9dition, ou plut\u00f4t ici une nouvelle collection au sein de la maison <strong><a href=\"https:\/\/lamiroy.net\">LAMIROY<\/a><\/strong>, est un d\u00e9fi que l&rsquo;on ne pouvait que saluer. En donnant au public la disponibilit\u00e9 de nouvelles traductions d&rsquo;auteurs russes, il pique la curiosit\u00e9 du public vers une grande litt\u00e9rature, mais aussi vers une langue qui a inspir\u00e9 les plus consid\u00e9rables \u00e9crivains et dramaturges. Le go\u00fbt et la curiosit\u00e9 vers la langue russe sont ici aiguillonn\u00e9s par la possibilit\u00e9 de lire \u00e0 la fois la traduction fran\u00e7ais et le  texte original russe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jean Jauniaux, le 17 mars 2021.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici l&rsquo;interview de Maxime Lamiroy qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 r\u00e9pondre par email \u00e0 nos questions plut\u00f4t que d&rsquo;enregistrer un interview sonore:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Quel est votre parcours ? Comment avez-vous d\u00e9couvert puis vous \u00eates-vous passionn\u00e9 pour la langue et la litt\u00e9rature russe ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La Russie m\u2019a toujours passionn\u00e9. Lorsque j\u2019\u00e9tais enfant, il y avait une carte du monde au-dessus de mon lit. Mon regard \u00e9tait toujours attir\u00e9 par le haut de la carte et cette vaste \u00e9tendue qui portait le nom de Russie. C\u2019\u00e9tait le plus grand pays du monde et depuis ma naissance, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 le plus grand de ma classe. \u00c7a nous faisait un premier point commun. Puis, c\u2019\u00e9tait un pays de neige, ce qui fait toujours r\u00eaver les enfants, surtout dans un pays o\u00f9 la neige est fugace. Je me souviens avoir achet\u00e9 un Assimil russe vers mes 16 ans. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 appris l\u2019alphabet grec \u00e0 l\u2019\u00e9cole, mais je trouvais l\u2019alphabet cyrillique encore plus beau, surtout la lettre \u00ab \u0416 \u00bb qui commence le mot \u00ab vie \u00bb en russe : \u00ab \u0436\u0438\u0437\u043d\u044c \u00bb (prononc\u00e9 \u00ab jizn\u2019 \u00bb). Mais j\u2019excellais plus en math\u00e9matiques qu\u2019en anglais ou en n\u00e9erlandais. Les langues n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 mon point fort car je n\u2019ai pas une bonne oreille. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 l\u2019Universit\u00e9, j\u2019ai opt\u00e9 pour des \u00e9tudes en philosophie. Il \u00e9tait possible de suivre deux cours suppl\u00e9mentaires, ind\u00e9pendamment de son cursus. J\u2019ai donc pu m\u2019inscrire au cours de langue russe et \u00e0 celui de litt\u00e9rature russe, sans craindre d\u2019obtenir de mauvais r\u00e9sultats. La litt\u00e9rature russe m\u2019a tout de suite passionn\u00e9, autant que la philosophie. Et ce n\u2019est qu\u2019en travaillant pour mon m\u00e9moire sur le philosophe russe, L\u00e9on Chestov (1866-1938), que j\u2019ai compris que ces deux disciplines se rejoignaient. Dosto\u00efevski et Tolsto\u00ef avaient influenc\u00e9 de nombreux philosophes \u2013 surtout les penseurs existentiels. Gr\u00e2ce aux cr\u00e9dits suppl\u00e9mentaires, j\u2019ai pu m\u2019inscrire au master en langue et litt\u00e9rature russe de l\u2019Universit\u00e9 Libre de Bruxelles et obtenir un deuxi\u00e8me dipl\u00f4me, en plus de mon master en philosophie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Que vous a appris, sur celles-ci, la pratique de la traduction ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La traduction du texte \u00ab Tourgueniev \u00bb de L\u00e9on Chestov \u00e9tait pr\u00e9vue au sein de mon projet de th\u00e8se en philosophie. Apr\u00e8s avoir abandonn\u00e9 l\u2019id\u00e9e de faire une th\u00e8se et m\u2019\u00eatre inscrit dans un master compl\u00e9mentaire en \u00e9tudes de genre, j\u2019ai conserv\u00e9 l\u2019intention de traduire ce texte in\u00e9dit. La traduction d\u2019un texte philosophique est plus simple que celle d\u2019un texte litt\u00e9raire. