{"id":2779,"date":"2010-02-14T12:47:27","date_gmt":"2010-02-14T11:47:27","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2779"},"modified":"2020-11-06T13:04:56","modified_gmt":"2020-11-06T12:04:56","slug":"dans-ma-peau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2779","title":{"rendered":"Dans ma peau"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un \u00e9crivain est n\u00e9 de sa propre souffrance et des fant\u00f4mes des batailles de la Somme<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Guillaume de Fonclare est le Directeur G\u00e9n\u00e9ral&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.historial.org\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">de l\u2019Historial de la Grande Guerre \u00e0 P\u00e9ronne.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est aussi \u00e9crivain, entr\u00e9 d\u2019embl\u00e9e en Litt\u00e9rature avec son premier livre \u00ab\u00a0Dans ma peau\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9criture, il l\u2019a d\u00e9couverte dans le champ de bataille qu\u2019est son propre corps atteint d\u2019une maladie dite \u00ab\u00a0orpheline\u00a0\u00bb, une forme de myopathie qui endolorit chaque parcelle de chair et de muscle de cet homme de quarante ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Dans ma peau\u00a0\u00bb raconte, dans toute la puissance d\u2019\u00e9vocation que permet la litt\u00e9rature, la souffrance d\u2019un homme atteint d\u2019une de ces maladies qu\u2019on appelle \u00ab&nbsp;orpheline&nbsp;\u00bb&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;aucun accident, aucune violence n\u2019est \u00e0 l\u2019origine d\u2019un tel \u00e9tat&nbsp;; ce n\u2019est qu\u2019une intime cruaut\u00e9 dont je suis \u00e0 la fois l\u2019initiateur et l\u2019objet&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;\u00e9crit-il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre entrelace le t\u00e9moignage de la souffrance individuelle avec celle dont t\u00e9moigne l\u2019Historial de la Grande Guerre \u00e0 P\u00e9ronne&nbsp;\u00bb dont il est le directeur\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons voulu savoir comment est venue la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9crire en m\u00ealant les fant\u00f4mes des soldats \u00e0 la vie de celui qui la r\u00e9sume ainsi&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Je souffre, c\u2019est tout&nbsp;\u00bb\u2026<\/em>&nbsp;ou, et c\u2019est terrible,&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;je suis le plus vivant de tous ces fant\u00f4mes&nbsp;\u00bb<\/em>\u2026 La litt\u00e9rature transcende-t-elle la souffrance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai essay\u00e9 de comprendre ce qui faisait de son livre une \u0153uvre litt\u00e9raire dans le plus beau sens du terme, au del\u00e0 du r\u00e9cit qu\u2019il donne \u00e0 conna\u00eetre. Au fil de la lecture, je me disais que l\u2019auteur avait r\u00e9ussi \u00e0 transformer sa propre souffrance en une m\u00e9taphore de la violence, incarn\u00e9e par ces champs de bataille dont il est le \u00ab&nbsp;passeur&nbsp;\u00bb, r\u00e9alisant chaque jour ce que lui-m\u00eame appelle \u00ab&nbsp;<em>le devoir d\u2019Histoire&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je lis toujours attentivemet la formulation des remerciements en fin de volume, ils disent souvent beaucoup sur le travail de l\u2019\u00e9crivain\u2026l\u2019affrontement du d\u00e9couragement, l\u2019acharnement \u00e0 revenir sur la page, sur la plaie\u2026Guillaume de Fonclare nous dit comment il a organis\u00e9, avec celles et ceux qui l\u2019y ont encourag\u00e9, son travail d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On a dit de la Premi\u00e8re Guerre Mondiale qu\u2019elle avait celle au cours de laquelle on a le plus \u00e9crit&nbsp;: des lettres, des carnets que l\u2019on republie aujourd\u2019hui\u2026Ce besoin d\u2019\u00e9crire est n\u00e9 non pas pour exorciser, mais pour partager avec soi-m\u00eame\u2026&nbsp;? Qu\u2019est-ce qui a pouss\u00e9 tous ces soldats \u00e0 \u00e9crire&nbsp;? Est-ce du m\u00eame ordre que ce qui pousse de Fonclare vers la