{"id":3530,"date":"2009-09-05T13:46:55","date_gmt":"2009-09-05T11:46:55","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3530"},"modified":"2020-11-16T14:01:59","modified_gmt":"2020-11-16T13:01:59","slug":"14-18-au-jour-le-jour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3530","title":{"rendered":"14-18 au jour le jour"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ecrire la guerre&#8230;\u00a0\u00bbun journal de campagne c\u2019est chose sacr\u00e9e\u00a0!\u00a0\u00bb<\/h4>\n\n\n\n<p>La publication des carnets du sergent des grenadiers Gustave Groleau, dans le cadre de l\u2019exposition que lui a consacr\u00e9 le&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.musee-mariemont.be\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Mus\u00e9e royal de Mariemont,<\/a>&nbsp;s\u2019inscrit pleinement dans cet \u00ab\u00a0entre les lignes\u00a0\u00bb qui nous permet d\u2019\u00e9voquer ce besoin d\u2019\u00e9crire que certains d\u2019entre nous connaissent \u00e0 des moments cruciaux de leur vie. Dans le cas de Gustave Groleau ce moment crucial a dur\u00e9 quatre ans, a d\u00e9but\u00e9 en 1914 et s\u2019est achev\u00e9 en 1918. Avant cela il n\u2019avait jamais r\u00e9dig\u00e9 autre chose que ses devoirs d\u2019\u00e9colier, apr\u00e8s cela il n\u2019\u00e9crira plus hormis des documents administratifs dans ses fonctions de secr\u00e9taire communal de Houdeng.<\/p>\n\n\n\n<p>Laurence Bouvin a 26 ans&#8230;elle est un peu plus \u00e2g\u00e9e que Gustave Groleau au sortir de la premi\u00e8re guerre mondiale. Elle anime les visites p\u00e9dagogiques de l\u2019exposition qui s\u2019est achev\u00e9e le 31 ao\u00fbt dernier sous le titre&nbsp;: \u00ab\u00a0Au jour le jour avec un soldat de 14-18\u00a0\u00bb. Elle raconte magnifiquement \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb exposition. Elle nous d\u00e9crit les moments les plus \u00e9mouvants, les plus importants, les plus quotidiens de cet homme qui a d\u00e9cid\u00e9 de ne jamais avoir d\u2019enfants parce qu\u2019il ne voulait pas qu\u2019ils deviennent de la chair \u00e0 canon. Aujourd\u2019hui, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres du bourg de Houdeng-Aimeries qu\u2019il quitta \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 20 ans, en abandonnant son emploi d\u2019ouvrier de four \u00e0 coke, des groupes d\u2019enfants, de jeunes, d\u2019adultes revivent \u00e0 travers ses \u00ab\u00a0carnets\u00a0\u00bb la si tristement nomm\u00e9 \u00ab\u00a0grande\u00a0\u00bb guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le dit Laurence Bouvin, \u00ab\u00a0on n\u2019a jamais autant \u00e9crit que pendant cette guerre\u00a0\u00bb. Gustave Groleau \u00e9crivait bien, il \u00e9crivait juste&nbsp;! Le 12 avril 1916, sur base d\u2019une d\u00e9nonciation anonyme pr\u00e9textant qu\u2019il y tient des \u00ab\u00a0propos antimilitaristes, anarchistes et antipatriotiques\u00a0\u00bb, il est convoqu\u00e9 par son lieutenant. Voici ce qu\u2019il \u00e9crit de cet \u00e9pisode blessant et humiliant.&nbsp;<em>\u00ab\u00a0Venir m\u2019arr\u00eater comme le dernier des bandits devant toute une compagnie, me fouiller , me confisquer les chose qui me sont personnelles, mon journal de campagne surtout&nbsp;! Cela je ne le pardonne pas&nbsp;! (&#8230;) On n\u2019a aucun droit de saisir mon journal de campagne. C\u2019est chose sacr\u00e9e.\u00a0\u00bb&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019il est, le sergent Groleau, ouvrier de four \u00e0 coke, au printemps de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e qu\u2019il passe au front&#8230;Et quelle belle exclamation&nbsp;: \u00ab\u00a0C\u2019est chose sacr\u00e9e&nbsp;!\u00a0\u00bb&#8230;pour d\u00e9signer ce qu\u2019il \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Edmond Morrel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: 14-18 au jour le jour Ecrire la guerre...&quot;un journal de campagne c\u2019est chose sacr\u00e9e !&quot; 1\/3\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/6dZxjcSQu5Hym3DMmy9oWz?si=p-tQobbSQDOCGB4RG1B-5Q\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: 14-18 au jour le jour Ecrire la guerre...&quot;un journal de campagne c\u2019est chose sacr\u00e9e !