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les disciplines complexes utilisent un langage si pr\u00e9cis que leurs expressions dans les diff\u00e9rentes langues sont assez semblables. Puis, il y avait une langue que je ma\u00eetrisais parfaitement, c\u2019\u00e9tait celle de L\u00e9on Chestov. Je me suis donc form\u00e9 \u00e0 la traduction avec ce premier texte, j\u2019ai d\u00e9couvert comment les textes comportent de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences culturelles qu\u2019il faut transmettre par divers moyens \u00e0 un locuteur \u00e9tranger \u00e0 cette culture. J\u2019ai aussi mis en place une petite \u00e9quipe pour m\u2019aider, en amont et en aval, au travail de traduction : Natalia Skachko qui enseigne le russe aux francophones du monde entier via l\u2019\u00e9cole RussePlus et \u00c9lisabeth Devillez, ma grand-m\u00e8re qui fut professeur de fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Comment d\u00e9finiriez-vous, du point de vue du traducteur, la sp\u00e9cificit\u00e9 \/les difficult\u00e9s de la langue russe lorsqu\u2019il s\u2019agit de la retranscrire en fran\u00e7ais ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les premi\u00e8res pages de \u00ab Une \u00c9l\u00e9gie du Nord \u00bb o\u00f9 elle compare six traductions d\u2019un m\u00eame texte d\u2019Anna Akhmatova, Sophie Benech \u00e9tablit une liste tr\u00e8s juste des diff\u00e9rences linguistiques entre le fran\u00e7ais et le russe qui rendent extr\u00eamement difficile la traduction de textes po\u00e9tiques. Un des projets de la collection Kniga est la traduction d\u2019un recueil de po\u00e8mes russes sur la Belgique, \u00e9crits pendant la premi\u00e8re guerre mondiale. Au d\u00e9part, j\u2019avais trouv\u00e9 cinq po\u00e8mes et j\u2019en avais fait une traduction litt\u00e9rale. Lors de la Foire du Livre de Bruxelles, Fran\u00e7oise Wuilmart m\u2019a alors offert son dernier exemplaire de \u00ab Un art en crise. Essai de po\u00e9tique de la traduction po\u00e9tique \u00bb o\u00f9 l\u2019auteur, Efim Etkin, s\u2019insurge contre la tradition francophone de publier des traductions litt\u00e9rales et en prose de po\u00e8mes \u00e9trangers. Le livre m\u2019a convaincu de sa position. Entretemps, j\u2019ai trouv\u00e9 28 autres po\u00e8mes russes sur la Belgique (dont Alexandre Blok et Vladimir Ma\u00efakovski). C\u2019est dans l\u2019exercice de traduction po\u00e9tique que le traducteur se retrouve le plus confront\u00e9 aux difficult\u00e9s de la langue russe qui a toujours la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre extr\u00eamement concise par rapport au fran\u00e7ais. L\u2019absence d\u2019article et du verbe \u00ab \u00eatre \u00bb et \u00ab avoir \u00bb au pr\u00e9sent, la pr\u00e9sence des cas qui enl\u00e8ve les mots-compl\u00e9ments \u00ab de \u00bb ou \u00ab avec \u00bb, l\u2019existence d\u2019un pronom possessif r\u00e9fl\u00e9chi qui permet de d\u00e9terminer avec certitude \u00e0 qui appartient l\u2019objet sont autant d\u2019atouts en faveur du russe auxquels il faut trouver un substitut en fran\u00e7ais. Ces difficult\u00e9s rendent l\u2019exercice de traduction non pas impossible mais passionnant \u2013 comme une partie d\u2019\u00e9checs. Il faut se donner des objectifs pr\u00e9cis face au texte et parvenir \u00e0 les atteindre. Il m\u2019a donc fallu apprendre \u00e0 fixer ces objectifs, \u00e0 d\u00e9terminer ce qu\u2019il faut prioritairement transmettre dans la traduction d\u2019un texte. Mes ma\u00eetres en la mati\u00e8re furent les formalistes russes dont les analyses se basaient sur des textes classiques russes (Tolsto\u00ef, Gogol, Pouchkine). Loin de d\u00e9fendre l\u2019aspect uniquement formel du texte, ces formalistes ont avant tout \u00e9t\u00e9 des exp\u00e9rimentateurs. Ils ne partagent pas une m\u00e9thode qu\u2019ils appliquent \u00e0 tous les textes mais une d\u00e9marche identique : celle de trouver face \u00e0 un texte d\u00e9termin\u00e9, la m\u00e9thode qu\u2019il lui est la plus ad\u00e9quate. Et la plupart du temps, cette m\u00e9thode est \u00e0 inventer.