{"id":4045,"date":"2021-02-23T16:39:05","date_gmt":"2021-02-23T15:39:05","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4045"},"modified":"2021-02-23T16:39:06","modified_gmt":"2021-02-23T15:39:06","slug":"colombe-le-roman-deric-brucher-re-edite-aux-editions-du-sablon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4045","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Colombe\u00a0\u00bb le roman d&rsquo;Eric Brucher, r\u00e9-\u00e9dit\u00e9 aux Editions du Sablon"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans <em>Le Carnet et les instants<\/em> , la revue litt\u00e9raire belge francophone, nous avions publi\u00e9 \u00e0 sa sortie de presse un article consacr\u00e9 au deuxi\u00e8me roman d&rsquo;Eric Brucher, <a href=\"https:\/\/www.weyrich-edition.be\/litterature\/sablon\">r\u00e9-\u00e9dit\u00e9 aux Editions du Sablon<\/a>, nouvelle enseigne des Editions Weyrich qui vient ainsi compl\u00e9ter ses collections litt\u00e9raires (<em>Plumes du coq, Noir Corbeau <\/em>et La travers\u00e9e que nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rentes reprises.)  Le romancier qui est aussi nouvelliste et librettiste,  nous a accord\u00e9 un entretien que nous publions ici (video youtube) qui permet de faire le point, onze ans plus tard, sur ce que repr\u00e9sente la republication d&rsquo;un roman. Permet-elle et dans quelles conditions de valider l&rsquo;intemporalit\u00e9 de la litt\u00e9rature. C&rsquo;est bien le cas ici. On aper\u00e7oit aussi combien les \u00e9crivains disposent d&rsquo;un irrempla\u00e7able instrument d&rsquo;investigation de ce qui, en nous et dans notre entourage, peut  nous  submerger. La litt\u00e9rature d\u00e9montre ainsi une forme d&rsquo;universalit\u00e9 qui, comme pour d&rsquo;autres arts, rend incompr\u00e9hensible la qualification de \u00ab\u00a0non essentielle\u00a0\u00bb qui frappe de plein fouet la \u00ab\u00a0culture\u00a0\u00bb. Et si, \u00e0 partir de ces exemples de r\u00e9silience que nous donne la litt\u00e9rature, on essayait d&rsquo;ouvrir les portes des th\u00e9\u00e2tres, des cin\u00e9mas, des salles de concert et de spectacle. Peut-\u00eatre le monde n&rsquo;irait-il pas plus mal? Peut-\u00eatre retrouverait-il cette capacit\u00e9 d&#8217;empathie que nourrissent le partage et l&rsquo;\u00e9change entre artistes et publics? Et si on essayait? <\/p>\n\n\n\n<p><strong>(Jean Jauniaux, le 23 f\u00e9vrier 2021)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Eric Brucher r\u00e9pond aux questions de Jean Jauniaux \u00e0 propos de son roman &quot;Colombe&quot; (Ed. du Sablon)\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/RLugxROfRjU?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.15.18.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4048\" width=\"151\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.15.18.png 233w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.15.18-197x300.png 197w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.15.18-200x305.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 151px) 100vw, 151px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/le-carnet-et-les-instants.net\/2021\/02\/01\/brucher-colombe\/\">Dans \u00ab\u00a0Le Carnet et les Instants\u00a0\u00bb: <em>Les ailes d\u2019une \u00e2me<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Eric BRUCHER, <em>Colombe, <\/em>Editions du Sablon, 2020, 175 p., 13 \u20ac&nbsp;, ISBN 978-2-931112-02-1<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.07.14.