{"id":2225,"date":"2016-09-16T11:11:16","date_gmt":"2016-09-16T09:11:16","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2225"},"modified":"2020-11-02T11:26:16","modified_gmt":"2020-11-02T10:26:16","slug":"florence-noiville-est-ecrivain-beaucoup","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=2225","title":{"rendered":"Florence Noiville est \u00e9crivain. Beaucoup&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Florence Noiville est \u00e9crivain.<br>Beaucoup pensent qu\u2019elle est journaliste et critique litt\u00e9raire, sp\u00e9cialiste de litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re contemporaine au journal&nbsp;<em>\u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb<\/em>.<br>Ils se trompent. A plusieurs reprises elle l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 en publiant trois romans chez Stock, un r\u00e9cit biographique consacr\u00e9 \u00e0 Isaac B. Singer et deux recueils de portraits d\u2019\u00e9crivains&nbsp;<em>\u00ab\u00a0So British<\/em>\u00a0\u00bb (Gallimard) et&nbsp;<em>\u00ab\u00a0Literary Miniatures\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;(Seagull Books). C\u2019est \u00e0 propos de ce dernier ouvrage, compos\u00e9 de portraits initialement publi\u00e9s dans&nbsp;<em>Le Monde<\/em>, puis \u00e9dit\u00e9s outre-Atlantique, et enfin revenus vers nous dans leur version originale sous la couverture des&nbsp;<em>\u00c9ditions Autrement<\/em>, que nous sommes all\u00e9s \u00e0 la rencontre de celle qui n\u2019a pas choisi par hasard le titre de son livre, m\u00eame si elle l\u2019a emprunt\u00e9 \u00e0 un de ses mod\u00e8les&nbsp;:<em>&nbsp;\u00ab\u00a0\u00c9crire c\u2019est comme l\u2019amour\u00a0\u00bb<\/em>. A l\u2019enchantement de la lecture s\u2019est ajout\u00e9 celui de la rencontre avec celle dont nous allons essayer de faire le portrait&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme avant chacune de mes rencontres avec l\u2019auteur d\u2019un livre, m\u00eame si j\u2019ai lu et relu l\u2019ouvrage qui me vaut de le\/la rencontrer, je ne cesse de couvrir de notes les feuillets de mon cahier Atoma (un brevet belge a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 en 1948 pour prot\u00e9ger l\u2019invention de ces cahiers aux pages amovibles), de les d\u00e9placer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du cahier, de les raturer, de les surcharger de projets de questions, de sch\u00e9ma conducteur de l\u2019entretien, tout en feuilletant le livre, dont m\u2019envahit l\u2019angoissante sensation d\u2019en avoir tout oubli\u00e9. J\u2019ai profit\u00e9 d\u2019un s\u00e9jour \u00e0 Paris pour programmer cet entretien, m\u2019inscrivant ainsi inconsciemment dans la d\u00e9marche que Florence Noiville a choisie pour r\u00e9aliser de ses interlocuteurs un \u00ab&nbsp;portrait qui n\u2019est ni factuel ni&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;people&nbsp;\u00bb mais (qui) cherche \u00e0 \u00e9clairer l\u2019\u00e9motion premi\u00e8re \u2013 angoisse, d\u00e9chirement, frustration, interrogation, col\u00e8re, fantasme\u2026-, bref , l\u2019obsession qui constitue la force motrice de tout processus cr\u00e9atif, cette force autour de laquelle se noue le dialogue entre l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre (\u2026)&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Assis \u00e0 la terrasse d\u2019un restaurant italien , dont le gar\u00e7on a re\u00e7u pour consigne d\u2019orner chacune de ses phrases d\u2019un ou deux mots chant\u00e9s dans la langue de Dario Fo (un des portraits litt\u00e9raires du livre qui me nargue sur la nappe en papier inond\u00e9e d\u2019eau de San Pelegrino, \u00ab&nbsp;<em>Perdone, Monsieur, perdone&nbsp;<\/em>&nbsp;\u00bb), j\u2019essaie de me convaincre que je suis pr\u00eat \u00e0 aller au rendez-vous fix\u00e9 \u00e0 une centaine de m\u00e8tres de l\u00e0 o\u00f9 je me trouve, le centre Wallonie Bruxelles, face \u00e0 Beaubourg. Bien s\u00fbr, j\u2019avais la veille demand\u00e9 \u00e0 disposer d\u2019un bureau calme et silencieux, ne voulant \u00eatre parasit\u00e9 par rien qui me distrairait des dizaines de questions qui continuaient de m\u2019assaillir sans discontinuer , et qui surgiront, je l\u2019esp\u00e8re, lors du face \u00e0 face.<br>A l\u2019heure fix\u00e9e moins dix minutes, j\u2019entre dans la librairie du Centre Wallonie Bruxelles, me pr\u00e9sente et m\u2019inqui\u00e8te de l\u2019endroit r\u00e9serv\u00e9 pour l\u2019enregistrement. Bien entendu, personne ne semble au courant de cette r\u00e9servation. J\u2019en oublie toutes mes questions, feuillets Atoma, paperolles et autres post-ists pour clarifier au plus vite le probl\u00e8me. Appara\u00eet alors mon auteure, le regard dissimul\u00e9 derri\u00e8re de grandes lunettes noires . Nous nous embrassons (c\u2019est toujours pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 se serrer la main et puis je suis belge, en Belgique on fait la bise ), elle m\u2019offre un exemplaire du Monde (<em>\u00ab&nbsp;Il vient de sortir de presse&nbsp;\u00bb<\/em>), j\u2019essaie de dissimuler la d\u00e9sorganisation qui me hante, je songe \u00e0 un autre passage de la pr\u00e9face de son livre (<em>\u00ab&nbsp;Parfois, une fois au pied du mur, lorsque je me trouvais face \u00e0 l\u2019\u00e9crivain, j\u2019\u00e9tais toujours envahie par la timidit\u00e9. Toutes les questions qui me venaient \u00e0 l\u2019esprit me paraissaient stupides ou d\u00e9risoires.