{"id":1364,"date":"2020-08-21T11:22:49","date_gmt":"2020-08-21T09:22:49","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1364"},"modified":"2020-08-21T11:23:32","modified_gmt":"2020-08-21T09:23:32","slug":"livresse-des-livres-cest-aussi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=1364","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb&#8230;c&rsquo;est aussi &#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ivresse des livres c&rsquo;est aussi un recueil de nouvelles qui vient de para\u00eetre chez <a href=\"http:\/\/www.zellige.fr\">Zellige, une maison d&rsquo;\u00e9dition cr\u00e9\u00e9 par Roger Tavernier<\/a>,  dont le site du <a href=\"https:\/\/www.bief.org\/Publication-3642-Articles\/Zellige-l-experience-originale-d-un-editeur-francais-avec-l-edition-marocaine.html\">Bureau international de l&rsquo;\u00e9dition fran\u00e7aise <\/a>publiait une interview r\u00e9cemment.  Sur son (excellent) blog litt\u00e9raire  <a href=\"https:\/\/nathavh49.blogspot.com\/2014\/09\/a-la-rencontre-des-editions-zellige.html\">Nathalie Vanhauwaert<\/a> fait le portrait de cette maison d&rsquo;\u00e9dition orient\u00e9e vers les francophonies, et dont elle raconte la naissance qui fut aussi la rencontre avec un livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Roger Tavernier d\u00e9crit sa maison d&rsquo;\u00e9dition : \u00a0\u00bb <em>Ce choix du nom de Zellige, que l\u2019on peut rapprocher de mosa\u00efque, symbolise notre volont\u00e9 affirm\u00e9e d\u2019\u00e9changes, de partenariat et d\u2019ouverture. R\u00e9solument tourn\u00e9 vers la francophonie, avec un catalogue qui se veut diversifi\u00e9 (romans, essais, albums), Zellige a pour volont\u00e9 de d\u00e9velopper des partenariats avec des \u00e9diteurs, libraires ou diffuseurs du monde francophone, afin que les ouvrages puissent para\u00eetre simultan\u00e9ment dans ces diff\u00e9rents pays. Et avec une politique de prix adapt\u00e9e au pouvoir d\u2019achat local lorsque c\u2019est n\u00e9cessaire. Aujourd\u2019hui, Zellige se d\u00e9cline en quatre collections :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2022 Idrisi, pour le bassin m\u00e9diterran\u00e9en (Maroc, Alg\u00e9rie, Tunisie, Liban),\u2022 Ayiti, consacr\u00e9e \u00e0 Ha\u00efti et \u00e0 sa litt\u00e9rature si riche,\u2022 Vents du Nord, d\u00e9di\u00e9e aux \u00e9crivains belges, trop souvent m\u00e9connus hors de leurs fronti\u00e8res,\u2022 Et enfin, une collection Francophonie, regroupant plusieurs ouvrages o\u00f9 une centaine d\u2019\u00e9crivains \u00e9voquent leur rapport \u00e0 la langue fran\u00e7aise. Le choix de diff\u00e9rencier nos collections par territoires plut\u00f4t que par zones, qui peut surprendre, correspond \u00e0 notre volont\u00e9 d\u2019explorer les champs litt\u00e9raires, culturels, historiques et sociologiques de chacune de ces r\u00e9gions du monde.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les Belges, ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans la collection \u00ab\u00a0Vents du Nord\u00a0\u00bb des \u00e9crivains, romanciers ou nouvellistes, comme Michel Torrekens, Martin Buysse, Liliane Schrauwen, Jacques Richard&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le dernier livre en date est un recueil de nouvelles <a href=\"http:\/\/www.zellige.fr\/collections\/vents_nord\/vents_nord\/Jean-JAUNIAUX-L-ivresse-des-livres.html\">\u00ab\u00a0L&rsquo;ivresse des livres\u00a0\u00bb de Jean Jauniaux. <\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1365\" srcset=\"https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-300x225.jpg 300w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-768x576.jpg 768w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-2048x1536.jpg 2048w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-200x150.jpg 200w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-690x518.jpg 690w, https:\/\/edmondmorrel.be\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Livresse-jean-jauniaux-BD-photo-et-mappemonde-ok-IMG_8926-1320x990.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Le dernier recueil de Jean Jauniaux: <br>\u00ab\u00a0<em>C<\/em>es <em>nouvelles c\u00e9l\u00e8brent le livre, la lecture, les lieux qui les accueillent et les valorisent, mais aussi les dangers qui les menacent\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En voici la pr\u00e9face, sign\u00e9e du regrett\u00e9 Jacques De Decker, qui, jusqu&rsquo;\u00e0 son dernier souffle, se sera mis aux service des lettres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Il se dit que la lecture recule\u2026 Encore faut-il pr\u00e9ciser de quelle lecture il s\u2019agit. En fait, on lit de plus en plus. On s\u2019est aper\u00e7u que le temps de d\u00e9chiffrer un texto est bien plus bref que l\u2019expression orale du message concern\u00e9. Mais de quel type de message s\u2019agit-il\u2009? Du plus d\u00e9risoire (\u00ab\u2009Rappelle la concierge\u2009!