{"id":120,"date":"2013-02-12T21:56:47","date_gmt":"2013-02-12T20:56:47","guid":{"rendered":"http:\/\/edmondmorrel.be\/?p=120"},"modified":"2020-10-28T15:02:12","modified_gmt":"2020-10-28T14:02:12","slug":"la-verite-sur-laffaire-harry-quebert-de-joel-dicker","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/edmondmorrel.be\/?p=120","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019affaire Harry Quebert\u00a0\u00bb de Jo\u00ebl Dicker"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Aux Editions De Fallois<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>LA VERITE SUR \u00ab&nbsp;LA VERITE SUR L\u2019AFFAIRE&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les ann\u00e9es litt\u00e9raires qui, comme chacun sait, en francophonie du moins, commencent \u00e0 l\u2019automne, ne se d\u00e9signent pas par un mill\u00e9sime, mais par un titre. Ainsi, il y eut, voici cinq ans, celle marqu\u00e9e par \u00ab&nbsp;Les bienveillantes&nbsp;\u00bb de Jonathan Littel. 2013 entrera dans l\u2019histoire sous le signe de \u00ab&nbsp;La V\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019Affaire Harry Quebert&nbsp;\u00bb de Jo\u00ebl Dicker. Les deux livres ont rafl\u00e9 quelques prix, ont \u00e9t\u00e9 le fruit d\u2019une brillante man\u0153uvre \u00e9ditoriale, et atteint de gros, de tr\u00e8s gros tirages. Je me permettrai de dire que le \u00ab&nbsp;Dicker&nbsp;\u00bb, sorti de presse il y a trois mois, va faire beaucoup mieux que le Littel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019abord \u00ab&nbsp;Les Bienveillantes&nbsp;\u00bb est, \u00e0 part quelques publications annexes sans commune mesure avec le roman qui r\u00e9v\u00e9la son auteur, rest\u00e9 sans suite, alors que tout porte \u00e0 croire que Jo\u00ebl Dicker n\u2019en restera pas l\u00e0, il est dot\u00e9 d\u2019une trop grande jubilation d\u2019\u00e9criture pour cela. Ensuite son succ\u00e8s se confirmera forc\u00e9ment en traductions, alors que \u00ab&nbsp;Les Bienveillantes \u00ab&nbsp;a d\u00e9\u00e7u tant le public anglo-saxon qu\u2019allemand, les deux zones linguistiques o\u00f9 l\u2019on croyait qu\u2019il allait faire un malheur. Les Anglais n\u2019y ont trouv\u00e9 qu\u2019un pesant pensum, les Allemands qu\u2019une vision boursoufl\u00e9e et caricaturale de la plus grande catastrophe de leur histoire. Dans le cas de \u00ab&nbsp;La V\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019Affaire Harry Quebert&nbsp;\u00bb les droits \u00e9trangers, para\u00eet-il, s\u2019arrachent, et il est plus que probable que les Am\u00e9ricains vont faire la f\u00eate \u00e0 un livre qui se marque par une telle adh\u00e9sion \u00e0 leur culture propre, dans ce qu\u2019elle a de plus attachant, de plus s\u00e9duisant, de plus irr\u00e9sistible m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jo\u00ebl Dicker est un Helv\u00e8te de 27 ans qui, au micro d\u2019Edmond Morrel, a confi\u00e9 qu\u2019il avait, dans ses jeunes ann\u00e9es, beaucoup s\u00e9journ\u00e9 dans le Maine, le New Hampshire, bref dans cette nouvelle Angleterre romanesque \u00e0 souhait. Ce qu\u2019il n\u2019a pas fait, c\u2019est confirmer \u00e0 son intervieweur qui citait les noms de Stephen King et de John Irving, qu\u2019il les avait lus et bien lus, et que son ouvrage \u00e9tait un hommage \u00e9vident comme le nez au milieu de la figure \u00e0 leur imaginaire et \u00e0 leur volupt\u00e9 de conter. Sans King, trouverait-on dans ce roman cette Nola qui a tout d\u2019une Lola, d\u2019une Lulu, d\u2019une Lilith, femme enfant qui ensorcelle les hommes et vit elle-m\u00eame dans un monde o\u00f9 le fantasme l\u2019emporte sur la perception \u00ab&nbsp;normale&nbsp;\u00bb du r\u00e9el, dont on ne sait si elle a \u00e9t\u00e9 ou non martyris\u00e9e par sa m\u00e8re et dont le p\u00e8re pasteur a tout l\u2019air d\u2019un exorciste, mais d\u2019un exorciste de parodie&nbsp;?