{"id":4013,"date":"2021-02-15T11:14:20","date_gmt":"2021-02-15T10:14:20","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4013"},"modified":"2021-02-15T11:14:21","modified_gmt":"2021-02-15T10:14:21","slug":"dans-le-ventre-du-congo-un-roman-de-blaise-ndala","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=4013","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Dans le ventre du Congo\u00a0\u00bb un roman de Blaise Ndala"},"content":{"rendered":"\n<p>C&rsquo;est aux Editions du Seuil que para\u00eet <em>Dans le ventre du Congo<\/em> le troisi\u00e8me roman de l&rsquo;\u00e9crivain congolais Blaise Ndala. C&rsquo;est au Canada, o\u00f9 il r\u00e9side apr\u00e8s avoir fait ses \u00e9tudes de droit en Belgique et s&rsquo;\u00eatre sp\u00e9cialis\u00e9 dans les droits humains, qu&rsquo;il publie <em>J&rsquo;irai danser sur la tombe de Senghor<\/em> (L&rsquo;interligne, 2014), &#8211; couronn\u00e9 du prestigieux prix du livre d&rsquo;Ottawa. Le roman est actuellement en voie d&rsquo;adaptation au cin\u00e9ma par le romancier et le cin\u00e9aste Rachid Bouchareb. Son deuxi\u00e8me roman,  <em>Sans capote ni kalachnikov<\/em> (paru dans la belle maison d&rsquo;\u00e9dition \u00ab\u00a0M\u00e9moire d&rsquo;encrier\u00a0\u00bb en 2017) a lui aussi \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9 par diff\u00e9rents jury  litt\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec <em>Dans le ventre du Congo<\/em>, le romancier explore par les voies de la fiction entrelac\u00e9e avec le r\u00e9el, la destin\u00e9e singuli\u00e8re de Tshala, princesse Bakuba, qui dans le cadre de l&rsquo;Exposition universelle de Bruxelles de 1958 fut une des figurantes congolaises apparaissant dans le village africain reconstitu\u00e9 au pied de l&rsquo;Atomium. La jaquette du roman, une oeuvre de Jacques Loustal, situe avec une force inimitable  le d\u00e9cor de ce village africain.<\/p>\n\n\n\n<p>Des personnages \u00ab\u00a0historiques\u00a0\u00bb, ou plut\u00f4t leurs doubles romanesques et symboliques, jalonnent le r\u00e9cit qui se partage entre deux \u00e9poques: 1958 et le d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle lorsqu&rsquo;une ni\u00e8ce de la princesse revient en Belgique et croise le descendant du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;exposition, nomm\u00e9 pour les besoins de la fiction Robert Dumont.<\/p>\n\n\n\n<p>Les personnages historiques ont en effet chang\u00e9 de nom, donnant au romancier la libert\u00e9 de raconter ce qu&rsquo;ils incarnaient davantage que ce qu&rsquo;ils ont pu \u00eatre. C&rsquo;est bien l\u00e0 une des forces de l&rsquo;exploration par le roman d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 historique. C&rsquo;est aussi une mani\u00e8re d&rsquo;aborder &#8211; et surtout de faire partager &#8211; les pages les plus complexes de l&rsquo;histoire. Le Commissaire g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Expo 58 s&rsquo;appelle, dans le roman,  Guido Martens de Neuberg . Tandis que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral historique devient dans le roman, Robert Dumont. \u00a0Au Congo ce sont Mark Cools et Ren\u00e9 Comhaire, administrateur de district qui incarnent la pr\u00e9sence belge dans la Colonie dont sera expuls\u00e9e la princesse, enlev\u00e9e \u00e0 bord d&rsquo;un avion qui l&#8217;emm\u00e8nera \u00e0 Bruxelles en 1958&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Deux \u00e9poques disions-nous, celle de l&rsquo;Exposition universelle de 1958 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, \u00e9poque o\u00f9 la ni\u00e8ce de la princesse Tshala part sur ses traces . C&rsquo;est faire fi de l&rsquo;histoire mill\u00e9naire de l&rsquo;Afrique et des royaumes dont est issue la princesse Tshala et dont elle a d\u00e9shonor\u00e9 la dynastie des Nyimi lorsqu&rsquo;elle est devenue la ma\u00eetresse de Ren\u00e9 Comhaire, \u00ab\u00a0princesse happ\u00e9e par le pi\u00e8ge du d\u00e9sir illicite pour finir chair \u00e0 badauds.\u00a0\u00bb Ce sont ces p\u00e9rip\u00e9ties que depuis l&rsquo;au-del\u00e0 raconte Tsala \u00e0 sa ni\u00e8ce Nyota, d&rsquo;une voix venue de ce lieu m\u00e9moriel, dos \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Notre-Dame de Laeken, o\u00f9 la jeune femme peut lire sur la pierre: <em>Tshala N. Moelo. N\u00e9e \u00e0 Mushenge, Congo belge, le 13 janvier 1939. D\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 Bruxelles le 18 mai 1958.