{"id":1736,"date":"2012-09-19T10:46:42","date_gmt":"2012-09-19T08:46:42","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1736"},"modified":"2020-10-29T10:53:46","modified_gmt":"2020-10-29T09:53:46","slug":"lecture-spectacle-de-retour-a-muganza-le-25-septembre-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1736","title":{"rendered":"Lecture spectacle de \u00ab\u00a0Retour \u00e0 Muganza\u00a0\u00bb le 25 septembre 2012"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab\u00a0Retour \u00e0 Muganza. R\u00e9cit d\u2019un avant-g\u00e9nocide\u00a0\u00bb de Marie Niyonteze aux Editions MEO<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Communiqu\u00e9&nbsp;:<br>Les \u00e9ditions M.E.O. ont le plaisir de vous inviter \u00e0 la lecture-spectacle \u00ab&nbsp;Retour \u00e0 Muganza&nbsp;\u00bb, r\u00e9cit d\u2019un avant-g\u00e9nocide<br>d\u2019apr\u00e8s le livre homonyme de Marie Niyonteze.<br>Le 25 septembre 2012 \u00e0 19h30<br>au Petit Th\u00e9\u00e2tre Mercelis, 13, rue Mercelis, 1050 Bruxelles<br>DANS LE CADRE DE LA SEMAINE DES FEMMES D\u2019IXELLES<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1990, l\u2019auteur est arr\u00eat\u00e9e pour le simple motif d\u2019\u00eatre tutsie. Elle ne doit la vie, et celle, provisoire h\u00e9las, de son b\u00e9b\u00e9 n\u00e9 en prison, qu\u2019\u00e0 un enfilement de chances. Mais un de ses fr\u00e8res sera ex\u00e9cut\u00e9. Et lors du g\u00e9nocide de 1994, alors qu\u2019elle a obtenu l\u2019asile en Belgique, toute sa famille, dont un de ses enfants, sera massacr\u00e9e.<br>En 1996, elle retourne secr\u00e8tement au Rwanda. Impossible de survivre sans retrouver leurs d\u00e9pouilles, leur donner une s\u00e9pulture. Puis, accompli ce devoir imp\u00e9rieux, il faut reprendre pied&nbsp;: \u00ab&nbsp;Seule, en accord avec moi-m\u00eame, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de vivre malgr\u00e9 tout, ma propre vie, afin de conserver votre m\u00e9moire, \u00e0 vous qu\u2019on a priv\u00e9s de vie.&nbsp;\u00bb<br>Une le\u00e7on de courage et de dignit\u00e9, mais aussi de lucidit\u00e9, qui se refuse \u00e0 \u00e9touffer sous une magnanimit\u00e9 feinte les souffrances et les r\u00e9voltes. \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas que je ne veuille pas pardonner, mais je ne trouve pas le pardon en moi (\u2026) J\u2019essaie seulement d\u2019\u00eatre sans haine.&nbsp;\u00bb<br>Lectrice&nbsp;: Yves-Marina Gnahoua<br>Accompagnement de musique rwandaise&nbsp;: Alphonsine Nyiratunga, Suzanne Nyiranyamibwa et Ben Ngabo.<br>Contacts &amp; informations<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.meo-edition.eu\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">\u00c9ditions M.E.O.<\/a><br>Avenue Jeanne 10 bte 5<br>B-1050 Bruxelles<br>Tel et fax&nbsp;: 32-2-648.04.10<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">contact@meo-edition.eu<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Marie Niyonteze sera pr\u00e9sente et se fera un plaisir de d\u00e9dicacer son livre.<br>Toutefois, la vente n\u2019\u00e9tant pas autoris\u00e9e durant les manifestations de la Semaine des Femmes, ceux et celles qui souhaiteraient une d\u00e9dicace devront se procurer le livre au pr\u00e9alable.<br>\u2013 Soit chez leur libraire pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 (distribution La Caravelle)<br>\u2013 Soit chez l\u2019\u00e9diteur \u00e0 l\u2019aide du bon de commande ci-joint (\u00e0 envoyer par courriel, fax ou poste)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ecoutez Marie Niyonteze au micro d\u2019Edmond Morrel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au moment de mettre en ligne l\u2019interview que m\u2019a accord\u00e9 Marie Niyonteze, \u00e9coutant l\u2019enregistrement, je me rends compte que la voix de l\u2019intervieweur n\u2019a r\u00e9ussi \u00e0 aucun moment \u00e0 se d\u00e9prendre de l\u2019\u00e9motion qui \u00e9treint celui qui donne \u00e0 dire l\u2019indicible. Chaque question soul\u00e8ve un insupportable rideau de deuil et de barbarie. Chaque mot prononc\u00e9 au cours de l\u2019entretien ou \u00e9crit \u00e0 chaque page de ce r\u00e9cit, r\u00e9sonne comme un glas. Quelle volont\u00e9 il aura fallu \u00e0 Marie pour retourner sur les lieux du g\u00e9nocide, \u00e0 l\u2019endroit de son g\u00e9nocide. Les assassins ont dissimul\u00e9 les cadavres dans la terre de Muganza. Marie s\u2019y est rendue clandestinement. Elle a exig\u00e9 des g\u00e9nocidaires qu\u2019ils lui indiquent o\u00f9 ils avaient \u00e9vacu\u00e9 les ossements de sa famille massacr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle leur a donn\u00e9 alors une vraie s\u00e9pulture. Premier devoir de m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De retour en Belgique, elle s\u2019est attel\u00e9e \u00e0 un second