{"id":281,"date":"2011-10-14T09:54:59","date_gmt":"2011-10-14T07:54:59","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=281"},"modified":"2020-10-28T15:06:46","modified_gmt":"2020-10-28T14:06:46","slug":"quy-a-t-il-a-linterieur-de-lanoye","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=281","title":{"rendered":"Qu\u2019y a-t-il \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de Lanoye ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence&nbsp;: le plus grand \u00e9crivain belge de l\u2019heure est flamand. Il s\u2019appelle \u2013 est-il encore utile de le pr\u00e9ciser&nbsp;?- Tom Lanoye. Et il doit ce titre \u00e0 la plus \u00e9vidente des qualit\u00e9s&nbsp;: il a un talent fou, et tout pour \u00eatre tenu un jour pour un g\u00e9ant des lettres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019abord, il y a l\u2019ampleur de sa pr\u00e9sence sur les sc\u00e8nes, sur les \u00e9crans, sur les \u00e9tals des libraires. Au th\u00e9\u00e2tre, il donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre partout. Cet \u00e9t\u00e9, sa pi\u00e8ce sur Gilles de Rais \u00e9tait mont\u00e9e par un autre Flamand de haut lignage, Guy Cassiers, dans la cour du Palais des Papes. Ce ne fut pas, dans la presse fran\u00e7aise, le triomphe, mais l\u2019\u00e9v\u00e9nement fut suffisamment r\u00e9percut\u00e9 pour frapper les esprits. Toujours dans le registre du th\u00e9\u00e2tre, mais cette fois les surtitres sont en n\u00e9erlandais (\u00e0 l\u2019inverse de ce qui s\u2019est pass\u00e9 en Avignon), on peut voir depuis cette semaine sa pi\u00e8ce \u00ab&nbsp;Mamma Medea&nbsp;\u00bb d\u2019apr\u00e8s Euripide, jou\u00e9e par le Rideau de Bruxelles non pas au Palais des Beaux-Arts qui a abrit\u00e9 la compagnie depuis bient\u00f4t septante ans, mais dans un centre culturel flamand \u00e0 Schaerbeek, De Kriekelaar, et une mise en sc\u00e8ne d\u2019un coming-man du th\u00e9\u00e2tre francophone, Christophe Sermet. Le symbole, dans une Belgique qui est train de se reconstituer, ne manque pas de sel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais surtout, apr\u00e8s quelques repr\u00e9sentations au KVS, \u00e0 savoir le th\u00e9\u00e2tre royal flamand de Bruxelles, Lanoye en personne sillonne la Flandre avec un one-man-show inspir\u00e9 de son roman \u00ab&nbsp;Sprakeloos&nbsp;\u00bb, qui a paru \u00e0 la Diff\u00e9rence sous le titre \u00ab&nbsp;La langue de ma m\u00e8re&nbsp;\u00bb dans la version fran\u00e7aise d\u2019Alain van Crugten, traducteur attitr\u00e9 de Lanoye comme il fut celui du \u00ab&nbsp;Chagrin des Belges&nbsp;\u00bb de Hugo Claus. Le spectacle est une d\u00e9monstration stup\u00e9fiante de pr\u00e9sence sc\u00e9nique&nbsp;: Lanoye, durant presque trois heures, donne voix et corps \u00e0 son roman, dr\u00f4latique et tragique, hommage flamboyant \u00e0 sa m\u00e8re, com\u00e9dienne amateur qu\u2019un accident c\u00e9r\u00e9bral priva de l\u2019usage du langage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais ce n\u2019est pas tout&nbsp;: tandis que Lanoye br\u00fble les planches, la t\u00e9l\u00e9vision flamande diffuse, et ce pendant dix semaines, l\u2019adaptation de son roman \u00ab&nbsp;Het goddelijke monster&nbsp;\u00bb, qui pourrait s\u2019appeler \u00ab&nbsp;Le divin monstre&nbsp;\u00bb quand il para\u00eetra en fran\u00e7ais (Gallimard y songe). C\u2019est le portrait-charge au vitriol d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 flamande repr\u00e9sentative de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence politique qui \u00e9branle actuellement l\u2019Europe sur ses bases. Lanoye y diss\u00e8que au scalpel une communaut\u00e9 repue et v\u00e9rol\u00e9e par le virus nationaliste. Il y retrouve son imparable lucidit\u00e9 de pamphl\u00e9taire, dont ses d\u00e9vastateurs \u00e9ditoriaux dans l\u2019hebdomadaire Humo, il y a quelques ann\u00e9es, avaient donn\u00e9 quelques m\u00e9morables \u00e9chantillons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lanoye&nbsp;? Un d\u00e9cathlonien de la culture, une machine de guerre qui propulse ses fus\u00e9es porteuses dans toutes les directions, et dont le premier carburant pourrait bien \u00eatre le g\u00e9nie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jacques De Decker<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>(enregistr\u00e9 le 11 octobre 2011)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les \u00ab\u00a0Marges\u00a0\u00bb s\u2019encha\u00eenent sur quelques mesures de l\u2019allegro moderato alla fuga de la Sonate n\u00b02 de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.nicolasbacri.net\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Nicolas Bacri<\/a>&nbsp;interpr\u00e9t\u00e9 par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.eliane-reyes.com\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Eliane Reyes<\/a>. Ce morceau est extrait du r\u00e9cent CD enregistr\u00e9 chez NAXOS des \u00ab\u00a0Oeuvres pour piano de Nicolas Bacri\u00a0\u00bb interpr\u00e9t\u00e9es par Eliane Reyes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le disque r\u00e9unit les oeuvres suivantes&nbsp;:<br>Pr\u00e9lude et fugue, Op. 91<br>Sonate n\u00b0&nbsp;2<br>Suite baroque n\u00b01<br>Arioso baroccp e fuga monodica a due voci<br>Deux esquisses lyriques, Op. 13<br>Petit pr\u00e9lude<br>L\u2019enfance de l\u2019art, Op 69<br>Petites variations sur un th\u00e8me dod\u00e9caphonique, Op 69<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>R\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: NAXOS 8.572530<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il faut se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence&nbsp;: le plus grand \u00e9crivain belge de l\u2019heure est flamand. 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