litt\u00e9rature&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans un tr\u00e8s \u00e9mouvant passage du livre, l\u2019auteur effectue un retour \u00e0 l\u2019enfance, \u00e0 la mort de son p\u00e8re, au chagrin de sa m\u00e8re\u2026et \u00e0 la litt\u00e9rature qui l\u2019accueille alors, et console un petit gar\u00e7on avide de lectures\u2026 N\u2019est-ce pas la boucle logique, d\u2019\u00e9crire \u00e0 pr\u00e9sent\u2026&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De Fonclare r\u00e9pond dans ce premier livre, car il y en aura d\u2019autres \u00e0 n\u2019en pas douter&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La plume me portera et elle me fera tomber tous les masques, elle me fera d\u00e9couvrir l\u2019immensit\u00e9 des mondes insoup\u00e7onn\u00e9s qui dorment au fond de moi&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Edmond Morrel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: Dans ma peau Un \u00e9crivain est n\u00e9 de sa propre souffrance et des fant\u00f4mes des batailles de la Somme\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/3IxEBKINRETwL7DKPZYaCZ?si=Fd1yRraLTJOUOuT4mZKEjQ\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.editions-stock.fr\/stock\/CtlPrincipal?controlerCode=CtlRecherche&amp;requestCode=rechercherArticles\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\"><strong>Quatri\u00e8me de couverture&nbsp;:<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0\u00ab&nbsp;Dans ma peau est un texte qui a ses racines dans le premier XXe si\u00e8cle, au temps o\u00f9 les hommes portaient la moustache et les femmes de larges chapeaux, quand les p\u00e9tarades automobiles effrayaient les chevaux sur les grands boulevards. Dans les violences d\u2019une guerre \u00e0 la fureur si nouvelle, un monde s\u2019est ab\u00eem\u00e9 et il ne nous en reste que quelques \u00e9chos d\u00e9form\u00e9s et des images tremblotantes que nous ne comprenons plus. Cette guerre, je la connais bien&nbsp;: je suis directeur de l\u2019Historial de la Grande Guerre \u00e0 P\u00e9ronne, dans la Somme, au c\u0153ur des champs de bataille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, l\u00e0 o\u00f9 s\u2019oppos\u00e8rent troupes britanniques, arm\u00e9es du Commonwealth et Allemands de 1914 \u00e0 1918. Et c\u2019est avec mon corps que j\u2019\u00e9prouve l\u2019\u00e2pret\u00e9 de l\u2019ancienne r\u00e9alit\u00e9 des combats&nbsp;; depuis quatre ans, je souffre d\u2019une maladie qui n\u2019a pas de nom et qui rend chacun de mes mouvements douloureux et p\u00e9nible, si bien que je ne connais plus de moment de paix et de repos. Il me semble parfois \u00eatre si pr\u00e8s de ceux dont je dis \u00eatre le t\u00e9moin que j\u2019en ferai souffrance commune avec ces hommes qui ne sont plus, que mon horizon est sans cesse bouscul\u00e9 d\u2019explosions intimes. Les objets que je c\u00f4toie, les uniformes impeccables qui dorment dans les r\u00e9serves de l\u2019Historial, les fusils comme les montres, les poignards comme les godillots, tout cela r\u00e9sonne de violences assoupies que je crois ressentir \u00e0 chaque instant. Voil\u00e0 ce que j\u2019ai essay\u00e9 de dire et d\u2019\u00e9crire&nbsp;; et l\u2019attention que je me porte serait diff\u00e9rente si elle n\u2019\u00e9tait pas le fruit de mon exp\u00e9rience \u00e0 l\u2019Historial, si elle n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9e d\u2019abord d\u2019une empathie pour de plus souffrants que moi\u00a0\u00bb Guillaume de Fonclare<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un \u00e9crivain est n\u00e9 de sa propre souffrance et des fant\u00f4mes des batailles de la Somme Guillaume de Fonclare est&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2780,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-2779","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2779"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2779\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2781,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2779\/revisions\/2781"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2780"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}