\u2009\u00bb, \u00ab\u2009Le m\u00e9dicament et arriv\u00e9\u2009\u00bb, \u00ab\u2009J\u2019aurai un quart d\u2019heure de retard\u2009\u00bb), du plus pratique, du plus imm\u00e9diat. La lecture que l\u2019on d\u00e9signe quand on se d\u00e9sole de son in\u00e9luctable effacement, c\u2019est celle qui consiste \u00e0 d\u00e9chiffrer l\u2019ineffable, l\u2019imaginaire, le virtuel, bref la quatri\u00e8me dimension, celle dont l\u2019\u00e9criture a le pouvoir de se faire la messag\u00e8re. Cette non-mati\u00e8re qui hante pourtant les m\u00e9moires de ceux qui la pratiquent encore et qui peuvent d\u00e9crire la moustache de d\u2019Artagnan, le profil d\u2019Odette de Cr\u00e9cy, le requin du vieil homme, \u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Jean Jauniaux est non seulement le t\u00e9moin de cette tendance inqui\u00e9tante, il en sugg\u00e8re, sans pourtant \u00eatre sentencieux, voire sermonneur, la menace qu\u2019elle figure, l\u2019inqui\u00e9tant appauvrissement qu\u2019elle annonce. Ses fables, tr\u00e8s diverses, sont toutes suscit\u00e9es par un imminent s\u00e9isme. Celui d\u2019une civilisation qui s\u2019est b\u00e2tie sur le langage \u00e9crit suppos\u00e9 porteur de fantaisie, d\u2019augures, de m\u00e9tamorphoses du monde qui nous enserre et nous contraint. Il aurait pu lever le doigt de l\u2019in\u00e9luctable sentence. Il sugg\u00e8re plut\u00f4t la substitution \u00e0 l\u2019issue fatale d\u2019un talentueux r\u00e9pit. C\u2019est une mise en garde que ce bouquet de r\u00e9cits, la derni\u00e8re brass\u00e9e d\u2019avertissements qui ne se formule pas en sentences, mais en fables dont il nous revient de concevoir la moralit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Exercice salutaire bien s\u00fbr, o\u00f9 le courage se dote de l\u2019\u00e9l\u00e9gance du charme, voire de l\u2019enchantement. De r\u00e9cit en r\u00e9cit, il change d\u2019axe, modifie la perspective, sature l\u2019espace en l\u2019explorant sous une multiplicit\u00e9 d\u2019angles. Un mobile, un faisceau, un bouquet comme on d\u00e9signe le d\u00e9ploiement final d\u2019un feu d\u2019artifices.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Car il s\u2019agit bien de cela : la lecture ne visant d\u2019autre fonction que celle de divertir, de faire la nique \u00e0 la traduction servile de l\u2019imp\u00e9ratif fonctionnel, est le comble de ce dont l\u2019esprit puisse nous gratifier.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Ces lignes, dans leur apparente s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, refl\u00e8tent une pens\u00e9e volontariste, \u00ab\u2009a would\u00a0 be\u00a0 thinking\u2009\u00bb comme on dit dans la langue dominante qui poursuit sa lente r\u00e9sorption de tous les autres idiomes, condamn\u00e9s \u00e0 terme \u00e0 c\u00e9der la place au substitut de langage qui homog\u00e9n\u00e9ise le parler et in\u00e9luctablement, l\u2019exercice de l\u2019esprit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<em> Le dernier volet de cet ensemble est une mise en garde d\u00e9termin\u00e9e par l\u2019urgence, et en constitue le coup de th\u00e9\u00e2tre, implacable et aveugle comme l\u2019est toujours le substitut de pens\u00e9e arbor\u00e9e par la majorit\u00e9 vengeresse. L\u2019ultime jalon de ce recueil, intitul\u00e9 \u00ab\u2009Livre premier\u2009\u00bb, s\u2019impose comme un verdict sans appel, comme si l\u2019auteur, virtuose d\u2019un langage condamn\u00e9, rendait les armes. La conceptualisation de sa propre d\u00e9faite n\u2019est-elle pas l\u2019extr\u00eame signe de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme\u2009? Noblesse et dignit\u00e9, telle pourrait \u00eatre la devise d\u2019un auteur qui ose la hauteur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J<em>acques De Decker (1945-2020) Secr\u00e9taire perp\u00e9tuel de l\u2019Acad\u00e9mie royale de langue et litt\u00e9rature fran\u00e7aises de Belgique, juillet 2019<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ivresse des livres c&rsquo;est aussi un recueil de nouvelles qui vient de para\u00eetre chez Zellige, une maison d&rsquo;\u00e9dition cr\u00e9\u00e9 par&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1365,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1364","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-dici","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1364","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1364"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1364\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1366,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1364\/revisions\/1366"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1365"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1364"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1364"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1364"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}