{"id":262,"date":"2011-12-20T09:47:39","date_gmt":"2011-12-20T08:47:39","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=262"},"modified":"2020-10-28T15:06:07","modified_gmt":"2020-10-28T14:06:07","slug":"quand-sloterdijk-nous-eclaire-sur-ses-pairs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=262","title":{"rendered":"Quand Sloterdijk nous \u00e9claire sur ses pairs."},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0Oui, il peut arriver qu\u2019un ex\u00e9g\u00e8te ne soit pas un brouilleur de pistes, mais un \u00e9claireur au sens noble du terme.\u00a0\u00bb<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le livre de&nbsp;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Peter_Sloterdijk\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Peter Sloterdijk<\/a>&nbsp;auquel Jacques De Decker fait r\u00e9f\u00e9rence dans cette \u00ab\u00a0Marge\u00a0\u00bb est publi\u00e9 aux \u00e9ditions Libella Maren Sell et porte le titre de&nbsp;<strong>\u00ab\u00a0Temp\u00e9raments philosophiques\u00a0\u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quand sloterdijk nous \u00e9claire sur ses pairs.<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le propre de la philosophie, de nos jours, c\u2019est qu\u2019elle s\u2019organise selon une logique f\u00e9odale. Il y a les grosses t\u00eates, tr\u00e8s petites en nombre, qui constituent son panth\u00e9on r\u00e9duit \u00e0 quelques dizaines de noms. Il y a une infinit\u00e9 de commentateurs des pens\u00e9es issues des t\u00eates en question, dont l\u2019essentiel du travail consiste, sous pr\u00e9texte de clarifier la r\u00e9flexion de l\u2019ar\u00e9opage concern\u00e9, \u00e0 l\u2019obscurcir, voire \u00e0 la rendre opaque. Chacun d\u2019un peu entreprenant dans l\u2019approche de la philosophie aura compris que la r\u00e9putation de difficult\u00e9 de celle-ci tient plus \u00e0 cette cat\u00e9gorie des paraphraseurs, qui sont d\u2019ailleurs pour l\u2019essentiel des phraseurs. Et puis, il y a la pi\u00e9taille, celle qui s\u2019emploie, en salle de classe ou dans les gazettes, \u00e0 rendre quelque peu comestibles les propos de ces derniers et qui, sous pr\u00e9texte de vulgariser trahissent en fait les ma\u00eetres incontest\u00e9s, qu\u2019ils ignorent, parce qu\u2019ils se sont content\u00e9s de compiler la litt\u00e9rature secondaire, et \u00e9paississent du coup le malentendu.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deux conclusions s\u2019imposent&nbsp;: il vaut mieux lire les grands textes que les texticules qui pr\u00e9tendent les expliquer, et par ailleurs partir de l\u2019id\u00e9e que nous avons chacun une conscience, et que ce qui importe c\u2019est ce que, entra\u00een\u00e9s par les grands courants intellectuels, nous en pensons nous-m\u00eames.<br>Il peut arriver qu\u2019une exception vienne infirmer cette analyse. C\u2019est un petit livre de quelque 150 pages, une promenade parmi les g\u00e9ants de la philosophie qui ne tombe ni dans le pi\u00e8ge de la p\u00e9riphrase obscurantiste ni dans la r\u00e9duction jivaresque qui ram\u00e8ne Kant \u00e0 sa promenade quotidienne et Nietzsche \u00e0 son embrassade \u00e9questre. C\u2019est qu\u2019il est, tout simplement, le r\u00e9sultat d\u2019une rencontre entre pairs. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est trop rare pour que l\u2019on ne s\u2019en r\u00e9jouisse. C\u2019est que la soci\u00e9t\u00e9 philosophique est, comme toutes les autres, un tissu de chamailleries. Beaucoup de penseurs, pour pouvoir fonctionner, ont besoin de penser contre leurs coll\u00e8gues. La consid\u00e9ration mutuelle n\u2019est pas leur fort. Peut-\u00eatre parce que dans le temps de l\u2019\u00e9laboration de leur syst\u00e8me ou de leur doctrine, ils sont trop peu s\u00fbrs d\u2019eux pour ne pas proc\u00e9der d\u2019abord \u00e0 un nettoyage par le vide. En philosophie, la terre br\u00fbl\u00e9e est souvent tr\u00e8s fertile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peter Sloterdijk, lui, n\u2019a pas de complexes. D\u2019o\u00f9 