{"id":204,"date":"2012-03-20T09:13:21","date_gmt":"2012-03-20T08:13:21","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=204"},"modified":"2020-10-28T15:05:21","modified_gmt":"2020-10-28T14:05:21","slug":"maupassant-le-champion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=204","title":{"rendered":"Maupassant le champion"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Puisque tout aujourd\u2019hui se chiffre, on s\u2019est aussi attel\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer quels sont les auteurs fran\u00e7ais , toutes \u00e9poques confondues, qui se sont le mieux vendus au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, rien qu\u2019en langue originale. Dans le peloton de t\u00eate se d\u00e9tache, devant Hugo, Dumas, Moli\u00e8re et les deux \u00e9crivains du si\u00e8cle dernier qui se sont le plus distingu\u00e9s, \u00e0 savoir Camus et Saint Exup\u00e9ry, en grand triomphateur, Guy de Maupassant. Cela veut dire qu\u2019il coiffe au poteau ses confr\u00e8res prosateurs Stendhal, Zola, Balzac et Zola et en particulier son ma\u00eetre Flaubert. C\u2019est une performance qui donne \u00e0 penser, d\u2019autant qu\u2019un recordman notoire, Simenon, pourtant d\u00e9tenteur du plus grand nombre de titres, ne figure, lui, qu\u2019en vingti\u00e8me place, avec tout juste moins d\u2019un million d\u2019ouvrages vendus. Maupassant, lui, en affiche trois millions quatre cent mille. Si l\u2019on prend en compte qu\u2019il faut y ajouter les traductions dans toutes les langues, Maupassant est donc, statistiquement s\u2019entend, l\u2019\u00e9crivain fran\u00e7ais par excellence.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut s\u2019en \u00e9tonner pourtant. Il n\u2019a pas invent\u00e9 de mythes litt\u00e9raires, ces silhouettes qui hantent notre imaginaire collectif, comme Madame Bovary, Rastignac, Julien Sorel ou le Petit Prince, pour ne pas parler des Trois Mousquetaires. Qui se souvient du nom de la protagoniste d\u2019\u00ab&nbsp;Une vie&nbsp;\u00bb, l\u2019un de ses cinq romans&nbsp;? Il n\u2019est pas le cr\u00e9ateur d\u2019un univers litt\u00e9raire qui engloberait la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re, un vaste syst\u00e8me comme en \u00e9chafaudent \u00ab&nbsp;La Com\u00e9die humaine&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Les Rougon-Maquart&nbsp;\u00bb. Il est, de plus, et c\u2019est ce qu\u2019il y a de plus \u00e9tonnant dans cette performance, moins un romancier qu\u2019un nouvelliste. Sur ce point, cette performance bat en br\u00e8ches une id\u00e9e re\u00e7ue et des plus tenaces&nbsp;: celle qui professe que le roman serait la forme fictionnelle par excellence. Maupassant n\u2019est jamais meilleur que dans la forme br\u00e8ve, c\u2019est m\u00eame en publiant \u00ab&nbsp;Boule de suif&nbsp;\u00bb qu\u2019il s\u2019est fait conna\u00eetre, pour devenir aussit\u00f4t, de son vivant, un \u00e9crivain f\u00eat\u00e9 qui a pu se permettre de quitter le minist\u00e8re o\u00f9 il \u00e9tait fonctionnaire et mener la vie qui lui chantait, \u00e0 sa table d\u2019\u00e9criture, bien s\u00fbr, mais aussi au fil des rivi\u00e8res et le long des c\u00f4t\u00e9s \u00e0 bord de son voilier, dans les bras de ses innombrables conqu\u00eates, et m\u00eame dans les airs, puisqu\u2019il adorait survoler les terres \u00e0 bord de son ballon, qu\u2019il avait appel\u00e9 \u00ab&nbsp;Le Horla&nbsp;\u00bb, titre qu\u2019il donnerait aussi \u00e0 ce bouleversant recueil qui chronique sa fatale bascule dans la d\u00e9mence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car Maupassant est mort jeune, et son \u0153uvre t\u00e9moigne d\u2019un \u00e9trange pr\u00e9monition. Son recours au r\u00e9cit rapide, serr\u00e9 comme un espresso, est le signe qu\u2019il n\u2019avait pas le temps de s\u2019appesantir, qu\u2019il ne pouvait pas se perdre dans les digressions. Il vivait pied au plancher, il annon\u00e7ait \u00ab&nbsp;L\u2019homme press\u00e9&nbsp;\u00bb de Paul Morand, autre nouvelliste notoire, dont nous sommes devenus, en nos temps survolt\u00e9s, des r\u00e9pliques malgr\u00e9 nous. En adoptant un mode de narration compatible avec notre rythme de vie, il s\u2019est garanti, plus d\u2019un si\u00e8cle apr\u00e8s sa mort, une place de choix au palmar\u00e8s des lettres&nbsp;: la premi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Jacques De Decker<\/strong><br><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" title=\"Spotify Embed: Maupassant le champion\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/741KRjj9M0q5omNaK2kW9q\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00ab\u00a0Marges\u00a0\u00bb s\u2019encha\u00eenent sur quelques mesures de l\u2019allegro moderato alla fuga de la Sonate n\u00b02 de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.nicolasbacri.net\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Nicolas Bacri<\/a>&nbsp;interpr\u00e9t\u00e9 par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.eliane-reyes.com\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Eliane Reyes<\/a>. Ce morceau est extrait du r\u00e9cent CD enregistr\u00e9 chez NAXOS des \u00ab\u00a0Oeuvres pour piano de Nicolas Bacri\u00a0\u00bb interpr\u00e9t\u00e9es par Eliane Reyes<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le disque r\u00e9unit les oeuvres suivantes&nbsp;:<br>Pr\u00e9lude et fugue, Op. 91<br>Sonate n\u00b0&nbsp;2<br>Suite baroque n\u00b01<br>Arioso baroccp e fuga monodica a due voci<br>Deux esquisses lyriques, Op. 13<br>Petit pr\u00e9lude<br>L\u2019enfance de l\u2019art, Op 69<br>Petites variations sur un th\u00e8me dod\u00e9caphonique, Op 69<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: NAXOS 8.572530<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Puisque tout aujourd\u2019hui se chiffre, on s\u2019est aussi attel\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer quels sont les auteurs fran\u00e7ais , toutes \u00e9poques confondues,&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":205,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-204","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-dailleurs","category-marges-et-contre-marge","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/204","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=204"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/204\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":381,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/204\/revisions\/381"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/205"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=204"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=204"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=204"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}