&nbsp;Je me suis aussi beaucoup renseign\u00e9 sur les t\u00e9moignages de traducteurs du russe \u2013 la plupart du temps, ce sont des traductrices. Svetlana Geier, dans le documentaire qui lui est consacr\u00e9 \u00ab La Femme aux 5 \u00e9l\u00e9phants \u00bb, dit que le traducteur se doit toujours de lever le nez quand il traduit. Cela peut para\u00eetre tr\u00e8s simple mais cette pratique est d\u2019une grande efficacit\u00e9. Quand je suis plong\u00e9 dans le texte russe, je ne vois plus que l\u2019expression russe et les mots fran\u00e7ais pour la traduire ne me viennent pas. Mais si je l\u00e8ve le nez hors de mon texte, que je me remets dans l\u2019histoire que je suis en train de traduire, alors je trouve l\u2019expression la plus naturelle pour un francophone dans ce genre de situation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>En tant qu\u2019\u00e9diteur, quelle est votre d\u00e9marche ? Comment identifier les auteurs et les ouvrages que vous envisagez de traduire et publier ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La d\u00e9cision d\u2019ouvrir une collection bilingue au sein des \u00c9ditions Lamiroy m\u2019est venue lors d\u2019une visite aux \u00ab Journ\u00e9es du livre russe \u00bb qui se tiennent chaque ann\u00e9e \u00e0 Paris. \u00c0 cette occasion, sont r\u00e9unies toutes les maisons d\u2019\u00e9ditions qui se sont sp\u00e9cialis\u00e9es dans la parution de livres traduits du russe ou dont le catalogue contient un nombre important d\u2019\u00e9crivains russes. Et ces maisons d\u2019\u00e9ditions sont presque toutes fran\u00e7aises. En Belgique, nous avons aussi une communaut\u00e9 russe, nous avons des \u00e9coles de traduction r\u00e9put\u00e9es, des traducteurs et des traductrices qui ont re\u00e7u des prix pour leur travail sur des textes russes mais aucune maison d\u2019\u00e9ditions qui ne se soit sp\u00e9cialis\u00e9e en partie ou int\u00e9gralement dans les traductions du russe. Il y avait donc un manque. La cr\u00e9ation de la collection Kniga (\u00ab livre \u00bb en russe) se fait sur un mod\u00e8le proche de celui des \u00c9ditions Interf\u00e9rences, fond\u00e9es par la traductrice Sophie Benech et son p\u00e8re. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une collection dirig\u00e9e par l\u2019esprit d\u2019un traducteur, qui cherche \u00e0 faire conna\u00eetre des textes oubli\u00e9s ou inconnus du lectorat francophone, alors qu\u2019ils ont une certaine importance au sein de la culture russe. L\u2019objectif n\u2019est pas de trouver l\u2019auteur \u00e0 la mode en Russie actuellement et de publier un best-seller. J\u2019ai encore beaucoup d\u2019id\u00e9es de traductions, partiellement r\u00e9alis\u00e9es ou en projet, et les premiers textes publi\u00e9s chez Kniga ne refl\u00e8tent pas encore l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des types de textes qu\u2019elle contiendra. En tant que maison d\u2019\u00e9ditions belge, les traductions de textes russes relatifs \u00e0 la Belgique sont une priorit\u00e9. Par exemple, le futur recueil de po\u00e8mes russes \u00e9crits en l\u2019honneur de la r\u00e9sistance belge contre l\u2019invasion allemande de 1914. Aucune maison d\u2019\u00e9ditions fran\u00e7aise n\u2019ira publier ce genre de textes, car elles ne peuvent m\u00eame pas en imaginer l\u2019existence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Dans le cas de Zamiatine, quelles raisons vous ont incit\u00e9 \u00e0 choisir cet auteur-l\u00e0 ? et donc un auteur de th\u00e9\u00e2tre&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Zamiatine est un auteur de th\u00e9\u00e2tre et aussi de sc\u00e9narios pour le cin\u00e9ma. Mais justement, son lectorat