{"id":1461,"date":"2019-11-07T10:10:55","date_gmt":"2019-11-07T09:10:55","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1461"},"modified":"2020-09-29T10:11:25","modified_gmt":"2020-09-29T08:11:25","slug":"le-reve-dun-fou-chante-par-la-magie-du-roman-de-nadine-monfils","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1461","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le r\u00eave d&rsquo;un fou\u00a0\u00bb chant\u00e9 par la magie du roman de Nadine Monfils"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a des romans qui, d&#8217;embl\u00e9e, enchantent. Ils sont rares. Pourtant, ils se ressemblent. A partir d&rsquo;un sujet, d&rsquo;un protagoniste, d&rsquo;un lieu ils d\u00e9plient leurs pages comme les cartons perfor\u00e9s des limonaires d&rsquo;antan et nous font entendre la musique singuli\u00e8re d&rsquo;un r\u00e9cit.\u00a0En ouvrant le dernier roman de Nadine Monfils, nous entrons dans le r\u00eave du facteur Cheval, un palais qu&rsquo;il a \u00e9difi\u00e9 de ses mains (au sens litt\u00e9ral du terme), pendant trente ann\u00e9es d&rsquo;un labeur obstin\u00e9 et obsessionnel. Ceux qui ont visit\u00e9 le \u00ab\u00a0Palais id\u00e9al\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 sid\u00e9r\u00e9s par l&rsquo;entreprise \u00e0 laquelle s&rsquo;est livr\u00e9 Ferdinand Cheval: \u00a0<em>Cette \u0153uvre magistrale \u00e9chappe au temps et n&rsquo;appartient \u00e0 aucune \u00e9poque. Elle rel\u00e8ve tout \u00e0 la fois d&rsquo;un exemple d&rsquo;art total et d&rsquo;une \u0153uvre de solitude extr\u00eame. Il doit \u00eatre regard\u00e9 comme un po\u00e8me ou une \u0153uvre d&rsquo;art.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ferdinand Cheval est le narrateur dans cette fiction o\u00f9 alternent des fragments de textes du facteur, et le r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne de trente ann\u00e9es de construction d&rsquo;un r\u00eave dont le projet est n\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9volte. A la mort de sa fille ch\u00e9rie, Alice, Ferdinand Cheval se lance \u00e0 corps perdu dans son r\u00eave de pierre qui aujourd&rsquo;hui encore, d\u00e9fie le temps et d\u00e9montre la force irr\u00e9pressible de l&rsquo;art, de la folie, des chim\u00e8res&#8230;Nadine Monfils a l&rsquo;art de raconter, \u00e0 partir du r\u00e9cit lin\u00e9aire et chronologique de trente ann\u00e9es de chantier, le destin d&rsquo;un homme simple et obstin\u00e9 qui a fait du songe une r\u00e9alit\u00e9 que les plus grands artistes ont salu\u00e9 (Picasso, Ernst, Eluard&#8230;). Ainsi Rimbaud, dans\u00a0<em>Une saison en enfer<\/em>, \u00e9crit-il cette sensation hallucin\u00e9e que lui inspira la palais id\u00e9al:\u00a0<em>Je voyais tr\u00e8s franchement une mosqu\u00e9e \u00e0 la place d&rsquo;une usine, une \u00e9cole de tambours faite par des anges, des cal\u00e8ches sur les routes du ciel, un salon au fond d&rsquo;un lac: les monstres, les myst\u00e8res&#8230;<\/em>Comme pour donner davantage de relief et de r\u00e9sonance \u00e0 son personnage et narrateur, Nadine Monfils lui invente un ami, Joseph. Un des plus touchants personnages du livre &#8211; il appartient \u00e0 la fiction &#8211; \u00a0permet \u00e0 la romanci\u00e8re d&rsquo;approfondir la d\u00e9marche de Cheval et de lui donner un vertige existentiel bouleversant.\u00a0On ne l\u00e2che pas ce livre une fois qu&rsquo;on en a d\u00e9ploy\u00e9 les premi\u00e8res pages, les premiers pas d&rsquo;un homme qui ira au bout de son r\u00eave et qui, apr\u00e8s l&rsquo;Histoire de l&rsquo;art, entre dans celle de la litt\u00e9rature gr\u00e2ce \u00e0 ce roman, \u00e0 glisser dans les rayons ensoleill\u00e9s des biblioth\u00e8ques, ceux o\u00f9 on aime \u00e0 revenir&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jean Jauniaux<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a des romans qui, d&#8217;embl\u00e9e, enchantent. Ils sont rares. Pourtant, ils se ressemblent. 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