{"id":132,"date":"2012-10-30T22:04:42","date_gmt":"2012-10-30T21:04:42","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=132"},"modified":"2020-10-28T15:00:38","modified_gmt":"2020-10-28T14:00:38","slug":"antigone-aujourdhui-presente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=132","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0ANTIGONE aujourd\u2019hui pr\u00e9sente\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Antigone, l\u2019 \u00ab&nbsp;Antigone&nbsp;\u00bb d\u2019Anouilh, est par deux fois port\u00e9e sur des sc\u00e8nes francophones prestigieuses ces jours-ci. A Paris, la chose se passe \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, honneur qui n\u2019\u00e9choit qu\u2019exceptionnellement \u00e0 son auteur, et l\u2019on est en droit de se demander pourquoi ce texte, coutumier des programmes de l\u2019enseignement secondaire, n\u2019a pas son couvert mis en permanence dans ce bastion de la culture classique fran\u00e7aise. A Bruxelles, c\u2019est le plus grand th\u00e9\u00e2tre de la ville qui la monte, celui des Galeries, lov\u00e9 dans ce haut lieu du commerce et de la culture qu\u2019est ce passage abrit\u00e9 sous une verri\u00e8re dont seuls Milan et Moscou peuvent se vanter de poss\u00e9der l\u2019\u00e9quivalent. Ici, on ne s\u2019\u00e9tonne pas de voir Anouilh \u00e0 l\u2019affiche&nbsp;: il y fut, d\u00e8s l\u2019avant-guerre, jou\u00e9 par les acteurs belges et par des Fran\u00e7ais, souvent illustres qui venaient r\u00f4der ici, avant la Ville Lumi\u00e8re, leurs spectacles.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>A Paris, le r\u00f4le est jou\u00e9 par une com\u00e9dienne belge, Fran\u00e7oise Gillard, pensionnaire de la Maison de Moli\u00e8re depuis belle lurette, qui fut, il y a vingt ans de cela, mais dans un autre th\u00e9\u00e2tre des m\u00eames Galeries Saint-Hubert, le Vaudeville, Juliette dans la pi\u00e8ce de Shakespeare mont\u00e9e par Daniel Scahaise&nbsp;: son Antigone a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par la critique. A Bruxelles, c\u2019est une d\u00e9butante quasi compl\u00e8te qui s\u2019empare superbement du r\u00f4le, Wendy Piette, qui a eu droit, une fois n\u2019est pas coutume dans une ville qui ne c\u00e9l\u00e8bre pas souvent les acteurs et actrices, \u00e0 une mise en \u00e9vidence m\u00e9diatique qu\u2019elle n\u2019avait pas vol\u00e9e. Elle est le miracle central d\u2019une production digne de tous les \u00e9loges.<\/p>\n\n\n\n<p>Fabrice Gardin s\u2019est efforc\u00e9 de rendre justice \u00e0 ce que l\u2019\u0153uvre d\u2019Anouilh est avant tout&nbsp;: une actualisation toujours op\u00e9rante du propos. C\u2019est m\u00eame ce que sa conception a de plus remarquable. Longtemps, on a reproch\u00e9 \u00e0 Anouilh d\u2019avoir vulgarise la trag\u00e9die antique, de l\u2019avoir soumise \u00e0 un traitement d\u00e9magogique. Aujourd\u2019hui, et c\u2019est peut-\u00eatre un signe des temps, son \u00e9criture n\u2019appara\u00eet pas raccollante ou r\u00e9ductrice, mais avant tout limpide, sobre et proche. Elle permet aux acteurs, \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efne bien s\u00fbr, mais aux autres aussi, et avant tout \u00e0 Bernard Sens, qui interpr\u00e8te Cr\u00e9on, et \u00e0 Beno\u00eet Verhaert qui assume en t\u00e9moin solitaire le ch\u0153ur, de tirer de la parole de l\u2019auteur, sans en perdre une syllabe, toute sa force percutante.