{"id":2726,"date":"2010-06-26T21:44:28","date_gmt":"2010-06-26T19:44:28","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2726"},"modified":"2020-11-05T21:58:38","modified_gmt":"2020-11-05T20:58:38","slug":"les-bons-offices-de-pierre-mertens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2726","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Les Bons Offices\u00a0\u00bb de Pierre Mertens"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1974, ce livre n\u2019a pas pris une ride.<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un roman, s\u2019inscrit hors du temps lorsqu\u2019il devient un classique. C\u2019est le cas des \u00ab\u00a0Bons Offices\u00a0\u00bb. D\u00e9couvrez le si vous ne l\u2019avez jamais lu. Re-d\u00e9couvrez le si vous \u00e9tiez parmi ses lecteurs en 1974&nbsp;: vous ne le reconna\u00eetrez pas. On le dirait \u00e9crit aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cet entretien enregistr\u00e9 chez Pierre Mertens et scand\u00e9 par le passage des trains, le romancier \u00e9voque l\u2019\u00e9criture de ce livre qui fait date dans l\u2019histoire des lettres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Edmond Morrel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: &quot;Les Bons Offices&quot; de Pierre Mertens Publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1974, ce livre n\u2019a pas pris une ride.1\/3\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/20E43dadSG07nzOprRgOLV\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour en savoir plus sur Pierre Mertens&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa biographie sur&nbsp;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pierre_Mertens\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Wikipedia<\/a>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab&nbsp;N\u00e9 de p\u00e8re r\u00e9sistant et de m\u00e8re juive, il a v\u00e9cu la 2e guerre mondiale comme \u00ab\u00a0enfant cach\u00e9\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e9lation qu\u2019il faite lors de son 70e anniversaire, le 9 octobre 2009, dans un entretien au journal \u00ab\u00a0Le Soir\u00a0\u00bb1.<br>\u00c0 11 ans, Pierre Mertens \u00e9crit d\u00e9j\u00e0 de petites pi\u00e8ces pour les f\u00eates scolaires. Avec le probl\u00e8me alg\u00e9rien, il s\u2019\u00e9veille \u00e0 la \u00ab&nbsp;conscience politique&nbsp;\u00bb. Tandis qu\u2019il \u00e9tudie \u00e0 l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e d\u2019Etterbeek, il entreprend une autobiographie en plusieurs tomes. Il se forme \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 libre de Bruxelles pour y \u00e9tudier le droit.<br>Influenc\u00e9 par Franz Kafka, Mertens commence \u00e0 publier romans et nouvelles en 1969 et re\u00e7oit le Prix M\u00e9dicis en 1987 pour Les \u00c9blouissements. Il poursuit n\u00e9anmoins ses activit\u00e9s de juriste, attentif aux combats pour les Droits de l\u2019homme. En 1989, il entre \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue et litt\u00e9rature de Belgique. Il est \u00e9galement nomm\u00e9 Chevalier de l\u2019Ordre des Arts et des Lettres de la R\u00e9publique fran\u00e7aise.<br>Reconnu et engag\u00e9, Mertens a r\u00e9fl\u00e9chi sur la fonction sociale de l\u2019\u00e9crivain. Pour lui, vie priv\u00e9e, fiction et Histoire sont indissociables. C\u2019est ainsi qu\u2019il accorde une place centrale \u00e0 la m\u00e9moire&nbsp;: le romancier trouve la mati\u00e8re de son \u0153uvre dans un pass\u00e9 personnel et historique. Lui m\u00eame est particuli\u00e8rement marqu\u00e9 par les activit\u00e9s de ses parents (un p\u00e8re journaliste et m\u00e9lomane, une m\u00e8re biologiste et pianiste), par l\u2019occupation allemande, l\u2019ex\u00e9cution des Rosenberg ou encore la trag\u00e9die des mineurs de Marcinelle en 1956. Plus tard, l\u2019observateur du droit international d\u00e9noncera le g\u00e9nocide au Biafra, la torture en Irlande et les prisons de Pinochet.\u2028Dans ses romans, on retrouve, d\u2019une part, l\u2019influence de la musique par les leitmotivs qui les traversent (la figure du tigre, par exemple). Il est aussi l\u2019auteur d\u2019un livret d\u2019op\u00e9ra, La passion de Gilles (1982). D\u2019autre part, ses voyages et sa formation universitaire lui permettent une ouverture \u00e0 un univers plus large que son pays. Dans Les Bons offices (1974) et Terre d\u2019asile (1978), par exemple, l\u2019histoire belge est pr\u00e9sent\u00e9e sous le regard d\u2019un \u00e9tranger et prend un sens nouveau. Mertens voit d\u2019ailleurs dans son pays une synth\u00e8se fascinante des probl\u00e8mes europ\u00e9ens.<br>Sur fond d\u2019Histoire, les personnages de Mertens se reconstruisent apr\u00e8s une cassure, une rupture, une trag\u00e9die. L\u2019\u00e9criture fait entendre ce d\u00e9chirement par la structure et le style&nbsp;: monologues d\u00e9lirants avec ellipses temporelles pour dire les contradictions de l\u2019individu dans le monde.