<\/em> Se succ\u00e8dent dans le r\u00e9cit de la d\u00e9funte, les \u00e9tapes et les protagonistes qui l&rsquo;ont conduite de Mushenge \u00e0 Laeken o\u00f9 elle repose dor\u00e9navant. La phrase est rapide, musicale, envo\u00fbtante et captive le lecteur tandis qu&rsquo;il croise un jeune journaliste nomm\u00e9 Mobutu, un homme politique plein de promesses Lumumba, un musicien ensorcelant de rumba ou qu&rsquo;il lit les \u00e9vocations de figures comme L\u00e9opold II ou Stanley, ou encore, du c\u00f4t\u00e9 des indign\u00e9s, le journaliste <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Edmund_Dene_Morel\">Edmund Morel<\/a> ou le pasteur presbyt\u00e9rien <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/William_Henry_Sheppard\">William Sheppard<\/a>. Il y a aussi les bancs, les Belges, repr\u00e9sentant l&rsquo;Etat colonial aussi d\u00e9nomm\u00e9 <em>Bula Matari <\/em>(\u00ab\u00a0un nom d&rsquo;origine kongo et qui veut dire <em>casseur de pierres<\/em>\u00ab\u00a0) comme Monseigneur Paul Goethaels, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Luebo, et d&rsquo;autres comme Mark Cools et Ren\u00e9 Comhaire, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9s, dont on d\u00e9couvre qu&rsquo;ils sont pourvoyeurs d&rsquo;objets d&rsquo;art africain pour un projet de galerie d&rsquo;art \u00e0 ouvrir \u00e0 Bruxelles et Londres&#8230;.  <\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo;est pas le lieu ici de faire la chronique de ce roman, mais de vous inviter \u00e0 vous y immerger et \u00e0 vous laisser happer par le phras\u00e9 de Blaise Ndala comme si vous vous laissiez hypnotiser par la rumba de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Wendo_Kolosoy\">Wendo Kolosoy, connu sous le pseudonyme affectueux de \u00ab\u00a0Papa Wendo\u00a0\u00bb<\/a> (dont le romancier fait de son fr\u00e8re fictionnel un merveilleux personnage du r\u00e9cit). Le roman est une porte ouverte sur  l&rsquo;Histoire, celle du Congo depuis les origines mill\u00e9naires et de la Belgique, racont\u00e9e \u00e0 travers un de ses \u00e9pisodes les plus symboliques de la colonisation dont on ne finira pas d&rsquo;explorer les secrets. Le roman de Ndala devient dans la litt\u00e9rature francophone, une des balises de l&rsquo;exploration de ces pages d&rsquo;histoire. <\/p>\n\n\n\n<p>Comme souvent, la fiction nous en dira davantage de v\u00e9rit\u00e9 que n&rsquo;importe quelle autre source \u00e0 laquelle elle ira puiser. Et puis, l&rsquo;\u00e9criture dense et all\u00e9gorique du romancier invite le lecteur \u00e0 aller investiguer les sources du r\u00e9el, de l&rsquo;histoire telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e, ou , du moins, ce que nous en savons&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux le 13 f\u00e9vrier 2021<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"327\" height=\"495\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-11-a-14.45.55.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4015\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-11-a-14.45.55.png 327w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-11-a-14.45.55-198x300.png 198w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-11-a-14.45.55-200x303.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 327px) 100vw, 327px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Sur le site des Editions du Seuil:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Avril 1958. Lorsque s\u2019ouvre l\u2019Exposition universelle de Bruxelles, Robert Dumont, l\u2019un des responsables du plus grand \u00e9v\u00e9nement international depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a fini par d\u00e9poser les armes face aux pressions du palais royal : il y aura bel et bien un \u00ab village congolais \u00bb dans l\u2019un des sept pavillons consacr\u00e9s aux colonies. Parmi les onze recrues mobilis\u00e9es au pied de l\u2019Atomium pour se donner en spectacle figure la jeune Tshala, fille de l\u2019intraitable roi des Bakuba. Le p\u00e9riple de cette princesse nous est d\u00e9voil\u00e9, de son Kasa\u00ef natal \u00e0 Bruxelles en passant par L\u00e9opoldville, jusqu\u2019\u00e0 son exhibition forc\u00e9e \u00e0 Expo 58, o\u00f9 l\u2019on perd sa trace. \u00c9t\u00e9 2004. Fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9e en Belgique, une ni\u00e8ce de la princesse disparue croise la route d\u2019un homme hant\u00e9 par le fant\u00f4me du p\u00e8re. Il s\u2019agit de Francis Dumont, professeur de droit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 libre de Bruxelles. Une succession d\u2019\u00e9v\u00e9nements finit par leur d\u00e9voiler le secret emport\u00e9 dans sa tombe par l\u2019ancien sous-commissaire d\u2019Expo 58. D\u2019un si\u00e8cle l\u2019autre, le roman embrasse la grande Histoire pour poser la question centrale de l\u2019\u00e9quation coloniale : le pass\u00e9 peut-il passer ?<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est aux Editions du Seuil que para\u00eet Dans le ventre du Congo le troisi\u00e8me roman de l&rsquo;\u00e9crivain congolais Blaise Ndala.&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,4],"tags":[],"class_list":["post-4013","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature","category-litterature-dailleurs","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4013","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4013"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4013\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4023,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4013\/revisions\/4023"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4013"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4013"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4013"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}