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4047\" width=\"294\" height=\"170\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.07.14.png 1019w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.07.14-300x174.png 300w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.07.14-768x446.png 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.07.14-200x116.png 200w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-23-a-09.07.14-690x401.png 690w\" sizes=\"auto, (max-width: 294px) 100vw, 294px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>On ne boudera pas ici un double plaisir. Celui de saluer la naissance d&rsquo;une nouvelle maison d&rsquo;\u00e9dition de litt\u00e9rature belge de langue fran\u00e7aise. Les \u00c9ditions du Sablon, cr\u00e9\u00e9es par Olivier Weyrich d\u00e9montrent, si besoin en \u00e9tait, le dynamisme de celui qui compte \u00e0 son actif plusieurs collections litt\u00e9raires (<em>Plumes du Coq, Noir Corbeau, La travers\u00e9e<\/em>) et est dor\u00e9navant laur\u00e9at de deux des plus \u00e9minents prix litt\u00e9raires de la F\u00e9d\u00e9ration Wallonie Bruxelles&nbsp;: le Rossel vient d&rsquo;\u00eatre attribu\u00e9 au roman <em>La confiture de Morts<\/em> et le Prix Joseph Hanse \u00e0 la collection <em>La travers\u00e9e<\/em>). Celui de se f\u00e9liciter de la r\u00e9\u00e9dition d&rsquo;un des romans que la cessation des activit\u00e9s de Luce Wilquin avait rendu indisponible&nbsp;: <em>Colombe,<\/em> paru initialement en 2013, et finaliste, l&rsquo;ann\u00e9e suivante, du <em>Prix Horizon du deuxi\u00e8me roman<\/em>. A relire ce roman court, nous envahit autant d&rsquo;\u00e9motion que lors de la premi\u00e8re lecture. La gr\u00e2ce d&rsquo;un style sensible et fluide, \u00e0 l\u2019instar des <em>Gnossiennes<\/em> d\u2019Erik Satie (\u00e9voqu\u00e9es au d\u00e9tour du r\u00e9cit) donne \u00e0 la narratrice cette voix singuli\u00e8re et attachante de la d\u00e9tresse d\u2019une \u00e2me. Paola s&rsquo;inscrit d&#8217;embl\u00e9e dans le r\u00e9pertoire des personnages dont la litt\u00e9rature aime \u00e0 explorer les vertiges et \u00e0 les formuler avec cette intimit\u00e9 que seule permet l&rsquo;\u00e9criture romanesque. La m\u00e9lancolie dont le livre nous fait le r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne permet au romancier d\u2019investiguer et de formuler &nbsp;intimement l&rsquo;indicible de la neurasth\u00e9nie. Les chapitres courts se d\u00e9clinent \u00e0 partir de l\u2019<em>incipit<\/em>: <em>Parfois, je voudrais boire le ciel entier<\/em>. Voici une vertigineuse entr\u00e9e en mati\u00e8re. <em>Mon thorax est une cage qui enferme une colombe fragile, ses ailes veulent s&rsquo;ouvrir pour s&rsquo;en aller. Mon corps l&#8217;emp\u00eache et la blesse.<\/em>&nbsp; La m\u00e9taphore qui contient le titre du roman, nous dit la perception int\u00e9rieure, intime, invisible du mal qui accable Paola depuis l\u2019enfance. Ni Arielle, sa maman, ni le m\u00e9decin de famille ne parviennent \u00e0 comprendre ou admettre la neurasth\u00e9nie de l\u2019adolescente qui bient\u00f4t deviendra anorexie.Eric Brucher r\u00e9ussit avec une rare sensibilit\u00e9 \u00e0 exprimer le cheminement irr\u00e9versible de la m\u00e9lancolie et \u00e0 le formuler avec un phras\u00e9 au plus proche du c\u0153ur. Petit \u00e0 petit, par d\u00e9voilements successifs du pass\u00e9, Eric Brucher nous donne \u00e0 conna\u00eetre ce qui a engendr\u00e9 cet \u00e9tat, mais aussi ce qui continue de l\u2019attiser&nbsp;: la s\u00e9paration des parents, l&rsquo;incompr\u00e9hension d&rsquo;Arielle, le d\u00e9part du p\u00e8re \u00ab&nbsp;sans laisser de traces&nbsp;\u00bb, l&rsquo;inutilit\u00e9 de la m\u00e9decine (<em>Je ne veux pas \u00eatre