les tirerait-il&nbsp;? Il est \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9tabli que cet Allemand au nom hollandais et \u00e0 la d\u00e9gaine de loup de mer est l\u2019un des intellectuels les plus performants d\u2019aujourd\u2019hui. Il a compris que notre monde n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec les temps obscurs o\u00f9 les satellites ne nous cernaient toujours pas et o\u00f9 les ordinateurs n\u2019\u00e9taient pas encore parvenus \u00e0 nous relier dans le plus serr\u00e9 des r\u00e9seaux plan\u00e9taires. Il parle en terme de sph\u00e8res, de globes et de bulles parce qu\u2019il se trouve que les plan\u00e8tes, \u00e0 commencer par la n\u00f4tre, ne sont pas cubiques. Fort de son propre apport \u00e0 l\u2019\u00e9lucidation du monde, il se penche avec bienveillance sur celui de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Comme il sait d\u2019exp\u00e9rience que l\u2019on ne pense qu\u2019en fonction de ses pulsions personnelles, il se donne pour t\u00e2che de d\u00e9crire ce qu\u2019il appelle des \u00ab&nbsp;temp\u00e9raments philosophiques&nbsp;\u00bb. Voil\u00e0 donc, dans les meilleurs des cas, Saint Augustin, Giordano Bruno, Descartes, Fichte, Marx, Wittgenstein, pour ne citer qu\u2019eux, cern\u00e9s dans ce qu\u2019ils ont de plus irr\u00e9ductiblement singulier, et qui tient \u00e0 l\u2019originalit\u00e9 de leur nature. Le monde a autant de significations que d\u2019esprits qui ont tent\u00e9 de le percer \u00e0 jour, et la vision que nous en avons est fonction des hantises, des manies, des lubies de ces personnages qui ont tent\u00e9 d\u2019aller au bout de leur qu\u00eate de compr\u00e9hension du monde et de nous-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Oui, il peut arriver qu\u2019un ex\u00e9g\u00e8te ne soit pas un brouilleur de pistes, mais un \u00e9claireur au sens noble du terme<br><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jacques De Decker<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" title=\"Spotify Embed: Quand Sloterdijk nous \u00e9claire sur ses pairs\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/2HJaNwquCiuQ8Ubv9pZZLP\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00ab\u00a0Marges\u00a0\u00bb s\u2019encha\u00eenent sur quelques mesures de l\u2019allegro moderato alla fuga de la Sonate n\u00b02 de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.nicolasbacri.net\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Nicolas Bacri<\/a>&nbsp;interpr\u00e9t\u00e9 par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.eliane-reyes.com\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Eliane Reyes<\/a>. Ce morceau est extrait du r\u00e9cent CD enregistr\u00e9 chez NAXOS des \u00ab\u00a0Oeuvres pour piano de Nicolas Bacri\u00a0\u00bb interpr\u00e9t\u00e9es par Eliane Reyes<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le disque r\u00e9unit les oeuvres suivantes&nbsp;:<br>Pr\u00e9lude et fugue, Op. 91<br>Sonate n\u00b0&nbsp;2<br>Suite baroque n\u00b01<br>Arioso baroccp e fuga monodica a due voci<br>Deux esquisses lyriques, Op. 13<br>Petit pr\u00e9lude<br>L\u2019enfance de l\u2019art, Op 69<br>Petites variations sur un th\u00e8me dod\u00e9caphonique, Op 69<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: NAXOS 8.572530<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Oui, il peut arriver qu\u2019un ex\u00e9g\u00e8te ne soit pas un brouilleur de pistes, mais un \u00e9claireur au sens noble du&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":249,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-262","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-dailleurs","category-marges-et-contre-marge","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=262"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/262\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":392,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/262\/revisions\/392"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/249"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}