devoir de m\u00e9moire&nbsp;: \u00e9crire le r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne de ce que repr\u00e9sentent ces mots&nbsp;: \u00ab&nbsp;g\u00e9nocide au Rwanda&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est ce chemin sem\u00e9 de larmes et de rage, de dignit\u00e9 et d\u2019incr\u00e9dulit\u00e9, qu\u2019elle nous donne \u00e0 lire et qu\u2019elle \u00e9voque dans cet entretien \u00e9mouvant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marie ne peut pas pardonner. Elle s\u2019efforce de vivre sans haine, son combat dor\u00e9navant pour se reconstruire et pr\u00e9server la m\u00e9moire du g\u00e9nocide de 800.000 Rwandais, en majorit\u00e9 Tutsi, perp\u00e9tr\u00e9 entre le 6 avril et le 4 juillet 1994. Parmi ces 800.000 massacr\u00e9s se trouvaient le p\u00e8re, la m\u00e8re, les fr\u00e8res, les s\u0153urs de Marie et aussi Patrick, son fils, qu\u2019elle avait confi\u00e9 \u00e0 ses parents lors de l\u2019exil dans lequel l\u2019avait pr\u00e9cipit\u00e9, quatre ann\u00e9es avant le g\u00e9nocide, une premi\u00e8re arrestation arbitraire, qui lui sauva la vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici le r\u00e9cit d\u2019une femme sans haine et sans pardon. Survivante, elle nous invite par ce livre, \u00e0 partager le devoir de m\u00e9moire. Ils \u00e9taient 800.000. Nous \u00e9tions en 1994\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Edmond Morrel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: Lecture spectacle de &quot;Retour \u00e0 Muganza&quot; le 25 septembre 2012 1\/2\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/2Ytiote4HTYMoQWcqgG6pd\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Spotify Embed: Lecture spectacle de &quot;Retour \u00e0 Muganza&quot; le 25 septembre 2012 2\/2\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/32JBqk2hQ3R3goRPMcUzsd\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.meo-edition.eu\/muganza.html\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Pr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9diteur<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Un t\u00e9moignage de plus sur le g\u00e9nocide rwandais&nbsp;? N\u2019en avons-nous pas pl\u00e9thore&nbsp;? Que peut-il apporter que nous ne croyions savoir&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certes, comme pour la Shoah, comme pour le g\u00e9nocide arm\u00e9nien, il est essentiel d\u2019entretenir la flamme du souvenir dans notre monde o\u00f9 la ronde infernale des atrocit\u00e9s les chasse aussit\u00f4t des m\u00e9moires. Mais surtout, le r\u00e9cit de Marie Niyonteze nous prouve que ce g\u00e9nocide \u00e9tait pr\u00e9visible, qu\u2019une r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale avait eu lieu quatre ans auparavant, lors de la premi\u00e8re incursion du FPR.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cadre dans une entreprise belgo-rwandaise, Marie Niyonteze a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e en 1990 pour le simple motif d\u2019\u00eatre tutsie. Elle ne doit la vie, et celle, provisoire h\u00e9las, de son b\u00e9b\u00e9 n\u00e9 en prison, qu\u2019\u00e0 un enfilement de chances. Chance que n\u2019aura pas un de ses fr\u00e8res. Et quatre ans plus tard, alors qu\u2019elle a obtenu l\u2019asile en Belgique, toute sa famille, dont un de ses enfants rest\u00e9 au pays, sera massacr\u00e9e durant le g\u00e9nocide.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s que possible, au risque de perdre son droit d\u2019asile fra\u00eechement acquis, Marie Niyonteze retourne clandestinement au Rwanda. Elle ne pourra survivre sans avoir retrouv\u00e9 les d\u00e9pouilles de ses proches et leur avoir donn\u00e9 une s\u00e9pulture selon la tradition. Ce retour, avec les souvenirs qu\u2019il \u00e9veille, est au c\u0153ur du r\u00e9cit. Puis, accompli ce devoir imp\u00e9rieux, il faut reprendre pied&nbsp;: \u00ab&nbsp;Seule, en accord avec moi-m\u00eame, j\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de vivre malgr\u00e9 tout, ma propre vie, afin de conserver votre m\u00e9moire, \u00e0 vous qu\u2019on a priv\u00e9s de vie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ce r\u00e9cit bouleversant, bien qu\u2019\u00e9crit dans une langue tr\u00e8s sobre, sans l\u2019ombre d\u2019un pathos inutile, offre une le\u00e7on de courage et de dignit\u00e9, mais aussi de lucidit\u00e9, qui se refuse \u00e0 \u00e9touffer sous une magnanimit\u00e9 feinte les souffrances et les r\u00e9voltes.<br>\u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas que je ne veuille pas pardonner, mais je ne trouve pas le pardon en moi (\u2026) J\u2019essaie seulement d\u2019\u00eatre sans haine.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Retour \u00e0 Muganza. 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