{"id":3912,"date":"2021-01-05T15:52:23","date_gmt":"2021-01-05T14:52:23","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3912"},"modified":"2021-01-05T15:52:24","modified_gmt":"2021-01-05T14:52:24","slug":"quarante-neuf-tetes-dans-le-miroir-de-paul-emond","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3912","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Quarante-neuf t\u00eates dans le miroir\u00a0\u00bb de Paul Emond"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Nous avions d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 la publication de ces \u00ab\u00a0r\u00e9cits\u00a0\u00bb aux \u00e9ditions <em>Le Taillis Pr\u00e9 <\/em>, orn\u00e9s d&rsquo;illustrations de Maja Polackova. Nous vous proposons une interview video du dramaturge, acad\u00e9micien  et \u00e9crivain Paul Emond \u00e0 propos de ce livre paru fin 2020.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Yves Namur, fondateur et directeur des<em> Editions Le Taillis Pr\u00e9<\/em> a \u00e9t\u00e9 bien inspir\u00e9 d&rsquo;ajouter \u00e0 son catalogue, constitu\u00e9 principalement de recueils po\u00e9tiques, <a href=\"https:\/\/objectifplumes.be\/doc\/quarante-neuf-tetes-dans-le-miroir\/#.X_RF_yOZPo0\">ces r\u00e9cits singuliers de Paul Emond<\/a>. En quatri\u00e8me de couverture, l&rsquo;auteur met en garde le lecteur, avec cet humour et cette ironie qui caract\u00e9risent l&rsquo;ensemble des r\u00e9cits : <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00c2me sensible sur le point d\u2019ouvrir les pages br\u00fblantes de ce livre, je te le dis en toute amiti\u00e9 : retiens ton geste et agite ta r\u00e9flexion sept fois dans un sens et sept fois dans l\u2019autre. Es-tu certain de ne pas succomber, toi aussi, \u00e0 la fascination du miroir dans laquelle s\u2019emp\u00eatre le narrateur de ces r\u00e9cits ? Te sens-tu suffisamment aguerri pour r\u00e9sister au chant de pareilles sir\u00e8nes ? Si tel n\u2019est pas le cas, soumets-toi \u00e0 l\u2019injonction que je t\u2019adresse sans craindre de le faire sous l\u2019autorit\u00e9 du grand Lautr\u00e9amont : dirige tes talons en arri\u00e8re et non avant ! Dirige tes talons en arri\u00e8re, que tes yeux renoncent \u00e0 me lire, et poursuis ton chemin !<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Capture-decran-2021-01-05-a-11.56.39.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3933\" width=\"167\" height=\"242\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Capture-decran-2021-01-05-a-11.56.39.png 310w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Capture-decran-2021-01-05-a-11.56.39-208x300.png 208w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Capture-decran-2021-01-05-a-11.56.39-200x289.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 167px) 100vw, 167px\" \/><figcaption><a href=\"https:\/\/objectifplumes.be\/doc\/quarante-neuf-tetes-dans-le-miroir\/#.X_RF_yOZPo0\">https:\/\/objectifplumes.be\/doc\/quarante-neuf-tetes-dans-le-miroir\/#.X_RF_yOZPo0<\/a><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On ne peut s&#8217;emp\u00eacher de songer \u00e0 certains auteurs russes (Gogol) ou nouvellistes ayant abord\u00e9 le fantastique (Maupassant), ou encore \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole du r\u00e9alisme magique ou de l&rsquo;absurde (Ionesco n&rsquo;est pas loin), lorsque l&rsquo;on aborde ces \u00e9tranges dialogues nou\u00e9s entre le narrateur et son reflet dans un miroir. Chacun des r\u00e9cits d\u00e9bute de la m\u00eame fa\u00e7on, par un constat de ce que fait, annonce, d\u00e9clare, montre, s&rsquo;\u00e9tonne, s&rsquo;indigne, se moque <em>Ma t\u00eate dans le miroir<\/em>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi nous aurons <em>Ma t\u00eate dans le miroir \/qui rit aux \u00e9clats,&#8230; \/(avec qui) nous nous adonnons aux joies disciplin\u00e9es de la gymnastique<\/em>&#8230;, <em>\/et une cravate \u00e0 nouer&#8230;\/qui me regarde d&rsquo;un air triomphant&#8230; <\/em>Chacune des s\u00e9quences de ce face \u00e0 face est un pr\u00e9texte \u00e0 des interrogations banales ou m\u00e9taphysiques, quotidiennes ou universelles, exprim\u00e9es avec un sens de la formule adapt\u00e9 \u00e0 chacune des situations. Ainsi l&rsquo;apparition d&rsquo;une moustache sur le visage du narrateur ne manque pas de cr\u00e9er un rejet cat\u00e9gorique de la part du miroir. Ou alors, dans cette s\u00e9quence intitul\u00e9e <em>Masques<\/em>, le narrateur s&rsquo;interroge \u00e0 propos de sa t\u00eate dans le miroir: <em>C&rsquo;est elle et en m\u00eame temps ce n&rsquo;est pas vraiment elle. mais si ce n&rsquo;est pas vraiment elle, suis-je encore moi?