{"id":3001,"date":"2015-12-18T12:12:38","date_gmt":"2015-12-18T11:12:38","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3001"},"modified":"2020-11-10T12:18:42","modified_gmt":"2020-11-10T11:18:42","slug":"family-photographies-danne-catherine-chevalier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=3001","title":{"rendered":"FAMILY photographies d\u2019Anne-Catherine Chevalier"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant trois ans, souvent le dimanche, Anne-Catherine Chevalier est all\u00e9e poser son objectif devant diff\u00e9rentes familles et les a photographi\u00e9es. En leur demandant de \u00ab\u00a0prendre la pose\u00a0\u00bb, la photographe se place dans la tradition des anciennes photos de famille que l\u2019on retrouve dans les albums du d\u00e9but du si\u00e8cle pass\u00e9, en noir et blanc, r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 une vitesse d\u2019obturation tellement lente qu\u2019elle obligeait le sujet \u00e0 se figer. Nous \u00e9tions loin des instantan\u00e9s que nous faisions en argentique, plus loin encore des millions de clich\u00e9s argentiques qui nous captent en toutes circonstances. Aux familles qu\u2019elle photographie et qu\u2019elle a r\u00e9unis dans cet album surprenant, Chevalier a demand\u00e9 de ne pas adopter le sourire traditionnel et convenu, de ne pas articuler le \u00ab\u00a0cheeeeezz\u00a0\u00bb que l\u2019on sollicite pendant les r\u00e9unions de famille. Elle obtient ainsi que les masques tombent, que dans le regard qui nous fixe sans vouloir s\u00e9duire, dans le visage qui se fige sans fard, une v\u00e9rit\u00e9 grave s\u2019installe. Bien s\u00fbr, chacun de nous qui ouvre ce livre projettera sur ces photos, pour peu qu\u2019il prenne le temps de vraiment les regarder, des sentiments, des \u00e9motions, une histoire qui n\u2019auront \u00e9t\u00e9 ni ressentis ni v\u00e9cus par ces hommes, ces femmes, ces enfants qui nous fixent. Chaque individualit\u00e9, capt\u00e9e par l\u2019objectif, cesse d\u2019\u00eatre une personne en particulier, mais nous raconte un fragment d\u2019universel. A tel visage j\u2019attribuais de la tristesse, \u00e0 tel autre de la joie. Peu importe que cette tristesse et cette joie aient \u00e9t\u00e9 ressenties par les sujets au moment de la prise de vue&nbsp;: l\u2019image, dans la d\u00e9marche que s\u2019impose Chevalier, est autant un portrait qu\u2019un reflet.<br>Nous avons rencontr\u00e9 Anne-Catherine Chevalier et lui avons demand\u00e9 de nous raconter cette d\u00e9marche singuli\u00e8re qui l\u2019a conduite, apr\u00e8s un album remarqu\u00e9 de portraits de \u00ab\u00a0M\u00e8res et filles\u00a0\u00bb, d\u2019explorer l\u2019\u00e9nigme de la famille dont chacune de nos lectures d\u00e9chiffre avec \u00e9motion la complexit\u00e9 et l\u2019\u00e9tranget\u00e9.<br>N\u2019est-ce pas, \u00e0 travers ces familles, un kal\u00e9idoscope de notre soci\u00e9t\u00e9 que l\u2019artiste nous donne \u00e0 lire, stimulant \u00e0 la fois l\u2019interrogation et la curiosit\u00e9, mais aussi appelant \u00e0 ne pas juger.<br>Cet album publi\u00e9 chez apart\u00e9 m\u00e9rite d\u2019\u00eatre regard\u00e9, observ\u00e9, \u00e0 plusieurs reprises. Sa richesse ne s\u2019\u00e9puise pas. Au contraire, chaque fois que vous arr\u00eatez votre regard sur une des familles qui le composent, vous \u00e9prouverez un \u00e9trange sentiment de proximit\u00e9, comme si par la photographie, l\u2019artiste renouait les liens si fragiles d\u2019une fraternit\u00e9 ancienne et essentielle.<br>Ne manquez pas ce livre auquel est jointe un court essai de la psychanalyste Diane Drory, qui qualifie la famille de \u00ab\u00a0terre inconnue, \u00e0 r\u00e9inventer sans cesse\u00a0\u00bb. Ne dit pas \u00ab\u00a0inventer\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0d\u00e9couvrir\u00a0\u00bb, lorsqu\u2019il s\u2019agit de tr\u00e9sors enfouis, de galions naufrag\u00e9s, de grottes magdal\u00e9niennes comme celle de [Lascaux-&gt;Pendant trois ans, souvent le dimanche, Anne-Catherine Chevalier est all\u00e9e poser son objectif devant diff\u00e9rentes familles et les a photographi\u00e9es. En leur demandant de \u00ab\u00a0prendre la pose\u00a0\u00bb, la photographe se place dans la tradition des anciennes photos de famille que l\u2019on retrouve dans les albums du d\u00e9but du si\u00e8cle pass\u00e9, en noir et blanc, r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 une vitesse d\u2019obturation tellement lente qu\u2019elle obligeait le sujet \u00e0 se figer. Nous \u00e9tions loin des instantan\u00e9s que nous faisions en argentique, plus loin encore des millions de clich\u00e9s argentiques