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;), je me rassure enfin en voyant arriver Pierre Vanderstappen qui avait organis\u00e9 l\u2019h\u00e9bergement de l\u2019interview.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Je vous ai r\u00e9serv\u00e9 une loge&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>confirme-t-il.<br>Nous nous retrouvons dans une loge \u00e9quip\u00e9e de tout le confort n\u00e9cessaire aux artistes (lavabos, boissons, grands miroirs de maquillage, frigo etc). Je d\u00e9pose mon cahier Atoma sur le rebord d\u2019un lavabo, allume mon micro (<em>\u00ab&nbsp;Ai-je bien remplac\u00e9 les piles&nbsp;?&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>est une question muette qui agr\u00e9mente souvent cet instant-l\u00e0\u2026) et m\u2019entends articuler la premi\u00e8re question qui m\u2019a bien surpris (elle ne figurait nulle part dans mes notes),&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Florence Noiville, la pr\u00e9face du roman \u00ab&nbsp;Pierre et Jean&nbsp;\u00bb de Maupassant est une formidable master class pour les apprentis romanciers, j\u2019ai eu le sentiment qu\u2019il en allait de m\u00eame en ce qui cncerne la pr\u00e9face de vos portarits litt\u00e9raires&nbsp;: une master class pour ceux qui aimeraient, comme vous le faites si bien, d\u00e9nouer l\u2019enigme de l\u2019\u00e9criture romanesque\u2026&nbsp;\u00bb<br><\/em><br>Quarante minutes plus tard, l\u2019entretien s\u2019ach\u00e8ve que vous allez \u00e9couter ici.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous rendons compte que nous sommes enferm\u00e9s dans l\u2019espace cin\u00e9ma du centre Wallonie Bruxelles dont nous d\u00e9livre un s\u00e9millant op\u00e9rateur, jailli de l\u2019\u00e9cran comme dans un film de Woody Allen. Nous nous attardons dans la salle d\u2019exposition et dans la lumi\u00e8re des toiles de Paul Delvaux, nous prenons cong\u00e9, non sans avoir fix\u00e9 le prochain rendez-vous, \u00e0 Bruxelles cette fois, au Palais des Acad\u00e9mies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019invit\u00e9e de la rencontre que j\u2019animerai le 19 d\u00e9cembre (notez la date&#8230; 18h Palais des Acad\u00e9mies ) dans le cadre de PEN Belgique sera Florence Noiville, \u00e0 qui je pourrai poser toutes ces questions qui attendent encore dans l\u2019encombrement de mon cahier Atoma, \u00e0 propos des \u00e9crivains que ce livre nous donne une stimulante envie de lire, toutes affaires cessantes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Florence Noiville est \u00e9crivain. Lorsqu\u2019elle parle de ses pairs, elle nous donne par le miracle cisel\u00e9 de portraits dessin\u00e9s avec le coeur, l\u2019envie irr\u00e9sistible de les d\u00e9couvrir, lire ou relire. Ce livre-biblioth\u00e8que qu\u2019elle nous donne aujourd\u2019hui, nous ouvre \u00e0 la confiante intimit\u00e9 des plus grands \u00e9crivains qu\u2019elle a r\u00e9ussi \u00e0 conqu\u00e9rir et qu\u2019elle partage avec passion et gourmandise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Edmond Morrel, Bruxelles, le 15 septembre 2016<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: Florence Noiville est \u00e9crivain. Beaucoup... 1\/2\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/0x9wGNPk6RPxJLFxBUx3R9\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: Florence Noiville est \u00e9crivain. Beaucoup... 2\/2\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/1akRsXHS1L8TU3rMwcR3kM\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Florence Noiville est \u00e9crivain.Beaucoup pensent qu\u2019elle est journaliste et critique litt\u00e9raire, sp\u00e9cialiste de litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re contemporaine au journal&nbsp;\u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb.Ils se&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2217,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-2225","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2225","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2225"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2225\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2226,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2225\/revisions\/2226"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2217"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2225"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2225"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}