francophone l\u2019ignore car, except\u00e9e la traduction de sa courte pi\u00e8ce \u00ab La Caverne \u00bb par Sophie Benech (Interf\u00e9rences, 2017), son th\u00e9\u00e2tre n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 traduit. Une troupe fran\u00e7aise a pourtant interpr\u00e9t\u00e9 sa pi\u00e8ce \u00ab La Puce \u00bb au Th\u00e9\u00e2tre de la Gait\u00e9 \u00e0 Bruxelles, aux d\u00e9buts des ann\u00e9es 1930, mais j\u2019ignore s\u2019il existe encore un exemplaire de cette traduction. &nbsp; En f\u00e9vrier 2020, en tant que libraire chez Tropismes, j\u2019ai re\u00e7u un service de presse des \u00c9ditions Noir sur Blanc. Il s\u2019agissait de la r\u00e9\u00e9dition du \u00ab Fl\u00e9au de Dieu \u00bb de Zamiatine, traduit par Claude B. Levenson en 1975. La traduction de ce roman inachev\u00e9 sur Attila avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e par les \u00c9ditions de l\u2019\u00c2ge d\u2019Homme, une maison d\u2019\u00e9ditions suisse, fond\u00e9e par Vladimir Dimitrijevi\u0107 en 1966. Ce dernier a fait \u00e9diter les textes les plus importants de la culture russe. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, le lecteur francophone a un acc\u00e8s beaucoup plus large aux classiques russes que la plupart des locuteurs d\u2019autres langues. Malheureusement, ce travail d\u2019\u00e9dition a disparu avec son auteur et le catalogue des traductions a heureusement \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment vendu aux \u00c9ditions Noir sur Blanc. &nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019avais donc re\u00e7u ce service de presse qui annon\u00e7ait la parution du livre pour avril 2020. J\u2019ignorais auparavant que Zamiatine avait port\u00e9 autant d\u2019int\u00e9r\u00eat au personnage historique d\u2019Attila et, en lisant l\u2019autobiographie de l\u2019auteur (mis en postface), j\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019il avait \u00e9galement \u00e9crit une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre sur Attila. La force de notre maison d\u2019\u00e9ditions est son extr\u00eame rapidit\u00e9, par rapport aux maisons d\u2019\u00e9ditions plus importantes. Je me croyais capable de traduire la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre en deux mois et de la faire para\u00eetre le m\u00eame jour que la r\u00e9\u00e9dition du roman. Ce projet \u00e9tait bien \u00e9videmment impossible. Mon exp\u00e9rience de traducteur m\u2019a appris que l\u2019on sait quand on commence un projet de traduction mais que l\u2019on ignore toujours quand on terminera. Pourtant, notre malheureuse destin\u00e9e commune a jou\u00e9 en ma faveur dans ce cas pr\u00e9cis. Le confinement de mars 2020 a report\u00e9 la parution du \u00ab Fl\u00e9au de Dieu \u00bb \u00e0 f\u00e9vrier 2021 \u2013 ce qui me donnait plus de temps \u2013 et a r\u00e9duit mon travail de libraire \u00e0 un mi-temps \u2013 ce qui m\u2019a permis de consacrer plus de temps \u00e0 la traduction. Il devait \u00eatre \u00e9crit que les deux textes sur Attila de Zamiatine devaient para\u00eetre conjointement en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Et quelles raisons vous ont guid\u00e9 dans le choix de la publication de la pi\u00e8ce \u00ab Attila \u00bb et des articles qui l\u2019accompagnent ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pi\u00e8ce \u00ab Atilla \u00bb (Zamiatine l\u2019\u00e9crit avec un seul T et deux L, car il revendique que le chef hun serait n\u00e9 aux bords de la Volga \u2013 aussi appel\u00e9e \u00ab Atil \u00bb) joue un r\u00f4le central dans la production artistique du dramaturge. C\u2019est la pi\u00e8ce qu\u2019il a le plus travaill\u00e9e et auquel son destin a \u00e9t\u00e9 le plus li\u00e9. En effet, la pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 interdite par le pouvoir sovi\u00e9tique et Zamiatine a d\u00e9clar\u00e9 dans sa lettre \u00e0 Staline que \u00ab La mort de ma trag\u00e9die Atilla