soign\u00e9e d&rsquo;\u00eatre humaine<\/em>&nbsp;! se r\u00e9volte Paola dans une r\u00e9volte fulgurante ), la sensation d\u2019appartenir \u00e0 un autre univers.L\u2019observation peut aussi se faire f\u00e9roce, incisive, irr\u00e9vocable, projetant sur les protagonistes de la vie de Paola une lumi\u00e8re crue et impitoyable. Il est vrai que le r\u00e9el est confront\u00e9 sans cesse \u00e0 l\u2019inaccessible id\u00e9al dont une des sources serait la mer&nbsp;: <em>D\u2019aussi loin qu\u2019il m\u2019en souvienne, c\u2019est d\u2019elle, la mer, que monte en moi cette nostalgie sans rem\u00e8de. Apr\u00e8s, j\u2019ai lev\u00e9 les yeux au ciel, l\u2019immense est devenu ma certitude, et je l\u2019ai cherch\u00e9e en moi. <\/em>Se succ\u00e8dent alors, avec une constante justesse d\u2019\u00e9vocation, les sc\u00e8nes rappelant les souvenirs d\u2019enfance et ces terribles images d\u2019un documentaire qui d\u00e9clenchera l\u2019anorexie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me versant du roman s\u2019ouvre avec l\u2019hospitalisation de Paola, suivie d\u2019une convalescence chez Solange, la s\u0153ur de sa m\u00e8re. Ce sera le d\u00e9but d\u2019une r\u00e9silience dont Brucher nous d\u00e9crit le cheminement fait de nouvelles rencontres, dans un environnement bucolique et apais\u00e9, dans le chant choral, dans l\u2019apprivoisement nouveau des choses simples et le d\u00e9voilement des secrets. Nous n\u2019en dirons rien ici bien s\u00fbr, si ce n\u2019est d\u2019inviter le lecteur de ces lignes \u00e0 ouvrir, comme des ailes, les pages de ce beau roman de r\u00e9silience.Il faudrait donner \u00e0 lire <em>Colombe <\/em>\u00e0 celles et ceux qui se trouvent dans l\u2019entourage de l\u2019anorexie. A l\u2019instar de William Styron qui dans <em>Face aux t\u00e9n\u00e8bres, <\/em>nous donnait \u00e0 \u00e9prouver par leur fulgurante exploration litt\u00e9raire, les abysses de la d\u00e9pression, Brucher, avec <em>Colombe<\/em>, p\u00e9n\u00e8tre dans cette incompr\u00e9hensible et terrifiante crevasse de l\u2019\u00e2me qu\u2019est l\u2019anorexie. Il nous conduira, c\u0153ur battant, vers la r\u00e9silience dont il tisse la dentelle d\u00e9licate, comme s\u2019il nous faisait entendre une <em>Gnossienne<\/em>. (Jean Jauniaux, <a href=\"https:\/\/le-carnet-et-les-instants.net\/2021\/02\/01\/brucher-colombe\/\">Paru dans \u00a9\u00a0\u00bbLe Carnet et les Instants\u00a0\u00bb, janvier 2021)<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans Le Carnet et les instants , la revue litt\u00e9raire belge francophone, nous avions publi\u00e9 \u00e0 sa sortie de presse&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4048,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,3],"tags":[45,43,26,44,25,46,47],"class_list":["post-4045","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","category-litterature-dici","tag-editions-du-sablon","tag-editions-weyrich","tag-edmond-morrel","tag-eric-brucher","tag-jean-jauniaux","tag-litterature-belge","tag-opera","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4045","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4045"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4045\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4049,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4045\/revisions\/4049"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4048"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4045"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4045"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4045"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}