{"id":4029,"date":"2021-02-17T17:23:54","date_gmt":"2021-02-17T16:23:54","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4029"},"modified":"2021-02-17T17:24:33","modified_gmt":"2021-02-17T16:24:33","slug":"au-pays-des-osmanthus-une-recueil-danne-rothschild-aux-editions-le-taillis-pre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4029","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Au pays des osmanthus\u00a0\u00bb, un recueil d&rsquo;Anne Rothschild aux Editions Le Taillis Pr\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Quand mon p\u00e8re est revenu (de Chine) j&rsquo;avais sept ans<\/em>. C&rsquo;\u00e9tait en 1950. Le p\u00e8re d&rsquo;Anne Rothschild, diplomate belge, a \u00e9t\u00e9 en mission en Chine de 1944 \u00e0 1950. En septembre 2018, la po\u00e8te est all\u00e9e \u00e0 la d\u00e9couverte de ce lieu <em>par\u00e9 de mille parfums et mille couleurs<\/em>. Elle nous  revient avec un livre \u00e9merveill\u00e9 de cette initiation \u00e0 rebours, dont la destination est peut-\u00eatre <em>d&rsquo;insuffler le souffle du merveilleux dans la banalit\u00e9 du r\u00e9el <\/em>. Le d\u00e9fi est l\u00e0, apr\u00e8s plusieurs d\u00e9cennies, de confronter la Chine d&rsquo;aujourd&rsquo;hui \u00e0 celle, imagin\u00e9e par l&rsquo;enfant songeant \u00e0 <em>Papa-qui-\u00e9tait-en Chine<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et cet affrontement nous vaut une succession de chapitres courts, alternant avec de brefs po\u00e8mes, dont les italiques nous indiquent qu&rsquo;ils appartiennent \u00e0 cette vibration singuli\u00e8re de la langue po\u00e9tique, hors du temps du voyage mais issus de celui-ci. Comme si le po\u00e8me \u00e9tait cet \u00e9clat de lumi\u00e8re qui sert de marque-page au lecteur, comme cette \u00e9vocation de <em>L&rsquo;horloge sans aiguille d&rsquo;une gare abandonn\u00e9e <\/em>qui d\u00e9clenche l&rsquo;\u00e9vocation que seule permet la phrase po\u00e9tique des  <em>Douces images \u00e9chapp\u00e9es de la patience des jours. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la po\u00e9sie est omnipr\u00e9sente. Anne Rothschild, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un aquarelliste, capte l&rsquo;essentiel d&rsquo;une lumi\u00e8re, d&rsquo;un souffle d&rsquo;eau, de l&rsquo;ombre d&rsquo;une brume pour nous la donner \u00e0 ressentir. L&rsquo;auteure t\u00e9moigne aussi du quotidien moderne de la Chine dont elle est le t\u00e9moin au fil des \u00e9tapes du voyage. Sans doute a-t-elle trouv\u00e9 dans son cheminement singulier vers l&rsquo;essentiel, ce qui lui fait \u00e9crire comme une \u00e9pitaphe, <em>Alors je serai l\u00e0-bas, je serai ici.<\/em> Ne formule-t-elle pas ainsi, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, les r\u00eaveries enfantines qui la transportaient nagu\u00e8re aupr\u00e8s de son p\u00e8re?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre s&rsquo;ach\u00e8ve par une s\u00e9rie de r\u00e9f\u00e9rences, reliant la po\u00e8te \u00e0 l&rsquo;Histoire, et \u00e0 ses protagonistes que c\u00f4toya son p\u00e8re (comme Chou En Lai qu&rsquo;il \u00e9voqua dans un livre <em>La chute de Tchang Kai-shek<\/em> (Fayard, 1972) ou ses cheminements l\u00e9gendaires comme <em>La route du th\u00e9 et des chevaux.<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Yves Namur qui avait d\u00e9j\u00e0 inscrit au catalogue de sa maison d&rsquo;\u00e9dition le recueil <em>Nous avons tant voyag\u00e9<\/em>, offre \u00e0 celui-ci un prolongement bienvenu vers la Chine d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, en nous emmenant <em>Au pays des osmanthus, <\/em>o\u00f9 la modernit\u00e9  souvent accable le souvenir qui n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;imaginaire enfantin. Car c&rsquo;est aussi de cela que t\u00e9moigne le livre comme l&rsquo;\u00e9crit d&#8217;embl\u00e9e la voyageuse: <em>en observant ces lieux dans lesquels mon imaginaire s&rsquo;est transport\u00e9 tant de fois, une tristesse ind\u00e9finissable serre mon coeur. Est-ce un retour vers l&rsquo;impossible?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fois la lecture achev\u00e9e, il nous vient l&rsquo;envie de retourner en arri\u00e8re, au hasard des pages, d&rsquo;aller relire l&rsquo;un ou l&rsquo;autre fragment de ce recueil, mais aussi de songer que de cette Chine  nous avons tous, un jour ou l&rsquo;autre, r\u00eav\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jean Jauniaux, le 15 f\u00e9vrier 2021 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.anne-rothschild.com\">A propos d&rsquo;Anne Rothschild sur son site:<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>N\u00e9e \u00e0 New-York en 1943, de double nationalit\u00e9 belge et suisse, Anne Rothschild allie l\u2019\u00e9criture \u00e0 un travail de graveur, de peintre et de sculpteur. Elle expose r\u00e9guli\u00e8rement en France et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, et publie des ouvrages de po\u00e9sie. Elle a cr\u00e9\u00e9 et dirig\u00e9 pendant dix ans le service \u00e9ducatif du mus\u00e9e d\u2019art et d\u2019histoire du Juda\u00efsme \u00e0 Paris. Son travail est ax\u00e9 sur la rencontre avec l\u2019autre, et invite \u00e0 construire un espace de paix entre juifs, chr\u00e9tiens et musulmans. Aujourd\u2019hui, elle vit dans le Gard.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand mon p\u00e8re est revenu (de Chine) j&rsquo;avais sept ans. C&rsquo;\u00e9tait en 1950. 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