fut v\u00e9ritablement une trag\u00e9die pour moi. \u00bb Avec la censure de sa pi\u00e8ce, Zamiatine prenait conscience qu\u2019il ne pourrait plus \u00e9crire en URSS et qu\u2019il devait choisir entre son pays natal et sa carri\u00e8re d\u2019\u00e9crivain \u2013 deux choses qu\u2019il consid\u00e9rait comme indissociables. Si la pi\u00e8ce \u00ab Atilla \u00bb est tr\u00e8s bien \u00e9crite, dans un style tr\u00e8s classique et \u00e0 la fois dynamique, elle est selon moi le texte le moins caract\u00e9ristique du style de Zamiatine, celui o\u00f9 le lecteur sent le moins la sp\u00e9cificit\u00e9 propre de cet auteur. C\u2019est pour cette raison que j\u2019ai effectu\u00e9 la traduction suppl\u00e9mentaire de cinq articles. Ces textes remplissent un double objectif : le lecteur prend r\u00e9ellement conscience du style propre \u00e0 Zamiatine (notamment ses m\u00e9taphores fil\u00e9es qui donnent un aspect fantastique \u00e0 des propos tr\u00e8s r\u00e9alistes) et il apprend aussi les conceptions de l\u2019auteur sur ce qu\u2019est la r\u00e9volution, la litt\u00e9rature et le th\u00e9\u00e2tre. Le troisi\u00e8me texte que nous publierons dans notre collection de petits-formats bilingues russes, les Knijka (\u00ab petit livre \u00bb) sera un texte de Zamiatine. Il y d\u00e9crit son exp\u00e9rience au sein des \u00e9ditions de \u00ab La Litt\u00e9rature Mondiale \u00bb d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s fantasque puisqu\u2019il compare Maxime Gorki \u00e0 C\u00e9sar et les traducteurs \u00e0 des peuples antiques sur lesquels il gouvernerait. \u00c0 nouveau, Zamiatine parle d\u2019\u00e9v\u00e9nements v\u00e9ritables \u00e0 travers un prisme fantastique. Son \u0153uvre est tr\u00e8s proche de celle de son contemporain, Mikha\u00efl Boulgakov, qui a aussi vu sa pi\u00e8ce \u00ab La Fuite \u00bb censur\u00e9e la m\u00eame ann\u00e9e qu\u2019\u00ab Atilla \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Outre la collection \u00ab Kniga \u00bb, vous avez cr\u00e9\u00e9 une collection d\u2019\u00ab opuscules \u00bb pour reprendre le nom de la collection de litt\u00e9rature belge chez Lamiroy. Quelle est la place de ces \u00ab petits livres \u00bb dans votre projet \u00e9ditorial ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La collection \u00ab Opuscule \u00bb a donn\u00e9 l\u2019id\u00e9e de publier \u00e9galement des petits-formats au sein de la collection Kniga. La nouvelle est un genre litt\u00e9raire bien plus important en Russie qu\u2019en Belgique ou en France. Il existe de nombreux textes courts qui ont eu un effet d\u00e9terminant sur l\u2019ensemble de la litt\u00e9rature russe (par exemple \u00ab Le Manteau \u00bb de Gogol). Le premier Knijka fut donc une proposition du traducteur, Jean-Pierre Pisetta. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s heureux qu\u2019on me propose de publier un texte de Vladimir Odo\u00efevski, un auteur unique dans la litt\u00e9rature russe qu\u2019on pourrait qualifier de \u00ab Hoffmann russe \u00bb. Le sujet du \u00ab Le Dernier quatuor de Beethoven \u00bb faisait \u00e9tonnamment \u00e9cho \u00e0 la fois aux r\u00e9flexions de L\u00e9on Chestov dans \u00ab Tourgueniev \u00bb et \u00e0 celle de Zamiatine dans les articles publi\u00e9s apr\u00e8s la pi\u00e8ce \u00ab Atilla \u00bb. Le second Knijka sera \u00ab La T\u00eate de M\u00e9duse \u00bb de Zinovieva-Annibal. Ce texte est aussi particulier que son autrice, morte en 1905. Elle n\u2019a malheureusement pu qu\u2019influencer, sans v\u00e9ritablement y appartenir, \u00ab l\u2019\u00c2ge d\u2019argent \u00bb \u2013 terme qui d\u00e9signe, au d\u00e9but du 20\u00e8me si\u00e8cle en Russie, la p\u00e9riode d\u2019effervescence culturelle que Tzvetan Todorov comparait \u00e0 celle de la Renaissance. Concernant la collection \u00ab Opuscule \u00bb, je pense que ces petits livres se sont av\u00e9r\u00e9s \u00eatre la locomotive de nos \u00e9ditions. Avec le temps, ils ont