{"id":283,"date":"2011-10-08T09:55:57","date_gmt":"2011-10-08T07:55:57","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=283"},"modified":"2020-10-28T15:01:18","modified_gmt":"2020-10-28T14:01:18","slug":"et-si-le-second-rayon-etait-le-premier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=283","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Et si le second rayon \u00e9tait le premier ?\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le march\u00e9 du livre est comme tous les autres&nbsp;: un syst\u00e8me o\u00f9 ne survivent que les plus forts, les plus performants, les mieux promus surtout. Cette ann\u00e9e, ce m\u00e9canisme se v\u00e9rifie plus que jamais. On a l\u2019impression que la course est d\u00e9j\u00e0 gagn\u00e9e. Elle concerne quelques ouvrages qui caracolent en t\u00eate des ventes, comme ils sont les mieux r\u00e9percut\u00e9s par les m\u00e9dias. On ne va pas les citer une fois encore&nbsp;: ils sont rappel\u00e9s \u00e0 saturation sur les \u00e9crans, sur les ondes, dans les journaux, les magazines, qu\u2019ils soient sp\u00e9cialis\u00e9s ou non. Car le plus d\u00e9solant est que m\u00eame les publications pour vrais amateurs, comme on dit, sacrifient aux passages oblig\u00e9s impos\u00e9s par les campagnes de sensibilisation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est tout le paradoxe&nbsp;: on n\u2019a jamais publi\u00e9 tant de livres, on n\u2019a jamais autant r\u00e9duit le choix des amateurs. Si, dans les librairies, on ne voyait pas \u00e9pingl\u00e9s en guise de \u00ab&nbsp;coups de c\u0153urs&nbsp;\u00bb comme on dit, les livres qui s\u2019affichent un peu partout comme les \u00ab&nbsp;musts&nbsp;\u00bb sur lesquels il fallait \u00e0 toutes forces se pr\u00e9cipiter, on croirait disposer d\u2019une alternative aux injonctions des faiseurs d\u2019opinion, mais c\u2019est exceptionnel. Comme si les libraires, v\u00e9ritables h\u00e9ros de la cha\u00eene du livre pourtant, dont on ne saluera jamais assez le courage et l\u2019endurance, avaient \u00e9t\u00e9, eux aussi, contamin\u00e9s par l\u2019intoxication g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<br>Car, m\u00eame dans leurs rayons, il faut bien les chercher, les livres qui sont les vraies surprises, leurs \u00e9diteurs n\u2019ayant pas les moyens de d\u00e9ployer la grosse artillerie publicitaire \u00e0 leur profit. Ces \u00e9diteurs peuvent \u00eatre particuli\u00e8rement d\u00e9sarm\u00e9s. Parce qu\u2019ils ne sont pas parisiens, par exemple, ou pire encore&nbsp;: pas m\u00eame fran\u00e7ais. Oh, quelle indignit\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est qu\u2019ils peuvent aussi p\u00e2tir d\u2019un handicap suppl\u00e9mentaire, r\u00e9dhibitoire m\u00eame&nbsp;: \u00eatre belge. Ce qui implique de ne pas \u00eatre admis sur le territoire de l\u2019hexagone, malgr\u00e9 les recommandations europ\u00e9ennes de libre circulation des biens et des services. De ne pas avoir droit au moindre espace dans les m\u00e9dia, m\u00eame belges, o\u00f9 l\u2019on pratique si souvent le suivisme \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Ville-lumi\u00e8re, qui en l\u2019occurrence repousse dans l\u2019ombre ce qui ne gravite pas dans son environnement imm\u00e9diat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des exemples de petites merveilles qui risquent cette clandestinit\u00e9 sans rem\u00e8de&nbsp;? J\u2019en citerais trois, \u0153uvres de femmes \u00e9crivains au talent \u00e9clatant. \u00ab&nbsp;Un \u00e9clat de vie&nbsp;\u00bb, de Marie-Eve St\u00e9nuit, qui avait d\u00e9j\u00e0 quelques livres tr\u00e8s originaux \u00e0 son actif et qui d\u00e9taille ici ce qu\u2019un choc affectif peut produire chez celle qui le subit, une magnifique illustration du vers d\u00e9chirant de Vigny \u00ab&nbsp;un seul \u00eatre vous manque et tout est d\u00e9peupl\u00e9&nbsp;\u00bb. Esp\u00e9rons que le magnifique travail d\u2019\u00e9dition de Francis Dannemark dont elle b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 Bruxelles soit vraiment soutenu par son partenaire bordelais \u00ab&nbsp;Le castor astral&nbsp;\u00bb.