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, sous les apparences de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et de la com\u00e9die, se dissimulent des questions qui donnent parfois le vertige, comme celles portant sur le libre arbitre ou \u00e9voquant la jeunesse du narrateur, de fa\u00e7on fulgurante:  <em>A quoi bon \u00eatre sorti du rang en me glissant sous le rideau de fum\u00e9e d&rsquo;une joyeuse troupe de mots qui passait devant ma porte un beau jour de printemps<\/em>? Le vertige et l&rsquo;humour ne sont pas sans s&rsquo;accompagner (et c&rsquo;est une caract\u00e9ristique de l&rsquo;absurde) d&rsquo;une dose  tellurique d&rsquo;angoisse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l&rsquo;\u00e9criture all\u00e8gre de ces sayn\u00e8tes on reconna\u00eet la patte du dramaturge et de l&rsquo;adaptateur de th\u00e9\u00e2tre qu&rsquo;est Paul Emond. Sa finesse d&rsquo;observation s&rsquo;accompagne d&rsquo;une forme irr\u00e9pressible de tendresse \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de son narrateur et de son reflet. On devine combien le regard de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre ont d\u00fb p\u00e9tiller d&rsquo;all\u00e9gresse \u00e0 \u00e9crire ces pi\u00e8ces dont on se dit qu&rsquo;elles feraient un stimulant spectacle . Contemplant les \u00ab\u00a0bonshommes d\u00e9coup\u00e9s\u00a0\u00bb que ces textes ont inspir\u00e9 \u00e0 Maja Polackova qui en illustre cette \u00e9dition, on devine combien la fantaisie a \u00e9t\u00e9 joyeusement partag\u00e9e! <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons rencontr\u00e9 Paul Emond et demand\u00e9 qu&rsquo;il nous raconte la gen\u00e8se de cette exploration du miroir, dont <em>les int\u00e9rieurs (&#8230;) sont de vraies salles des pas perdus&#8230;<\/em> et dont un des r\u00e9cits, empli d&rsquo;autod\u00e9rision, intitul\u00e9 <em>Paul Emond<\/em> , devient au fil des pages un fac\u00e9tieux  autoportrait \u00e9crit avec une espi\u00e8glerie d\u00e9routante, \u00e0 lire au deuxi\u00e8me degr\u00e9 (sans doute), lorsque la t\u00eate dans le miroir s&rsquo;exclame, indign\u00e9e, s&rsquo;adressant au narrateur:  <em>(&#8230;)Monsieur, dans ce miroir je suis la t\u00eate de Paul Emond. Vous n&rsquo;\u00eates pas Paul Emond.<\/em> On s&rsquo;inqui\u00e9terait \u00e0 moins. Le narrateur confit reconna\u00eet alors : <em>(&#8230;) C&rsquo;\u00e9tait avec une telle subtilit\u00e9 que je m&rsquo;\u00e9tais <\/em>gliss\u00e9 <em>dans ce personnage, que j&rsquo;imitais ses tics et ses tocs, que je r\u00e9p\u00e9tais \u00e0 l&rsquo;envi ses expressions favorites. Dommage, je m&rsquo;amusais bien \u00e0 \u00eatre ce Paul Emond, &#8230;<\/em> suivent alors une succession de traits de personnalit\u00e9 de Paul Emond dont je vous laisse le bonheur de d\u00e9couvrir la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 hilarante de la description&#8230;(p.107)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Paul Emond \u00e9voque son dernier livre: &quot;Quarante-neuf t\u00eates dans un miroir&quot; au micro de Jean Jauniaux.\" width=\"1170\" height=\"658\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/lsrH8KnYj0E?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>Paul Emond r\u00e9pond aux questions de Jean Jauniaux dans \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Edmond Morrel, le 29 d\u00e9cembre 2020<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour en savoir davantage sur Paul Emond, on se r\u00e9f\u00e9rera \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.arllfb.be\/composition\/membres\/emond.html\">sa notice biographique <\/a>, sign\u00e9e Joseph Duhamel parue sur le site de l&rsquo;Acad\u00e9mie royale de langue et litt\u00e9rature fran\u00e7aises de Belgique et <a href=\"https:\/\/www.arllfb.be\/ebibliotheque\/discoursreception\/ringlet20102012.pdf\">au discours  prononc\u00e9 par Gabriel Ringlet lors de la r\u00e9ception d&rsquo;Emond \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie  <\/a>le 20 octobre 2012. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut \u00e9galement trouver sur le site de l&rsquo;Acad\u00e9mie la communication de Paul Emond \u00e0 propos du <em>Th\u00e9\u00e2tre <\/em>de Jacques De Decker dont il \u00e9tablit l&rsquo;\u00e9dition compl\u00e8te, accompagn\u00e9e d&rsquo;une magistrale pr\u00e9sentation introductive. Cette pr\u00e9sentation existe <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=LE_7kKEc-fU&amp;feature=youtu.be\">en video<\/a> et en <a href=\"https:\/\/www.arllfb.be\/ebibliotheque\/communications\/emond12122020.pdf\">PDF<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une interview de Paul Emond \u00e0 propos du \u00ab\u00a0Th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb de jacques De Decker est \u00e9galement accessible sur le site de \u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb en cliquant ICI.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avions d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 la publication de ces \u00ab\u00a0r\u00e9cits\u00a0\u00bb aux \u00e9ditions Le Taillis Pr\u00e9 , orn\u00e9s d&rsquo;illustrations de Maja Polackova.&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3933,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,3],"tags":[],"class_list":["post-3912","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","category-litterature-dici","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3912","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3912"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3912\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3935,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3912\/revisions\/3935"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3933"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3912"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3912"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3912"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}