d\u00e9montr\u00e9 que la nouvelle pouvait devenir un genre litt\u00e9raire important en Belgique. Mais ils ont surtout permis \u00e0 de nouveaux auteurs de voir para\u00eetre leur premier texte, de leur donner une premi\u00e8re exp\u00e9rience de parution qui leur permettra par la suite d\u2019affronter la grande aventure du \u00ab roman \u00bb. Les \u00c9ditions Lamiroy tiennent \u00e0 c\u0153ur de favoriser l\u2019essor de nouvelles forces au sein de la litt\u00e9rature belge&nbsp; \u2013 con\u00e7ue au sens large comme contenant toutes celles et ceux qui veulent rendre visible une diff\u00e9rence cr\u00e9\u00e9e par la situation sociale et historique particuli\u00e8re \u00e0 ce pays. La litt\u00e9rature belge est une richesse parmi les nombreuses litt\u00e9ratures qui forment la francophonie et nous devons la repr\u00e9senter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La parution des Kniga est \u00ab bilingue \u00bb. Quelle est la motivation de cette difficult\u00e9 suppl\u00e9mentaire ? Pourquoi ne pas avoir publi\u00e9 en \u00ab juxta \u00bb ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le fait est que la majorit\u00e9 des textes qui vont para\u00eetre dans cette collection seront des textes \u00e9puis\u00e9s en russe. La parution est donc bilingue afin de faire \u00e0 nouveau exister la version papier des textes en russe. En vertu de cela, nous ne pr\u00e9sentons pas les textes en juxtapos\u00e9, puisque notre objectif n\u2019est pas de faire des livres bilingues permettant l\u2019apprentissage d\u2019une langue \u2013 bien que le lecteur ou la lectrice ait la libert\u00e9 de le faire avec nos livres. Nous pr\u00e9f\u00e9rons garder une unit\u00e9 au texte afin que celui ou celle qui lit le texte dans une langue ne soit pas interrompu dans sa lecture. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la m\u00eame id\u00e9e, contrairement au premier ouvrage paru \u00ab Tourgueniev \u00bb qui est une \u00e9dition critique, j\u2019ai minimis\u00e9 les notes de bas de page dans ma traduction \u00ab Atilla \u00bb. Les informations utiles au lecteur ont \u00e9t\u00e9 mises en pr\u00e9face afin de laisser le lecteur s\u2019immerger dans le d\u00e9roulement tr\u00e8s prenant de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Que nous disent les auteurs russes du si\u00e8cle dernier qui nous touche encore aujourd\u2019hui? La difficult\u00e9 de cr\u00e9er? La place de l\u2019artiste dans la soci\u00e9t\u00e9? L\u2019engagement de l\u2019artiste dans l\u2019art, envers et contre tout ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les auteurs et autrices russes du si\u00e8cle dernier nous parlent effectivement de beaucoup de choses qui ont gard\u00e9 toute leur actualit\u00e9 aujourd\u2019hui. Mais il y a une chose qui a fortement disparu de nos productions et qu\u2019il est bon de refaire para\u00eetre. Il s\u2019agit de cette mani\u00e8re propre \u00e0 une nation r\u00e9volutionnaire de parler de l\u2019avenir comme quelque chose qui impacte d\u00e9j\u00e0 le pr\u00e9sent. Zamiatine est un tr\u00e8s bon exemple de cette \u00e9criture qui ne peut se suffire du pr\u00e9sent ou du pass\u00e9 parce qu\u2019elle est travaill\u00e9e par le futur qui va advenir et qui donc se fait sentir d\u00e9j\u00e0 dans le pr\u00e9sent. Dans son article \u00ab J\u2019ai peur \u00bb, Zamiatine \u00e9crivit une phrase devenue c\u00e9l\u00e8bre : \u00ab Et si cette maladie est incurable, j\u2019ai peur que le seul avenir de la litt\u00e9rature russe soit son pass\u00e9. \u00bb Cette phrase \u00e9tait per\u00e7ue \u00e0 son \u00e9poque d\u2019une mani\u00e8re beaucoup plus dramatique qu\u2019aujourd\u2019hui, car elle signifiait la fin de toute vie, d\u00e8s lors que l\u2019avenir n\u2019est plus entraper\u00e7u, d\u00e8s lors que l\u2019\u00eatre vivant ne sent plus que le futur s\u2019adresse \u00e0 lui.