<br>Le message de Mertens est cependant positif&nbsp;: le doute est f\u00e9cond, il ne doit jamais \u00eatre source de r\u00e9signation et il faut pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019homme de terrain aux cyniques. Quant \u00e0 la litt\u00e9rature, son r\u00f4le est primordial dans la lutte contre l\u2019obscurantisme&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Je m\u2019en remets \u00e0 la culture pour nous sauver. Le droit \u00e0 la litt\u00e9rature est un droit de l\u2019homme&nbsp;\u00bb. P. Mertens<br>Mertens d\u00e9clencha la controverse et le battage m\u00e9diatique dans son pays avec son livre Une paix royale, publi\u00e9 en 1995. Le livre raconte une histoire romanc\u00e9e de la famille royale de Belgique, m\u00e9langeant fiction et r\u00e9alit\u00e9. La princesse Lilian et le prince Alexandre de Belgique, que l\u2019auteur avait rencontr\u00e9s au domaine royal d\u2019Argenteuil, lui intent\u00e8rent un proc\u00e8s tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9 pour imposture. Mertens fut jug\u00e9 et contraint de retirer quelques pages des \u00e9ditions suivantes de son livre.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Bibliographie&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Inde ou l\u2019Am\u00e9rique, Seuil, 1969 (Prix Victor Rossel)<br>Le Niveau de la mer, L\u2019\u00c2ge d\u2019Homme, 1970<br>La F\u00eate des anciens, Seuil, 1971<br>L\u2019Imprescriptibilit\u00e9 des crimes de guerre et contre l\u2019humanit\u00e9, \u00c9dition de l\u2019Universit\u00e9 de Bruxelles, 1974<br>Les Bons offices, Seuil, 1974<br>N\u00e9crologies, Jacques Antoine, 1977<br>Terre d\u2019asile, Grasset, 1978<br>Ombres au tableau, Fayard, 1982 (Prix du roman de la CF)<br>La Passion de Gilles, Actes Sud, 1982<br>Terreurs, Talus d\u2019approche, 1983<br>Perdre, Fayard, 1984<br>Berlin, Autrement, 1986<br>Les \u00c9blouissements, Seuil, 1987 (Prix M\u00e9dicis)<br>Uwe Johnson, le scripteur de murs, Actes Sud, 1989<br>L\u2019Agent double, Complexe, 1989<br>Lettres clandestines, Seuil, 1990<br>Les Chutes centrales, Verdier, 1990<br>Les Phoques de San Francisco, Seuil, 1991<br>Flammes, th\u00e9\u00e2tre, Actes Sud-Papiers, 1993<br>Une paix royale, Seuil, 1995<br>Collision et autres nouvelles, Actes Sud\/Labor, 1995<br>Une seconde patrie, Arl\u00e9a, 1997<br>L\u2019oreille absolue, L\u2019Ambedui, 1999<br>Tout est feu, Alice, 1999<br>Rilke ou l\u2019ange d\u00e9chir\u00e9, La Renaissance du Livre, 2001<br>Perasma, Seuil, 2001<br>Ecrire apr\u00e8s Auschwitz&nbsp;?, La Renaissance du Livre, 2003<br>La violence et l\u2019amn\u00e9sie, Labor, 2004<br>Les chutes centrales, Grand Miroir, 2007<br>Le don d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 vivant, \u00c9ditions \u00c9criture, 2009<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.arllfb.be\/composition\/membres\/mertens.html\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Sur le site de l\u2019Acad\u00e9mie Royale de langue et litt\u00e9rature fran\u00e7aise de Belgique<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Pierre Mertens na\u00eet vraiment \u00e0 la litt\u00e9rature lorsqu\u2019il d\u00e9couvre, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quinze ans, le journal de Kafka. Il dira plus tard&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cette page tourn\u00e9e, une page de ma vie s\u2019\u00e9tait tourn\u00e9e aussi&nbsp;: c\u2019est la page qui m\u2019a fait \u00e9crivain. L\u2019homme qui avait pu \u00e9crire cela m\u2019apportait la seule consolation \u00e9crire. C\u2019\u00e9tait \u00e0 la fois la maladie et le rem\u00e8de\u2026 On pouvait en mourir, donc en vivre.&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;(apr\u00e8s les 3 premiers), les romans qui suivent ne quitteront pas les th\u00e9matiques individuelles, mais y associeront de plus en plus l\u2019espace de l\u2019Histoire&nbsp;: l\u2019ann\u00e9e de publication des Bons Offices (qui narre les rendez-vous rat\u00e9s de Paul Sanchotte avec les grands \u00e9v\u00e9nements de son temps et le d\u00e9risoire de ses m\u00e9diations d\u2019observateur international) sera aussi celle de L\u2019imprescriptibilit\u00e9 des crimes de guerre et contre l\u2019humanit\u00e9, un essai juridique.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Les oeuvres critiques comme L\u2019Agent double, les recueils de nouvelles, le livret d\u2019op\u00e9ra La Passion de Gilles, ainsi que les pi\u00e8ces Collision et Flammes rejoignent cette coul\u00e9e d\u2019\u00e9criture qui dessine l\u2019\u00e9paisseur d\u2019un imaginaire personnel hant\u00e9 par l\u2019\u00e9clatement et la dispersion, par la violence fondamentale du monde, les d\u00e9chirements et les maladies du corps social et de l\u2019histoire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1974, ce livre n\u2019a pas pris une ride. 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