&quot; 3\/3\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/1xCKUZka8PcuaV13Hl4u27?si=PAneeI94Szu-QDIKun0QMQ\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Le Mus\u00e9e royal de Mariemont a publi\u00e9 dans le cadre de cette exposition<br><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/squelettes-dist\/puce.gif\" width=\"8\" height=\"11\" alt=\"-\">&nbsp;un livre reprenant des extraits s\u00e9lectionn\u00e9s et comment\u00e9s du journal de Gustave Groleau \u00e9dit\u00e9 sous la direction scientifique de Jacques Li\u00e9bin.\u2028<br><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.espace-livres.be\/squelettes-dist\/puce.gif\" width=\"8\" height=\"11\" alt=\"-\">&nbsp;un DVD reproduisant la totalit\u00e9 du journal agr\u00e9ment\u00e9 de notes, de cartes et d\u2019index ainsi qu\u2019une s\u00e9lection de photographies extraites des albums de Gustave Groleau.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">extrait du carnet de gustave groleau&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p><em>Jeudi 22 avril 1915<br>J\u2019ai choisi un emplacement o\u00f9 je prends les Allemands de dos. Je leur envoie pas mal de balles, mais je ne sais si elles font leur besogne. Je fais aussi travailler quelques hommes \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration d\u2019abris. Les Boches travaillent \u00e9galement car, \u00e0 la lueur des fus\u00e9es, on les voit dans leurs tranch\u00e9es&nbsp;; ils sont canard\u00e9s \u00e0 fond. Les heures passent lentement et, \u00e0 3 h 30, je vais \u00e9veiller le chef de peloton et commande ensuite la corv\u00e9e de nettoyage des boyaux de communication. Je mange ensuite une bo\u00eete de singe et m\u2019\u00e9tends alors sur ma paille fra\u00eeche. \u2026\u00e0 10 h, on m\u2019\u00e9veille pour prendre mon service de quart. Cela marche bien et on ne signale rien jusque 12 h que dure ma garde. Je mange alors encore et me recouche ensuite. Je me repose car la nuit, il pourrait y avoir un grand changement. Des renforts de zouaves arrivent ensuite en plein jour et \u00e0 travers les champs. Ils sont re\u00e7us \u00e0 coups d\u2019obus et de shrapnells. Il y a des tu\u00e9s et des bless\u00e9s. \u2026. Voil\u00e0 18 h, le temps s\u2019assombrit en m\u00eame temps que commence un bombardement formidable. Les Allemands jettent du liquide asphyxiant et du soufre. Beaucoup de Fran\u00e7ais sont asphyxi\u00e9s. Ils doivent reculer et laissent une compagnie et demi prisonni\u00e8re \u2026 Nous, nous devions partir \u00e0 l\u2019aide des Fran\u00e7ais sur la droite&#8230; des cris et la canonnade terrible. On devient sourd et la mitrailleuse qui fauche. On ne se croit pas survivre \u00e0 une sc\u00e8ne d\u2019enfer. Partout aussi la fusillade. On arrive enfin et nous occupons un malheureux boyau de communication &#8230; \u00e0 20 h, \u2026 les Allemands s\u2019am\u00e8nent par quatre pour nous attaquer. Nous sommes l\u00e0 une trentaine et quelques Fran\u00e7ais sans munitions. On leur lance la lumi\u00e8re du r\u00e9flecteur pour les aveugler et alors on fusille les Boches. Il en tombe pas mal, la mitrailleuse nous aidant d\u2019ailleurs. Quel massacre&nbsp;! Chose bien terrible que la guerre&nbsp;! Nous sommes l\u00e0 dans un cercle de feu, les obus \u00e9clatent autour de nous, les balles sifflent et partout aussi le rougeoiement de l\u2019incendie. Les hommes tombent morts ou bless\u00e9s. Quel carnage&nbsp;!<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ecrire la guerre&#8230;\u00a0\u00bbun journal de campagne c\u2019est chose sacr\u00e9e\u00a0!\u00a0\u00bb La publication des carnets du sergent des grenadiers Gustave Groleau, dans&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3531,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-3530","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-entre-les-lignes","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3530","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3530"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3530\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3532,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3530\/revisions\/3532"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3531"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3530"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3530"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3530"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}