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-17-a-13.05.12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4093\" width=\"210\" height=\"353\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-17-a-13.05.12.png 475w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-17-a-13.05.12-178x300.png 178w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-17-a-13.05.12-200x336.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Sur le site des Editions Lamiroy:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<em>La mort de ma trag\u00e9die Atilla fut v\u00e9ritablement une trag\u00e9die pour moi. \u00bb<br>Evgueni Zamiatine. Lettre \u00e0 Staline<br>\u00ab \u0413\u0438\u0431\u0435\u043b\u044c \u043c\u043e\u0435\u0439 \u0442\u0440\u0430\u0433\u0435\u0434\u0438\u0438 \u0410\u0442\u0438\u043b\u043b\u0430 \u0431\u044b\u043b\u0430 \u043f\u043e\u0438\u0441\u0442\u0438\u043d\u0435 \u0442\u0440\u0430\u0433\u0435\u0434\u0438\u0435\u0439 \u0434\u043b\u044f \u043c\u0435\u043d\u044f \u00bb<br>\u0415\u0432\u0433\u0435\u043d\u0438\u0439 \u0417\u0430\u043c\u044f\u0442\u0438\u043d. \u041f\u0438\u0441\u044c\u043c\u043e \u0421\u0442\u0430\u043b\u0438\u043d\u0443<br>Atilla \u2013 un T, deux L \u2013 est la figure centrale de l\u2019\u0153uvre d\u2019Evgueni Zamiatine (1884-1937). L\u2019\u00e9crivain russe retrace la vie du chef hun dans son roman inachev\u00e9, Le Fl\u00e9au de Dieu. Il en fait aussi le h\u00e9ros de la pi\u00e8ce majeure de son r\u00e9pertoire. R\u00e9dig\u00e9e et mise en sc\u00e8ne en 1928, la pi\u00e8ce Atilla est interdite par le pouvoir sovi\u00e9tique. Cette censure annonce l\u2019arriv\u00e9e du \u00ab Grand Tournant \u00bb initi\u00e9 par Staline et incitera Zamiatine \u00e0 demander l\u2019exil en 1931. Aujourd\u2019hui, la pi\u00e8ce passionne toujours les universitaires russes. La collection Kniga tenait \u00e0 faire d\u00e9couvrir cette \u0153uvre centrale du th\u00e9\u00e2tre de Zamiatine, encore trop peu connu de son lectorat francophone.&nbsp;<br>Cette premi\u00e8re traduction de la pi\u00e8ce est accompagn\u00e9e de cinq articles r\u00e9dig\u00e9s par Zamiatine entre 1918 et 1931. Ils exposent la vision de l\u2019auteur sur la litt\u00e9rature, le th\u00e9\u00e2tre et sa conception de la r\u00e9volution. Ils permettent au lecteur de go\u00fbter le style si particulier de l\u2019\u00e9crivain et de mieux appr\u00e9hender les enjeux politiques et litt\u00e9raires de la pi\u00e8ce.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Maxime Lamiroy<\/strong>, le traducteur, est dipl\u00f4m\u00e9 d\u2019un master en litt\u00e9rature russe et d\u2019un master en philosophie de l\u2019Universit\u00e9 Libre de Bruxelles. Il est \u00e9galement l\u2019auteur de&nbsp;<a href=\"https:\/\/lamiroy.net\/products\/chestov\">Chestov, la lutte contre l\u2019id\u00e9alisme<\/a>&nbsp;et le traducteur de&nbsp;<a href=\"https:\/\/lamiroy.net\/products\/tourgueniev\">Tourgueniev<\/a>&nbsp;de L\u00e9on Chestov, parus aux \u00c9ditions Lamiroy<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;occasion de la parution d&rsquo;Atilla d&rsquo;Evgu\u00e9ni Zamiatine, nous avons propos\u00e9 \u00e0 son traducteur, Maxime Lamiroy, d&rsquo;\u00e9voquer \u00e0 la fois&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4093,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[26,23,58],"class_list":["post-4091","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-dailleurs","tag-edmond-morrel","tag-lamiroy","tag-litterature-russe","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4091","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4091"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4091\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4108,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4091\/revisions\/4108"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4093"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4091"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4091"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4091"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}