{"id":3994,"date":"2021-02-12T15:43:26","date_gmt":"2021-02-12T14:43:26","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3994"},"modified":"2021-02-12T15:43:27","modified_gmt":"2021-02-12T14:43:27","slug":"ecrire-traduire-la-langue-entre-les-mots-un-livre-magistral-dentretiens-avec-lecrivain-et-traducteur-pierre-furlan-les-editions-lesperluete-publient-simultanement-sa-traduction-du-roman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3994","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Ecrire-Traduire\u00a0\u00bb, la langue entre les mots. Un livre magistral d&rsquo;entretiens avec l&rsquo;\u00e9crivain et traducteur Pierre Furlan . Les \u00c9ditions L&rsquo;esperlu\u00e8te publient simultan\u00e9ment sa traduction du roman n\u00e9o-z\u00e9landais \u00ab\u00a0Les Carpates\u00a0\u00bb de Janet Frame. Un double \u00e9v\u00e9nement!"},"content":{"rendered":"\n<p>Voici un livre remarquable \u00e0 deux titres au moins. En premier lieu, <a href=\"https:\/\/www.esperluete.be\/index.php\/catalogue-2\/auteurs\/furlan-pierre\/pierre-furlan,-\u00e9crire-traduire,-la-langue-entre-les-mots-detail\"><em>Ecrire-Traduire<\/em> <\/a> offre un espace privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 un floril\u00e8ge de r\u00e9flexions, mais aussi de souvenirs, de Pierre Furlan sur sa double pratique de l&rsquo;\u00e9criture et de la traduction. En second lieu, il organise cette exploration sensible et \u00e9rudite d&rsquo;un art, \u00e0 partir de dialogues &#8211; men\u00e9s par Fr\u00e9d\u00e9rique Dolphijn qui dirige la collection Orbe &#8211; dont l&rsquo;articulation se d\u00e9clenche \u00e0 partir de mots-cl\u00e9s propos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;auteur de <em>La tentation am\u00e9ricaine<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-05-a-06.58.03.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3996\" width=\"230\" height=\"363\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-05-a-06.58.03.png 568w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-05-a-06.58.03-190x300.png 190w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-05-a-06.58.03-200x316.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>A ces deux \u00e9l\u00e9ments s&rsquo;ajoute la parution simultan\u00e9e du roman <em>Les Carpates<\/em> de l&rsquo;\u00e9crivaine n\u00e9o-z\u00e9landaise Janet Frame. Cette traduction in\u00e9dite de Pierre Furlan aux <a href=\"https:\/\/www.esperluete.be\">Editions Esperlu\u00e8te<\/a>, nous offre  de d\u00e9couvrir en fran\u00e7ais ce livre couronn\u00e9 \u00e0 sa sortie (1988) par le prestigieux <a href=\"https:\/\/www.britannica.com\/art\/Commonwealth-Book-Prize\">Commonwealth Prize<\/a> et de retrouver Janet Frame (dont, souvenons-nous, l&rsquo;autobiographie a inspir\u00e9 le film bouleversant de Jane Campion, <em>Un ange \u00e0 ma table<\/em>). Une pr\u00e9face de Pierre Furlan, dans le prolongement du livre d&rsquo;entretiens avec Fr\u00e9d\u00e9rique Dolphijn, nous dresse un portrait de ce qui dans le destin de la romanci\u00e8re, a fait que \u00ab\u00a0toute &lt;son&gt; existence s&rsquo;est trouv\u00e9e li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de mani\u00e8re indissoluble, organise. Au point m\u00eame que l&rsquo;\u00e9criture lui a litt\u00e9ralement sauv\u00e9 la vie. Tout au long de son enfance dans une famille accabl\u00e9e de malheurs (&#8230;), elle a r\u00eav\u00e9 d&rsquo;\u00eatre po\u00e8te et vou\u00e9 un amour ind\u00e9fectible aux mots et \u00e0 l&rsquo;art d&rsquo;\u00e9crire.\u00a0\u00bb <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"429\" height=\"288\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-05-a-06.56.39.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3997\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-05-a-06.56.39.png 429w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-05-a-06.56.39-300x201.png 300w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Capture-decran-2021-02-05-a-06.56.39-200x134.