<br>Sans Irving, serions-nous a ce point captiv\u00e9 par cette petite bourgade o\u00f9 chaque figure est caract\u00e9ris\u00e9e avec saveur par ses manies, son physique, son parler, restitu\u00e9s avec une infinie tendresse amus\u00e9e&nbsp;? Hugo jeune se voulait Chateaubriand ou rien, le jeune Dicker s\u2019est trouv\u00e9 des ma\u00eetres en ces auteurs qui ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 passer par le succ\u00e8s avant d\u2019acc\u00e9der aux anthologies et aux abr\u00e9g\u00e9s d\u2019histoire litt\u00e9raire. Dicker sur ce point, ne doit m\u00eame pas ronger son frein&nbsp;: au bord du lac L\u00e9man, il a d\u00e9j\u00e0 rejoint Amiel, Ramuz et Valloton, dont on ne doit pas oublier qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas que peintre, mais aussi \u00e9crivain, Ce qui est tout profit pour la francophonie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A ce propos, ne perdons pas de vue que ses deux \u00e9diteurs, Vladimir Dimitrijevitch, le Serbe devenu Suisse, et Bernard de Fallois, doyen de sa profession en France, ont bien m\u00e9rit\u00e9 des lettres belges. L\u2019un a m\u00eame \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9, au lendemain de sa mort, le meilleur des \u00e9diteurs belges, tant il avait d\u00e9fendu d\u2019auteurs de nos contr\u00e9es. L\u2019autre, ne l\u2019oublions pas, a \u00e9t\u00e9 le confident de Simenon et le fid\u00e8le r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019\u0153uvre d\u2019Hugo Claus en fran\u00e7ais. En d\u2019autres termes, nous sommes bien plac\u00e9s pour savoir les d\u00e9couvreurs que fut l\u2019un des deux et que demeure l\u2019autre.Lorsque deux grands professionnels de ce calibre reconnaissant les m\u00e9rit\u00e9s d\u2019un nouveau venu, on peut leur faire confiance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais l\u2019immense sans faute de ce pav\u00e9 \u00e9tourdissant dans les librairies s\u2019explique surtout par ses qualit\u00e9s propres. Cette \u00ab&nbsp;V\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019Affaire Harry Quebert&nbsp;\u00bb est avant une extraordinaire r\u00e9serve de plaisir de lecture. Et le public, qui a le nez fin, ne s\u2019y est bien entendu pas tromp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jacques De Decker, 27 novembre 2012.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Edmond Morrel a rencontr\u00e9 Jo\u00ebl Dicker pour \u00ab\u00a0espace-livres.be\u00a0\u00bb. Vous pouvez prolonger la Marge et la Contre-Marge&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.demandezleprogramme.be\/La-verite-sur-l-Affaire-Harry\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">en \u00e9coutant cet entretien<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les \u00ab\u00a0Marges\u00a0\u00bb s\u2019encha\u00eenent sur quelques mesures de l\u2019allegro moderato alla fuga de la Sonate n\u00b02 de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.nicolasbacri.net\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Nicolas Bacri<\/a>&nbsp;interpr\u00e9t\u00e9 par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.eliane-reyes.com\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">Eliane Reyes<\/a>. Ce morceau est extrait du r\u00e9cent CD enregistr\u00e9 chez NAXOS des \u00ab\u00a0Oeuvres pour piano de Nicolas Bacri\u00a0\u00bb interpr\u00e9t\u00e9es par Eliane Reyes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le disque r\u00e9unit les oeuvres suivantes&nbsp;:<br>Pr\u00e9lude et fugue, Op. 91<br>Sonate n\u00b0&nbsp;2<br>Suite baroque n\u00b01<br>Arioso baroccp e fuga monodica a due voci<br>Deux esquisses lyriques, Op. 13<br>Petit pr\u00e9lude<br>L\u2019enfance de l\u2019art, Op 69<br>Petites variations sur un th\u00e8me dod\u00e9caphonique, Op 69<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>R\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: NAXOS 8.572530<br><\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aux Editions De Fallois LA VERITE SUR \u00ab&nbsp;LA VERITE SUR L\u2019AFFAIRE&nbsp;\u00bb Les ann\u00e9es litt\u00e9raires qui, comme chacun sait, en francophonie&nbsp;[&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":121,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-120","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-dailleurs","category-marges-et-contre-marge","post-item clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/120","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=120"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/120\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":122,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/120\/revisions\/122"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/121"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=120"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=120"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/edmondmorrel.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=120"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}