<\/p>\n\n\n\n<p>La vision que propose Gardin du ch\u0153ur illustre clairement l\u2019efficacit\u00e9 de sa d\u00e9marche&nbsp;: il en fait un photographe de presse. Il est un de ces paparazzi qui, plut\u00f4t que s\u2019insurger contre un massacre, et \u00ab&nbsp;Antigone&nbsp;\u00bb est le r\u00e9cit d\u2019un massacre pour raison d\u2019Etat, se contente de le mitrailler de prises de vues. Avec, peut-\u00eatre, l\u2019intention que l\u2019indignation sera relay\u00e9e. Nous savons malheureusement, nous qui sommes abreuv\u00e9s d\u2019images, que rien n\u2019est moins s\u00fbr\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>Qu\u2019y a-t-il de plus revigorant, au th\u00e9\u00e2tre, que de voir une oeuvre prendre toute son ampleur, dans ce cas septante ans apr\u00e8s sa cr\u00e9ation&nbsp;? Ce n\u2019est pas faute d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e aux quatre coins du monde, et souvent avec plus de ferveur en traduction que dans sa langue originale. Mais ici, dans cette vaste salle dont le plafond a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cor\u00e9 par Magritte, on a l\u2019impression que ce texte a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cline de mani\u00e8re \u00e0 ce que l\u2019on n\u2019en perde pas une miette. Les grandes \u0153uvres sont comme les grands fauves&nbsp;: il faut savoir les capturer vivantes. La belle \u00e9quipe pilot\u00e9e par Fabrice Gardin y est parvenue. Et Anouilh s\u2019en trouve d\u00e9lest\u00e9 des r\u00e9putations funestes qu\u2019il tra\u00eene. Il est simplement l\u2019homme \u00e0 qui l\u2019on doit l\u2019occasion de r\u00e9aliser ces prodiges.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques De Decker<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>30 octobre 2012<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-spotify wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"232\" allowtransparency=\"true\" frameborder=\"0\" allow=\"encrypted-media\" title=\"Spotify Embed: &quot;Antigone aujourd'hui pr\u00e9sente&quot;\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed-podcast\/episode\/1eXSVCYxLfB2RFUl0EbAUC\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.trg.be\/Public\/Page.php?ID=3886&amp;ancestor1=3784&amp;saison=3772\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\"><strong>\u00ab\u00a0Antigone\u00a0\u00bb se joue dans une mise en sc\u00e8ne de Fabrice Gardin au Th\u00e9\u00e2tre des Galeries \u00e0 Bruxelles du 24 octobre au 18 novembre 2012<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les \u00ab\u00a0Marges\u00a0\u00bb s\u2019encha\u00eenent sur quelques mesures de l\u2019allegro moderato alla fuga de la Sonate n\u00b02 de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.nicolasbacri.net\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Nicolas Bacri<\/a>&nbsp;interpr\u00e9t\u00e9 par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.eliane-reyes.com\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Eliane Reyes<\/a>. Ce morceau est extrait du r\u00e9cent CD enregistr\u00e9 chez NAXOS des \u00ab\u00a0Oeuvres pour piano de Nicolas Bacri\u00a0\u00bb interpr\u00e9t\u00e9es par Eliane Reyes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le disque r\u00e9unit les oeuvres suivantes&nbsp;:<br>Pr\u00e9lude et fugue, Op. 91<br>Sonate n\u00b0&nbsp;2<br>Suite baroque n\u00b01<br>Arioso baroccp e fuga monodica a due voci<br>Deux esquisses lyriques, Op. 13<br>Petit pr\u00e9lude<br>L\u2019enfance de l\u2019art, Op 69<br>Petites variations sur un th\u00e8me dod\u00e9caphonique, Op 69<\/p>\n\n\n\n<p><em>R\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: NAXOS 8.572530<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Antigone, l\u2019 \u00ab&nbsp;Antigone&nbsp;\u00bb d\u2019Anouilh, est par deux fois port\u00e9e sur des sc\u00e8nes francophones prestigieuses ces jours-ci. 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