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 429px) 100vw, 429px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La publication simultan\u00e9e de ces deux ouvrages met en \u00e9vidence, s&rsquo;il en \u00e9tait encore besoin, l&rsquo;entrelacement intime de la pratique de l&rsquo;\u00e9criture et de la traduction. A cet \u00e9gard, Pierre Furlan partage dans le dialogue qu&rsquo;il noue avec Fr\u00e9d\u00e9rique Dolphijn, une exp\u00e9rience exceptionnelle dont il apporte ici un stimulant et passionnant t\u00e9moignage. Il m\u00e8ne de front une bibliographie comptant une dizaine de romans (dont le premier, <em>L&rsquo;invasion des nuages p\u00e2les<\/em> est paru chez Actes Sud en 1988) et les  traductions de romanciers am\u00e9ricains et n\u00e9o-z\u00e9landais hors norme (ne citons que Paul Auster, Russel Banks, ou John Mulgan &#8211; dont il a traduit, entre autres, <em>Seul<\/em> que l&rsquo;on trouve \u00e9galement dans le catalogue des Editions Esperlu\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Pouvait-on trouver meilleur interlocuteur pour r\u00e9pondre aux questions sensibles de Fr\u00e9d\u00e9rique Dolphijn, concernant ces deux d\u00e9clinaisons solidaires de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire, la traduction et l&rsquo;\u00e9criture? <\/p>\n\n\n\n<p>Le livre consacr\u00e9 \u00e0 Pierre Furlan est tr\u00e8s repr\u00e9sentatif de ce que peut permettre la d\u00e9marche entreprise par la collection Orbe, cr\u00e9\u00e9e et dirig\u00e9e par Fr\u00e9d\u00e9rique Dolphijn et Anne Leloup (directrice par ailleurs des \u00e9ditions L&rsquo;Esperlu\u00e8te). Voici comment elles pr\u00e9sentent leur d\u00e9marche : <\/p>\n\n\n\n<p><em>La collection Orbe propose, sous forme de dialogues, des rencontres avec des auteur\u00b7e\u00b7s \u00e0 propos de leur pratique d\u2019\u00e9criture et de lecture. Il s\u2019agit de mettre en lumi\u00e8re pour chaque auteur l\u2019\u00e9mergence d\u2019un d\u00e9sir li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture et \u00e0 la lecture. L\u2019enjeu de la rencontre sera de d\u00e9couvrir comment la conscience de leur processus je lis &#8211; j\u2019\u00e9cris &#8211; je suis lu fabrique leur pens\u00e9e et modifie leur rapport au monde. C\u2019est ce m\u00e9canisme que la collection Orbe explore. Pour que le lecteur d\u00e9couvre, et peut-\u00eatre s\u2019approprie, un processus d\u2019\u00e9criture, de cr\u00e9ation et de pens\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le dialogue entre Pierre Furlan et son interlocutrice s&rsquo;articule autour de mots \u00e0 partir desquels le romancier-traducteur est invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9agir \u00e0 la lumi\u00e8re de sa pratique d&rsquo;\u00e9criture. Ces mots se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s ici particuli\u00e8rement stimulants, que ce soit \u00ab\u00a0explorer\u00a0\u00bb qui ouvre le dialogue, ou ces autres mots qui jalonnent le cheminement de cet \u00e9change: ombre, fragilit\u00e9, nommer (<em>Ah oui! Voil\u00e0 une activit\u00e9 fondamentale<\/em>!), deuil, silence, voyage (<em>Voyager dans l&rsquo;\u00e9criture serait une fa\u00e7on de rencontrer les autres?)<\/em>, l&rsquo;autre etc&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>Chaque chapitre, ouvert par ces mots-cl\u00e9s (on ne pourrai mieux les qualifier), laisse ainsi libre cours \u00e0 des \u00e9vocations aussi passionnantes que stimulantes, donnant envie au lecteur d&rsquo;aller plus loin dans ces observations sur l&rsquo;\u00e9criture (qu&rsquo;elle soit traduction ou roman), guid\u00e9 en cela par les nombreuses r\u00e9f\u00e9rences, notes et citations (ainsi un tr\u00e8s beau po\u00e8me de Bill Manhire, po\u00e8te n\u00e9o-z\u00e9landais.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici deux livres qui m\u00e9ritent de trouver place dans la biblioth\u00e8que cosmopolite de celles et ceux qui y d\u00e9couvriront une nouvelle mani\u00e8re d&rsquo;exprimer la force de la litt\u00e9rature, celle qui franchit les fronti\u00e8res du coeur et des langues. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est au dernier mot-cl\u00e9, \u00ab\u00a0blanc\u00a0\u00bb que l&rsquo;on d\u00e9couvre que c&rsquo;est le hasard de la pioche qui les a dispos\u00e9 en fin de questionnaire, comme pour venir \u00e0 la page blanche&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Jauniaux, le 5 f\u00e9vrier 2021<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>PS: Enfin, soulignons le dynamisme de L&rsquo;esperlu\u00e8te qui a men\u00e9 \u00e0 bien cette \u00e9dition du roman <em>Les Carpates<\/em> en s&rsquo;appuyant sur des soutiens obtenus en Nouvelle-Z\u00e9lande, dont le moindre n&rsquo;est pas celui de la romanci\u00e8re Fiona Kidman. Cette derni\u00e8re a soutenu les d\u00e9marches de l&rsquo;\u00e9ditrice aupr\u00e8s de fonds litt\u00e9raires n\u00e9o-z\u00e9landais.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.esperluete.be\/index.php\/catalogue-2\/auteurs\/furlan-pierre\/pierre-furlan,-\u00e9crire-traduire,-la-langue-entre-les-mots-detail\">Pr\u00e9sentation de l&rsquo;auteur Pierre Furlan sur le site de la Collection l&rsquo;Orbe<\/a>:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fois auteur et traducteur, Pierre Furlan se partage entre ces pratiques. Au fil de cette conversation, il explore ce qu\u2019elles ont de commun et ce qui les diff\u00e9rencie. Il nous confie son d\u00e9sir d\u2019exploration, son ouverture \u00e0 l\u2019autre et vers d\u2019autres formes de pens\u00e9es. Pierre Furlan aborde avec pr\u00e9cision le travail de l\u2019\u00e9criture : les comp\u00e9tences linguistiques, la question du sens, le plaisir de la phrase juste&#8230; Il s\u2019amuse de ce qui le constitue comme auteur ou traducteur et exprime ce qui le met en mouvement : une curiosit\u00e9 de chaque instant, celle qui permet \u00e0 l\u2019\u00e9criture de l\u2019emmener plus loin que ce qu\u2019il n\u2019avait imagin\u00e9 dans un premier temps.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.esperluete.be\/index.php\/catalogue-2\/auteurs\/furlan-pierre\/les-carpates-detail\">Pr\u00e9sentation du roman <em>Les Carpates <\/em>sur le site des Editions L&rsquo;esperluette:<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Une riche et originale New-Yorkaise, Mattina Brecon, d\u00e9cide de passer deux mois en Nouvelle-Z\u00e9lande dans la ville qui a vu na\u00eetre la l\u00e9gende maorie de la Fleur du Souvenir. Elle ne se doute pas que la rue o\u00f9 elle \u00e9lit domicile va \u00eatre le th\u00e9\u00e2tre de ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9tranges, peut-\u00eatre attribuables \u00e0 l\u2019influence d\u2019un astre appel\u00e9 l\u2019\u00c9toile de Gravit\u00e9. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes se traduisent par la fracturation de la langue \u2013 d\u00e9j\u00e0 rendue inauthentique par son utilisation commerciale et politicienne \u2013 qui tombe en pluie de voyelles, de consonnes et de signes typographiques, et cet orage aura pour cons\u00e9quence la disparition pure et simple des habitants de la rue. Une telle destruction devrait servir de pr\u00e9lude au renouvellement de la langue et du monde, notamment gr\u00e2ce au travail des artistes et des romanciers. Car Janet Frame nous convie \u00e0 suivre en parall\u00e8le la construction du roman qui raconte cette histoire, r\u00e9v\u00e9lant du m\u00eame coup ce qu\u2019elle consid\u00e8re comme une t\u00e2che essentielle des arts, celle de ramener \u00e0 la lumi\u00e8re du jour ce qui a \u00e9t\u00e9, par commodit\u00e9 ou l\u00e2chet\u00e9, enfoui dans l\u2019oubli. Lors de sa sortie en 1988,&nbsp;<em>The Carpathians \/ Les Carpates<\/em>&nbsp;a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 par la presse anglo-saxonne comme un livre exceptionnel. Couronn\u00e9 par plusieurs prix, dont le prestigieux Commonwealth Prize de 1989, ce testament litt\u00e9raire de Janet Frame est une \u0153uvre incontournable, enfin accessible aux lecteurs francophones gr\u00e2ce \u00e0 la traduction in\u00e9dite de Pierre Furlan.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici un livre remarquable \u00e0 deux titres au moins. 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