qui nous captent en toutes circonstances. Aux familles qu\u2019elle photographie et qu\u2019elle a r\u00e9unis dans cet album surprenant, Chevalier a demand\u00e9 de ne pas adopter le sourire traditionnel et convenu, de ne pas articuler le \u00ab\u00a0cheeeeezz\u00a0\u00bb que l\u2019on sollicite pendant les r\u00e9unions de famille. Elle obtient ainsi que les masques tombent, que dans le regard qui nous fixe sans vouloir s\u00e9duire, dans le visage qui se fige sans fard, une v\u00e9rit\u00e9 grave s\u2019installe. Bien s\u00fbr, chacun de nous qui ouvre ce livre projettera sur ces photos, pour peu qu\u2019il prenne le temps de vraiment les regarder, des sentiments, des \u00e9motions, une histoire qui n\u2019auront \u00e9t\u00e9 ni ressentis ni v\u00e9cus par ces hommes, ces femmes, ces enfants qui nous fixent. Chaque individualit\u00e9, capt\u00e9e par l\u2019objectif, cesse d\u2019\u00eatre une personne en particulier, mais nous raconte un fragment d\u2019universel. A tel visage j\u2019attribuais de la tristesse, \u00e0 tel autre de la joie. Peu importe que cette tristesse et cette joie aient \u00e9t\u00e9 ressenties par les sujets au moment de la prise de vue&nbsp;: l\u2019image, dans la d\u00e9marche que s\u2019impose Chevalier, est autant un portrait qu\u2019un reflet. Nous avons rencontr\u00e9 Anne-Catherine Chevalier et lui avons demand\u00e9 de nous raconter cette d\u00e9marche singuli\u00e8re qui l\u2019a conduite, apr\u00e8s un album remarqu\u00e9 de portraits de \u00ab\u00a0M\u00e8res et filles\u00a0\u00bb, d\u2019explorer l\u2019\u00e9nigme de la famille dont chacune de nos lectures d\u00e9chiffre avec \u00e9motion la complexit\u00e9 et l\u2019\u00e9tranget\u00e9. N\u2019est-ce pas, \u00e0 travers ces familles, un kal\u00e9idoscope de notre soci\u00e9t\u00e9 que l\u2019artiste nous donne \u00e0 lire, stimulant \u00e0 la fois l\u2019interrogation et la curiosit\u00e9, mais aussi appelant \u00e0 ne pas juger. Cet album publi\u00e9 chez apart\u00e9 m\u00e9rite d\u2019\u00eatre regard\u00e9, observ\u00e9, \u00e0 plusieurs reprises. Sa richesse ne s\u2019\u00e9puise pas. Au contraire, chaque fois que vous arr\u00eatez votre regard sur une des familles qui le composent, vous \u00e9prouverez un \u00e9trange sentiment de proximit\u00e9, comme si par la photographie, l\u2019artiste renouait les liens si fragiles d\u2019une fraternit\u00e9 ancienne et essentielle. Ne manquez pas ce livre auquel est jointe un court essai de la psychanalyste Diane Drory, qui qualifie la famille de&nbsp;<em>\u00ab\u00a0terre inconnue, \u00e0 r\u00e9inventer sans cesse\u00a0\u00bb<\/em>. Ne dit-on pas \u00ab\u00a0inventer\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0d\u00e9couvrir\u00a0\u00bb, lorsqu\u2019il s\u2019agit de tr\u00e9sors enfouis, de galions naufrag\u00e9s, de sites arch\u00e9ologiques&nbsp;?<br>N\u2019allons-nous pas, \u00e0 travers ces photos, r\u00e9-inventer, re-d\u00e9couvrir, re-conna\u00eetre notre propre famille, donnant ainsi raison \u00e0 la phrase de Nancy Huston plac\u00e9e en exergue du livre&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab\u00a0Nous ne tombons pas du ciel mais poussins sur un arbre g\u00e9n\u00e9alogique\u00a0\u00bb&nbsp;?<\/em><br>C\u2019est \u00e0 cette exp\u00e9rience que nous sommes invit\u00e9s ici&nbsp;: \u00e0 nous de nous y livrer&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Edmond Morrel, Bruxelles, le 18 d\u00e9cembre 2015<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: FAMILY photographies d\u2019Anne-Catherine Chevalier\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/3rprvmLai5n53MyYpxxQMg?si=_xEu_g7kTsaMpqISCUc-mw\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pendant trois ans, souvent le dimanche, Anne-Catherine Chevalier est all\u00e9e poser son objectif devant diff\u00e9rentes familles et les a photographi\u00e9es.&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3002,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-3001","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-entre-les-lignes","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3001","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3001"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3001\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3003,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3001\/revisions\/3003"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3002"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3001"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3001"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3001"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}