{"id":2517,"date":"2012-04-06T16:42:03","date_gmt":"2012-04-06T14:42:03","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2517"},"modified":"2020-11-04T17:02:23","modified_gmt":"2020-11-04T16:02:23","slug":"pour-memoire-de-mazarine-pingeot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2517","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Pour m\u00e9moire\u00a0\u00bb de Mazarine Pingeot"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Philosophe, chroniqueuse culturelle, Mazarine Pingeot est aussi (et surtout) romanci\u00e8re. Dans son dernier roman en date, elle explore les m\u00e9canismes troublants de la m\u00e9moire et, par ricochet, la mani\u00e8re dont la fiction romanesque peut en explorer les m\u00e9andres. ici, il ne s\u2019agit plus de la m\u00e9moire d\u2019un v\u00e9cu individuel, mais de la m\u00e9moire collective. Aujourd\u2019hui, la m\u00e9moire de l\u2019Histoire se nourrit d\u2019images. Leur apparente objectivit\u00e9 n\u2019est-elle pas insuffisante pour cr\u00e9er une v\u00e9ritable conscience de trag\u00e9dies comme la Shoah&nbsp;? La litt\u00e9rature n\u2019a-t-elle pas un r\u00f4le \u00e0 jouer dans le devoir de m\u00e9moire&nbsp;? N\u2019est-elle pas, en fin de compte, un instrument essentiel pour une transmission effective, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019Histoire&nbsp;?<br>En filigrane de ce roman \u00e9mouvant, la romanci\u00e8re \u00e9voque ces questions qui nous tiennent dans un salutaire \u00e9veil.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Edmond Morrel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: &quot;Pour m\u00e9moire&quot; de Mazarine Pingeot\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/3Jzq4jNgLB8S3H9Egi931S\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Sur le site de l\u2019\u00e9diteur&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.julliard.fr\/site\/pour_memoire_&amp;100&amp;9782260018315.html\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Julliard<\/a><br>Mazarine Pingeot ose un texte aussi violent que personnel ou elle met en sc\u00e8ne un adolescent d\u2019aujourd\u2019hui, d\u00e9vast\u00e9 par la d\u00e9couverte de la Shoah.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un gar\u00e7on hant\u00e9 par la Shoah. Pourtant, ni lui ni sa famille n\u2019ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par le g\u00e9nocide. Mais enfant, il a vu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision des images qu\u2019il n\u2019aurait pas d\u00fb voir &#8211; le cauchemar trop r\u00e9el de Nuit et Brouillard. Cela a suffi \u00e0 faire \u00e9crouler le d\u00e9but de sa vie. C\u2019est l\u2019histoire de cet adolescent qui n\u2019a plus trouv\u00e9 le sommeil, et d\u00e9cid\u00e9 de ne plus manger. Qui a construit son existence sur une obsession, celle de ces sc\u00e8nes d\u2019extermination massive, et qui s\u2019y est perdu, \u00e0 force de s\u2019interroger. Comment cela a-t-il \u00e9t\u00e9 possible&nbsp;? Comment vivre parmi les hommes apr\u00e8s \u00e7a&nbsp;? Comment \u00eatre un homme&nbsp;? Sous la forme d\u2019un monologue introspectif, le gar\u00e7on devenu adulte raconte le choc, la douleur, les d\u00e9lires, la descente aux enfers, depuis l\u2019enfant brusquement orphelin de ses fr\u00e8res humains, \u00e0 l\u2019adolescent anorexique qui m\u00e8ne une lutte intransigeante contre le bonheur, confondant devoir de m\u00e9moire et devoir de souffrance. Et nous \u00e9coutons, dans un texte aussi court que percutant, le cheminement de cette conscience en butte avec LA page noire du XXe si\u00e8cle. Avec une honn\u00eatet\u00e9 d\u00e9sarmante, Mazarine Pingeot surprend, encore une fois. C\u2019est la voix d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration mal \u00e0 l\u2019aise qu\u2019elle \u00e9l\u00e8ve, une g\u00e9n\u00e9ration grandie dans l\u2019effroi et l\u2019abstraction d\u2019une horreur \u00e0 laquelle elle a \u00e9chapp\u00e9, mais qui a fond\u00e9 son \u00e9poque ainsi que celles \u00e0 venir. Une g\u00e9n\u00e9ration ou chacun, juif ou non, s\u2019est retrouv\u00e9 en prise avec cette question. Parce que la Shoah est l\u2019h\u00e9ritage qui continue de mettre \u00e0 mal l\u2019id\u00e9e d\u2019humanit\u00e9, parce qu\u2019elle demeure une blessure, parce qu\u2019il est n\u00e9cessaire qu\u2019elle le demeure. La m\u00e9moire, la d\u00e9pression, la difficult\u00e9 d\u2019aimer, le poids \u00e9crasant de l\u2019Histoire sur les destins individuels, Mazarine Pingeot retrouve des th\u00e8mes qu\u2019elle tisse en les variant d\u2019un livre \u00e0 l\u2019autre, construisant une oeuvre sombre et singuli\u00e8re. Mais cette fois, c\u2019est l\u2019individu qui s\u2019en prend \u00e0 l\u2019Histoire, et tente de la soumettre. Un combat vain, dont l\u2019issue, malgr\u00e9 tout, rec\u00e8le un espoir&nbsp;: celui d\u2019une descendance meilleure.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Philosophe, chroniqueuse culturelle, Mazarine Pingeot est aussi (et surtout) romanci\u00e8re. 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