<br>Il faut aussi dire toute l\u2019\u00e9motion que contient \u00ab&nbsp;Premier chagrin&nbsp;\u00bb, le poignant roman pour adolescents d\u2018Eva Kavian, dans la s\u00e9rie Zone J chez Mijade. Une petite jeune fille y obtient son premier engagement comme baby-sitter et s\u2019aper\u00e7oit que c\u2019est plut\u00f4t une grand-m\u00e8re qu\u2019elle vient assister, une bonne maman qu\u2019un cancer ronge peu \u00e0 peu. C\u2019est dr\u00f4le, d\u00e9chirant, tonique, irr\u00e9sistible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">St\u00e9nuit et Kavian avaient d\u00e9j\u00e0 des \u00e9tats de service dans le roman. Ce n\u2019est pas le cas de Genevi\u00e8ve Damas, que l\u2019on ne connaissait que comme dramaturge&nbsp;: c\u2019est elle qui a \u00e9crit et interpr\u00e9t\u00e9 les avatars de Molly, avec lesquels elle ne cesse de tourner sur les sc\u00e8nes de Bruxelles et de Wallonie. Avec \u00ab&nbsp;Si tu passes la rivi\u00e8re&nbsp;\u00bb, chez Luce Wilquin, elle fait de son coup d\u2019essai dans le roman un coup de ma\u00eetre. Elle reste fid\u00e8le \u00e0 la forme du monologue, qui lui sied si bien, mais se met dans la peau d\u2019un jeune berger un peu simplet. Le ton est juste, l\u2019\u00e9motion tout le temps \u00e0 fleur de phrase, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de c\u0153ur permanente.<br>S\u2019ils ne sont pas \u00e0 l\u2019\u00e9tal des libraires, il faut r\u00e9clamer ces livres, ou se les procurer par les nouvelles messageries&nbsp;: encore faut-il \u00eatre averti de leur parution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour ces trois r\u00e9ussites, c\u2019est chose faite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Jacques De Decker<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" title=\"Spotify Embed: &quot;Et si le second rayon \u00e9tait le premier?&quot;\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/7BTwbUOq4yA20FPzPGDNYq\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les \u00ab\u00a0Marges\u00a0\u00bb s\u2019encha\u00eenent sur quelques mesures de l\u2019allegro moderato alla fuga de la Sonate n\u00b02 de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.nicolasbacri.net\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Nicolas Bacri<\/a>&nbsp;interpr\u00e9t\u00e9 par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.eliane-reyes.com\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Eliane Reyes<\/a>. Ce morceau est extrait du r\u00e9cent CD enregistr\u00e9 chez NAXOS des \u00ab\u00a0Oeuvres pour piano de Nicolas Bacri\u00a0\u00bb interpr\u00e9t\u00e9es par Eliane Reyes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le disque r\u00e9unit les oeuvres suivantes&nbsp;:<br>Pr\u00e9lude et fugue, Op. 91<br>Sonate n\u00b0&nbsp;2<br>Suite baroque n\u00b01<br>Arioso baroccp e fuga monodica a due voci<br>Deux esquisses lyriques, Op. 13<br>Petit pr\u00e9lude<br>L\u2019enfance de l\u2019art, Op 69<br>Petites variations sur un th\u00e8me dod\u00e9caphonique, Op 69<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>R\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: NAXOS 8.572530<br><\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le march\u00e9 du livre est comme tous les autres&nbsp;: un syst\u00e8me o\u00f9 ne survivent que les plus forts, les plus&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":249,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-283","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-marges-et-contre-marge","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/283","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=283"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/283\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":401,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/283\/revisions\/401"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/249"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=283"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=283"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=283"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}