{"id":259,"date":"2011-12-28T09:46:31","date_gmt":"2011-12-28T08:46:31","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=259"},"modified":"2020-10-28T15:06:01","modified_gmt":"2020-10-28T14:06:01","slug":"revenir-de-loin-de-marie-laberge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=259","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Revenir de loin\u00a0\u00bb de Marie Laberge"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le roman de Marie Laberge, \u00ab\u00a0Revenir de loin\u00a0\u00bb est publi\u00e9 aux&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.editionsboreal.qc.ca\/catalogue\/livres\/revenir-loin-1788.html\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Editions Bor\u00e9al<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On ne l\u2019a encore vue ou entendue dans aucune \u00e9mission ou publication en Europe, et pourtant elle est l\u2019une des romanci\u00e8res francophones \u00e0 avoir le plus touch\u00e9 de lecteurs de ce c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique, alors qu\u2019elle vit \u00e0 Montr\u00e9al. Les chiffres sont troublants, on l\u2019admettra&nbsp;: en poche, dans la collection Pocket, se sont vendus quelque quatre cents mille exemplaires de la trilogie \u00ab&nbsp;Le go\u00fbt du bonheur&nbsp;\u00bb, qui est un des livres les plus pl\u00e9biscit\u00e9s ce ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais alors que Catherine Pancol, quoi qu\u2019elle soit all\u00e9 vivre aux Etats-Unis, est omnipr\u00e9sente dans les m\u00e9dias fran\u00e7ais, Marie Laberge, puisque c\u2019est d\u2019elle qu\u2019il s\u2019agit, n\u2019y appara\u00eet pour ainsi dire pas. Elle est la belle inconnue du roman contemporain, comme si elle \u00e9crivait dans une langue des moins r\u00e9pandues, et se confinait sur une \u00eele hors du monde que l\u2019on disait civilis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les choses ne vont pas s\u2019arranger avec son dernier. Il est, depuis des mois, en t\u00eate des ventes au Qu\u00e9bec, et ne peut s\u2019acqu\u00e9rir chez nous que par le mode moderne de se procurer des livres, \u00e0 savoir Internet. Or, \u00ab&nbsp;Revenir de loin&nbsp;\u00bb est un roman dont, pour avoir recours \u00e0 une expression rab\u00e2ch\u00e9e, on ne sort pas intact. C\u2019est plus qu\u2019une exp\u00e9rience litt\u00e9raire, mais il s\u2019\u00e9prouve comme une \u00e9motion personnelle, comme la plong\u00e9e dans un drame humain singulier, et extraordinairement partageable. Il fonctionne comme une r\u00e9elle trag\u00e9die, dont on sait qu\u2019elle avait pour fonction la catharsis, une mani\u00e8re d\u2019avoir raison des \u00e9cueils et des p\u00e9rils de la condition humaine, pour pouvoir aller plus avant.<br>Une femme, Yolande, sort du coma apr\u00e8s un accident de voiture, frapp\u00e9e d\u2019amn\u00e9sie. Elle se doit de reconstituer son identit\u00e9 et sa destin\u00e9e, et elle y parvient, mais au prix de r\u00e9v\u00e9lations successives, pour elle comme pour nous, qui sont comme autant d\u2019\u00e9tapes dans la travers\u00e9e \u00e0 risque qu\u2019est une existence. Elle, \u00e9clop\u00e9e de la m\u00e9moire, ne trouve pour premier alli\u00e9 dans sa qu\u00eate qu\u2019un jeune handicap\u00e9 qui, \u00e0 sa diff\u00e9rence, ne parle que le joual, une langue d\u2019une immense saveur mais qui ne va pas sans obscurit\u00e9 pour les francophones standardis\u00e9s que nous sommes. Elle, par contre, est une correctrice, qui ne jure que par le bon usage. Leur dialogue est comme le duo d\u2019un clavecin et d\u2019une cornemuse, mais produit, au fil de la lecture, une \u00e9motion intense&nbsp;: jamais on n\u2019a, par l\u2019usage, mieux illustr\u00e9 l\u2019apprivoisement mutuel de deux \u00eatres bless\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Laberge ne les laisse pas au bord du chemin&nbsp;: elle montre comment l\u2019un et l\u2019autre vont acc\u00e9der \u00e0 une forme de salut, mais au prix de quels efforts, et de quelle g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 r\u00e9ciproque. Le livre n\u2019a rien de b\u00e9nisseur cependant&nbsp;: il fustige au passage bien des \u00e9go\u00efsmes et des aveuglements. Car Laberge est, quoi qu\u2019elle s\u2019en d\u00e9fende, une romanci\u00e8re moraliste. C\u2019est ce qui donne \u00e0 ses livres, et en particulier \u00e0 celui-ci, une dimension \u00e9thique \u00e9vidente, et si peu pr\u00e9sente dans l\u2019exercice pr\u00e9sent de la litt\u00e9rature. Son succ\u00e8s, elle ne le doit pas \u00e0 des formules ressass\u00e9es qui bercent le lecteur, mais \u00e0 cette vigilance qu\u2019elle impose par sa gr\u00e2ce de conteuse, et son in\u00e9puisable curiosit\u00e9 du c\u0153ur humain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un grand \u00e9crivain de ce temps, rare, unique en son genre, qui se fait, m\u00eame en Europe, le plus authentique des publics, celui de toutes celles et ceux qui attendent de la lecture un peu de clart\u00e9 sur l\u2019\u00e9nigme d\u2019exister.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jacques De Decker<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00ab\u00a0Marges\u00a0\u00bb s\u2019encha\u00eenent sur quelques mesures de l\u2019allegro moderato alla fuga de la Sonate n\u00b02 de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.nicolasbacri.net\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Nicolas Bacri<\/a>&nbsp;interpr\u00e9t\u00e9 par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.eliane-reyes.com\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Eliane Reyes<\/a>. Ce morceau est extrait du r\u00e9cent CD enregistr\u00e9 chez NAXOS des \u00ab\u00a0Oeuvres pour piano de Nicolas Bacri\u00a0\u00bb interpr\u00e9t\u00e9es par Eliane Reyes<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le disque r\u00e9unit les oeuvres suivantes&nbsp;:<br>Pr\u00e9lude et fugue, Op. 91<br>Sonate n\u00b0&nbsp;2<br>Suite baroque n\u00b01<br>Arioso baroccp e fuga monodica a due voci<br>Deux esquisses lyriques, Op. 13<br>Petit pr\u00e9lude<br>L\u2019enfance de l\u2019art, Op 69<br>Petites variations sur un th\u00e8me dod\u00e9caphonique, Op 69<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: NAXOS 8.572530<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le roman de Marie Laberge, \u00ab\u00a0Revenir de loin\u00a0\u00bb est publi\u00e9 aux&nbsp;Editions Bor\u00e9al On ne l\u2019a encore vue ou entendue dans&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":249,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-259","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-dailleurs","category-marges-et-contre-marge","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/259","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=259"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/259\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":261,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/259\/revisions\/261"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/249"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=259"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=259"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=259"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}